Anaxagore

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Anaxagore de Clazomènes
Anaxagoras Lebiedzki Rahl.jpg
Naissance
Décès
428 av. J.-C. ((Milet))
Lampsaque +
Nationalité
École/tradition
Principaux intérêts
Idées remarquables
Noûs, Non-génération et non-destruction de la matière, Problème de la Quadrature du cercle
Influencé par

Anaxagore (en grec ancien Ἀναξαγόρας / Anaxagóras, signifiant littéralement « chef de l'assemblée »), né vers 500 et mort en 428 av. J.-C., dit de Clazomènes en Ionie (près d'Izmir, en Turquie actuelle), était un philosophe présocratique. On suppose qu'il a donné des cours à Athènes (où il arrive en 478 av. J.-C.) pendant près d'une trentaine d'années, pendant lesquelles Socrate l'aurait peut-être connu. Il fut le premier philosophe à s’établir à Athènes, où il eut Périclès et Euripide pour élèves. Selon le Livre de la Vieillesse (Περὶ γήρως) de Démétrios de Phalère et Du Calme (Περὶ εὐθυμίας, parfois traduit par De la tranquillité de l'âme) de Panétios de Rhodes, il enterra ses enfants de ses propres mains, comme Xénophane de Colophon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Disciple d'Anaximène, il était surnommé l'« Intellect » selon Théophraste (dans son ouvrage Des Sensations) car il soutenait que l'intelligence était la cause de l'univers[1]. À l'inverse de nombre de penseurs grecs, il méprise la sphère politique et clame que seul le Cosmos importe. Il introduit le concept de « noûs » (νοῦς[2]), qui équivaut à l’intelligence organisatrice et directrice du monde. Ce dernier serait formé de substances diverses qui n'auraient ni naissance ni fin mais s'agenceraient seulement par combinaisons et séparations. Il est le premier Grec à aborder le problème de la quadrature du cercle[3] ; ses voyages en Égypte lui permettent de perfectionner ses connaissances. Pour Empédocle, par l'action du ciel, la Terre reste tranquille par l'effet d'un tourbillon qui l'entoure ; pour Anaxagore, Anaximène et Démocrite, elle est une vaste et plate huche[4]. L’acmé de Socrate est contemporaine de la mort d’Anaxagore[5].

Anaxagore fut condamné à mort à l’issue d’un procès pour impiété, vers 431 av. J.-C. Ses adversaires lui reprochaient sa théorie cosmique : là où le regard théologique voyait des dieux dans les astres, lui ne les considérait que comme des masses incandescentes. Il enseignait que la lune (formée de terre) reflétait la lumière du soleil, qui est une pierre chaude. Condamné finalement comme athée mais échappant à la peine de mort, il se retira à Lampsaque, une colonie de Milet en Asie mineure, où il mourut en 427 av. J.-C.

Biologie[modifier | modifier le code]

  • Théophraste rapporte au Livre III de son ouvrage Histoire des plantes que selon Anaxagore, la semence de toutes choses est contenue dans le vent ; contenues dans l'eau des pluies, elles donnent naissance aux plantes.

Thèses[modifier | modifier le code]

La philosophie d’Anaxagore est exposée dans l'ouvrage Peri Physeos (Περί Φύσεως, De la nature) dont il ne subsiste que quelques fragments[6].

« Par rapport au petit, il n'y a pas de minimum, mais il y a toujours un plus petit, car il n'est pas possible que l'être soit anéanti par la division » écrit Anaxagore qui n'était donc pas partisan de la théorie de l'atome, particule indivisible et insécable, développée par Démocrite, disciple de Leucippe, père de l'atomisme.

Une énergie, le Noûs (en grec ancien νοῦς) ordonne le monde en organisant et différenciant la matière et l'être. On peut rapprocher cette force de la faculté d'intelligence. Le concept du noûs fut repris par Aristote.

Être et matière ne se produisent ni ne se créent, mais se transforment. Anaxagore refuse le concept du « non-être » et de ses productions. Il sera à l'origine de la formule : « Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau. », reprise plus tard par Lavoisier[7], à travers la phrase bien connue « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. ».

Toujours selon Théophraste[8] s'agissant de la question de la sensation, les nombreuses opinions développées à l'époque peuvent se réduire à deux conceptions générales : pour les uns (Parménide, Empédocle, etc.), « la sensation est produite par le semblable ». Pour les autres, « la sensation est produite par le contraire » ; c'est aussi la thèse que aurait soutenu Anaxagore.

Anaxagore rompt avec les divinités anthropomorphiques et l'astrolâtrie en considérant que le soleil, la lune et les étoiles sont des masses de terre incandescentes qui se sont détachées de la terre[9].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anaxagoras of Clazomenae. Fragments and Testimonia, édition bilingue, traduction anglaise et notes par Patricia Curd, Toronto : University of Toronto Press, 2007.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire, doxographie, vérité: études sur Aristote, Théophraste et la philosophie présocratique d'André Laks, p. 211.
  2. Se prononce « nousse »
  3. D'après Plutarque, Sur l’exil (en grec ancien Περὶ φυγῆς), in Parva moralia.
  4. Aristote, Du Ciel (Livre II, 3) et Platon, Phédon (99b)
  5. Histoire de la philosophie, article « Les Présocratiques » par Clémence Ramnoux, Tome I : p. 414 (1969)
  6. Traduction des fragments d'Anaxagore
  7. Origine du dicton « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » sur Tatoufaux.
  8. H. Diels, W. Kranz, Die Fragmente der Vorsokratiker. 146, 1-4, "Sur les sensations, 1."
  9. André Laks, Claire Louguet, Qu'est-ce que la philosophie présocratique ?, Presses Univ. Septentrion,‎ 2002, p. 358

Liens externes[modifier | modifier le code]


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