Clou de girofle

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Clous de girofle
Image illustrative de l’article Clou de girofle
Clous de girofle séchés
Botanique
Espèce Syzygium aromaticum
Famille Myrtaceae
Partie utilisée Boutons floraux
Origine Moluques
Composition et propriétés
Composés Eugénol
Production et économie
Norme ISO 2254
Codex Alimentarius HS 0778
Principaux producteurs Drapeau de l'Indonésie Indonésie
Drapeau de Madagascar Madagascar
Drapeau de la Tanzanie Tanzanie

Le clou de girofle est une épice obtenue à partir des boutons floraux du Giroflier[1] de la famille des Myrtaceae et du genre Syzygium[2] (Syzygium aromaticum).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Giroflier est originaire de l'archipel des Moluques[3]. La première mention du clou de girofle se trouve dans la littérature chinoise de la période Han, vers le IIIe siècle av. J.-C. L'épice a d'abord été utilisée pour rafraîchir l'haleine ; le clou de girofle étaient principalement utilisés en médecine[4]. Des restes de cuisine calcinés contenant probablement des clous de girofle ont été retrouvés en Syrie et sont datés d'environ 1 700 ans avant notre ère. L'attestation de leur utilisation par la médecine ayurvédique est presque aussi ancienne.[réf. nécessaire]. Vers 77, Pline l'Ancien fait allusion dans son Histoire naturelle à une épice qui ressemble à du poivre appelée garyophyllon, dont on fait commerce pour son parfum. Rien ne prouve cependant qu'il s'agisse du clou de girofle. La première mention de présence en Europe date du IVe siècle, lorsque l'empereur Constantin Ier en fait cadeau à saint Sylvestre, alors évêque de Rome (pape)[5].

Durant le Moyen Âge, les Arabes assurent le commerce du clou de girofle sans en connaître la provenance exacte (que le géographe perse du IXe siècle Ibn Khurdadhbih situe à Java). Les navigateurs portugais découvrent les Moluques en 1511, puis en sont chassés par les Hollandais un siècle plus tard. Soucieux de conserver un monopole commercial sur la précieuse épice, ces derniers l'éradiquent de toutes les îles sauf Ambon et Ternate, et brûlent systématiquement leurs excédents de production[5].

Le souhait d'un accès direct aux clous de girofle par l'Espagne aura justifié la circumnavigation de Fernand de Magellan de 1519 à 1522. C'est le Français Pierre Poivre qui met fin au monopole de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales au XVIIIe siècle en introduisant les girofliers à l'île Maurice, puis en Guyane[5].

En 1812, l'omanais Saleh ben Haramil al Bray introduit le clou de girofle à Zanzibar. Le sultan de l'archipel emploiera entre 1830 et 1872 près de 7000 esclaves à l'exploitation de l'épice[6].

Composition[modifier | modifier le code]

Utilisation en cuisine[modifier | modifier le code]

Le clou de girofle a un parfum d'œillet qui lui vaut en italien le nom de chiodo di garofano, « clou d'œillet ». Il a une saveur piquante et légèrement amère, à la fois boisée et fruitée, qui laisse une sensation de brûlure et d'engourdissement[5]. L'épice est largement utilisée dans la cuisine asiatique et la cuisine indienne en particulier. Il peut être utilisé en infusion[8].

Mélanges[modifier | modifier le code]

Les clous de girofle font partie de nombreux mélanges d'épices, dont le ras el-hanout du Maghreb et le garam masala indien[5].

Autres usages[modifier | modifier le code]

Les clous de girofles entrent dans la composition des cigarettes indonésiennes appelées kretek. Ce sont des ingrédients du henné et du khôl, qui avaient aussi des utilisations médicinales. Ils connaissent également de nombreuses utilisations en parfumerie et en cosmétologie, et servent souvent à parfumer le linge et les intérieurs. Enfin, l'eugénol qu'ils contiennent peut servir de point de départ pour la synthèse de la vanilline[5].

Propriétés médicinales[modifier | modifier le code]

Le clou de girofle possède des propriétés antibactériennes, anesthésiantes et antiseptiques[9].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Girofle », sur universalis.fr.
  2. « Girofle (clou) », sur Sowé Lab (consulté le ).
  3. (en) Carvalho, Teresa Nobre de, « The depictions of the spice that circumnavigated the globe. The contribution of Garcia de Orta’s Colóquios dos Simples (Goa, 1563) to the construction of an entirely new knowledge about cloves », Abriu: estudos de textualidade do Brasil, Galicia e Portugal, no 6,‎ (DOI 10.1344/abriu2017.6.10, lire en ligne, consulté le )
  4. (en) James Hancock, « The Early History of Clove, Nutmeg, & Mace », sur World History Encyclopedia (consulté le )
  5. a b c d e et f Gayet 2010.
  6. Tidiane N'Diaye, Le génocide voilé, éditions Folio, , p. 216-217.
  7. Khalid Abdul Kreem Mohammed, H. Mustafa Abdulkadhim et Sawsan I. Noori, « Chemical Composition and Anti-bacterial Effects of Clove (Syzygium aromaticum) Flowers », International Journal of Current Microbiology and Applied Sciences, vol. 5, no 2,‎ , p. 483–489 (DOI 10.20546/ijcmas.2016.502.054, lire en ligne, consulté le )
  8. Cuisine indienne végétarienne, Sandra Salmandjee
  9. « Les bienfaits des clous de girofle », sur passeportsante.net (consulté le ).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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