Georges-Henri Pingusson

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Georges-Henri Pingusson
Présentation
Naissance
Clermont-Ferrand
Décès (à 84 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Mouvement Mouvement moderne
Activités Architecte, enseignant
Formation ESME
ENSBA, ateliers Umbdenstock et Tournon
Œuvre
Réalisations Latitude 43, Saint-Tropez

Mémorial des Martyrs de la Déportation, Paris Vialle, Grillon, Vaucluse

Georges-Henri Pingusson (né à Clermont-Ferrand le , mort à Paris le ) est un architecte, urbaniste, enseignant et ingénieur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études à l'École des Roches, il obtient son diplôme d'ingénieur à l'École supérieure de mécanique et d'électricité en 1913 , il combat durant la Première Guerre mondiale dans les Dardanelles il en revient avec les honneurs militaires, mais à son retour, il part pour un voyage initiatique en Italie à la recherche des bases de la civilisation. Entré premier au concours de l’école nationale supérieure des beaux-arts de Paris, Il étudie l’architecture de 1919 à 1925 dans les ateliers de Gustave Umbdenstock et de Paul Tournon.

Il entame sa carrière en réalisant une architecture balnéaire dans un style régionaliste associé à Paul Furiet, certains bâtiments contiennent les prémices de la modernité comme la villa Romée à Cannes. Mais dans les années 1930, au décès de Paul Furiet, il change brutalement d'optique et se tourne vers le mouvement moderne.

Il dessine en 1930 une voiture au concept extrêmement moderne l'Unibloc, phares avant sous un vitrage caréné, ouverture des portes "en papillon" structure alu autoportante! Il anticipe toute une recherche sur le mobilier moderne qui prendra place dans le Latitude, et ses recherches sur les outils du quotidien (téléphones, lavabos), la production, l'économie et la valeur d'usage, qui sera un fil conducteur de son travail. Il se posera toujours la question non seulement du "comment", mais également du "quoi".

Il réalise en 1932 son chef-d'œuvre, l’hôtel Latitude 43 à Saint-Tropez, bâtiment emblématique de la coursive décalée, qui permet de s'adapter au site en offrant une double exposition aux chambres, vue mer au nord et soleil sur la pinède au sud. Le bâtiment développe sur son fronton mer la silhouette d'un paquebot moderne, radicalement layé par les lignes horizontales des coursives et des vues nord. Ce bâtiment s'inscrit dans un complexe, aujourd’hui disparu, qui s'échelonnait jusqu'au bord de mer, casino, piscine, terrains de sports, dédiés à l'homme moderne.

Il participe à l’Union des artistes modernes (UAM) aux côtés de Robert Mallet-Stevens, Tony Garnier, Le Corbusier, Auguste Perret, Marcel Lods, André Lurçat, Jean Prouvé, etc. Il entre par ailleurs au comité de rédaction de la revue L’Architecture d’aujourd’hui dès les premiers numéros[1].

Durant la crise de 1935 il s'associe à Robert Mallet-Stevens pour des concours perdus, notamment le concours pour la réalisation de l'aéroport du Bourget en 1937, où il invente une passerelle fermée qui depuis l'aérogare dessert à niveau les avions (cette invention sera reprise aux États-Unis pour l'aéroport de San-Francisco en 1957).

Durant la guerre il travaille à des études sur la normalisation de la construction, et prépare la reconstruction avec d'autres architectes comme Jean Prouvé.

Architecte en chef de la reconstruction de la Sarre de 1945 à 1950[2] puis du département de la Moselle (de 1946 à 1957), il propose en 1947 un plans d’urbanisme futuriste et dédié à la modernité pour la reconstruction totale de Sarrebruck, la caserne des pompiers de Metz, de Sarreguemines et le plan de Briey (Le Corbusier y réalisera son unité d’habitation). Il réalise en Lorraine un grand nombre de plans et logements, notamment pour la reconstruction de la ville de Waldwisse, mais aussi des églises dont l'église de Boust, église ronde, exprimant après les destructions et le chaos,la fraternité retrouvée dans l'unité de Dieu. Modèle qu'il avait déjà proposé avant-guerre pour l'église "Jésus ouvrier" à Arcueil en 1938.

Son second chef-d'œuvre est sans conteste le mémorial des martyrs de la déportation situé au bout de l’île de la Cité à Paris, réalisé avec une contrainte de non-visibilité par la présence de Notre-Dame. Il magnifie le programme en l'enfouissant dans une crypte, à laquelle on accède forcément seul dans le gabarit de l'escalier qui y mène, pour se retrouver broyé face à un peloton d’exécution stylisé, qu'il fera réalisé en fer de construction. Tous les sols de France sont présents dans les agrégats du béton blanc mégalithique, de même que dans la porte d'entrée, qui semble par l'inclinaison des murs, se refermer sur l'individu. Le rond poli qui est gravé dans le béton de la porte d'entrée, représente toutes les âmes qui, sur l'autre face en vis-à-vis, sont symbolisées dans les lumières qui brillent dans l'obscurité du couloir funéraire.

Doué d'une grande culture il enseigne en tant que chef d'atelier à l’école nationale supérieure des beaux-arts de Paris, puis à l'école d'architecture de Nanterre, où il développe la notion de pluridisciplinarité et les outils d'investigation dans tous les domaines du savoir et des connaissances, techniques et sociales, il promeut des ateliers "hors les murs de l'école" dont le chantier/laboratoire, de reconstruction d'un village, abandonné sur son oppidum ancien à Grillon (Vaucluse)

Son dernier projet, dont il ne put voir l'achèvement (il meurt à 84 ans pendant le déroulement des études), est la construction d'un ensemble de logements sociaux dans une portion de rempart d'un village ancien fortifié à Grillon (Vaucluse)[3],[4] où il réemploi la coursive décalée permettant la double orientation du Latitude 48, permettant ici la vue plaine, et la vue patio.

Principales réalisations[modifier | modifier le code]

Ancienne Ambassade de France à Sarrebruck (façade au nord)
Villa Ternisien à Boulogne-Billancourt

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [www.editions-verdier.fr/v3/oeuvre-pingusson.html Biographie] sur le site des éd. Verdier
  2. Voir l'article de Rémi Baudouï, « La Reconstruction française en Sarre (1945-1950) », XXe siècle, revue d'histoire, nº 29, 1991, pp. 57-66 [lire en ligne]
  3. a et b Cf. Inventaire général du patrimoine culturel de Grillon et « Liste des notices pour le village de Grillon », base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. a et b Métropolitains, émission radiophonique du 6 mai 2010 de François Chaslin, France Culture, notamment avec les architectes Olivier Dugas, neveu de G.-H. Pingusson et son successeur à l’agence, et ses anciens élèves puis collaborateurs, Philippe Alluin, Jean-Paul Mauduit. Les invités évoquent le lieu d’expérimentation réelle que représenta le vieux village de Grillon, pour Pingusson et ses élèves, loin de considérations pécuniaires.
  5. Notice no IA62000205, base Mérimée, ministère français de la Culture
  6. Notice no IA83000179, base Mérimée, ministère français de la Culture
  7. Notice no IA06000202, base Mérimée, ministère français de la Culture
  8. Notice sur le site de la DRAC PACA
  9. Cf. Le Dossier d'inventaire de la Centrale Arrighi sur le Site de l'inventaire du patrimoine
  10. Fiche technique sur le site du Patrimoine du XXe siècle du Ministère de la culture
  11. Voir Elisabeth Vitou, « Paris, Mémorial de la Déportation, Georges-Henri Pingusson, 1894-1978 », AMC, n°19-1988, p. 68-79. Voir aussi la Présentation sur le site de l'Académie de Rouen
  12. Notice sur l'histoire de l'église
  13. « Carré Belle Feuille : une nouvelle salle ouvre à l'ouest de Paris », sur Mairie de Boulogne-Billancourt (consulté le 16 février 2010)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Philippe Donze, « George-Henri Pingusson dans l’est de la France et en Sarre : architecture, création, modernité », mémoire sous la dir. de Joseph Abram, École d'architecture de Nancy, 1995
  • Armelle Lavalou, Pingusson à Grillon, éd. du Linteau, 2010
  • George-Henri Pingusson, L'espace et l'architecture, édition établie par A. Lavalou, éd. du Linteau, 2011
  • Simon Texier, « Georges-Henri Pingusson, architecte, 1894–1978. L’architecture comme « transcendance poétique du concret », ou l’impossible doctrine », thèse de doctorat en histoire de l’art, université de Paris-IV Sorbonne, 1998
  • Simon Texier, Georges-Henri Pingusson, architecte, 1894–1978, éd. Verdier, 2006, 416 p.  [Présentation sur le site de l’éditeur]
  • Georges-Henri Pingusson, architecte. L’Œuvre lorraine, Itinéraire du patrimoine, éd. Serpenoise, 1997, 18 p. 

Liens externes[modifier | modifier le code]