Toamasina

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Tamatave

Toamasina
Tamatave
Toamasina
Avenue de l'indépendance
Administration
Pays Drapeau de Madagascar Madagascar
Région Atsinanana
Province Toamasina
District Tamatave-I ; Tamatave-II
Maire Nantenaina Rakotonirina
Démographie
Population 300 813 hab. (est. 2014)
Géographie
Coordonnées 18° 08′ 50″ sud, 49° 23′ 43″ est
Localisation
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Toamasina

Toamasina (qui signifie « qui semble salé » en malgache, ou Tamatave nom français) est une grande ville portuaire de l'Est de Madagascar, chef-lieu éponyme de la province de Toamasina et de la région de l'Est, située à 353 km au nord-est de la capitale, Antananarivo. Son aire urbaine est estimée à 300 813 habitants en 2014[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Au niveau géographique, la ville est située entre d'un côté l'océan, territoire des requins et de l'autre les lagunes et marais, la rendant difficile d'accès depuis l'intérieur des terres.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est de type subéquatorial : températures chaudes et des pluies fréquentes tout au long de l'année (avec pour Tamatave une température moyenne de 24 °C pour 3 500 mm de pluie par an[2]).

De janvier à avril, la saison chaude est rythmée par les cyclones tropicaux qui peuvent parfois être extrêmement violents.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Sur les cartes dessinées par les Européens[Lesquels ?] du XVIIe siècle apparaît le nom de Port-aux-Prunes[réf. souhaitée]. De nos jours, le nom d'« Île aux Prunes » est porté par un îlot inhabité à 10 milles nautiques au Nord-Nord-Est de Tamatave et sur lequel se trouve un phare.

Le sieur de Flacourt est le premier à mentionner Tamatave en 1655, dans son ouvrage Histoire de la grande île Madagascar :

« Depuis la baie d'Antongil que l'on nomme ici Manghabei, jusqu'au Port-aux-Prunes, qu'ils [les Malgaches] nomment Tamatavy ».

Au cours du XVIIIe siècle ces deux noms de Port-aux-Prunes ou Tametavi figurent sur les cartes, avec parfois une variante : Port-Tametavi.

Sur la Chart of part of the east coast of Madagascar, établie par le chevalier Grenier en 1768 et publiée en 1782 à Londres, figure pour la première fois le nom de la ville sous sa forme actuelle[réf. souhaitée], Tamatave. Ce nom remplace définitivement celui de « Port-aux-Prunes », qui n'apparaît plus par la suite en cartographie.

Le toponyme malgache Toamasina semble n'apparaître dans aucun document d'origine européenne avant Histoire et géographie de Madagascar de Henry Descamps (1884). L'interprétation traditionnelle de ce nom est la suivante : le roi merina des Hauts-Plateaux, Radama Ier, découvrant la mer pour la première fois lors de sa conquête de Madagascar, aurait porté un peu d'eau à sa bouche et se serait exclamé : Toa masina ! (« C'est salé ! »).

La ville et sa province portent officiellement seul le nom de Toamasina, mais le nom français de Tamatave est toujours autant utilisé.

Histoire[modifier | modifier le code]

Furente procurat vento

La ville prend son essor sous le règne de Radama Ier (1816-1828), qui l’utilise comme plateforme commerciale pour la traite des esclaves avec les puissances occidentales[3].

La présence de deux lignes de récifs coraliens protègent la rade de Toamasina contre la haute mer et lui assure une sécurité relative[4].

Avec la colonisation française à la fin du XIXe siècle elle devient, au détriment de Majunga, le premier port de l’île et donc la principale fenêtre maritime du pays. La majorité du commerce avec les Britanniques transite alors par Toamasina. On y trouve également des maisons de négoce américaines, allemandes et suisses. Les indiens sont aussi très nombreux, quand aux chinois, ils possèdent à cette époque une centaine de magasins dans lesquels ils vendent surtout des denrées à l'usage des européens, mais aussi du riz. La présence de plus en plus nombreuse de ces derniers portent préjudice à l'activité commerciale des autochtones, au point où l'administration coloniale finit par prendre des mesures, comme les taxes de capitation élevées, afin d'atténuer les effets de cette concurrence[4].

Toujours à la fin du XIXe siècle, un entrepreneur français prend l'initiative de construire un appontement du longueur de 200 à 500 mètres qui, éclairé la nuit, facilite les opérations d'embarquement et de débarquement tant des marchandises que des passagers, notamment durent les fortes houles[4].

Mais, résultat de constructions sommaires et fragiles, la ville est presque totalement détruite par le cyclone tropical du .

La volonté de ses habitants et une aide financière conséquente de l’île Maurice permettent de reconstruire une ville plus moderne et mieux organisée. Tamatave doit à la période coloniale son plan en damier s'ouvrant sur la mer par la place de l'Indépendance.

En 1929, le premier port en eau profonde permettant de décharger directement à terre marchandises et passagers est construit par un consortium franco-allemand.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Situation administrative[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune de Tamatave correspond à celui du district de Tamatave I. La commune compte 138 fokontany[5].

Jumelage[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Toamasina est une ville cosmopolite, majoritairement peuplée par les betsimisaraka. En plus des autres ethnies de l'île, elle abrite aussi une très importante communauté chinoise (le plus souvent métissée), indo-pakistanaise, ainsi qu'une minorité européenne.

Avec une population de plus de 200 000 habitants (estimations 2005), elle est la deuxième agglomération de Madagascar, derrière Antananarivo la capitale, mais devant Antsirabe et Fianarantsoa.

Éducation[modifier | modifier le code]

La ville compte une université, fondée en 1977.

Lieux de culte[modifier | modifier le code]

Parmi les lieux de culte, il y a principalement des églises et des temples chrétiens : Archidiocèse de Toamasina (Église catholique malgache), Église de Jésus-Christ à Madagascar (Communion mondiale d'Églises réformées), Église luthérienne malgache (Fédération luthérienne mondiale), Assemblées de Dieu, Association des églises bibliques baptistes de Madagascar (Alliance baptiste mondiale) [6]. Il y a aussi des mosquées musulmanes.

Économie[modifier | modifier le code]

Grues du port de Tamatave.

Industrie et ressources minières[modifier | modifier le code]

Capitale de l’Est, au débouché du canal des Pangalanes (axe majeur de transport des marchandises le long de la côte Est malgache), Tamatave possède une importante raffinerie de pétrole assurant l’approvisionnement de la capitale. Son port est le principal port maritime de Madagascar. Il exporte les produits des cultures commerciales de la région : vanille, girofle, café.

Depuis 2007, un grand projet minier conduit par un consortium étranger a métamorphosé l'économie de la région. Le projet Ambatovy (Sherritt, SNC Lavallin, Sumitomo Corporation), en plus d'avoir réduit sensiblement le taux de chômage, a réhabilité plusieurs infrastructures.

Coopération et humanitaire[modifier | modifier le code]

Une association humanitaire française, Ô Bout du Monde, créée en 2006 à Questembert (Morbihan), appartenant au Service Éducatif des Missions Internationales Lasalliennes (SEMIL), a créé des liens forts avec des locaux en rénovant un refuge pour les enfants de la rue et va bientôt revenir sur le terrain en 2010 pour continuer son action mais cette fois-ci sur un autre plan d'action, une rénovation d'un autre établissement dans la ville de Tamatave.

Depuis 2004, la ville accueille le siège du PPRR financé par le FIDA.

Ce programme, d'une durée de vie de huit ans, englobe les régions de l'Est et d'Analanjirofo et a pour objectif de réduire la pauvreté rurale par l'accroissement des revenus des producteurs et le renforcement des communautés de base à prendre en charge leur développement.

Dans la partie est de Madagascar, plus de 75 % de la population vit sous le seuil de pauvreté[7].

Transports[modifier | modifier le code]

La ville est reliée par le transport aérien avec l'aérodrome de Tamatave, par le transport ferroviaire depuis la ligne Tananarive-Côte Est, dont la gare de Toamasina est l'un des terminus. Elle est également accessible via les Routes nationales 2 et 5.

Malgré le fait que Toamasina soit la deuxième agglomération la plus peuplée du pays, elle ne possède cependant pas d'un réseau de transports en commun. La population ne disposant pas de moyens de location personnel fait alors appel aux très nombreux cyclo-pousses qui parcourent la ville.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Personnalités historiques[modifier | modifier le code]

Personnalités liés à la commune[modifier | modifier le code]

Devise[modifier | modifier le code]

  • « Furente Procurat Vento » : « Les vents lui donnent toute force ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Population data, Madagascar - Aires urbaines (2014), populationdata.net, consulté le 3 juin 2019
  2. Selon le site officiel France Diplomatie
  3. Gwyn Campbell, An Economic History of Imperial Madagascar, 1750-1895: The Rise and Fall of an Island Empire, Cambridge University Press, UK, 2005, p. 69
  4. a b et c Pela Ravailtera, « Une grande effervescence commerciale à Toamasina », sur L'Express de Madagascar, (consulté le 29 septembre 2020)
  5. « Atsinanana – Direction Générale de l'Economie et du Plan » (consulté le 12 septembre 2020)
  6. J. Gordon Melton, Martin Baumann, ‘‘Religions of the World: A Comprehensive Encyclopedia of Beliefs and Practices’’, ABC-CLIO, USA, 2010, p. 1768
  7. Selon le site officiel du PPRR