Marché obligataire

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Le marché obligataire est le marché sur lequel les entreprises ainsi que les États se financent.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le rôle historique des marchés obligataires était d'abaisser le coût de la dette royale, sans forcément y parvenir à leurs débuts. Henri II à Lyon a lancé en 1555, le premier marché obligataire, qui visait à offrir une liquidité au Grand Parti de Lyon, un emprunt de deux millions d'écus sur 11 ans, à intérêt de 16 %, « taux très supérieur aux précédents », de 12 % en moyenne. Les trois-quarts de l'emprunt sont d'anciens crédits, rassemblés et refondus. Jusque là, le déficit royal était comblé par des emprunts à trois mois, renouvelés à l'échéance.

Produits traités[modifier | modifier le code]

Échelle de notation financière selon les principales
agences de notation
Signification
de la note 
Moody’s Standard
& Poor’s
Fitch
Ratings
Dagong
Long
terme
Court
terme
Long
terme
Court
terme
Long
terme
Court
terme
Long
terme
Court
terme
Prime
Première qualité
Aaa P-1

Prime
-1
AAA A-1+ AAA F1+ AAA A-1
High grade
Haute qualité
Aa1 AA+ AA+ AA+
Aa2 AA AA AA
Aa3 AA− AA− AA−
Upper medium
grade

Qualité moyenne
supérieure
A1 A+ A-1 A+ F1 A+
A2 A A A
A3 P-2 A− A-2 A− F2 A− A-2
Lower medium
grade

Qualité moyenne
inférieure
Baa1 BBB+ BBB+ BBB+
Baa2 P-3 BBB A-3 BBB F3 BBB A-3
Baa3 BBB− BBB− BBB−
Non-investment
grade,
speculative

Spéculatif
Ba1 Not
prime


Non
prime
BB+ B BB+ B BB+ B
Ba2 BB BB BB
Ba3 BB− BB− BB−
Highly
speculative

Très spéculatif
B1 B+ B+ B+
B2 B B B
B3 B− B− B−
Risque élevé Caa1 CCC+ C CCC C CCC C
Ultra spéculatif Caa2 CCC
En défaut, avec
quelques espoirs
de recouvrement
Caa3 CCC−
Ca CC CC CC
C C/CI/R C C
En défaut sélectif SD D RD D D D
En défaut D D

Lorsqu'un État ou une entreprise souhaite s'endetter, elle peut émettre une obligation, typiquement assortie d'un taux d'intérêt et d'une date de remboursement de sa valeur nominale. Les créanciers potentiels peuvent ainsi décider d'acheter les dites obligations, sur base du rendement espéré, lui-même fonction du risque de défaut (cessation de paiement ou faillite) de l'entreprise.

Les agences de notation ont pour activité d'évaluer cet aspect du risque, tant pour les États que pour les principales entreprises émettant des obligations. Au début des années 2010, trois agences se partagent 90 % du marché : Fitch, Moody’s et Standard and Poor's. Chaque agence utilise sa propre codification de notation.

En juillet 2011, les obligations des États représentaient 46 % du marché obligataire mondial.

S'échangent aussi sur les marchés obligataires :

Distinction marché primaire, marché secondaire[modifier | modifier le code]

Pour les obligations (comme c'est le cas aussi pour les actions) :

  • l'expression marché primaire désigne les émissions de nouvelles obligations, dont le placement auprès des investisseurs institutionnels et, éventuellement, particuliers, est assuré, généralement en prise ferme par un groupe de banques d'investissement choisies par l'émetteur.
  • l'expression marché secondaire désigne les transactions sur les obligations déjà émises.

Marché directeur[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis et dans la zone euro, ainsi que, dans une moindre mesure, au Japon et en Grande Bretagne, il existe en permanence deux marchés de référence des taux d'intérêt de 0 à 30, voire 50 ans, d'une très grande liquidité  :

Pour les taux d'intérêts des autres devises, cela est un peu moins vrai.

Le marché des emprunts d'État fournit les taux d'intérêt sans risque ; celui des swaps les taux d'intérêt interbancaires.

Les taux des emprunts d'État à taux fixe se forment suivant l'offre et la demande instantanée sur les futures :

  • pour la zone euro, sur les contrats à terme sur emprunts d'État allemand (Bund et Bobl, essentiellement) ;
  • aux États-Unis, sur les contrats à terme du CBOT portant sur T-Notes.

Ces futures sont les véritables marchés directeurs des taux d'intérêt à moyen et long terme. Ils donnent des points d'ancrage aux courbes des taux.

Formation des prix des obligations[modifier | modifier le code]

Le prix des obligations conditionne les rendements obligataires appelés aussi « taux d'intérêt à long terme », par opposition aux « taux d'intérêt à court terme » fixés par la Banque centrale.

La valorisation d'un instrument à taux fixe comportant un risque de crédit (prêt, obligation, etc) s'effectue théoriquement en :

  • actualisant l'échéancier des flux financiers de l'instrument avec les coefficients d'actualisation applicables aux emprunts d'État ;
  • en lui ajoutant une prime de liquidité, c'est-à-dire une estimation du coût de négociation de l'instrument ;
  • et enfin en ajoutant une estimation de l'espérance mathématique du risque de défaut de l'emprunteur pendant la durée du prêt.

En pratique, la modélisation des risques de crédit posés par les entreprises étant compliquée et malaisée, prime de liquidité et espérance mathématique du risque de défaut sont souvent remplacés dans l'esprit des opérateurs par une valeur globale, dite credit spread en anglais et spread de crédit en franglais des marchés de capitaux. Celui-ci s'établit avant tout par comparaison avec la manière dont des dettes comparables sont déjà évaluées par le marché.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

L'expression marché monétaire désigne la partie à court terme des marchés de taux d'intérêt, c'est-à-dire, suivant les banques, moins de un à deux ans. Parmi les produits à la lisière des deux parties, on trouve :

Liens externes[modifier | modifier le code]