Unité d'habitation de Briey

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Unité d'habitation de Briey
Présentation
Type
Destination initiale
Style
Architecte
Construction
Hauteur
50 mètres
Propriétaire
Centre hospitalier de Briey
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Adresse
Bois de NapatantVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées

L'Unité d'habitation de Briey, appelée aussi Cité radieuse de Briey-en-Forêt, est une unité d'habitation construite entre 1959 et 1960 à Briey (Meurthe-et-Moselle) par l'architecte franco-suisse Le Corbusier selon le modèle qu'il a établi pour Marseille. Ce bâtiment, construit pour l'Office départemental HLM, est progressivement abandonné par le bailleur social et menacé de destruction dans les années 1980. Elle est depuis progressivement réhabilitée.

Projet et description du bâtiment[modifier | modifier le code]

Le projet d'unité d'habitation s'inscrit dans un projet plus large de nouveau quartier d'habitation en pleine forêt, dans cette ville du bassin minier de Lorraine. C'est Georges-Henri Pingusson qui est l'architecte en chef de ce projet de quartier et qui réalise d'ailleurs deux ensembles de 100 logements et une école à proximité de l'unité. L'objectif est de loger la population alors en pleine augmentation en lien avec l'expansion des mines de fer et de l'industrie sidérurgique.

En 1955, Le Corbusier entre en contact officiellement avec la mairie de Briey, il est nommé architecte en chef du projet et André Wogenscky architecte d'opération. C'est l'office HLM qui en est le maître d'ouvrage.

Le bâtiment proposé fait 110 mètres de long et 56 mètres de haut (70 mètres à son point culminant) et 19 mètres de large[1]. Il comprend 339 logements en duplex répartis sur 17 étages avec six rues intérieures[2]. Le modèle est celui de la Cité radieuse de Rezé repris quasiment à l'identique avec quelques nuances : les logements sont plus petits (contraintes des HLM obligent), il n'y a aucun équipement sur le toit, ni rue commerciale.

La construction commence seulement le 3 mars 1959 et s'achève deux ans après.

Abandon et réhabilitation de l'unité[modifier | modifier le code]

Les premiers locataires arrivent en 1961. Mais l'unité va connaître rapidement des contre-coups. Les années 1960 voient la fermeture des mines de Briey et la récession économique s'étendre dans la région. Des malfaçons sont mises au jour dans le bâtiment et celui-ci est mal entretenu avec des locataires connaissant de grosses difficultés financières. En 1983, les derniers locataires sont évacués de l'unité, restée très isolée du reste de la commune.

À partir de 1984, alors qu'un projet de destruction est proposé, le nouveau maire de Briey, Guy Vattier, s'y oppose et un comité de défense est mis en place[2]. L'hôpital devient propriétaire d'une partie du bâtiment et y installe une école d'infirmières[2]. Une association est créée en 1989, la Première rue, qui organise des manifestations culturelles sur le thème des arts plastiques et de l'architecture au sein de l'unité. Les appartements restants sont vendus à des propriétaires privés en 1991. Un festival du livre d'architecture - « Impressions d'architecture » - y est organisé depuis 1994.

Les façades, toitures et portique ; le hall avec son comptoir et la première rue, ainsi que les appartements 101, 116, 128, 131, 132, 133, 134, font l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le 26 novembre 1993[3]. Les façades et les toitures de l'ancienne chaufferie ainsi que son portique constitué de trois piliers et d'une poutre font également l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques en date du 16 juillet 2007. L'ensemble porte donc le label « Patrimoine du XXe siècle ». En 2010, après trois ans de travaux sous la direction des architectes Medrea et Ferauge, les façades ont été restaurées et l'Unité d'Habitation a retrouvé sa polychromie d'origine.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Jacques Sbriglio, Le Corbusier : l'Unité d'habitation de Marseille et les autres unités d'habitation à Rezé-les-Nantes, Berlin, Briey en Forêt et Firminy, France, Birkhäuser, , poche (ISBN 978-3-7643-6718-3, LCCN 2004051709), p. 210-218
  • Joseph Abram, Le Corbusier à Briey. Histoire mouvementée d'une Unité d'habitation, Paris, Jean-Michel Place, coll. « Architecture/archives », , 76 p. (ISBN 978-2-85893-878-0, LCCN 2007370441)
    avec un entretien avec Guy Vattier
  • Gérard Monnier, Le Corbusier. Les unités d'habitation en France, Belin, coll. « les destinée du patrimoine », , 240 p. (ISBN 978-2-7011-2577-0)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Cité radieuse Le Corbusier - Académie de Nancy-Metz [PDF]
  2. a, b et c Frédérique Rousselle, « La Cité radieuse reprend des couleurs », Libération,‎ (lire en ligne)
  3. Notice no PA00125522, base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]