The Red Pill

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Icône de paronymie Cet article possède un paronyme, voir Pilule rouge.
The Red Pill
Titre original The Red Pill
Réalisation Cassie Jaye
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Documentaire
Durée 117 minutes
Sortie 2016

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

The Red Pill est un film documentaire américain de 2016 réalisé et coproduit par Cassie Jaye. Le documentaire explore les mouvements de défense des droits des hommes au travers d'une série d'interviews des dirigeants et membres du mouvement.

The Red Pill a été diffusé en avant-première à New York le 7 Octobre 2016. Les DVD et Blu-ray ont été mis en vente le 7 mars 2017 par Gravitas Ventures.

La diffusion de ce documentaire controversé a été annulée à plusieurs reprises, notamment sous l'impulsion de censures féministes.

Choix du titre[modifier | modifier le code]

La pilule rouge et la pilule bleue, allégories contemporaines de la prise de conscience et de l'ignorance rationnelle.

Le titre du film fait référence à une scène emblématique du film Matrix dans laquelle le protagoniste (Thomas A. Anderson) doit faire le choix entre ingérer une pilule rouge ou une pilule bleue, la première représentant l'accès à une compréhension lucide du monde alors que la seconde le ramènerait à l'ignorance[1].

Par analogie, le film affirme apporter une vérité et une compréhension nouvelle sur les relations entre les sexes au sein de la société. Peggy Sastre, par gynocentrisme, note cependant avec amusement que la référence à Matrix est également utilisée par les cercles féministes[2].

Synopsis[modifier | modifier le code]

The Red Pill narre l'enquête de la réalisatrice Cassie Jaye, initialement féministe, au sein de ce qu'elle considère au départ être une mouvance masculine agressive et violente.

Elle découvre progressivement que le mouvement ne correspond pas à l'idée qu'elle s'en faisait et s'interroge sur sa vision des rapports entre les sexes, du pouvoir et des privilèges. Le documentaire traite des problématiques rencontrées par les hommes et garçons comme les taux de suicide élevés, les accidents du travail et métiers dangereux, le service militaire aux États-Unis, l'absence de services d'assistance aux hommes battus ou victimes d'agression sexuelles, les problématiques liées au divorce et au biais judiciaire notamment dans le cas de la garde parentale, le sous-financement de la recherche liée à la santé masculine, la tolérance inique à l'égard des partis pris misandres, la circoncision ou encore le manque de contrôle reproductif des hommes[3],[4],[5].

Le documentaire s'appuie sur des entretiens avec des représentants et partisans d'associations de défense des droits des hommes, comme le fondateur du site américain A Voice For Men Paul Elam, le président de la National Coalition for Men Harry Crouch, l'auteur du Mythe de la domination masculine Warren Farrell et Erin Pizzey connue pour avoir ouvert le premier refuge pour femmes battues en 1971[6]. Des critiques du mouvement, comme Katherine Spillar la directrice du magazine MS.[7] et la sociologue Michael Kimmel[4] sont aussi présentées. Enfin, la réalisatrice livre quelques extraits de son journal vidéo personnel.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Nominations et récompenses[modifier | modifier le code]

Production et financement[modifier | modifier le code]

Le financement du film a été en partie possible par le biais de financement participatif. Selon la réalisatrice, le biais féministe des producteurs contactés n'était pas souhaitable puisqu'elle souhaitait réaliser un film neutre[11].

En dernier recours, Cassie Jaye a utilisé le site de financement participatif Kickstarter pour lever 211 260$, dépassant l'objectif initial de 97 000$[12]. Alan Scherstuhl, dans sa critique du film pour The Village Voice[13] , y voit cependant le risque d'un conflit d'intérêt puisque, selon lui, le film pourrait avoir été financé en grande partie par des associations liées à la condition masculine.

Réception du film[modifier | modifier le code]

Critiques[modifier | modifier le code]

Katie Walsh, du Los Angeles Times, considère que le documentaire « manque d'un argumentaire cohérent parce qu'il est construit sur une incompréhension fondamentale des termes » et regrette que le film ne s'attarde pas sur la manière dont « le système patriarcal contrôle les ressources pour exploiter à la fois femmes et hommes ». Elle reconnait l'existence « de nombreuses problématiques graves et urgentes auxquels les hommes sont confrontés » mais considère que le documentaire « ne fait que diviser avec une présentation complaisante et biaisée, sans réussir à monter un argumentaire convainquant »[14].

John DeFore, de The Hollywood Reporter, note que « Le documentaire The Red Pill de Cassie Jaye est maladroit et frustrant dans de nombreux aspects. Cependant il témoigne d'une sincérité et d'une ouverture d'esprit propre à questionner des idées établies - permettant aux représentants de ce mouvement problématique de présenter leurs arguments de manière claire et convaincante - et on souhaiterait que le documentaire puisse voir plusieurs facettes de ce débat en même temps ». Il en conclut que le documentaire est « une tentative admirable d'impartialité dont l'approche journalistique et esthétique dessert le propos »[7].

Alan Scherstuhl de The Village Voice, critique des mouvements de défense des hommes, considère que le financement opaque via Kickstarter soulève des questions sur la neutralité de la production. Il s'attarde sur le caractère « amateur » du film, dont l'esthétique est faible : « Le film, comme le mouvement échoue à prouver l'existence d'une cause systémique. À la place, un féminisme croque-mitaine est accusé de réduire au silence ses opposants »[13].

La critique de Cathy Young, pour Heat Street, est positive. Elle considère que le documentaire soulève des questions importantes et rarement traitées tout en effectuant une critique « méritée » du féminisme. En revanche, selon elle, le film n'aborderait pas assez les « aspects sombres du mouvement des hommes » et Cassie Jaye manquerait de mordant dans les interviews des responsables d'associations[15].

Corrine Barraclough, du journal australien The Daily Telegraph, remarque que « le message de The Red Pill est la compassion » et « s'interroge sur les raisons qui poussent les féministes à imposer l'omerta sur la thématique »[16].

L'essayiste féministe Pascale Navarro estime que le film de Cassie Jaye ferait preuve de « malhonnêteté intellectuelle », arguant que la réalisatrice n'apporterait pas de contradiction à ses interlocuteurs[17], ce qui n'est pourtant pas exigé en général des analyses et interventions féministes.

Annulations de diffusion et polémiques[modifier | modifier le code]

La première diffusion du film en Australie au Palace Kino cinema à Melbourne a été annulée le 6 novembre à la suite d'une pétition assimilant le film à de la « propagande misogyne »[18],[19]. La pétition sur Change.org a été déclarée victorieuse avec 2 370 signatures. Une contre-pétition lancée dans les jours suivants a obtenu près de 5 000 soutiens en dénonçant une tentative de « limitation de la liberté de parole en Australie »[18],[20].

Le Mayfair Theatre à Ottawa, a aussi annulé une projection du film[21],[5],[22].

Des projections du film dans un cadre universitaire ont également fait l'objet de vifs débats, notamment une projection annulée sur le campus de University of Calgary[23] et une autre repoussée à la Sydney University[24],[25] au motif de « risque de promotion des violences faites aux femmes ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "The Red Pill ban: an absurdity only online activism could create", Annabel Crabb - The Sydney Morning Herald, 22 Avril 2017 (en)
  2. [« Red Pill, le documentaire qui fait rager les féministes tout en mettant le doigt sur l’une des clés ignorée de l’évolution des électorats occidentaux »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)] - Atlantico, 31 Janvier 2017 « archive » (version du 17 juin 2018 sur l'Internet Archive)
  3. Cassie Jaye's Red Pill too truthful for feminists to tolerate - Bettina Arndt - The Australian, 29 Octobre 2016 (en)
  4. a et b Bay Area filmmaker's new film, 'The Red Pill,' is a bitter one for feminists to swallow - Mercury News, 8 Novembre 2016 (en)
  5. a et b Mayfair Theatre cancels showing of men's rights documentary The Red Pill - CBS News, 2 Décembre 2016 (en)
  6. 'Domestic violence can't be a gender issue' - The Guardian, 26 Novembre 2001 (en)
  7. a et b 'The Red Pill' Review - Hollywood Reporter, 2 Novembre 2016 (en)
  8. « Awards – IIFC 2017 », Idyllwild International Festival of Cinema (consulté le 7 mai 2017)
  9. Marshall Smith, « IIFC awards ceremony takes place before packed house », Idyllwild Town Crier, (consulté le 7 mai 2017)
  10. IMDB: The Red Pill, Récompenses
  11. The Red Pill: Melbourne cinema drops men's rights film after feminist backlash - Elle Hunt - The Guardian, 26 Octobre 2016 (en)
  12. Projet Kickstarter : The Red Pill
  13. a et b Warning: You Can't Unsee 'The Red Pill,' the Documentary About a Filmmaker Who Learns to Love MRAs - Alan Scherstuhl - The Village Voice, 4 Octobre 2016 (en)
  14. 'The Red Pill' only makes worse the divide between men's and women's rights activists - Katie Walsh - Los Angeles Times, 13 Octobre 2016 (en)
  15. New Film 'The Red Pill' Asks Whether Men's Rights Activists Have a Point - Cathy Young - Heat Street, 20 Octobre 2016 (en)
  16. Feminists, you're wrong. The Red Pill is not a hateful film - Corrine Barraclough - The Daily Telegraph (Sydney), 17 Janvier 2017 (en)
  17. « The red pill », un documentaire en défense des masculinistes que les féministes ont du mal à avaler - Catherine François et Sylvie Braibant - TV5 Monde, 30 Janvier 2017
  18. a et b Melbourne's Palace Cinemas cancel screenings of MRA documentary 'The Red Pill' after petition - Jenny Noyes - The Sydney Morning Herald, 25 Octobre 2016 (en)
  19. Why Australian Men's Rights Activists Had Their Bullshit Documentary Banned - Katherine Gillespie - Vice, 26 Octobre 2016 (en)
  20. Men's rights group vows to push ahead with documentary screening - Kathryn Powley- Herald Sun, 25 Octobre 2016 (en)
  21. The Red Pill : le docu masculiniste qui s'accroche - Marion Huysman - L'Obs, 10 mars 2017
  22. Film on men's rights activists finds new venue at City Hall after Mayfair cancels screening Susana Mas - The Ottawa Citizen, 2 Décembre 2016 (en)
  23. 'Feminism is cancer': Wildrose on Campus fires communications director over email - CBC News, 7 Mars 2017 (en)
  24. Union Stops Woman Screeing Woman's Film. Says Bad For Women - Andrew Bolt - Herald Sun, 15 Avril 2017 (en)
  25. Uni of Sydney Union in hot water on Red Pill film ban - Tessa Akerman - The Australian, 15 Avril 2017 (en)

Liens externes[modifier | modifier le code]