Indice français des prix à la consommation

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L'indice des prix à la consommation (IPC), calculé en France par l'Insee, mesure l'évolution du niveau moyen des prix des biens et services consommés par les ménages, pondérés par leur part dans la consommation moyenne des ménages. L'indice ( 105 par exemple) permet de mesurer l'inflation (ou la déflation en cas de baisse des prix) sur une période (ici + 5 % de hausse des prix) et donc l'évolution de la valeur de la monnaie (la valeur de la monnaie diminue lorsque les prix augmentent). Le taux (annuel) d'inflation désigne généralement, lorsque l'indice n'est pas précisé, le pourcentage d'augmentation de cet indice (IPC) particulier sur une année.

L'IPC n'est pas un indicateur du coût de la vie[1].

Le déflateur du PIB, calculé comme le quotient du PIB nominal par le PIB réel, multiplié par 100, donne une image plus globale et plus exacte de l'inflation, mais ses délais d'établissement sont beaucoup plus longs. Il a donc surtout une valeur historique.

Méthode statistique[modifier | modifier le code]

Le suivi de l'évolution de tous les prix n'étant pas techniquement possible, les instituts de statistiques construisent un panier de biens et services finaux représentatifs[2], pondérés par leur poids dans la consommation. L'observation des prix se fait par enquête et échantillonnage permanents.

La principale difficulté dans le calcul de l'indice est due à l'innovation, qui se traduit par l'apparition de nouveaux produits ou services, ou par l'évolution d'un produit existant, souvent une amélioration[3].

La construction de l'indice prend également en compte le changement dans la répartition des achats des consommateurs. La pondération attribuée aux biens et services évolue en parallèle, mais parfois avec retard d'un an (la pondération utilisée pour l'inflation de l'année N est basée sur les consommations de l'année N-1).

Portée[modifier | modifier le code]

L'indice des prix hors tabac[4] sert à indexer de nombreux contrats privés, des pensions alimentaires, des rentes viagères et aussi à indexer le SMIC. L'indice retenu pour le SMIC est celui des « ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé, hors tabac ».

Le déflateur du PIB, qui est le quotient du PIB nominal par le PIB réel, multiplié par 100, donne une image plus globale et plus exacte de l'inflation, mais ses délais d'établissement sont beaucoup plus longs. Il a donc surtout une valeur historique.

De plus, le déflateur du PIB fournit le prix moyen des biens compris dans le PIB, et donc des biens finaux produits par l'économie. Or, les consommateurs s'intéressent aux prix moyens des biens qu'ils consomment. Ces deux prix ne se confondent pas nécessairement, car l'éventail des biens produits par l'économie n'est pas le même que celui des biens achetés par les consommateurs. Et ce pour deux raisons. Parmi les biens du PIB, certains ne sont pas vendus aux consommateurs, mais aux entreprises (les machines-outils, par exemple), à l'État ou aux étrangers. Et certains produits acquis par les consommateurs ne sont pas produits sur le sol national, mais importés. L'IPC permet ainsi de mesurer le prix moyen à la consommation mais n'est ni un indice du coût de la vie, ni un indice de dépense (Source: http://www.insee.fr/fr/indicateur/indic_cons/info_ipc.htm#q15).

Limites[modifier | modifier le code]

La grande difficulté pour la réalisation de l'indice est l'innovation qui se traduit par l'apparition d'un nouveau produit ou service ou d'une nouveauté dans un ancien produit.

Une deuxième difficulté est le changement dans la répartition des achats des consommateurs. Lorsque le prix d'un bien augmente une année plus vite que les prix des autres biens et que sa part dans la consommation diminue (par substitution du bien en question par d'autres biens), il y a une difficulté à faire le lien avec l'année précédente : si on considère seulement les ventes de la dernière année, on ne prend pas en compte que la hausse du prix relatif a pu conduire à un report de la consommation.

Une limite de l'indice des prix comme instrument est qu'il se fonde sur le panier du consommateur moyen. Aussi, l'indice des prix peut indiquer une hausse de prix quand une personne au profil marginal constaterait une baisse. La construction de l'IPC se heurte à d'autres problèmes : prise en compte de l'évolution de la qualité des biens, changement des goûts des consommateurs, fluctuation du taux de change.

Afin d'illustrer l'importance de l'effet de la composition en biens et services du panier "moyen" pour chaque consommateur pris individuellement, l'Insee a récemment mis à disposition un simulateur d'inflation personnalisé sur le site officiel Insee qui permet à chacun en fonction de sa propre consommation d'évaluer l'inflation qu'il subit.

L'intersyndicale de l'Insee vient de sonner l'alarme dans le cas de l'indice des prix. Regroupant la CGT, la CFDT, la CGT-FO et Sud, elle vient de révéler qu'un projet de refonte de l'indice des prix est en préparation et qu'il pourrait avoir pour effet de faire sous-traiter par la grande distribution la collecte de données nécessaires à la fabrication de cet indicateur. Pour beaucoup de statisticiens, il pourrait s'agir d'une dérive grave, mettant en cause l'indépendance de l'Insee et la qualité des statistiques économiques. En quelque sorte, c'est une privatisation partielle de l'indice des prix que prépare la direction générale de l'Institut. (Laurent Mauduit, Mediapart, 26 avril 2011)

Calcul de l'indice des prix[modifier | modifier le code]

L'Institut national de la statistique et des études économiques est chargé en France de calculer l'IPC. Le premier indice date de 1914. Au cours du temps, le panier de consommation de l'IPC s'est élargi au niveau géographique ainsi qu'en termes de population et de consommation couverte.

L'Insee collecte 200 000 prix chaque mois par l'intermédiaire d'enquêteurs, répartis sur l'ensemble du territoire, qui relèvent environ 160 000 prix, le reste étant collecté directement auprès d'organismes tels qu'EDF, les opérateurs de télécommunications, la SNCF, les services publics locaux, ainsi que dans les catalogues de vente par correspondance. Au total, 27 000 points de vente, répartis dans 106 agglomérations de plus de 2 000 habitants, en métropole et dans les départements d'outre-mer, sont enquêtés.

Le panier de biens des 200 000 prix permet de prendre en compte presque tous les biens et services à l'exception notamment des services hospitaliers privés, de l'assurance-vie et des jeux de hasard.

L'agrégation de tous ces prix se fait selon la méthode de Laspeyres. En 2006, l'année de référence utilisée est l'année 2000 (base 100=2000). L'Insee a basculé en 2007 sur une mesure de l'inflation en prix chaînés, dans un but d'homogénéisation au sein de l'Union européenne. La mesure en prix chaînés consiste à agréger les prix de l'année n en utilisant les consommations de l'année n-1 comme référence, et non plus ceux d'une année de référence. Les deux méthodes présentent des inconvénients, et le passage de l'une à l'autre peut modifier la mesure de la croissance du PIB de plusieurs dixièmes de points.

Pondération de l'Indice des prix à la consommation[modifier | modifier le code]

Le tableau suivant donne la pondération des fonctions de consommation pour le calcul de l'IPC 2009. C'est le premier niveau de détail, les autres étant sous-fonctions, regroupements, groupes et postes de consommation (niveau 5). L'IPC compte 161 postes en 2009 dont les œufs ou les services funéraires par exemple. La boîte déroulante détaille l'ensemble de ces postes.

Pondération de l'IPC
Fonctions de consommation Pondération
PRODUITS ALIMENTAIRES ET BOISSONS NON ALCOOLISÉES 1499
BOISSONS ALCOOLISÉES ET TABAC 327
HABILLEMENT ET CHAUSSURES 493
LOGEMENT, EAU, GAZ, ÉLECTRICITÉ ET AUTRES COMBUSTIBLES 1357
AMEUBLEMENT, ÉQUIPEMENT MÉNAGER ET ENTRETIEN COURANT DE LA MAISON 617
SANTE 996
TRANSPORT 1632
COMMUNICATIONS 299
LOISIRS ET CULTURE 920
ÉDUCATION 24
HÔTELLERIE, CAFÉS, RESTAURATION 678
AUTRES BIENS ET SERVICES 1158
ENSEMBLE 10000

Évolution de l'indice des prix à la consommation (base 1990)[modifier | modifier le code]

Les indices ont été ramenés à la valeur 100 en début de période. Les indices mensuels officiels se trouvent dans les boîtes déroulantes.

Année 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
Taux[6] 3,2% 2,4% 2,1% 1,6% 1,8% 2,0% 1,2% 0,7% 0,5% 1,7% 1,7% 2,1% 1,9% 2,1% 1,8% 1,6% 1,5% 2,8% 0,1% 1,5% 2,1% 2,0%

On remarquera que depuis deux décennies les prix augmentent d'un peu moins de 20 % par périodes de dix ans. Cette tendance a commencé en début 1986 (voir ci-dessous).

Évolution de l'indice des prix à la consommation en France, de janvier 1990 à décembre 2000.
Évolution de l'indice des prix à la consommation en France, de janvier 2000 à décembre 2009.

Évolution de l'indice des prix à la consommation (base 1980)[modifier | modifier le code]

Évolution de l'indice des prix à la consommation en France, de janvier 1980 à décembre 1989.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Qu'est-ce que l'indice des prix à la consommation ? En fait , l'IPC est-il un indice du coût de la vie ? », page d'explications de l'Insee. Consultée le 11 janvier 2008
  2. . Par exemple, l'Insee construit l'IPC de la France en suivant 200 000 prix chaque mois
  3. Par exemple, une hausse des capacités de calcul d'un ordinateur.
  4. [http://www.insee.fr/fr/themes/conjoncture/historique_ipc.asp Insee: Indice des prix à la consommation y compris tabac(
  5. [1]
  6. Site de l'INSEE [2]
  7. [3], insee.fr, consulté le 01/09/2009
  8. [4], insee.fr, consulté le 01/09/2009
  9. [http:www.indices.insee.fr/], insee.fr

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]