Violences par arme à feu aux États-Unis

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Comparaison des taux d'homicides par arme à feu (barres rouges) et sans arme à feu (barres vertes) dans les pays à hauts-revenus de l'OCDE pour l'année 2010 (les pays sont classés selon leur nombre total d'homicides).
Les Etats-Unis sont le pays le plus touché par les meurtres avec armes à feu.[1]
Evolution temporelle du nombre de suicides par arme à feu (en bleu), et du nombre d'homicides par arme à feu (en rouge) ; aux Etats-Unis, de 1999 à 2017[2],[3]
Comparison du taux de suicide par arme à feu avec le taux de suicide sans arme à feu dans les pays riches de l'OCDE, pour 2010 (les pays sont classés selon leur taux de suicides). On constate que les Etats-Unis sont dans l'OCDE le pays où le taux de suicide avec arme à feu dépasse le taux de suicide sans arme à feu[1]


Les violences par arme à feu aux États-Unis sont la cause de dizaines de milliers de morts et de blessés chaque année aux États-Unis d'Amérique.

Par rapport aux 22 autres nations à hauts revenus, le taux de meurtres liés aux armes à feu aux États-Unis est 25 fois plus élevé que la moyenne[4]; c'est le pays le plus touché par ce phénomène en matière de morts par arme à feu en temps de paix et en termes de tueries d'enfants en milieu scolaire.

Bien que le pays compte la moitié de la population des 22 autres nations réunies, les États-Unis totalisent 82 % de tous les décès liés aux pistolets et 90 % des femmes, 91 % des enfants de moins de 14 ans et 92 % des jeunes entre 15 et 24 ans tués avec des armes à feu[5].

La propriété et le contrôle des armes à feu comptent parmi les sujets les plus largement débattus[6] aux États-Unis, où l'influent[non neutre] lobby des armes, représenté par la NRA (National Rifle Association) monopolise et oriente depuis longtemps les débats[7].

Malgré de nombreuses preuves apportées hors des États-Unis sur les liens entre la qualité de la législation sur les armes d'un pays et les violences par arme à feu dans ce pays[8], malgré l’exemple récent et démonstratif de l’Australie qui a spectaculairement et rapidement fait chuter son taux de mortalité par arme à feu simplement en contrôlant mieux l’accès aux armes[9],[10],[11] ou avant cela en Suisse [12],[13], le législateur américain continue majoritairement à soutenir ce marché dans le pays.

Après 20 ans d'interruption, les États-Unis vont à nouveau financer la recherche sur la violence armée.

Statistiques[modifier | modifier le code]

  • En 2010, 67 % de tous les homicides commis aux États-Unis ont été commis par une arme à feu[14]. En 2012, il y avait 8,855 homicides commis à l'arme à feu aux États-Unis, 6,371 d'entre eux attribués à l'arme de poing[15]. Aux États-Unis en 2012, 64 % des décès liés aux armes à feu étaient des suicides[16]. En 2010, il y avait 19,392 suicides et 11,078 homicides liés aux armes à feu aux États-Unis[17]. En 2010, 358 meurtres impliquant un fusil et 6,009 mettant en cause une arme de poing ont été signalés; 1,939 autres ont été reportés avec un autre type d'arme à feu non-spécifié[18].
  • En 2013 il y a eu 73 505 blessures non mortelles, soit 23.2 blessures par 100 000 citoyens des États-Unis[19],[20] et 33,636 décès dus à des armes à feu (10.6 décès par 100 000 citoyens des États-Unis)[21]. Parmi ces décès, on comptait 11 208 homicides[22], 21,175 suicides, 505 décès dus à un accident ou à une négligence et 281 décès dus à une utilisation des armes à feu "sans intention déterminée". Des 2,596,993 décès aux États-Unis en 2013, 1,3 % étaient liés aux armes à feu[23].
  • En 2015, des armes à feu ont causé la mort de 13,286 personnes aux États-Unis (sans tenir compte des suicides)[24] Environ 1,4 million de personnes ont été tuées par arme à feu aux États-Unis entre 1968 et 2011, nombre équivalant à celui de la population de la dixième ville la plus peuplée des États-Unis en 2016, se situant entre ceux des populations de San Antonio et de Dallas, au Texas.

Coûts économiques[modifier | modifier le code]

En 2010, la violence par arme à feu a coûté aux contribuables américains environ 516 millions de dollars, rien que pour les frais d'hospitalisation des victimes[25].

Aspects sociologiques[modifier | modifier le code]

Sans surprise, la violence par arme à feu est la plus courante dans les zones urbaines pauvres et densément peuplées, fréquemment associée aux violences commises par des bandes criminelles, souvent composées de jeunes adultes de sexe masculin et parfois d’adolescents[26],[27]

Les fusillades de masse sont davantage relayées par les médias, mais ne représentent qu'une petite fraction des décès liés aux pistolets aux États-Unis[28] et leur fréquence a diminué de façon constante entre 1994 et 2007, avant d'augmenter entre 2007 et 2013[29],[30].

Tentatives de légiférer[modifier | modifier le code]

Des législations au niveau fédéral, étatique et local ont tenté de remédier à la violence par arme à feu par des méthodes variées, comprenant la restriction de l'achat d'armes à feu par les jeunes et les individus dits "à risque", l'imposition de périodes d'attente pour l'achat d'armes à feu, l'établissement de programmes de rachat des pistolets, des stratégies de lois de mise en vigueur et de maintien de l'ordre, un durcissement des sanctions pour les contrevenant aux lois régulant les armes à feu, des programmes d'éducation pour parents et enfants, et des programmes de sensibilisation de la communauté.

L'année 2018 semble être un point de basculement sur la question, avec un retournement sensible de l'opinion publique perçu lors de la Marche pour nos vies.

Lacunes et freins pour la Recherche depuis 1996[modifier | modifier le code]

De 1996 à 2019, « l'amendement Dickey »[31] a interdit au CDC d'utiliser des fonds «pour préconiser ou promouvoir le contrôle des armes à feu», texte « largement interprété comme interdisant le financement de la recherche sur la violence armée » dans le pays, les sociologues et d'autres chercheurs, en santé publique notamment, soulignent et déplorent la quasi-impossibilité d’accéder aux subventions fédérales de recherche pour les projets d’étude sur les armes à feu. Ils soulignent aussi le manque de statistiques fédérales sur les armes à feu, qui est un autre obstacle considérable à la recherche scientifique sur les causes et effets de la violence armée qui affecte particulièrement les États-Unis. Malgré l'inquiétude généralisée sur les conséquences de la violence par arme à feu sur la santé publique, et les médiatisations périodiques de massacres par arme à feu, de collégiens et lycéens notamment, le Congrès a constamment interdit aux Centres de Contrôle des Maladies (CDC) d'effectuer ou soutenir toute recherche plaidant en faveur du contrôle des armes à feu[32]. Le CDC a interprété cette interdiction comme s’étendant aussi à toute recherche sur la prévention de la violence par arme à feu, et par conséquent n'a pas financé de recherches dans ce domaine depuis 1996[33].
En 2017 l'École de santé publique de l'Université de Boston a mis en place une base de données sur les lois des États concernant les armes à feu.
En 2018 des chercheurs de l'ONG RAND Corporation (Arlington, Virginie) ont publié une méta-analyse[34] de plusieurs milliers d'études sur les armes, accompagnée par une base de données et une enquête sur les « experts en politique sur les armes » qui a demandé 2 ans de travail (et 1 million de dollars)[35].
Cette méta-analyse basée sur un corpus scientifique encore plus large que les précédentes a confirmé le manque de connaissances sur la façon dont les lois et les politiques sur les armes à feu affectent la violence armée. Cette lacune laisse le législateur américain et les administrations, face au lobby des armes à feu, sans faits ni arguments précis concernant l'un des sujets les plus controversées de la politique américaine : le libre accès aux armes à feu.
Seules 62 de ces études ont cherché à mesurer les effets des législations sur les armes à feu en termes de réduction des crimes violents, de suicide et de morts accidentelles par arme à feu. Ces études ont principalement porté sur la protection des enfants et les liens entre l’accès à une arme à feu et le risque de suicide (et elles concluent que les lois empêchant l'accès des enfants aux armes à feu réduisent effectivement et très significativement les suicides, les blessures accidentelles et les décès chez les jeunes et les « homicides domestiques »)[36].
Ce travail fait partie d'une initiative plus vaste (dite « Gun Policy in America »[37]), incluant la mise à disposition pour tous d'une base de données sur les législations sur les armes à feu.

Vers un retour du financement de la recherche américaine sur la violence armée ?[modifier | modifier le code]

Alors que les dernières statistiques disponibles (celles du CDC pour 2017) indiquaient 39773 tués ou blessés par balle, rien qu'en 2017 aux Etats-Unis ; fin 2018, le projet de loi de dépenses (tel que présenté le 16 décembre) prévoiyait 25 millions de dollars pour relancer le financement de telles études (la moitié des 50 millions proposés par les démocrates à la Chambre des représentants). Cet investissement serait à répartir entre les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et les National Institutes of Health (NIH). xxx De nombreux observateurs pensaient que la Chambre des représentants et le Sénat allaient approuver ce projet (qui doit ensuite obtenir la signature de Donald Trump)[38].

En 2018, le Congrès avait déjà expliqué que l'interdiction des dollars fédéraux pour le «plaidoyer» ou la promotion du contrôle des armes à feu ne devrait pas être compris comme interdisant toute recherche sur le sujet, mais le législateur n'avait pas prévu de budgets ad hoc[38].

Selon Garen Wintemute (directeur du Programme de recherche sur la prévention de la violence à l’Université de Californie), Mark Rosenberg (président émérite du Groupe de travail à but non lucratif pour la santé mondiale, basé à Atlanta (Géorgie), et directeur fondateur du National Center for Injury Prevention and Control (NCIPC) du CDC) qui réclamment un retour de la recherche sur le sujet, ou encore selon David Studdert, expert en droit de la santé (Stanford Law School de Californie), «c’est un bon début», appuyé par des fonds significatifs, mais cela reste insuffisant car faute de financements depuis plus de 20 ans, le pays a "perdu plusieurs générations de chercheurs dans ce domaine", et il va falloir un certain temps pour construire ces compétence ; la recherche a donc aussi besoin d'un soutien fort et dans la durée[38]. De plus en 2019, le législateur demande encore aux directeurs du CDC et du NIH de prouver que toutes les subventions qu'ils accorderont «soutiennent des projets de recherche idéologiquement et politiquement impartiaux»[38]. Un immense travail les attend, note Andrew Morral (comportementaliste à la RAND Corporation d'Arlington (Virginie) qui dirige le National Collaborative on Gun Violence Research, ONG philanthropique finançant la recherche sur le sujet. « D'où viennent les armes illégales? Les différentes lois des États sont-elles efficaces? Les programmes en cours d'élaboration pour lutter contre le suicide par arme à feu sont-ils efficaces? Il y a tellement de questions pour lesquelles nous n'avons pas de réponses »[38]. Ce financement reste « une goutte d'eau » par rapport à ce que des maladies ou d'autres causes de mortalié comparables reçoivent pour la recherche, note Katherine Phillips (directrice des affaires fédérales du groupe de sécurité des armes à feu mis en place à Washington DC par Gabrielle Giffords, ex membre du Congrès qui plaide pour une législation plus sûres sur les armes à feu après s'être fait tirer dessus en 2011[38]).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Erin Grinshteyn et David Hemenway, « Violent Death Rates: The US Compared with Other High-income OECD Countries, 2010 », The American Journal of Medicine, vol. 129, no 3,‎ , p. 266–273 (PMID 26551975, DOI 10.1016/j.amjmed.2015.10.025) (Table 4). (PDF).
  2. « Guns / Firearm-related deaths » [archive du ], sur NSC.org copy of U.S. Government (CDC) data, Centers for Disease Control and Prevention, (consulté le 29 août 2018) (archive of actual data).
  3. Jacqueline Howard, « Gun deaths in US reach highest level in nearly 40 years, CDC data reveal », CNN,‎ (lire en ligne[archive du ])
  4. Grinshteyn, Erin, and David Hemenway, “Violent Death Rates: The US Compared with Other High-Income OECD Countries, 2010,” American Journal of Medicine, Vol. 129, No. 3, March 2016, p. 266–273
  5. « How U.S. gun deaths compare to other countries », CBS,‎ (lire en ligne)
  6. Cook PJ & Kristin A.G « The Gun Debate: What Everyone Needs to Know », New York: Oxford University Press, 2014.
  7. Comment la NRA a monopolisé le débat sur les armes aux États-Unis, Le Monde, 9 janvier 2013, consulté le 3 février 2013.
  8. Hahn, Robert A., Oleg Bilukha, Alex Crosby, Mindy T. Fullilove, Akiva Liberman, Eve Moscicki, Susan Snyder, Farris Tuma, and Peter A. Briss, “Firearms Laws and the Reduction of Violence: A Systematic Review,” American Journal of Preventive Medicine, Vol. 28, No. 2, 2005, p. 40–71.
  9. Chapman, Simon, Philip Alpers, and Michael Jones, “Association Between Gun Law Reforms and Intentional Firearm Deaths in Australia, 1979–2013,” JAMA, Vol. 316, No. 3, 2016, p. 291–299.
  10. Lubin, G., N. Werbeloff, D. Halperin, M. Shmushkevitch, M. Weiser, and H. Y. Knobler, “Decrease in Suicide Rates After a Change of Policy Reducing Access to Firearms in Adolescents: A Naturalistic Epidemiological Study,” Suicide and Life-Threatening Behavior, Vol. 40, No. 5, 2010, p. 421–424
  11. McPhedran, Samara, and Jeanine Baker, “Mass Shootings in Australia and New Zealand: A Descriptive Study of Incidence,” Justice Policy Journal, Vol. 8, No. 1, 2011
  12. Reisch, T., T. Steffen, A. Habenstein, and W. Tschacher, “Change in Suicide Rates in Switzerland Before and After Firearm Restriction Resulting from the 2003 ‘Army XXI’ Reform,” American Journal of Psychiatry, Vol. 170, No. 9, 2013, p. 977–984
  13. Small Arms Survey, “Annexe 4. The Largest Civilian Firearms Arsenals for 178 Countries,” in Small Arms Survey 2007: Guns and the City, Geneva: Graduate Institute of International and Development Studies, August 2007. As of January 8, 2018: http://www.smallarmssurvey.org/fileadmin/docs/A-Yearbook/2007/en/Small-Arms-Survey-2007-Chapter-02-annexe-4-EN.pdf
  14. Homicides by firearms UNODC. Retrieved: 28 July 2012.
  15. « Expanded Homicide Data Table 8 », FBI.gov, sur FBI.gov (consulté le 13 juin 2016)
  16. Garen J. Wintemute, « The Epidemiology of Firearm Violence in the Twenty-First Century United States », Annual Review of Public Health, Annual Reviews, vol. 36, no 1,‎ , p. 5–19 (DOI 10.1146/annurev-publhealth-031914-122535)
  17. « 10 Leading Causes of Injury Death by Age Group Highlighting Violence-Related Injury Deaths, United States », National Vital Statistics System, sur National Vital Statistics System, National Center for Health Statistics, CDC,
  18. « FBI — Expanded Homicide Data Table 8 », Fbi.gov, (consulté le 16 janvier 2014)
  19. « Priorities for Research to Reduce the Threat of Firearm-Related Violence », The National Academies Press,‎ (lire en ligne, consulté le 28 juin 2016)
  20. Institute of Medicine and, « Priorities for Research to Reduce the Threat of Firearm-Related Violence », (DOI 10.17226/18319)
  21. https://www.cdc.gov/nchs/data/nvsr/nvsr64/nvsr64_02.pdf Page 84, Table 18 (accessed July 31, 2016)
  22. FastStats: Mortality - All firearm deaths. Centers for Disease Control and Prevention. https://www.cdc.gov/nchs/fastats/homicide.htm (accessed July 27, 2015).
  23. https://www.cdc.gov/nchs/data/nvsr/nvsr64/nvsr64_02.pdf Page 5 (accessed July 31, 2016)
  24. "Guns in the US: The statistics behind the violence". BBC News. 5 January 2016.
  25. Embry M. Howell, « The Hospital Costs of Firearm Assaults », Urban Institute,‎ (lire en ligne, consulté le 12 septembre 2015)
  26. Bjerregaard, Beth, Alan J. Lizotte, « Gun Ownership and Gang Membership », Journal of Criminal Law and Criminology, The Journal of Criminal Law and Criminology (1973-), Vol. 86, No. 1, vol. 86, no 1,‎ , p. 37–58 (DOI 10.2307/1143999, JSTOR 1143999)
  27. Wright, James D., Joseph F. Sheley, and M. Dwayne Smith, « Kids, Guns, and Killing Fields », Society, vol. 30, no 1,‎
  28. Priorities for Research to Reduce the Threat of Firearm-Related Violence, The National Academies Press (ISBN 978-0-309-28438-7)
  29. Grant Duwe, « Seven Mass Shootings in 2012 Most since 1999 », The Washington Times (Washington, DC),‎ (lire en ligne, consulté le 29 mai 2014)
  30. « FBI Confirms Rise in Mass Shootings in Us », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ (lire en ligne)
  31. l'« Amendement Dickey » a été écrit en 1996 par Jay Dickey en tant que membre du Congrès républicain (de l'Arkansas), lequel avait revu sa position sur le sujet, peu avant sa mort.
  32. Todd Zwillich, « Quietly, Congress extends a ban on CDC research on gun violence », Public Radio International (PRI), {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne, consulté le 12 septembre 2015)
  33. Rita Rubin, « Tale of 2 Agencies: CDC Avoids Gun Violence Research But NIH Funds It », JAMA, vol. 315, no 16,‎ , p. 1689 (DOI 10.1001/jama.2016.1707)
  34. Facts About the Effects of Gun Policies Are Elusive but Important
  35. Hersher R (2018) Science Provides Few Facts On Effects Of Gun Policies, Report Finds, 2 mars 2018
  36. What Science Tells Us About the Effects of Gun Policies
  37. Gun Policy in America initiative , page de présentation du projet
  38. a b c d e et f Nidhi Subbaraman (2919) United States to fund gun-violence research after 20-year freeze ; Government spending deal includes $25 million for studies of firearms safety |Nature News ; mis en ligne le 17 décembre 2019 , Nature 577, 12 (2019) | doi: 10.1038 / d41586-019-03882-w

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bases de données publiques[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cook, Philip J., and Kristin A. Goss, The Gun Debate: What Everyone Needs to Know, New York: Oxford University Press, 2014.
  • Hahn, Robert A., Oleg Bilukha, Alex Crosby, Mindy T. Fullilove, Akiva Liberman, Eve Moscicki, Susan Snyder, Farris Tuma, and Peter A. Briss, “Firearms Laws and the Reduction of Violence: A Systematic Review,” American Journal of Preventive Medicine, Vol. 28, No. 2, 2005, p. 40–71.
  • National Research Council, Firearms and Violence: A Critical Review, Washington, D.C.: National Academies Press, 2004
  • RAND Corporation, The Science of Gun Policy: A Critical Synthesis of Research Evidence on the Effects of Gun Policies in the United States, Santa Monica, Calif., RR-2088-RC, 2018. As of March 2, 2018: https://www.rand.org/pubs/research_reports/RR2088.html
  • Vespa, Jonathan, Jamie M. Lewis, and Rose M. Kreider, America’s Families and Living Arrangements: 2012, Current Population Reports, Washington, D.C.: U.S. Census Bureau, p. 20–570, 2013.
  • World Health Organization, World Health Organization Mortality Database, Geneva, 2017. As of October 13, 2017: http://apps.who.int/healthinfo/statistics/mortality/causeofdeath_query/start.php