Saint-Servais (Belgique)

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Saint-Servais
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Namur Province de Namur
Arrondissement Namur
Commune Namur
Code postal 5002
Zone téléphonique 081
Démographie
Gentilé Saint-Servaitois(e)
Population 9 285 hab. (02/03/2017)
Densité 2 638 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 28′ nord, 4° 50′ est
Superficie 352 ha = 3,52 km2
Localisation
Localisation de Saint-Servais
Localisation de Saint-Servais dans la commune de Namur

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Saint-Servais

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Saint-Servais

Saint-Servais (en wallon Sint-Serwai) est le faubourg Nord-Ouest de la ville de Namur dont il fait aujourd'hui partie (Région wallonne de Belgique). C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'église du Sacré-Cœur sur la chaussée de Waterloo, à Saint-Servais.

Ancien village sur le Houyoux, à la sortie de Namur vers Gembloux, Saint-Servais connait un premier développement industriel au XVIIIe siècle (papeterie, moulins, faïencerie, foulerie, fours à chaux…). Cet essor continue jusqu'à 1940 avec l'implantation d'autres entreprises pourvoyeuses d'emplois (scieries, constructions mécaniques, fonderies et une grande fabrique de produits émaillés (casseroles, pots et autres articles ménagers)). Située Rue de l'Industrie, l'entreprise était surnommée "La Casserole", comme l'usine de Ronet, bien qu'elle ne fabriquât pas les mêmes articles. Toutes ces activités ont disparu. Seules quelques PME ont pris le relais.

C'est à Saint-Servais, le 13 janvier 1961, en pleine grève générale contre la loi unique, que se tint pour la première fois une Assemblée des élus socialistes de Wallonie, mandataires nationaux, provinciaux et communaux, en vue d'adresser une Lettre au roi dans laquelle ils déclarent notamment que le peuple wallon s'interroge sur son destin au sein de la communauté belge […]. Il demande que la Constitution soit révisée de telle façon que nos institutions nationales garantissent les Wallons contre les effets du profond déséquilibre interne dont souffre le pays. Dans leurs résolutions, ils réclamèrent pour la Wallonie le droit de disposer d'elle-même.

La Casserole[1][modifier | modifier le code]

Son « émail garanti ne sautant pas au feu » a brillé jusqu'aux vitrines des Galeries Lafayette. À Namur pourtant, on disait très prosaïquement « la Casserole » pour désigner la fabrique d'émaux de Saint-Servais, dont l'aventure industrielle a perduré de 1873 à 1956.

Tout a démarré en 1860 quand un certain Eugène Castin-Demeer a fondé à Saint-Servais, sur le cours du Houyoux (ruisseau), une fabrique de colle. Treize ans plus tard, l'entrepreneur changeait d'orientation et se lançait dans le façonnage de produits émaillés. En 1881, l'affaire a été remise à des investisseurs bruxellois qui ont créé la « Société nouvelle des produits émaillés et étamés de Saint-Servais ». C'est sous cette forme que l'émaillerie a pris véritablement son essor. D'agrandissement en agrandissement, l'usine a fini par s'étendre sur un hectare et demi, dans un périmètre délimité par les Rues des Carrières, des Émaillés et de l'Industrie.

À son apogée, durant l'entre-deux-guerres, elle a occupé selon les sources entre 800 et 900 personnes. Tout le monde, à Namur, connaissait quelqu'un qui travaillait à « la Casserole ». Si le personnel de l'usine pouvait acheter à bon prix le « second choix », soit les produits avec défaut, la crème de la production prenait la direction de boutiques belges, hollandaises, anglaises, espagnoles et françaises. À Paris, les Galeries Lafayette dédiaient une vitrine permanente aux émaux de Namur qui revêtaient pour la cause une teinte exclusive : le rouge impérial.

Les pièces produites étaient essentiellement destinées à la cuisine (casseroles, bouilloires, plats, cruches, bols) et à la maison (bougeoirs, bidets, cuvettes). Du matériel spécifique était aussi destiné aux hôpitaux. Les modèles, les couleurs et les finitions étaient variés afin de convenir au public modeste comme au plus bourgeois.

La fabrique de Saint-Servais se démarquait de la concurrence avec ses décors floraux peints à la main sur ses objets haut de gamme.

Les années cinquante furent celles du déclin de l'activité. Le nombre de presses à emboutir le métal s'est réduit progressivement jusqu'à la fermeture de l'usine, en 1956.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Personnalités du faubourg[modifier | modifier le code]

C'est à Saint-Servais qu'est née la poétesse et peintre surréaliste Marianne Van Hirtum le 20 juillet 1925.

Sont nés à Saint-Servais : Fernand Antoine Joseph Danhaive (1888-19-03-1935) docteur en histoire, professeur d'histoire à l'athénée royal de Namur, engagé volontaire au fort de Suarlée, prisonnier à Soltau (Basse Saxe), écrivain wallon, fondateur de la revue Le Guetteur Wallon avec François Bovesse (futur gouverneur de la province de Namur), Joseph Calozet et Félix Rousseau. Une rue de Saint-Servais portant le nom de Fernand Danhaive a été inaugurée en 1935.

Louise Marie Danhaive (13-02-1923-01-06-1978), fille de Fernand Danhaive, résistante armée au Mouvement national belge du 1-7-1941 au 14-10-1944, écrivain et poète wallon (Heures brèves, Sangre, Pâques sans rameaux, Isla...), attachée à la Maison de la Culture de Namur.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Delooz R. Les villages du nord-ouest de Namur.
  • Marech S. Saint-Servais, BSR et la peste du XIIIe siècle à nos jours, ed. nouvelle EP-UCL, jan 2016

Notes[modifier | modifier le code]

  1. [1], L'Avenir du jeudi 9 avril 2009, Les rescapés de la « Casserole ».