Élection présidentielle vénézuélienne de 2013

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Élection présidentielle vénézuélienne de 2013
14 avril 2013
Corps électoral et résultats
Population 31 568 180
Inscrits 18 904 364
Votants 15 057 480
79,68 %  −0,8
Votes nuls 66 937
Canciller de Venezuela y Ofrenda Floral a Bolívar (4).jpg Nicolás Maduro – GPP
Voix 7 587 579
50,61 %
 −4,5
Henrique Capriles Radonski from Margarita island.jpg Henrique Capriles Radonski – MUD
Voix 7 363 980
49,12 %
 +4,8
Transparent flag waving on Infobox grey background.svg
Eusebio Méndez – NUVIPA
Voix 19 498
0,13 %
Transparent flag waving on Infobox grey background.svg
María Bolívar – PDUPL
Voix 13 309
0,08 %
Transparent flag waving on Infobox grey background.svg
Reina Sequera – Poder Laboral
Voix 4 241
0,02 %
Transparent flag waving on Infobox grey background.svg
Julio Mora – Unidad Democrática
Voix 1 936
0,01 %
Résultat de l'élection par État
Carte
  •      GPP
  •      MUD
Président
Sortant Élu
Nicolás Maduro
(intérim)
PSUV
Nicolás Maduro
PSUV
www.cne.gob.ve

L'élection présidentielle vénézuélienne du a pour objet de permettre l'élection du président de la République bolivarienne du Venezuela, à la suite de la mort d'Hugo Chávez. Ce scrutin a vu le président par intérim Nicolás Maduro, considéré comme l'héritier de Chávez, l'emporter de justesse (50,61 %) face à Henrique Capriles (49,12 %).

Contexte[modifier | modifier le code]

Hugo Chávez, en 2012.

Le , le socialiste Hugo Chávez, président depuis 1999, est réélu pour un quatrième mandat avec 55,1 % des voix face à Henrique Capriles Radonski. Pendant la campagne électorale, son état de santé faisait l'objet de spéculations. Il avait en effet été opéré plusieurs fois à Cuba pour un cancer, dont il affirmait être guéri. En , après sa réélection, il retourne à Cuba pour se faire à nouveau opérer. Alors qu'il est dans l'impossibilité de prêter serment le mois suivant, l'opposition réclame la tenue d'un nouveau scrutin. Chávez meurt finalement à Caracas le . Sa popularité reste globalement à un niveau élevé et a augmenté pendant sa maladie (74 % d'opinions favorables en )[1] bien que son bilan soit jugé controversé par certains médias[2].

Nicolás Maduro prête serment comme président par intérim le . L'opposition refuse d'assister à son investiture, considérant qu'elle constitue une violation de la Constitution, celle-ci prévoyant que le président par intérim soit le président de l'Assemblée nationale, en l'occurrence Diosdado Cabello.

Système électoral[modifier | modifier le code]

Le Venezuela est une démocratie multipartite. Le président de la République est élu au suffrage universel pour un mandat de six ans, renouvelable indéfiniment. L'élection s'effectue au scrutin uninominal majoritaire à un tour.

En vertu de l'article 233 de la Constitution, une élection présidentielle doit être organisée dans les 30 jours suivant le décès du chef de l'État. Le , le Conseil national électoral annonce que l'élection se tiendra le et que la campagne électorale officielle se déroulera du au .

Candidats[modifier | modifier le code]

Nicolás Maduro[modifier | modifier le code]

Le vice-président, Nicolás Maduro (50 ans), qui assure l'intérim à la tête du pays, est soutenu par le Grand Pôle patriotique (GPP), coalition électorale fondée en 2011 en vue de soutenir la réélection de Chávez et menée par le Parti socialiste unifié du Venezuela, dont Chávez est le fondateur. Bien que la candidature du président de l'Assemblée nationale, Diosdado Cabello, soit aussi évoquée, la préférence du président défunt allait pour Nicolás Maduro. L'opposition qualifie de « fraude constitutionnelle » la candidature de Maduro, la Constitution prévoyant que le vice-président renonce à ses fonctions s'il veut être candidat à la présidentielle.

Henrique Capriles[modifier | modifier le code]

Henrique Capriles Radonski (40 ans) est le gouverneur de l'État de Miranda, deuxième État le plus peuplé du pays. Soutenu par la Table de l'unité démocratique (MUD), coalition électorale de partis centristes et de centre-gauche, il avait affronté Hugo Chávez lors de l'élection présidentielle de 2012, à l'issue de laquelle il avait obtenu 44,31 % des voix, soit le meilleur score réalisé par un candidat de l'opposition face à Chávez. Le , au lendemain de la mort de ce dernier, les partis de l'opposition valident à l'unanimité sa candidature à la présidence du Venezuela. Capriles confirme sa candidature le .

Autres[modifier | modifier le code]

  • Reina Sequera, syndicaliste et ancien candidat à la présidence du parti Pouvoir du travail (PL)[3]
  • María Bolivar, avocate et propriétaire de la boulangerie « Mayami » dans l'État de Zulia et candidate du Parti démocrate uni pour la paix et la liberté (PDUPL)[4]
  • Eusebio Méndez, pasteur chrétien, à la tête du parti Nouvelle vision pour mon pays (NUVIPA)[5]
  • Julio Mora, soutenu par le parti Unité démocratique (UDEMO)[6]

Campagne[modifier | modifier le code]

Lors de l'annonce de sa candidature, Henrique Capriles affirme qu'il ne laissera « pas la voie libre » à Nicolás Maduro et déclare que ce dernier « utilise le corps d'Hugo Chávez pour faire campagne ». Il accuse en outre le pouvoir d'avoir menti au peuple vénézuélien sur le véritable état de santé du président défunt[7]. Au cours de sa campagne, trois députés, membres de l'opposition et qui le soutenaient initialement, lui retirent leur appui et dénoncent la décision prise secrètement par les chefs de l'opposition de ne pas reconnaitre les résultats des élections si celles-ci aboutissaient à la victoire de Nicolás Maduro et de préparer des actions violentes [8],[9],[10].

La campagne est très courte. Les principaux thèmes abordés sont l'état de l'économie et l'insécurité, en particulier à Caracas, qui est souvent considérée comme la capitale la plus dangereuse au monde.

Les échanges entre les deux principaux candidats sont vifs et injurieux. Maduro qualifie Capriles de « prince de la bourgeoisie » et utilise des termes considérés comme homophobes, laissant entendre que Capriles, qui n'est pas marié, est gay. De son côté, Capriles le traite « Satan » et de « menteur »[11].

Sondages[modifier | modifier le code]

Deux sondages testant l'éventualité d'une élection présidentielle anticipée sont rendu publics avant la mort de Chávez. Réalisés en , ils donnent tous deux Nicolás Maduro vainqueur, avec 12 à 14 points d'avance sur Henrique Capriles[12],[13].

Tout au long de la campagne, les principaux instituts de sondages donnent Maduro nettement en tête. Dans les derniers jours, Capriles semble refaire une partie de son retard sur le président par intérim.

Résultats[modifier | modifier le code]

Candidats Partis Voix %
Nicolás Maduro Grand Pôle patriotique 7 587 579 50,62
Henrique Capriles Radonski Table de l'unité démocratique 7 363 980 49,12
Autres Variés 38 983 0,26

Analyse[modifier | modifier le code]

Les résultats sont plus serrés que lors de la précédente élection présidentielle, qui s'est tenue six mois plus tôt. Le Conseil électoral national proclame la victoire de Nicolás Maduro avec 1,5 point et 225 000 voix d'avance sur son principal rival, Henrique Capriles[14],[15]. L'année précédente, l'écart entre Chávez et Capriles était de 10,8 points et 1 600 000 voix. Le taux de participation atteint 79,8 %, quasi stable (- 0,7 point) par rapport au scrutin de 2012. Les résultats sont une surprise, les commentateurs s'attendant à une plus large victoire de Maduro un mois seulement après la mort d'Hugo Chávez.

Contestations[modifier | modifier le code]

Henrique Capriles conteste les résultats et déclare recenser 3 200 incidents ayant entaché le scrutin[16]. Il refuse de reconnaître la victoire de son adversaire et demande un recomptage des votes. La chaîne Globovision, qui a soutenu ce dernier durant la campagne, fait aussi état d'incidents survenus au moment du dépouillement, tels que des urnes retrouvées hors des bureaux de vote[17]. L'opposition affirme également que certains de ses représentant ont été rejetés de 286 bureaux, parfois avec des armes à feu, ou que 600 000 personnes décédées seraient toujours inscrites sur les listes électorales[18]. Nicolás Maduro, qualifiant sa victoire de « juste, légale et constitutionnelle », est proclamé président le lendemain[19].

Henrique Capriles remet également en cause l'impartialité du Conseil national électoral, présidé par Tibisay Lucena et habilité à annoncer les résultats ; sur les cinq membres, quatre seraient chavistes et un seul appartiendrait à l'opposition[20]. Cependant, le scrutin, surveillé par 173 observateurs internationaux, a obtenu le satisfecit de l'Union des nations sud-américaines (Unasur), du Marché commun du Sud (Mercosur), de la Fondation Carter et de l'Union interaméricaine des organismes électoraux (Uniore), celui-ci reconnaissant « l'efficacité, la transparence et la sécurité » du processus électoral[21].

Le Conseil national électoral décide néanmoins d’accéder à la requête de l'opposition et fait procéder au recomptage manuel (le vote s’effectue également électroniquement) de 54 % des bulletins, tel que le prévoit la constitution si contestation du résultat.

L'opposition appelle à manifester, le , pour contester le résultat des élections. Les manifestations tournent aux affrontements avec les policiers, provoquant au moins sept morts et une soixantaine de blessés[22]. Quatre sièges locaux du Parti socialiste unifié du Venezuela sont incendiés, ainsi que des radios communautaires et des centres médicaux[21].

Le , le Tribunal suprême de justice refuse le comptage manuel, estimant que c'est impossible malgré les urnes contenant les votes papiers, car hors du cadre constitutionnel. Par ailleurs, Henrique Capriles suspend son appel à manifester, pour éviter des violences[23],[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « GISXXI: Liderazgo de Chávez se consolida como fuerza en elecciones del 14A (+Video) — Venezolana de Televisión », sur Venezolana de Televisión
  2. « Venezuela : un boulevard pour “l'héritier” Nicolas Maduro », Le Figaro, .
  3. (es) « Reina Sequera presentó su postulación a la Presidencia de la República », sur cne.gov.ve
  4. (es) « María Bolívar será candidata para las elecciones presidenciales del 14-A », sur noticias24.com
  5. (es) http://www.cne.gov.ve/web/sala_prensa/noticia_detallada.php?id=3117
  6. (es) « Ocho candidatos y candidatas se presentaron ante el CNE », sur cne.gov.ve
  7. « Venezuela : Capriles candidat », Le Figaro, .
  8. « Venezuela : des deputes de l'opposition denoncent un plan de déstabilisation et retirent leur soutien a Capriles -- AVN - Cuba Si france Provence », sur Le Grand Soir (consulté le 13 juin 2016)
  9. « Ricardo Sánchez retira apoyo a Capriles: “La MUD podría desconocer resultados del 14-A” », sur Noticias24 (consulté le 13 juin 2016)
  10. « Tres diputados suplentes retiran apoyo a Capriles - Nacional y Política - EL UNIVERSAL », sur eluniversal.com (consulté le 13 juin 2016)
  11. http://venezuelanalysis.com/news/8541
  12. (en) « Poll: Venezuela's VP Maduro Would Win Vote If Chavez Goes », newsmaxworld.com, .
  13. (en) « Global leaders, celebrities honor Chavez at funeral », reuters.com, .
  14. site officiel du CNE
  15. Très courte victoire du candidat chaviste au Venezuela, Le Figaro,
  16. D’après une dépêche AFP, « [1] », article initialement publié sous le titre de « Venezuela : Caprilès dénonce la volonté de changer le choix exprimé par le peuple », Le Monde, publié le
  17. http://globovision.com/articulo/wilmer-azuaje-denuncia-hallazgo-de-cajas-de-votacion-botadas-en-barinas
  18. Patrick Bèle, « Le Venezuela face à la violence post-électorale », in Le Figaro, , p. 7.
  19. « Venezuela : Maduro proclamé président, heurts entre des opposants et la police », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  20. Patrick Bèle, « La victoire de Nicolas Maduro contestée au Venezuela », in Le Figaro, , p. 5.
  21. a, b et c Maurice Lemoine, « Au Venezuela, victoire du "chavisme sans Chavez" », Le Monde diplomatique, publié le
  22. Manifestations au Venezuela : au moins 7 morts et 61 blessés, Le Monde,
  23. Pierre-Philippe Berson, « Venezuela : le comptage manuel des votes est impossible, selon la justice », RFI, publié le

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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