Plan Voisin

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Maquette du « plan Voisin ».

Le plan Voisin est un projet pour le centre de Paris, dessiné entre 1922 et 1925 par Le Corbusier.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Corbusier, jeune architecte qui avait encore peu construit, présenta au Salon d'automne de 1922 un plan pour une ville de trois millions d'habitants sur un terrain plat et vide, dégagé de toute construction antérieure. La rue traditionnelle était bannie, remplacée par plusieurs niveaux de circulation séparés et par des axes routiers reliant trois secteurs : un centre d'affaires, un quartier résidentiel central de 24 gratte-ciels logeant 500 000 habitants entouré d'espaces libres et une périphérie d'usines et des cités-jardins éloignées.

Ce plan séduisit Gabriel Voisin, constructeur d'avions et d'automobiles, qui finança une étude pour que ce projet s'applique au centre de Paris.

Présenté au salon des arts décoratifs de 1925 et publié dans L'Esprit Nouveau[1], il comprenait une cité d'affaires de 240 hectares allant de la place de la République à la rue du Louvre et de la gare de l'Est à la rue de Rivoli sur lequel 18 gratte-ciels cruciformes (afin de loger entre 500 000 et 700 000 personnes[2]) auraient été construits sur une trame orthogonale régulière et une cité de résidence de la rue des Pyramides au rond-point des Champs-Élysées et de la gare Saint-Lazare à la rue de Rivoli. Une gare centrale souterraine aurait été établie entre ces deux secteurs.

L’ensemble des bâtiments antérieurs aurait été rasé[2], à l’exception des églises et des portes Saint-Denis et Saint-Martin.

L’espace aurait été fortement structuré par deux nouvelles artères de circulation percées à travers la ville, l’une sur l’axe est-ouest, l’autre sur l’axe nord-sud. Leur rôle n’est pas limité à l’organisation de Paris et à la desserte locale : elles auraient traversé les fortifications et les banlieues, elles avaient l’ambition de relier la capitale aux quatre coins du pays, aux grandes villes françaises et européennes. Le carrefour au croisement de ces deux avenues est au centre du plan, au centre de la ville. Cette question de la centralité est au cœur du projet de Le Corbusier.

Il s’oppose à l’idée de la construction d’une nouvelle cité administrative en périphérie (ce que sera La Défense) et propose de bâtir au pied de Montmartre, face à l’île de la Cité, le nouveau centre de commandement qu’il juge nécessaire à la vitalité du pays.

Il marque le début d’un projet sur lequel l’architecte travaillera épisodiquement jusqu’au milieu des années 1940. À partir de cette réorganisation du centre de la capitale, c’est une refonte complète de l’organisation territoriale de la France qu'il avait pour ambition d'initier.

Pour l'historien Jean-Louis Cohen, il s'agit d'un projet utopique réalisé « par un jeune architecte connu pour sa provocation » et qui désirait là effectuer une « opération de communication ». Le Corbusier continue toutefois de travailler à ce projet jusqu'en 1945. L'historien Joseph Abram conclut que « cette attitude préfigure cependant les grandes rénovations urbaines de l'après-guerre. Celles qui ont conduit à la disparition de tissus historiques vétustes, mais chargés de signification pour tous les Parisiens »[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. L'Esprit Nouveau N°28 numérisé sur le site de la bibliothèque de la Cité de l'architecture et du patrimoine, image N°59
  2. a b et c Bruno D. Cot, « Paris. Les projets fous… auxquels vous avez échappé », cahier central publié dans L'Express, semaine du 29 mars 2013, p. XIV.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]