Ouvroir d'x potentiel

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Un ouvroir d'x potentiel (Ouxpo) est un regroupement de groupes de recherche sur les créations possibles basées sur la contrainte volontaire.

L'Ouxpo regroupe l'Oulipo, l'Oubapo, l'Outrapo, etc. Le terme « ouvroir », recouvrant anciennement des œuvres de charité, a été réutilisé pour le rapprochement entre « ouvroir » et « œuvre », sur proposition d'Albert-Marie Schmidt, de l'Oulipo, et adopté dès sa deuxième réunion en remplacement de Sélitex (pour « séminaire de littérature expérimentale »). Le terme « potentiel » est utilisé dans le sens de ce qui est possible, réalisable si l'on suit certaines règles. Tous ces ouvroirs se donnent pour objet d'investigation le travail sous contrainte.

Historique[modifier | modifier le code]

Dans le giron du Collège de 'Pataphysique s'est créé en 1960 l'Oulipo (maintenant davantage connu que le Collège lui-même car l'Oulipo, ayant une certaine indépendance de l'administration collégiale, n'a pas été touché par l'occultation du Collège de Pataphysique).

Selon les vœux de François Le Lionnais et Raymond Queneau, à partir du creuset oulipien, d'autres Ouvroirs d'XPotentielle se sont formés pour l'ensemble des arts. Chaque ouvroir se consacre à un domaine « X ». Il analyse les contraintes préexistantes, et recherche de nouvelles formes de créations potentielles de ce domaine. La coordination des ouvroirs fut confiée d'abord à François Le Lionnais, Noël Arnaud puis Milie von Bariter.

Principaux Ouvroirs[modifier | modifier le code]

Les ouvroirs ont pour la plupart été créés au sein du Collège de Pataphysique.

L'Oulipo[modifier | modifier le code]

Le premier des ouvroirs est l'Ouvroir de Littérature Potentielle (Oulipo). Il a été fondé le .

Article détaillé : Oulipo.

L'Oulipopo[modifier | modifier le code]

L'Ouvroir de littérature policière potentielle (Oulipopo) est un groupe de recherche créé le 23 août 1973 (13 phalle 100) à l’instigation de François Le Lionnais, sur le modèle de l’Oulipo.

Historique, missions et membres fondateurs[modifier | modifier le code]

En 1973, à l'initiative de François Le Lionnais, est fondé l'oulipopo[1].

Auteur d’une première étude Les Structures du roman policier : Qui est le coupable ?, parue dans le Subsidia pataphysica no 15 et reprise dans La Littérature potentielle (Gallimard "Idées"), François Le Lionnais définissait ainsi le rôle de l’Oulipopo, dans sa première apparition publique, au sein des Subsidia Pataphysica no 24-25 (1974) : « L’Oulipopo se propose de recenser aussi exhaustivement que possible et de classer rationnellement les situations, les mécanismes et leurs combinaisons exploités par le roman policier d’énigme (Oulipopo analytique), plus largement – cette ambition étant sa vocation première – toutes les situations et les mécanismes potentiels inutilisés, voire inutilisables (Oulipopo synthétique) ». Pour mener à bien cette entreprise, François Le Lionnais réunit autour de lui un groupe de spécialistes du roman policier et de pataphysiciens : Jacques Baudou, Jacques Bens (†), Jacques Bergier (†), Paul Gayot (†), François Guérif, Michel Lebrun (†), Yves Olivier-Martin (†), François Raymond (†), François Rivière, auxquels vient s’adjoindre plus tard Évelyne Diebolt. L'Oulipopo fut rapidement érigé en sous-commission du collège de pataphysique : et avec l’aide de correspondants (Jean-Claude Dinguirard, Pierre Boileau (†)-Thomas Narcejac (†), Fred Kassak (†), Henri Bordillon) entreprit le vaste travail de “ levée et de triangulation ” que lui avait assigné son président.

Bulletin[modifier | modifier le code]

L’Oulipopo décidait de se doter de son propre bulletin Enigmatika, dont le premier numéro paraissait en février 1976. Il contenait des communications de l’ensemble de ses membres d’alors. Après une période de tâtonnements, une politique éditoriale était définie au cinquième numéro. Devaient se succéder alors des numéros spéciaux (Arsène Lupin, Stanislas-André Steeman, Chesterton, Série noire, Pierre Véry, Bestiaire du roman policier, Léo Malet, Endrèbe), des numéros spécifiquement oulipiens (no 4, 5, 11) et des numéros dévolus à des contenus thématiques et d’érudition.

Autour du Dictionnaire des auteurs de Michel Lebrun et de l’élaboration de listes des collections entreprises dans un but scientifique, se constitua peu à peu l’ensemble des chroniques : courrier des lecteurs, les rubriques critiques et filmographiques.

La bibliothèque énigmatique fut fondée pour accueillir des textes qui n’auraient pu prendre place dans le cadre de la revue : nouvelles, roman, recueil de problèmes policiers. Depuis 1976, l'Oulipopo a publié 40 numéros d’Enigmatika, et a collaboré à d’autres revues (Europe, Polar, Les Cahiers de la cinémathèque de Toulouse). Ses travaux portent sur les séries de crime, les plans générateurs de romans policiers, la structure du “ casse ”. L’Oulipopo se réunit selon une périodicité arbitraire. À chacune de ces réunions, un invité d’honneur est convié à participer aux travaux.

Nouvelle composition du groupe[modifier | modifier le code]

Dans la nouvelle composition du groupe, François Le Lionnais (†) a été déclaré président mémorial. Sont venus s’ajouter comme membres : Jean-Pierre Croquet, Pierre François David, Roland Lacourbe, Juliette Raabe, Jean de Porla et Francis Debyser. Actuellement, les correspondants de l’Oulipopo sont Alain Calame, Pierre Ziegemeyer, Gavin Bryars, Jean-Jacques Schleret, Philippe Fooz, Vincent Bourgeois et Michel Soupart.

Publications[modifier | modifier le code]

  • "Croisade pour l’énigme", Subsidia Pataphysica no 24-25, 1974.
  • "Projet de crime parfait", Organographes du cymbalum pataphysicum no 16.
  • Monitoires du Cymbalum no 26 et 28.
  • "Atlas des romans policiers", Enigmatika no 3, 1976.
  • "Le dessin sous les mots", Enigmatika no 5, 1977.
  • "Cryptographie", Enigmatika no 11, 1978.
  • "Dossier Oulipopo". In L’Année du polar, Ramsay, 1985.
  • "Oulipopo", Enigmatika no 29, 1986.
  • "Vingt ans de travaux forcés (vol. 1 et 2)", Cymbalum, 1992-1993.
  • "Oulipo compendium". In Atlas Press, Londres, 1998.
  • "Oulipopo", Enigmatika, 1999.
  • "François Le Lionnais et l’Oulipopo", Carnets trimestriels du Collège de Pataphysique no 18, 2004.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

L'Oupeinpo[modifier | modifier le code]

L'Ouvroir de peinture potentielle a été fondé fin 1980

Article détaillé : Oupeinpo.

L'Outrapo[modifier | modifier le code]

L'Ouvroir de tragécomédie potentielle (Outrapo), par allusion à l'Oulipo de Raymond Queneau, fondé à Londres , cherche à explorer les possibilités passées, présentes et à venir de l'art scénique[2].

L'Outrapo est un atelier de recherches sur les potentialités du théâtre. Le principe de base en est la contrainte artistique volontaire, la restriction créative, la censure libératrice. À partir d'une contrainte formelle arbitraire, qui peut bouleverser les formes habituelles et connues du travail théâtral, il s'agit de découvrir des formes négligées jusqu'ici ou de les faire émerger. L'Outrapo traite aussi des possibilités de nouvelles formes au théâtre ou dans le jeu dramatique au sens large.

Membres, par ordre d'entrée en scène[modifier | modifier le code]

Stanley Chapman, Milie von Bariter, Cosima Schmetterling, Jean-Pierre Poisson, Anne Feillet, Felix Pruvost, Tom Stoppard, Agnès Proust

Manifestations publiques[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • À la trappe ! (Cymbalum Pataphysicum, 1996)
  • Ubu Centenaire (L’Étoile Absinthe-SAAJ, 1998)
  • Oulipo compendium, an anthology. contenant un dossier sur l'Outrapo. (Atlas Press, Londres, 2005)
  • La Réunion (Carnets du Collège de ’Pataphysique, 2005)
  • OuTraPo’s Revue n°1 à 10

Liens externes[modifier | modifier le code]

L'Oubapo[modifier | modifier le code]

l'Oubapo (Bande dessinée) a été fondé le

Article détaillé : Oubapo.

L'Ouphopo[modifier | modifier le code]

L'Ouvroir de photographie potentielle, généralement désigné par son acronyme Ouphopo est un groupe d'artistes et d'écrivains, créée en 1995, cherchant à promouvoir la « 'pataphysique de la photographie ».

Présentation[modifier | modifier le code]

L'Ouvroir de photographie potentielle a été créée par Catherine Day, Paul Day, Marc Décimo, Paul Edwards, Gila, Gersan Moguérou, Yves Simon et Marcel Troulay.

Il s'agit d'un groupe de recherche sur les créations possibles basées sur la contrainte volontaire, ici dans le domaine de la photographie

Depuis 2015, le collectif d'actionnistes arlésiens, FOFF, donne un nouveau souffle à la pataphysique de la photographie, jugée trop institutionnelle par ses membres.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Quelques autres ouvroirs[modifier | modifier le code]

  • l'Ouhispo (Histoire) en -1993- ;
  • l'Oucipo (Cinéma) le  ; ;
  • l'Ou'inpo (Informatique) en -1997- ;
  • l'Oumapo (Marionnettes) ;
  • l'Oucatapo (Catastrophe) en -1998] ;
  • l'Oupypo (Pygologie) en 1999 ;
  • l'Ouarchpo (Architecture) en 2001 ;
  • l'Oupolpot (Politique) en 2001 ;
  • l'Oujapo (Jardinage) en 2004 ;
  • l'Ourapo (Radiophonie) en 2004 ;
  • l'Ousonmupo (Sonore et Musical) en 2007 ;
  • l'Oucarpo (cartographie) en 2018.

L'Oumupo (musique), l'Oucipo (cinématographie) et l'Oucuipo (cuisine) sont créés très tôt mais les dates sont imprécises et sans doute ces ouvroirs ont-ils eu des naissances multiples. En fait, plusieurs Oumupo semblent coexister. D'autre part, un Oucinépo (Cinéma) a évolué en Ouvroir de cinématographie potentielle, prenant de ce fait une « x » féminine et n'utilisant qu'une seule syllabe par mot, comme tout Ou-X-Po (mis à part les exceptions).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Oulipo Compendium (Londres, Atlas Press, 1998) avec des dossiers en anglais sur quelques-uns des Ouvroirs.
    • Réédition revue et augmentée de l’Oulipo Compendium en 2005.
  • Ouxpo sous Tipi (Centre Georges Pompidou, 1999) première séance de travail inter-ouvroir sur un sujet commun.
  • La Réunion (Carnet 19 du Collège de ’Pataphysique, 2005) réunion d'une dizaine d'ouvroirs sur une contrainte commune.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Christian Poslaniec et Christine Houyel, Activités de lecture à partir de la littérature policière, Hachette Éducation, (lire en ligne)
  2. "Il s'agit bien de tragécomédie, terme créé par Robert Garnier à la fin du XVIe siècle. Son contenu est plus vaste que celui de la tragi-comédie, genre spécifique développé au XVIIe." (Les 101 mots de la Pataphysique, Collection Que sais-je, PUF, 2016. Page 69.)