Ngô Đình Diệm

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Ngô Đình Diệm
Ngô Đình Diệm, en 1957.
Ngô Đình Diệm, en 1957.
Fonctions
2e président de la République du Viêt Nam

(&&&&&&&&&&&029298 ans, 0 mois et 6 jours)
Élection
Prédécesseur Lui-même
(Chef de l'État)
Successeur Dương Văn Minh
2e chef de l'État du Viet Nâm
30 avril
(&&&&&&&&&&&&01795 mois et 26 jours)
Premier ministre Lui-même
Prédécesseur Bảo Đại
Successeur Lui-même
(président de la République)
6e Premier ministre du Viêt Nam

(&&&&&&&&&&&&04871 an, 4 mois et 0 jour)
Chef de l'État Bảo Đại
Lui-même
Prédécesseur Buu Loc
Phan Huy Quát (intérim)
Successeur Fonction abolie
Biographie
Nom de naissance Jean-Baptiste Ngô Đình Diệm
Date de naissance
Lieu de naissance Huế (Indochine française)
Date de décès (à 62 ans)
Lieu de décès Saïgon (Sud Viet Nâm)
Parti politique Cần lao
Profession Mandarin

Jean-Baptiste Ngô Đình Diệm, né à Huế le 3 janvier 1901, assassiné à Saïgon le 2 novembre 1963, est un homme politique vietnamien, premier ministre de l'État du Viêt Nam de 1954 à 1955, puis président de la République du Viêt Nam de 1955 à 1963.

Biographie[modifier | modifier le code]

Catholique pratiquant, Ngô Đình Diệm était mandarin et fils de grands mandarin à la Cour impériale de Huế. Son nom de baptême est Jean-Baptiste. Luttant contre l'extension et l'influence communiste dans le pays, Ngô Đình Diệm aura été un personnage clé de l'escalade de la guerre du Việt Nam à cause notamment de son refus, avec l'appui de ses alliés américains, d'organiser le référendum d'autodétermination prévu dans la déclaration finale des Accords de Genève. On lui prêtera la formule : « plutôt la guerre que les camps de rééducation ».

Dévot et célibataire, il fit remplir, pendant ses années comme président de la République du Việt Nam, la fonction de « Première dame » à l’épouse de son frère Ngô Đình Nhu. Il a lui-même contribué à mettre en place cette république, à la suite des Accords de Genève qui avaient mis fin à la Première Guerre d'Indochine.

Ngô Đình Diệm était antibouddhiste dans un pays à forte majorité bouddhiste, et anti-communiste alors que le mouvement nationaliste avait en son sein une composante communiste soutenue par l'URSS et la Chine. Davantage porté sur l'idéologie que sur le pragmatisme, il avait, dans le contexte de la guerre froide, choisi le camp pro-occidental de l'OTAN. Il était donc en parfaite opposition avec Hồ Chí Minh, plus pragmatique qu’idéologique, qui, lors de son séjour en France dans sa jeunesse, avait demandé son admission à l’École d’administration coloniale française, tout en adhérant aux idées du communisme.

Coup d’État et prise de pouvoir[modifier | modifier le code]

Mandarin de haut rang dans le gouvernement de l’empereur Bảo Đại avant la Seconde Guerre mondiale, à l’époque des agitations nationalistes, il démissionna en accusant l’empereur d’être un instrument aux mains des Français qui l’avaient placé sur le trône très jeune, après avoir détrôné et exilé le précédent empereur à l'Île de la Réunion. Son frère Pierre Martin Ngo Dinh Thuc, archevêque de Huế fut emprisonné par l’administration coloniale française pour cause de patriotisme vietnamien, puis exilé en Chine en 1945. Après la déclaration d’indépendance du Việt-Nam, le 2 septembre 1945 à Hanoï, sur la place Ba Đình, au cours d'un rituel confucéen de changement dynastique, il refusa d’entrer dans le gouvernement d'Hồ Chí Minh au sein de la République démocratique du Viêt Nam et s'exila aux États-Unis qui, engagés dans une lutte d'influence contre l'URSS, s'opposaient au régime communiste d'Hồ Chí Minh.

Parallèlement à la Conférence de Genève en juin 1954, l’empereur Bảo Đại, chef de l’État vietnamien de Saïgon rappellera des États-Unis Ngô Đình Diệm pour en faire le Premier ministre de l'État du Viêt Nam créé en 1949 sur l'ensemble du pays. Il ne signera pas, avec les États-Unis, la déclaration finale des Accords de Genève qui scinda le Viêt Nam en deux : la République démocratique du Viêt Nam au nord du 17e parallèle, et ce qui restait de l'État du Viêt Nam au sud de cette ligne.

Ainsi libéré des obligations de respecter ces accords, Ngô Đình Diệm organisera, en octobre 1955, dans cette partie méridionale du pays, un référendum manifestement truqué (avec plus de voix favorables que d’électeurs) et remplaça l'État du Viêt Nam par une République du Việt Nam tout s'en autoproclamant Chef d’État. L’empereur Bảo Đại, patriote vietnamien impuissant, après avoir fait subtilement, grâce à sa position et à son éducation, ce qu’il pouvait avec l'appui de ses partisans, abdique plutôt que de subir une nouvelle partition au sein du Việt Nam du sud.

Son autoritarisme avait déjà commencé avec ce référendum, comme en témoignait la présence de la police et de l’armée à l'entrée des bureaux de vote. Sous son régime, Diệm favorise particulièrement la minorité catholique principalement formée par des réfugiés du Nord « suivant la Vierge au Sud » (Notre-Dame de La Vang), aux dépens de la majorité bouddhiste du Sud.

On parle beaucoup de la « dictature du régime de Diệm », mais le terme de régime autoritaire conviendrait mieux. En effet, il y avait une Chambre des Députés et une Constitution. Personne n'a pu démontrer que Ngô Đình Diệm n'a pas respecté la Constitution du pays, mais il lui était néanmoins facile d'ignorer son existence. D'autre part, le fait que le gouvernement fût anti-bouddhiste reste à démontrer : une enquête des Nations Unies en 1963 conclura à la liberté du culte bouddhiste.

Diệm apparaît pour certains[Qui ?] comme un dévot puritain, tyrannique et despotique[non neutre]. Il mit en place un gouvernement familial avec son frère Ngô Đình Nhu comme chef de son parti politique ; son frère Ngô Đình Cẩn affecté à la cité impériale de Huế qu’il gouvernera en véritable seigneur de guerre ; son frère Ngô Đình Luyện nommé ambassadeur au Royaume-Uni et également responsable de la minorité Chăm. Enfin, on peut citer son autre frère, Ngô Đình Thục, archevêque de Huế jusqu'en 1968.

Son frère Nhu et l'épouse de celui-ci (née Trần Lệ Xuân), la « première dame », plus connue sous le sobriquet de « Madame Nhu » (par dérision irrespectueuse et allusion à la « maquerelle »), mènent la réforme de Saïgon d'une main de fer en suivant les valeurs catholiques. Ainsi, dans une société de civilisation chinoise où le jeu est ancré dans la tradition, celui-ci est interdit. La luxure et la contrebande sont bannies.

La politique anti-communiste de Diệm fait naître de nombreuses vocations communistes, comme les bagnes français avaient en leur temps transformé des nationalistes en communistes. Sa politique anti-bouddhiste provoque un soulèvement général, toutes tendances politiques confondues. L’immolation publique par le feu des bonzes sonne le glas de son régime avec une révolte de ses propres généraux et la création du Front national pour la libération du Sud Viêt Nam (dit également Viêt Cong).

Aide des États-Unis[modifier | modifier le code]

Ngô Đình Diệm et le président américain Eisenhower, en 1957.

Pendant son exil dans un monastère aux États-Unis, Diệm se forge de solides relations, principalement avec des catholiques américains, utiles pour obtenir le soutien des États-Unis à sa croisade anti-communiste au Việt Nam. Diệm apparaissait à leurs yeux un contre-pouvoir crédible face à Hồ Chí Minh.

Les États-Unis continuent de soutenir le régime autoritaire de Diệm, comme un contre-feu communiste, alors qu'en réalité, la radicalisation progressive de sa politique enfante et nourrit le communisme au Sud du Việt Nam[non neutre].

Avec l’Administration d’un président catholique aux États-Unis, l’« internationale noire » augmente le soutien à Diệm contre l’« internationale rouge » en envoyant au Việt Nam de plus en plus de conseillers militaires dans le cadre de l’aide militaire auparavant fournie directement au CEFEO (Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient). Ainsi, le MAAG (Military Aid Adviser Group), non combattant, sera transformé en MACV (Military Adviser Command Viêt Nam) encadrant la tête des troupes sud-vietnamiennes. Suites aux nombreuses tentatives de coup d’État de l'armée sud-vietnamienne contre le régime de Diệm, les États-Unis s’aperçoivent qu’ils avaient commis une erreur en misant sur lui. Ils cessent de soutenir Ngô Đình Diệm et sont probablement à l'origine de son assassinat[1].

Coup d’État et assassinat[modifier | modifier le code]

L'impopularité de Diệm éclate au grand jour avec la révolte bouddhiste et l’immolation publique par le feu de Thích Quảng Đức en juin 1963. Elle s’amplifie dans le monde, surtout lorsque « Madame Nhu » parlait avec désinvolture de « barbecue ». Le scandale fut fatal pour toute la famille Ngô[2].

Sur les ordres du président Kennedy, l’ambassadeur à Saïgon Henry Cabot Lodge refuse de rencontrer Diệm pour ne pas l'avertir d’un coup d’État préparé par ses généraux sous la conduite du général Dương Văn Minh, dit « Big Minh » pour sa taille - personnage que Nguyễn Văn Thiệu proposera plus tard comme interlocuteur pour signer, avec les forces Nord-Vietnamiennes, la capitulation inconditionnelle de la République Sud-Vietnamienne le 30 avril 1975, mettant fin à la Guerre du Việt Nam.

L'arrestation et l'assassinat de Ngô Đình Diệm, alors président de la République du Việt Nam, marque l'apogée d'un coup d'État organisé par la CIA et mené par le général Dương Văn Minh en novembre 1963. Le 2 novembre 1963 au matin, Diem et son jeune frère – et conseiller – Ngo Dinh Nhu, sont arrêtés par l'Armée de la République du Viêt Nam (ARVN) après la prise du Palace Gia long à Saigon. Le coup d'État marque la fin de neuf ans du régime du Sud-Vietnam.

Quand les forces rebelles entrent dans le palais, les frères Ngô l'avaient quitté la nuit précédente pour se retrancher dans leur cache de Chợ Lớn. Découverts, ils acceptent de se rendre contre la promesse d'un exil sains et saufs. Alors qu'ils sortent de la messe à l'église Saint-François-Xavier de Cholon, ils seront sommairement assassinés par des officiers de l'ARVN à l'arrière d'un véhicule blindé qui les transporte à la base aérienne de Tân Sơn Nhất.

Si les généraux essayent dans un premier temps de couvrir ces exécutions en sous-entendant un double suicide, les photos des corps, parues dans les médias, vinrent rapidement contredire ces affirmations. Alors qu'aucune enquête ne fut officiellement menée, la responsabilité de la mort des frères Ngô est communément attribuée aux gardes du corps de Minh, le capitaine Nguyễn Văn Nhung et le major Dương Hiếu Nghĩa qui les gardaient durant le transfert.

L'état-major de Minh et les officiels américains actèrent le fait que Minh avait ordonné les exécutions. Ils avancèrent plusieurs motifs notamment la crainte d'un possible retour politique de leur part. Alors en visite aux États-Unis, « Madame Nhu » apprit la nouvelle de cet assassinat et du coup d’État, et suspecta immédiatement les États-Unis. Elle leur prédit un sombre avenir. Elle dit plus tard : « Whoever has the Americans as allies does not need enemies. » (« Quiconque a les Américains comme alliés n'a pas besoin d'ennemis. »)

Dans la chronologie, l’État vietnamien de Saïgon de l’empereur Bảo Đại a existé de 1949 jusqu’à 1954, et de la naissance de la République du Việt Nam de Ngô Đình Diệm de 1955 jusqu'au 30 avril 1975. Après cette date, elle est remplacée par la République démocratique du Việt Nam (RDVN) qui devient une puissance régionale d’un Việt Nam indépendant et unifié, sous régime communiste, tenant la promesse d'un certain patriotisme vietnamien de la guerre d'Indochine. À la réunification, la RDVN originelle de 1945 s'est dissoute pour faire place à la République socialiste du Việt Nam du XXIe siècle.

Références[modifier | modifier le code]

  1. JFK and the Diem Coup
  2. (voir les photos sur ce site)

Liens externes[modifier | modifier le code]