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Époque historique

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Une époque historique est un laps de temps, de plusieurs années, décennies ou siècles, utilisé par les historiens pour faciliter leurs travaux et productions, selon des critères ou méthodes divers, les différentes époques se suivant en général dans une continuité sur plusieurs siècles.

Découpage conventionnel[modifier | modifier le code]

Schéma chronologique des quatre périodes de l'Histoire.

En France, les historiens mettent en évidence conventionnellement quatre époques majeures de l'Histoire[réf. nécessaire] :

D'autres écoles historiques distinguent différemment entre Époque moderne et Époque contemporaine. Les historiens allemands et anglo-saxons, par exemple, considèrent que la durée de l'histoire contemporaine est toujours relative au présent. Ainsi ils maintiennent une période moderne unique depuis la fin du XVe siècle, avec en général trois subdivisions :

Le terme histoire contemporaine est à l'étranger une dénomination très relative qui comprend toujours les six à huit décennies qui précèdent le temps présent.

En raison de l'élargissement du champ de la discipline historique, aux quatre périodes de l'histoire classique, il convient d'ajouter :

  • La préhistoire, de l'apparition de l'homme jusqu'à l'émergence des premières civilisations ;
  • La protohistoire : c'est la période pendant laquelle une civilisation ne possède pas encore d'écriture mais apparaît déjà dans les écrits d'autres civilisations. Il s'agit en effet, des civilisations postérieures à l'invention de l'écriture mais n'en faisant pas usage ; par exemple, les Celtes, certaines civilisations précoloniales de l'Afrique noire ou les Amérindiens entrent dans cette « période ».

Critères[modifier | modifier le code]

Ce découpage est évidemment arbitraire et ses limites mêmes peuvent varier selon plusieurs critères. Un premier critère est thématique : il n'existe pas, en effet, de ruptures claires dans tous les domaines de l'histoire (politique, social, culturel, etc.) à chaque changement de période.

Les histoires nationales, également, proposent des dates qui sont plus significatives en ce qui les concernent : on admet ainsi que les Américains font débuter l'époque contemporaine en 1776 ou que les Allemands privilégient l'imprimerie de Johannes Gutenberg pour marquer la fin du Moyen Âge.

Plus largement, cette partition est dictée par des considérations culturelles et géographiques : elle apparaît correcte pour l'Occident mais elle est inadaptée à l'histoire des autres continents.

De plus, elle n'est pas figée et reflète en elle-même des changements historiographiques :

  • le passage entre l'Antiquité et le Moyen Âge prête à débat depuis quelques dizaines d'années à la suite de l'émergence du concept d'Antiquité tardive hérité de l'historiographie allemande. Cette Spätantike tend à empiéter sur le Haut Moyen Âge tel qu'il était délimité au XIXe siècle en se fondant sur l'idée que la déposition du dernier Empereur romain d'occident avait mis fin aux structures du Monde antique (ce qui est remis en question).
  • le nom de « Moyen Âge », quant à lui, reflète une conception de l'histoire datant du début des temps modernes, lorsqu'entre un âge d'or supposé de l'« Antiquité » classique et leur propre période de « restauration antique », les historiens de la Renaissance (le nom apparaît sous la plume de Jules Michelet) intercalèrent une période intermédiaire d'obscurantisme, réduite au rôle de transition. Cette vision aujourd'hui contestée, aucune prétendue unité n'existant entre le VIIe siècle et le XVe et le Moyen Âge étant sorti de sa légende noire, amènent par exemple l'historien Jacques Le Goff à proposer un « long Moyen Âge » pouvant être étendu à la Révolution française et la Révolution industrielle, évènements liés à une modernisation sociale et économique rapide, quand l'historien Alain Guerreau note malgré tout que la période entendue comme étant le Moyen Âge possède deux caractéristiques notables : le dominum (le pouvoir sur les hommes et sur les terres) et l'ecclesia (l'Église qui possède le monopole du contrôle social)[1].
  • l'appellation de la période « moderne » peut surprendre dans la mesure où elle ne désigne pas les temps actuels (la période « contemporaine ») : elle montre surtout que la partition de l'histoire est une convention qui s'est imposée au fur et à mesure du déroulement de l'Histoire : l'adjectif « moderne », en effet, convenait au XIXe siècle alors que l'histoire postérieure à la Révolution française n'était pas réellement étudiée
  • la limite « jusqu'à nos jours » qui marque la fin de l'histoire contemporaine est également discutable. L'historien prend, en effet, le relais du journaliste dès lors qu'il a accès à des archives dont le journaliste ne disposait pas au moment où se déroulaient les événements. En France, où l'ouverture des archives est règlementée, certaines peuvent être bloquées plus d'un demi-siècle après la fin des événements qu'elles concernent. La guerre d'Algérie, dont les archives s'ouvrent progressivement, entre actuellement seulement de plein droit dans le champ de l'histoire. Ce n'est pas toujours le cas pour certains événements du siècle passé, dont les archives sont encore inaccessibles aux historiens.

Question des limites[modifier | modifier le code]

En raison de l'extension du champ de l'histoire et à cause d'un certain relativisme de rigueur, les césures événementielles qui étaient admises sans difficulté en histoire politique et artistique ne le sont plus si facilement aujourd'hui, notamment dans les cas de l'histoire juridique, économique, sociale, etc. Aussi, les historiens ont tendance à préférer mentionner des décennies, voire des ensembles cohérents d'événements, comme « périodes de transition » : ces temps sont ceux qu'il faut aux mentalités pour changer.

  • la fin de l'Antiquité en Occident a lieu au Ve siècle (entre la prise de Rome et la déposition du dernier empereur romain d'occident, lorsque les contemporains prennent conscience de la disparition du régime politique impérial) ; si l'on intègre à l'antiquité une « Antiquité tardive » qui durerait du milieu du IIIe siècle jusqu'à la période carolingienne, c'est toutefois au IXe siècle seulement que débute le Moyen Âge.
  • la fin du Moyen Âge a lieu entre 14501453 (dates de l'invention de l'imprimerie et de la prise de Constantinople par les Turcs, laquelle fournit nombre d'œuvres antiques à l'Occident) et 1492, date emblématique des « grandes explorations » lancées par les nations européennes.
  • entre période moderne et période contemporaine s'intercalent « les révolutions » : de 17761786 à 1815, elles dessinent les contours d'une période qui n'appartient plus, ni au XVIIIe siècle historique (à l'Époque moderne), ni au XIXe siècle historique (à l'Époque contemporaine) et qui s'achève par le congrès de Vienne.

Autres découpages[modifier | modifier le code]

D'autres découpages de l'Histoire existent. Ainsi, dans l'enseignement actuel de l'histoire pour les collèges, en France, 6 périodes ont été retenues : la Préhistoire, l’Antiquité, le Moyen Âge, du début des temps modernes à la fin de l’époque napoléonienne, le XIXe siècle, et enfin, le XXe siècle et le monde actuel.

Les deux dates accompagnant chaque période correspondent à la date de commencement et à la date de fin de la période. On peut dire qu'il existe trois découpages historiques assez distincts mais liés les uns aux autres : l'Histoire de France, l'Histoire de l'Europe, et enfin l'Histoire du monde.

Il faut également noter que le découpage historique en fonction de la naissance du Christ se généralise seulement dans la chrétienté à partir du IXe siècle puis, par l'expansion des empires coloniaux européens jusqu'à l'époque contemporaine, dans le monde. Auparavant et simultanément, certaines civilisations comme la Chine ou le Japon procèdent d'une conception circulaire du temps en prenant comme date de départ le règne de l'empereur puis une autre date pour le suivant, les règnes étant ensuite classés par dynastie. L'Empire byzantin usait aussi du temps cyclique, reprenant le cycle fiscal de l'Empire romain (15 ans, soit une indiction, chacune étant ensuite numérotée pour créer une chronologie). L'Empire romain lui, datait à partir des mandats des consuls puis des règnes des empereurs[2].

Histoire de France[modifier | modifier le code]

Antiquité (-52 à 476)[modifier | modifier le code]

Moyen Âge (476-1517)[modifier | modifier le code]

Haut Moyen Âge (476-987)[modifier | modifier le code]
Moyen Âge classique (987-1328)[modifier | modifier le code]
Bas Moyen Âge (1328-1517)[modifier | modifier le code]

Les Temps Modernes (1517-1789)[modifier | modifier le code]

La Renaissance (1517-1610)[modifier | modifier le code]
Le grand siècle (XVIIe siècle)[modifier | modifier le code]
Les Lumières (XVIIIe siècle)[modifier | modifier le code]

Les temps révolutionnaires (1789-1815)[modifier | modifier le code]

La Révolution française (1789-1799)[modifier | modifier le code]
Le Consulat (1799-1804)[modifier | modifier le code]
  • 9 novembre 1799 : coup d'état du 18 brumaire an VIII
  • Décembre 1799 : promulgation de la Constitution de l'an VIII
  • Mai 1804 : constitution de l'an X instaurant le Premier Empire
Le Premier Empire (1804-1815)[modifier | modifier le code]

Le XIXe siècle (1800-1900)[modifier | modifier le code]

1815-1830 : restauration de la monarchie[modifier | modifier le code]
1830-1848 Monarchie de Juillet, règne de Louis-Philippe 1er[modifier | modifier le code]
1848- 1852: Deuxième République[modifier | modifier le code]
1852- 1870: Second Empire[modifier | modifier le code]
1870-1914 : la Troisième République en paix[modifier | modifier le code]
  • 1879 : ancrage définitif de la Troisième République
  • La Belle Époque (1875-1914)
  • 1895: invention du cinématographe par les frères Lumière
  • août 1914 : entrée de l'Europe dans la Première Guerre mondiale

Les Temps agités (1914-1958)[modifier | modifier le code]

Le 3 août 1914, l'Allemagne déclare la guerre à la France, à la suite de la mobilisation générale appelée deux jours plus tôt.

1914-1918 : Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]
1918-1940 : Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]
1940-1944 : Occupation allemande[modifier | modifier le code]
  • Novembre 1942: occupation de la zone libre
  • 6 juin 1944: débarquement des Alliés en Normandie
  • 15 août 1944: débarquement en Provence
  • 25 août 1944 libération de Paris.
1944- 1946: gouvernement provisoire[modifier | modifier le code]
1946-1958 : Quatrième République[modifier | modifier le code]

La V ème république (époque contemporaine et moderne)[modifier | modifier le code]

Le mardi 13 mai 1958, un coup d'état militaire, nommé aussi putsch d'Alger, marque la chute de la IVème République, et le début de la Vème

  • 1958 : établissement de la Ve République
  • 4 octobre 1958: promulgation de la Constitution de la Vème République
  • 1960: indépendance des colonies françaises d'Afrique noire
  • Mars1962: fin de la guerre d'Algérie
  • Octobre 1962: référendum sur le suffrage universel direct
  • Juillet 2008: modification substantielle de la Constitution du 4 octobre 1958

Histoire de l'Europe[modifier | modifier le code]

Histoire du monde occidental[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Des informations de cet article ou section devraient être mieux reliées aux sources mentionnées dans la bibliographie, sources ou liens externes (août 2016).

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  1. Nicolas Offenstadt (dir.), Les mots de l'historien, Presses universitaires du Mirail, 2009, pages 74-75.
  2. Antoine Prost, Douze leçons sur l'histoire, Points Seuil, 2014, pages 104-105.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Valéry et Dumoulin 1991] Raphaël Valéry (dir.) et Olivier Dumoulin, Périodes : La construction du temps historique, Paris, éditions de l’EHESS, coll. « Histoire au présent », .
  • [Prost 1996] Antoine Prost, Douze leçons sur l’histoire, Paris, Le Seuil, (ISBN 978-2757844380), « La construction historienne du temps », p. 110–123.
  • [Leduc 1999] Jean Leduc, Les historiens et le temps, Paris, Le Seuil, (ISBN 978-2020374934), chap. 3 (« Découper le temps »), p. 91–133.
  • [Leduc 2010] Jean Leduc, « Période, périodisation », dans Christian Delacroix (dir.) et al., Historiographies. Concepts et débats, t. 2, Paris, Gallimard, (ISBN 978-2070439287), p. 830–838.
  • [Le Goff 2014] Jacques Le Goff, Faut-il vraiment découper l’histoire en tranches ?, Paris, Le Seuil, coll. « La librairie du XXIe siècle », (ISBN 978-2021106053, OCLC 869545097, notice BnF no FRBNF43747405).
  • [Gibert, Le Bihan et Mazel 2014] Stéphane Gibert (dir.), Jean Le Bihan et Florian Mazel, Découper le temps : Actualité de la périodisation en histoire, Rennes, Lycée Chateaubriand, coll. « Atala / Cultures et sciences humaines » (no 17), (lire en ligne).