Paul César Helleu

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Paul César Helleu
Paul César Helleu 1903.jpg

Paul César Helleu, photographie de Zaida Ben-Yusuf (1903).

Naissance
Décès
(à 67 ans)
Paris (France)
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Mouvement
Influencé par

Paul-César Helleu est un peintre et graveur français, né à Vannes le , et mort à Paris le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Après la mort de son père, inspecteur des Douanes, Paul-César Helleu est envoyé à Paris au lycée Chaptal.

En 1876, il est admis à l’École des beaux-arts de Paris dans l’atelier de Jean-Léon Gérôme, mais c’est par les peintres de plein air qu’il est surtout attiré. Il se lie d’amitié avec Whistler et Sargent puis avec Claude Monet qu’il rencontre chez Durand-Ruel lors de la seconde exposition des impressionnistes.

Théodore Deck, Plat rond en faïence fine, dessiné par Paul-César Helleu (1884). Colmar, musée Unterlinden.

Pour survivre, Helleu travaille chez le céramiste Théodore Deck pour qui il exécute des décors de plats. Il y fait la connaissance de Giovanni Boldini avec lequel il sera lié par une très longue amitié.

Avec Jacques-Émile Blanche, il partage un goût passionné pour l’Angleterre depuis un voyage à Londres en 1885. La même année, il fait un essai de gravure à la pointe sèche avec une pointe de diamant offerte par James Tissot.

En 1884, Madame Guérin lui commande un portrait de sa fille Alice (née en 1870), dont il tombe amoureux et qu'il épouse deux ans plus tard. Le pastel réalisé à cette occasion ainsi que La Gare Saint-Lazare seront présentés au Salon de 1885.

En 1886, déjà remarqué dans plusieurs expositions, il refuse avec son ami Monet de participer au huitième Salon des impressionnistes, malgré les sollicitations d'Edgar Degas.

L’année suivante, Robert de Montesquiou lui achète un lot de six gravures. De cette rencontre naîtra une amitié profonde avec l'écrivain qui le mettra en relation avec sa cousine, la comtesse Greffulhe. Invité par cette dernière en séjour dans son château de Bois-Boudran, il fait d'elle une centaine d'esquisses, dont très peu seront exposées, et qui appartiennent pour la plupart à des collections particulières[1]. Dès cet instant, l’artiste pénètre dans la société parisienne et devient un portraitiste à la mode.

En 1893, il entame une série de vitraux de cathédrales et, dès l’année suivante, il change de thème et peint dans le parc de Versailles. En 1897, il expose au Salon du Champ de Mars ses peintures versaillaises et des marines.

Helleu est un novateur qui s’attire l’admiration et la curiosité de ses contemporains. À l’inverse du goût prononcé de l’époque pour les intérieurs sombres, en 1889, il fait peindre en blanc les murs de ses appartements parisiens du no 68 boulevard Pereire, puis du no 45 rue Émile-Ménier.

Helleu est bientôt sollicité de toutes parts : en 1895 il expose à Londres, où le catalogue de l’exposition est préfacé par Edmond de Goncourt, ce qui consacre sa notoriété. Il rencontre alors Marcel Proust qui lui est présenté par Montesquiou, et débute avec lui une relation profonde qui inspirera à l’auteur le personnage du peintre Elstir dans À la recherche du temps perdu ; comme Elstir, Helleu est passionné par la mer. Helleu gravera le portrait de Proust sur son lit de mort.

Au plaisir du yachtman, qui passe le plus clair de son temps sur de superbes bateaux — il en possèdera quatre — le peintre découvre de nouvelles sources d’inspiration aussi bien dans les toilettes des femmes que dans ses visions de l’eau et du ciel, tantôt voilé, tantôt bleuâtre.

Le « style Helleu », qui caractérise l’élégance ou le raffinement et la grâce féminine obtient un immense succès tant à Paris qu’à Londres ou à New York, où il se rend à partir de 1902. En 1912, on lui passe une commande pour décorer le plafond du hall de la Grand Central Terminal de New-York, sur le thème des signes du Zodiaque : une voûte étoilée, traversée d’un zodiaque aux signes d’or et d'une voie lactée argentée[2],[3].

Paul-César Helleu meurt en 1927, des suites d’une opération, alors qu’il projetait une grande exposition de ses peintures avec Jean-Louis Forain.

Son œuvre comporte de nombreux portraits peints ou gravés qui illustrent l'esprit de son époque où la frivolité et le culte du passé se confrontaient à la civilisation industrielle.[réf. nécessaire]

Paul César Helleu eut quatre enfants dont Jean Helleu (1894-1985), peintre officiel de la Marine, et Paulette Howard-Johnston (1905-2009) qui a légué l'ensemble de sa collection (huiles, pastels, pointe-sèches, dessins et mobilier issu de l'atelier de son père) au musée Bonnat de Bayonne, devenu ensuite le musée Bonnat-Helleu.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Laure Hillerin, La comtesse Greffulhe, L'ombre des Guermantes, Flammarion, (lire en ligne), pp. 208-209. Cet ouvrage reproduit notamment l'une de ces esquisses.
  2. En décalquant cette voûte étoilée à partir d’un manuscrit médiéval, Helleu a involontairement reproduit le tout à l’envers.
  3. (en) Beth Greenfield, Robert Reid, New York City, Lonely Planet, 2004, p. 112 (ISBN 978-1-7410-4123-1).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr), (en) Frédérique de Watrigant (dir.), Paul-César Helleu, Paris, Éditions Somogy, 2014.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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