Ambazonie

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République fédérale d'Ambazonie

(en) Federal Republic of Ambazonia

Drapeau
Drapeau de l'Ambazonie
Blason
Emblème
Devise en anglais : One Nation, One Destiny, Under God (« Une nation, un destin, sous Dieu »)
Hymne en anglais : Hail Ambazonia, Land of Glory (« Vive l'Ambazonie, terre de gloire ! »)
Description de l'image Federal ambazonia.png.
Description de l'image LocationSouthernCameroon.png.
Administration
Forme de l'État République fédérale
Revendiqué par Drapeau du Cameroun Cameroun (régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest)
Président Disputé[1]
Langue officielle
Langues nationales
Anglais
pidgin camerounais, langues des Grassfields, oroko, langues manenguba, kenyang et douala
Capitale Buéa

3° 52′ N, 11° 31′ E

Géographie
Plus grande ville Bamenda
Superficie totale 43 700 km2
Fuseau horaire UTC +1
Histoire
Entité précédente
Indépendance Drapeau du Cameroun Cameroun
Déclarée
Démographie
Gentilé Ambazonien
Ambazonienne
Population totale (2015) 3 521 989 hab.
Densité 81 hab./km2
Économie
Monnaie Franc CFA (CEMAC) (de facto), AmbaCoin (de jure)
Divers
Code ISO 3166-1 CMR, CM​
Domaine Internet .cm (de facto), .ab (de jure)
Indicatif téléphonique +237

L'Ambazonie, en forme longue la république fédérale d'Ambazonie (en anglais : Ambazonia et Federal Republic of Ambazonia), également appelée Amba Land, est un État sécessionniste du Cameroun autoproclamé le dans ses régions anglophones[2]. Il est constitué, selon sa propre définition, des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Aucun pays n'a officiellement reconnu l'indépendance de l'Ambazonie, qui est actuellement le théâtre d'un conflit armé entre les guérillas séparatistes et l'armée camerounaise, connu comme étant la crise anglophone au Cameroun. L'Ambazonie est située à l'ouest du Cameroun et au sud-est du Nigeria, sur le golfe de Guinée.

Jusqu'en 1961, la région était un territoire sous tutelle britannique, le Cameroun méridional, tandis que le reste du Cameroun était un territoire sous tutelle française, le Cameroun français. Lors de l'indépendance, un référendum a été organisé et les électeurs du Cameroun méridional ont choisi de rejoindre le Cameroun en tant qu'État constitutif d'une république fédérale[3]. Au fil du temps, le pouvoir du gouvernement central, largement dominé par les francophones, s'est étendu au détriment de l'autonomie de la région. De nombreux habitants s'identifient comme anglophones et n'apprécient pas ce qu'ils perçoivent comme une discrimination et les efforts du gouvernement camerounais pour éliminer les institutions juridiques, administratives, éducatives et culturelles anglophones.

En 2016 et 2017, un vaste mouvement de protestation s'est heurté à une violente répression gouvernementale, qui a conduit à des émeutes et à des violences contre les forces de sécurité et, en 2017, à une déclaration unilatérale d'indépendance par les dirigeants séparatistes[4]. La violence s'est transformée en guérilla et, depuis 2021, les affrontements se poursuivent, les centres de population et les lieux stratégiques étant largement contrôlés par le gouvernement engagé dans des actions de contre-insurrection, tandis que des pans entiers de zones rurales plus éloignées sont contrôlés par des milices séparatistes et utilisés pour lancer des attaques de guérilla[5]. Les forces séparatistes ont eu du mal à former un front uni et les conflits internes ont entravé les efforts visant à négocier avec le Cameroun ou à établir un contrôle sur les différents groupes de milices engagés dans les combats[6]. La violence continue a conduit à des violations des droits de l'homme largement rapportées par les deux parties, notamment des meurtres aveugles de civils, des tortures, des viols et des crimes sexistes, ainsi que des détentions injustifiées et des enlèvements[7].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Selon le Dictionnaire de l'origine des noms et surnoms des pays africains[8] :

« Le nom Ambazonia a été préféré à Southern British Cameroons afin de ne pas confondre cette zone avec la région territoriale du sud du Cameroun britannique (Southern Cameroons). Les “terroristes ambazoniens” avaient à cœur de trouver un nom local afin de bannir “Cameroun” qu’ils considéraient comme le symbole du lourd fardeau de l’héritage colonial. Pour cela, ils ont fouillé dans les livres d’histoire et inventé le nom Ambazonia. Celui-ci dérive d’Ambas, nom donné à la région de l’embouchure du fleuve Wouri. Ce site, en forme de baie, avait alors reçu le nom anglais Ambas Bay[8]. »

Histoire[modifier | modifier le code]

Premières colonisations et le Kamerun allemand[modifier | modifier le code]

Des commerçants européens de plusieurs nations ont visité la baie d'Ambas, à commencer par les Portugais dans les années 1470. Le premier établissement européen permanent sur le continent dans la région a été fondé en 1858 par le missionnaire baptiste britannique Alfred Saker pour accueillir les esclaves libérés. Cette colonie a ensuite été baptisée Victoria (aujourd'hui Limbé, Cameroun) d'après la reine Victoria de l'époque. Jusque dans les années 1880, l'activité européenne était dominée par les sociétés commerciales et les missionnaires. Cependant, dans les années 1880, le partage de l'Afrique bat son plein, les puissances européennes s'empressant de prendre le contrôle diplomatique ou militaire de l'Afrique pour garantir leurs revendications coloniales. Les Allemands, qui avaient établi d'importants centres commerciaux au sud-est, dans le delta du fleuve Wouri (aujourd'hui Douala), et les Britanniques, qui avaient des intérêts importants à l'ouest, au Nigeria, se sont empressés de signer des accords avec les dirigeants locaux. L'explorateur allemand Gustav Nachtigal a signé des traités clés avec plusieurs rois importants. Le mécontentement suscité par ces accords conduit à la brève guerre de Douala en 1884, au cours de laquelle l'Allemagne aide ses alliés locaux à l'emporter, cimentant essentiellement sa position coloniale au Cameroun. En 1887, le Royaume-Uni avait abandonné ses revendications dans la région[9],[10].

L'Allemagne a continué à consolider son contrôle sur la côte par le biais d'accords avec les dirigeants locaux, soutenus par des expéditions militaires. L'Allemagne a conquis Buéa en 1891 après plusieurs années de combats, y transférant la capitale coloniale de Douala en 1892. En 1914, les Allemands avaient établi leur contrôle, soit directement, soit par l'intermédiaire de chefs locaux, jusque dans l'arrière-pays du territoire aujourd'hui revendiqué par l'Ambazonie, conquérant des communautés telles que Nkambé et établissant une garnison à Bamenda en 1912. Cependant, de nombreuses villes et villages de l'arrière-pays n'avaient pas d'administration allemande et n'ont peut-être vu des soldats allemands qu'une poignée de fois. L'administration allemande se concentre sur l'établissement de plantations pour les cultures commerciales et sur l'amélioration des infrastructures de transport et de communication afin d'acheminer rapidement les produits et les ressources naturelles vers les ports et, de là, vers l'Europe. Le terrain accidenté de la ligne du Cameroun et l'absence de rivières navigables dans une grande partie de l'intérieur de la région revendiquée par l'Ambazonie ont limité l'activité coloniale en dehors des régions côtières.

Période coloniale britannique (1914-1961)[modifier | modifier le code]

L'évolution territoriale du Cameroun entre 1901 et 1962.

En 1914, au début de la Première Guerre mondiale, les forces britanniques du Nigeria britannique et les forces françaises de l'Afrique équatoriale française et du Gabon attaquent le Kamerun allemand. La supériorité navale des Alliés permet la prise rapide de la côte camerounaise, coupant les Allemands de tout renfort ou réapprovisionnement. Au début de 1916, les derniers Allemands se rendent ou se retirent du Cameroun vers la Guinée espagnole neutre. En 1919, l'Allemagne signe le traité de Versailles, cédant officiellement ses colonies aux Alliés. Quelques semaines plus tard, la Grande-Bretagne et la France publient une déclaration connue sous le nom de Déclaration Simon-Milner, délimitant les frontières entre le Cameroun britannique et le Cameroun français[11]. Cette frontière est reconnue internationalement en 1922 et la Grande-Bretagne et la France se voient confier le contrôle de leurs régions respectives en tant que mandats de la Société des Nations[12].

L'Ordonnance sur l'administration du Cameroun britannique de 1924 a divisé le Cameroun britannique en deux parties : le Cameroun septentrional (administré comme une partie du Nigeria du Nord) et le Cameroun méridional (administré comme une partie du Nigeria de l'Est). Lorsque le système de mandat de la Société des Nations a été transformé en système de tutelle des Nations unies en 1946, cet arrangement a été à nouveau prévu dans le décret du 2 août 1946 prévoyant l'administration du Protectorat du Nigeria et du Cameroun sous mandat britannique[13]. En 1953, les représentants du Cameroun méridional à l'Assemblée législative du Nigeria oriental ont demandé un gouvernement régional distinct pour le Cameroun méridional, avec un siège à Buéa. En vertu de la Constitution Lyttleton en 1954, le Cameroun méridional a obtenu une autonomie limitée en tant que quasi-région au sein de la Fédération nigériane. E.M.L. Endeley est devenu le leader de la quasi-région du Cameroun du Sud, son titre officiel étant Leader of Government Business.

En 1957, les résolutions des Nations unies 1064 (XI) du 26 février 1957 et 1207 (XII) du 13 décembre 1957 ont demandé aux autorités administrantes de hâter les arrangements pour que les territoires sous tutelle atteignent l'autonomie ou l'indépendance. En 1958, le Cameroun du Sud a obtenu le statut de région autonome à part entière de la Fédération du Nigeria et le titre officiel d'Endeley est devenu Premier ministre[14]. Malgré les appels des dirigeants du Cameroun méridional en faveur d'une indépendance totale en tant que nation séparée, les résolutions 1350 (XIII) du 13 mars 1959 et 1352 (XIV) du 16 octobre 1959 des Nations unies ont demandé des plébiscites au Cameroun méridional et au Cameroun septentrional avec deux alternatives pour mettre fin à la tutelle : rejoindre le Nigeria ou rejoindre le Cameroun[15].

Indépendance et plébiscite (1961)[modifier | modifier le code]

Le premier Premier ministre du Cameroun méridional, Emmanuel Mbela Lifafe Endeley (première rangée, troisième en partant de la droite) à Bamenda.

Malgré les appels des dirigeants du Cameroun méridional en faveur d'une indépendance totale, les résolutions 1350 (XIII) du [16] et 1352 (XIV) du [17] des Nations Unies demandaient à la Grande-Bretagne, l'autorité administrante, d'organiser des plébiscites séparés au Cameroun méridional et au Cameroun septentrional sous la supervision des Nations Unies, sur la base des deux "alternatives" suivantes : l'indépendance en rejoignant le Nigeria ou en rejoignant le Cameroun[18]. Deux rapports d'économistes anglais, le rapport Phillipson en 1959 et le rapport Berrill en 1960, ont tous deux conclu que le Cameroun méridional ne serait pas en mesure de continuer à financer son développement et sa croissance en tant qu'État indépendant[19]. Les Nations Unies entament des discussions avec la République du Cameroun (ancien Cameroun français) sur les termes de l'association du Cameroun méridional si le résultat du plébiscite est en faveur d'une fédération des deux territoires. Alors que de nombreux citoyens du Cameroun méridional n'apprécient pas l'absence d'une option d'indépendance, la déception à l'égard de l'administration nigériane, qui a alimenté la demande d'une plus grande autonomie, et l'espoir d'une fédération plus égale avec le Cameroun, conduisent à une majorité en faveur de la réunification avec le Cameroun.

Le 21 avril 1961, la résolution 1608 (XV) de l'ONU a fixé au 1er octobre 1961 la date de l'indépendance du Cameroun méridional[20]. En juillet 1961, les délégations du Cameroun méridional et de la République du Cameroun se sont rencontrées à Foumban. La délégation du Cameroun méridional n'a pas beaucoup de poids, car les intérêts des Nations Unies et des puissances coloniales sont d'accélérer l'unification plutôt que de garantir l'autonomie du Cameroun méridional[21]. Le résultat est une constitution qui prévoit une structure fédérale avec deux États constituants[22]: le Cameroun oriental (ancien Cameroun français) et le Cameroun occidental (ancien Cameroun méridional), mais qui donne le pouvoir sur la plupart des questions essentielles au gouvernement national prédominament francophone. Une concession essentielle a été d'exiger que les lois s'appliquant aux deux États ne puissent être adoptées par l'assemblée fédérale que si une majorité de députés des deux États fédérés votent en leur faveur[21].

République fédérale du Cameroun et Constitution de 1972 (1961-1972)[modifier | modifier le code]

Le président camerounais Ahmadou Ahidjo rencontre le président américain John F. Kennedy en 1962.

En 1961, le gouvernement camerounais, avec l'aide continue de la France, mène une guerre civile contre les restes de combattants indépendantistes toujours mécontents de l'influence française au Cameroun ou espérant renverser le gouvernement pro-occidental et mettre en œuvre un programme marxiste. Le président Ahmadou Ahidjo profite de la poursuite de la guerre et du flou de nombreuses dispositions de la Constitution pour consolider son pouvoir. En 1962, il arrête et emprisonne un certain nombre d'opposants politiques (francophones) de premier plan, accusés de subversion et de critique de l'État. En 1966, il réussit à interdire les partis politiques d'opposition et à instaurer un État à parti unique. À cette époque, les dirigeants du Cameroun occidental critiquent les efforts visant à réduire leur autonomie par l'affirmation de l'autorité fédérale par les administrateurs francophones du Cameroun occidental. Les anglophones n'apprécient pas non plus l'introduction d'écoles bilingues au Cameroun occidental comme une tentative d'assimilation des anglophones[23].

Après avoir obtenu un contrôle presque total sur le Cameroun oriental, au printemps 1972, le président Ahidjo a pris pour cible les pouvoirs autonomes du Cameroun occidental. Rejetant la responsabilité du sous-développement du Cameroun et des politiques publiques mal appliquées sur la structure fédérale et arguant que la gestion de gouvernements séparés dans un pays pauvre était trop coûteuse, il annonça un référendum sur une nouvelle constitution, qui supprimait la structure fédérale en faveur d'un État unitaire et accordait davantage de pouvoirs au président. Le référendum a eu lieu le 20 mai 1972 et, dans l'État à parti unique, le résultat n'a jamais fait de doute. Les résultats officiels font état d'un taux de participation de 98,2% et de 99,99% de votes en faveur de la nouvelle constitution[24]. Les séparatistes ont affirmé que le référendum n'était pas libre et équitable[25]. Ils ont également affirmé que la nouvelle constitution était juridiquement invalide puisque les changements apportés à la Constitution de 1961 nécessitaient l'approbation de la majorité des membres de l'Assemblée fédérale (législature) et de chacun des deux États constitutifs, et que la nouvelle constitution n'a jamais été approuvée par la majorité des législateurs du Cameroun occidental[26]. Le Cameroun occidental a été divisé en deux régions administratives, qui subsistent aujourd'hui : les régions du "Nord-Ouest" et du "Sud-Ouest".

État unitaire et mécontentement croissant des anglophones (1972-2015)[modifier | modifier le code]

Changement du drapeau du Cameroun en 1975
Drapeau du Cameroun de 1961 à 1975 avec deux étoiles représentant les deux États fédérés.
Drapeau après 1975 avec une seule étoile.

En 1975, le gouvernement a supprimé l'une des deux étoiles du drapeau, autre symbole de la fédération entre deux États, créant un nouveau drapeau avec une seule étoile[27]. Le 6 novembre 1982, Ahidjo a démissionné et a cédé le pouvoir à Paul Biya qui a poursuivi les politiques d'Ahidjo et, après une brouille avec Ahidjo et une tentative de coup d'État par les partisans d'Ahidjo, a consolidé le pouvoir en lui-même[28]. En février 1984, Biya change le nom officiel du pays de la République unie du Cameroun - le nom adopté après l'unification avec le Cameroun méridional en République du Cameroun. Paul Biya déclare avoir pris cette mesure pour affirmer la maturité politique du Cameroun et démontrer que le peuple a surmonté ses barrières linguistiques et culturelles, mais de nombreux résidents de l'ancien Cameroun méridional y voient une nouvelle étape pour effacer leur culture et leur histoire distinctes.

À partir du milieu des années 1980, la rupture entre les élites de l'ancien Cameroun méridional et le gouvernement central dominé par les francophones est devenue de plus en plus évidente. L'exclusion politique, l'exploitation économique et l'assimilation culturelle sont critiquées de plus en plus ouvertement. Au début de l'année 1985, l'avocat anglophone et président de l'Association du Barreau camerounais, Fongum Gorji Dinka, fait circuler un certain nombre d'essais et de pamphlets affirmant que le gouvernement Biya est inconstitutionnel et appelant à une République indépendante d'Ambazonie. Gorji Dinka devient le premier chef du Conseil de restauration de l'Ambazonie. En mai 1985, il a été arrêté, emprisonné, puis assigné à résidence pendant trois ans avant de s'enfuir d'abord au Nigeria, puis au Royaume-Uni[29].

En 1990, les partis politiques d'opposition ont été légalisés et John Ngu Foncha, le principal anglophone du gouvernement camerounais, a démissionné du parti au pouvoir et a résumé une grande partie du mécontentement concernant l'attitude du gouvernement central envers les régions anglophones dans sa lettre de démission publique :

« [Il m'est apparu clairement que j'étais devenu une nuisance sans intérêt qu'il fallait ignorer et ridiculiser. Je ne devais plus servir que de vitrine et ne plus être écouté. La plupart du temps, je suis convoqué à des réunions par radio sans que l'on me consulte sur l'ordre du jour. Tous les projets de l'ancien Cameroun occidental que j'avais initiés ou qui me tenaient à cœur ont dû être repris, mal gérés et ruinés, par exemple la Cameroon Bank, l'Office de commercialisation du Cameroun occidental, l'AMA à Wum, le Mouvement coopératif du Cameroun occidental. Alors que j'ai passé toute ma vie à me battre pour le développement d'un port en eau profonde à Limbé (Victoria), ce projet a dû être mis en veilleuse et, à la place, un pipeline coûteux doit être construit de SONARA à Limbe à Douala afin d'acheminer le pétrole vers Douala. Toutes les routes du Cameroun occidental que mon gouvernement avait construites, améliorées ou entretenues ont été laissées se détériorer, rendant Kumba-Mamfé, Mamfé-Bamenda, Bamenda-Wum-Nkambé, Bamenda-Mom inaccessibles par la route. Des projets ont été mis en attente même après que le pétrole ait produit suffisamment d'argent pour les construire ainsi que le port maritime de Limbe. Tous les progrès en matière d'emploi, de nominations, etc. destinés à promouvoir une représentation régionale adéquate dans le gouvernement et ses services ont été révisés ou modifiés aux dépens de ceux qui défendaient la VÉRITÉ et la justice. Ils sont identifiés comme des "Foncha-man" et mis de côté. Les Camerounais du Sud que j'ai fait entrer dans l'Union ont été ridiculisés et appelés "les Biafrais", "les ennemis dans la maison", "les traîtres", etc., et les dispositions constitutionnelles qui protégeaient cette minorité camerounaise du Sud ont été supprimées, leurs voix étouffées tandis que la loi du fusil a remplacé le dialogue auquel les Sud-Camerounais sont très attachés. ... »

— John Ngu Foncha, Lettre de démission du parti RDPC (1990)

En 1993, la All Anglophone Conference s'est tenue à Buéa, réunissant tous les citoyens de l'ancien Cameroun méridional qui ont appelé à la restauration du système fédéral[30]. Lors d'une seconde All Anglophone Conference tenue à Bamenda, l'appel au gouvernement camerounais pour qu'il accepte un retour à la fédération à deux états a été réitéré, certaines voix appelant explicitement à la sécession. En 1995, malgré l'objection de certains Camerounais anglophones, le Cameroun a été admis au sein du Commonwealth, reconnaissant ainsi l'histoire de l'ancien Cameroun méridional en tant que colonie britannique. Au cours de cette période, diverses factions indépendantistes et fédéralistes se sont regroupées pour former le Conseil national du sud du Cameroun, un groupe de pression qui a pris des initiatives auprès des Nations unies, de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples, du Commonwealth et des ambassades nationales pour attirer l'attention sur la région et les problèmes des anglophones au Cameroun. En 2005, le Cameroun méridional/République d'Ambazonie est devenu membre de l'Organisation des nations et des peuples non représentés (UNPO) ; il a été renouvelé en 2018[31],[32]. En raison du harcèlement et des arrestations par le gouvernement, de nombreux dirigeants du SCNC et d'autres organisations ont fui le pays. 1999 et 2009 ont vu des déclarations symboliques d'indépendance de la part des nationalistes ambazoniens, qui ont conduit à des arrestations mais à peu d'actions concrètes[26].

La pression croissante pour l'autonomie ou l'indépendance a réduit la confiance et l'engagement entre le gouvernement et la minorité anglophone, avec pour résultat qu'en 2017 il n'y avait qu'un seul anglophone parmi les 36 ministres avec portefeuille dans le gouvernement camerounais[26].

Manifestations et guerre civile (de 2016 à aujourd'hui)[modifier | modifier le code]

Territoire ambazonien proclamé.

En novembre 2016, un certain nombre de grandes manifestations et grèves ont été organisées, initialement par des avocats, des étudiants et des enseignants anglophones, axées sur la marginalisation croissante de l'anglais et des institutions anglophones dans le droit et l'éducation[33]. Plusieurs manifestations ont été violemment dispersées par les forces de sécurité, ce qui a conduit à des affrontements entre les manifestants et la police au cours desquels plusieurs personnes ont été tuées. La violence des deux parties a compromis les négociations au début de 2017, qui ont échoué sans accord[34]. La violence a entraîné d'autres manifestations, des grèves générales (appelées "lockdowns") et de nouvelles mesures de répression de la part du gouvernement au début de 2017, notamment l'interdiction des organisations de la société civile, la coupure des connexions téléphoniques et Internet de janvier à avril[35] et des arrestations de manifestants[36]. Bien que le gouvernement ait créé une commission chargée de se concentrer sur les griefs des anglophones et ait pris des mesures pour résoudre les problèmes d'équité linguistique dans les tribunaux et les écoles, la méfiance persistante et les réponses sévères aux protestations ont empêché une désescalade significative.

Fin 2017, alors que les efforts de dialogue étaient moribonds et que la violence se poursuivait des deux côtés, les principaux mouvements séparatistes ont organisé l'organisation faîtière Southern Cameroons Ambazonia Consortium United Front (SCACUF). Le SCACUF a déclaré unilatéralement l'indépendance des deux régions en tant qu'Ambazonie le 1er octobre, date anniversaire de l'indépendance du Cameroun méridional vis-à-vis du Royaume-Uni. Le SCACUF a cherché à se transformer en un gouvernement intérimaire avec son leader, Sisiku Julius Ayuk Tabe, comme président intérimaire[37]. 17 personnes au moins ont été tuées lors des manifestations qui ont suivi la déclaration d'indépendance, tandis que quatorze soldats camerounais ont été tués dans des attaques revendiquées par l'Ambazonia Defence Forces[38]. Le gouvernement camerounais a déclaré que la déclaration n'avait aucun poids juridique[39] et le 30 novembre 2017, le président du Cameroun a signalé une ligne plus dure sur les attaques séparatistes contre la police et les soldats[40]. Un déploiement militaire massif accompagné de couvre-feux et d'évacuations forcées de villages entiers[41]. Cela a temporairement mis fin aux espoirs de poursuivre le dialogue et a donné le coup d'envoi à une véritable guérilla dans l'ancien Cameroun méridional. Plusieurs factions armées différentes sont apparues, telles que les Red Dragons, les Tigers, l'ARA, Seven Karta, l'ABL, avec des niveaux variables de coordination et de loyauté envers les dirigeants politiques séparatistes[42]. Dans la pratique, les milices indépendantistes opèrent de manière largement autonome par rapport aux dirigeants politiques, qui sont pour la plupart en exil[43].

Véhicules détruits après un affrontement à Buéa, au sud-ouest du Cameroun.

Le 5 janvier 2018, les membres du gouvernement intérimaire de l'Ambazonie en exil à Abuja, au Nigeria, y compris le président Sisiku Julius Ayuk Tabe, ont été arrêtés et déportés au Cameroun sous la garde des forces gouvernementales pour faire face à des accusations criminelles[44]. Le 4 février 2018, il a été annoncé que le prédicateur basé aux États-Unis, le Dr Samuel Ikome Sako deviendrait le président intérimaire de la République fédérale d'Ambazonie, succédant temporairement à Ayuk Tabe[44]. Cependant, bien qu'il ait été condamné à perpétuité pour terrorisme par un tribunal camerounais[45], le 2 mai 2019, Ayuk Tabe a déclaré depuis la prison la dissolution du cabinet intérimaire de Sako et la restauration de son propre cabinet[46]. Sako a résisté, ce qui a conduit à la crise du leadership ambazonien.

École détruite à Fontem, au sud-ouest du Cameroun

Alors que la violence s'intensifiait, les efforts internationaux pour résoudre le conflit se sont intensifiés. Le 13 mai 2019, le Conseil de sécurité de l'ONU a tenu une réunion informelle pour discuter de la crise anglophone[47]. Les pourparlers de paix médiatisés par le gouvernement suisse ont échoué à de multiples reprises, principalement en raison des divisions entre factions et du manque de contrôle réel des milices par les dirigeants séparatistes, ce qui rend difficile toute démarche, même préliminaire[48].

Le conflit a été caractérisée par des attaques de guérilla menées par les milices séparatistes contre les forces armées et les civils soupçonnés de collaboration ou simplement de ne pas respecter les boycotts scolaires et électoraux déclarés par les milices ou les "lockdowns" qui empêchent tout déplacement et toute activité. De nombreuses milices ont cherché à imposer une grève totale des écoles depuis 2017 en raison des préoccupations liées au manque d'enseignants et de programmes scolaires anglophones. Des enseignants et des élèves ont été enlevés et tués et de nombreuses écoles et matériels scolaires ont été brûlés, tandis que de nombreux enfants n'ont pas été scolarisés depuis le début du conflit. D'autres ont allégué que certaines milices se sont livrées à des attaques de rançon contre des civils pour financer la poursuite de leurs activités. Entre-temps, les forces gouvernementales ont incendié des villages entiers soupçonnés d'abriter des séparatistes, fait disparaître et exécuté des civils sans procédure régulière, et torturé des détenus. De nombreux rapports font état de meurtres aveugles, de tortures, de viols et d'autres violences sexistes perpétrés par les deux parties[49],[36],[50]. Les gouvernements des États-Unis et de l'Allemagne ont exprimé leur inquiétude face aux violations des droits de l'homme et ont réduit ou annulé la coopération militaire avec le Cameroun en raison des abus signalés[51]. La France, le Royaume-Uni ainsi que le Parlement européen ont également exprimé leur inquiétude et poussé à des négociations entre les parties pour résoudre le conflit[49].

Puissance militaire[modifier | modifier le code]

Les séparatistes armés sont divisés en dizaines de groupes de guérilla de tailles diverses, dont beaucoup ont rejoint l'Ambazonia Self-Defence Council (ASC) sous le gouvernement intérimaire. Les principaux groupes qui ne font pas partie de l'ASC comprennent l'Ambazonia Defence Forces (ADF) et la Southern Cameroons Defence Forces (SOCADEF), qui coopèrent toutes deux avec l'ASC à un certain niveau[52].

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte de l'Ambazonie de la classification de Köppen.

L'Ambazonie est formée des régions camerounaises du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Elle est située entre le Nigéria au sud-est, le Cameroun à l'ouest sur le golfe de Guinée et au nord-ouest de l'île de Bioko de la Guinée équatoriale.

Elle couvre une superficie de 43 700 km2.

L'Ambazonie est caractérisée par deux écosystèmes principaux. À l'ouest, vers la frontière avec le Nigeria, on trouve les basses terres du bassin de Mamfé. Cette zone est couverte d'une forêt tropicale dense. On y trouve des zones protégées comme le parc national de Korup[53] ou le parc national de Takamanda. Plus à l'est vers le Cameroun, on trouve une série de volcans comme le mont Manengouba ou le mont Koupé. Ils s'étendent du sud le long de la frontière du Cameroun jusqu'au nord où ils vont jusqu'aux hauts plateaux de Bamenda. Un peu isolé des autres volcans est le Mont Fako (Mont Cameroun) près de la pointe sud de l'Ambazonie. À 4 040 m (13 250 pi), c'est la plus haute montagne d'Afrique occidentale et la 28e plus haute d'Afrique en général.

Climat[modifier | modifier le code]

Comme une grande partie de l'Ambazonie se trouve sur le Grassland, le climat y est un peu plus frais que dans les régions voisines du Cameroun et du Nigeria. Les basses terres le long de la côte et les vallées fluviales de la Manyu, qui font toutes deux partie de la fossé de la Bénoué, sont plus chaudes. La plupart de l'Ambazonie a un climat de mousson tropicale, avec la plaine côtière contenant certains des endroits les plus pluvieux du monde (comme le village de Debundscha)[54]. Les parties nord-est de la région du Nord-Ouest (y compris la ville de Bamenda) ont un climat tropicale de savane, avec des saisons humides et sèches distinctes. À des altitudes plus élevées, comme le massif de l'Oku et le Mont Cameroun, il y a des poches où les températures baissent suffisamment pour être classées comme un climat méditerranéen d'été chaud. Le sommet du Mont Cameroun présente un climat polaire de type toundra, unique en Afrique de l'Ouest et extrêmement rare si près de l'équateur[55].

Subdivision territoriale[modifier | modifier le code]

L'Ambazonie est divisée en 13 comtés[57] et 61 zones de gouvernement local (LGA).

Comtés Capitales
Fako Victoria
Meme Kumba
Ndian Mundemba
Koupé-Manengouba Bangem
Lebialem Menji
Manyu Mamfé
Momo Mbengwi
Mezam Bamenda
Ngo-Ketunjia Ndop
Bui Kumbo
Boyo Fundong
Menchum Wum
Donga-Mantung Nkambé

Démographie[modifier | modifier le code]

Les habitants de ce territoire sont essentiellement anglophones.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Cameroon: Confusion as detained Ambazonia leader impeached by peers », sur Journal du Cameroun, (consulté le )
  2. Deutsche Welle (www.dw.com), « La tension monte dans les régions anglophones du Cameroun avant la proclammation de leur indépendance | DW | 29.09.2017 », sur DW.COM (consulté le )
  3. Nohlen, D, Krennerich, M & Thibaut, B (1999) Elections in Africa: A data handbook, p177 ISBN 978-0-19-829645-4
  4. (en) « Who are Cameroon's 'Ambazonia' secessionists? – DW – 09/30/2019 », sur dw.com (consulté le )
  5. (en) « Cameroon’s Anglophone Crisis: How to Get to Talks? », sur www.crisisgroup.org, (consulté le )
  6. (en) « Briefing: Cameroon's intensifying conflict and what it means for civilians », sur The New Humanitarian, (consulté le )
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Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Mark Dike DeLancey, Rebecca Mbuh, Mark W. Delancey, « Ambazonia (Ambazania)», in Historical Dictionary of the Republic of Cameroon, Scarecrow Press, 2010 (4e éd.), p. 36 (ISBN 9780810873995)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]