Paul César Helleu

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Paul Helleu dans les années 1880.
Le chapeau à plume, portrait de Liane de Pougy par Paul-César Helleu (v. 1908).

Paul-César Helleu est un peintre français né à Vannes le 17 décembre 1859 et mort le 23 mars 1927.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après le décès de son père, Inspecteur des Douanes, il est envoyé à Paris au lycée Chaptal.

En 1876 il est admis à l’École des beaux-arts de Paris dans l’atelier de Gérôme, mais c’est par les peintres de plein-air qu’il est surtout attiré. Il se lie d’amitié avec Whistler et Sargent puis avec Monet qu’il rencontre chez Durand-Ruel lors de la seconde exposition des Impressionnistes.

Pour survivre Helleu travaille pour le céramiste Deck pour qui il exécute des décors de plats et c’est à cette occasion qu’il fait la connaissance de Giovanni Boldini avec lequel il partagera une très longue amitié.

Avec Jacques-Émile Blanche, il partage un goût passionné pour l’Angleterre depuis un voyage à Londres en 1885. La même année, il fait un essai de gravure avec une pointe de diamant offerte par James Tissot.

En 1884 Madame Guérin lui commande un portrait de sa fille Alice, âgée de 14 ans, dont il en tombe éperdument amoureux et qu'il épouse deux ans plus tard. Le pastel réalisé à cette occasion ainsi que La Gare Saint-Lazare seront présentés au Salon de 1885.

En 1886, déjà remarqué dans plusieurs expositions, il refuse avec son ami Monet de participer au 8ème Salon, malgré les sollicitations de Degas.

L’année suivante, Robert de Montesquiou lui achète un lot de six gravures, rencontre dont naîtra une amitié profonde avec le collectionneur qui le mettra en relation avec sa cousine, la comtesse Greffulhe. Dès cet instant, l’artiste pénètre dans la société parisienne et devient le portraitiste à la mode.

En 1893 il entame une série de vitraux de cathédrales et, dès l’année suivante, il change de thème et s’attarde sur le Parc de Versailles.

En 1897 il exposera au Salon du Champ de Mars ses peintures de Versailles et des marines.

Helleu est un novateur qui s’attire l’admiration et la curiosité de ses contemporains. À l’inverse du goût prononcé de l’époque pour les intérieurs sombres, en 1889, il fait peindre en blanc les murs de ses appartements parisiens du 68, boulevard Pereire, puis du 45, rue Émile Ménier.

Helleu est bientôt sollicité partout : en 1895 il expose à Londres, où le catalogue de l’exposition est préfacé par Edmond de Goncourt, ce qui consacre sa notoriété. Il rencontre alors Marcel Proust qui lui est présenté par Montesquiou et débute avec lui une relation profonde qui inspirera à l’auteur le personnage du peintre Elstir dans À la recherche du temps perdu.

Helleu gravera le portrait de Proust sur son lit de mort ; comme Elstir, Helleu est passionné par la mer.

Au plaisir du yachtman, qui passe le plus clair de son temps sur de superbes bateaux - il en possèdera quatre - le peintre découvre de nouvelles sources d’inspiration aussi bien dans les toilettes des femmes que dans ses visions de l’eau et du ciel, tantôt voilé, tantôt bleuâtre.

Le "style Helleu", qui caractérise l’élégance ou le raffinement et la grâce féminine obtient un immense succès tant à Paris qu’à Londres ou à New York, où il se rend à partir de 1902. Il remporte un très vif succès aux États-Unis avec ses portraits de femmes élégantes et en 1912, on lui passe une commande pour décorer le plafond du hall de la Grand Central Terminal de New-York, avec le thème des Signes du Zodiaque : une voûte étoilée, traversée d’un zodiaque aux signes d’or et d'une voie lactée argentée.

Il meurt en 1927 des suites d’une opération, alors qu’il projetait avec Forain une grande exposition de ses peintures.

Son œuvre comporte de nombreux portraits peints ou gravés qui illustrent parfaitement les ambiguïtés de son époque où la frivolité et le culte du passé se confrontaient à la civilisation industrielle.

Le seul tableau qui orna le dernier appartement de lady Diana Mitford (1910-2003), épouse Mosley, fut un portrait de sa mère, Sydney Bowles, par Helleu.


Sa fille Paulette Howard-Johnston (morte en 2009) a légué l'ensemble de sa collection (huiles, pastels, pointe-sèches, dessins et mobilier issu de l'atelier de son père) au Musée Bonnat de Bayonne qui est devenu le Musée Bonnat-Helleu, Musée des Beaux-Arts.

Liens externes[modifier | modifier le code]


Sur les autres projets Wikimedia :

Références[modifier | modifier le code]