Tymnès

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Tymnès (en grec ancien Τύμνης ) est un poète grec antique ayant vécu au IIe siècle av. J.-C.

Vie et œuvre[modifier | modifier le code]

On suppose que ce poète, dont ne sait quasiment rien, vécut au IIe siècle avant notre ère : une épigramme (Πάντα πριηπίζω[1]) célèbre, en effet, Priape, dont le culte ne fut introduit en Grèce qu'à partir de 124 av. J.-C.

Certains[2] suggèrent qu'il était originaire de Crète, en mettant en avant la mention de la ville crétoise d'Eleurthernè dans son œuvre[3], ou bien qu'il était natif de Carie en faisant valoir que Tymnès, d'après Hérodote[4], est un nom carien.

Il fut vraisemblablement un contemporain de Méléagre de Gadara. Ce dernier l'associe d'ailleurs, dans son anthologie La Couronne, telle qu'elle nous est parvenue ou peut être reconstituée à partir de l'Anthologie grecque, au peuplier blanc, sans qu'on sache exactement quel sens il faut donner à ce rapprochement.

Quoi qu'il en soit, ses épigrammes funéraires témoignent d'une sobre compassion pour la fragilité et les peines des êtres vivants

Extraits[modifier | modifier le code]

Tombeau d'un chien (Traduction Marguerite Yourcenar)

Nous l'appelions Taureau. Un griffon aux poils sombres...

Taureau chasse aujourd'hui sur la piste des Ombres,

Sans bruit... J'écoute encore, assis près du foyer,

Mais je ne l'entends pas, dans la nuit, aboyer.

Anth. Pal., VII, 211

L'oiseau mort (Traduction Marguerite Yourcenar)

Doux oiseau bel à voir, un grand silence noir

Étouffe à tout jamais ton doux chant que j'aimais.

Anth. Pal., VII, 19

Tombe d'une étrangère (Traduction Marguerite Yourcenar)

Philaenis l'étrangère en ce tombeau sommeille,

En pays grec, et non près du Nil paternel.

Femme, sois sans regret, car la route est pareille :

Un seul chemin conduit au royaume éternel.

Anth. Pal., VII, 47

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anthologie grecque
    • Première partie : Anthologie palatine, Les Belles Lettres, texte et trad. T. I : Livres I-IV, trad. P. Waltz, 1929, XC-209 p. ; t. II : Livre V, 1929, 265 p. ; t. III : Livre VI, 1931, 338 p. ; t. IV : Livre VII, Epigrammes 1-363, 1938, 362 p. ; t. V : Livre VII, Epigrammes 364-748, 1941, 357 p. ; t. VI : livre VIII, Epigrammes de Saint Grégoire le Théologien, 1945, 194 p. ; t. VII : Livre IX. Epigrammes 1-358, 1957, LXIII-289 p. ; t. VIII : Livre IX. Epigrammes 359-827, 1974, X-477 p. ; t. X : Livre XI, 1972, X-302 p. ; t. XI : Livre XII, 1994, LXV-232 p. ; t. XII : Livres XIII-XV, 1970, VII-318 p.
    • Deuxième partie : Anthologie de Planude, Les Belles Lettres, trad. R. Aubreton. T. XIII : Anthologie de Planude, 1980, VII-480 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. dans l'Anthologie palatine, l'épigramme XVI, 237
  2. Cf. F. Dehèque : Anthologie grecque, traduite sur le texte publié d'après le manuscrit palatin par Fr. Jacobs, avec des notices sur les poètes de l'Anthologie, Paris, Hachette (2 vol.), 1863
  3. Anthologie palatine, VII, 477
  4. Histoires, VII, 477

Articles connexes[modifier | modifier le code]