Pierre Martin Ngo Dinh Thuc

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Pierre Martin Ngo Dinh Thuc
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Fonctions
jusqu'en

Pierre Martin Ngô Đình Thục (du vietnamien : Ngô Đình Thục), né à Hué de parents catholiques le 6 octobre 1897 et mort le , est un archevêque vietnamien. Il joua notamment un rôle politique important dans les premières années du Sud Viêt Nam, alors que le régime était dirigé par deux de ses frères, le président Ngô Đình Diệm et le conseiller politique Ngô Đình Nhu.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre Martin Ngo Dinh Thuc entre au petit séminaire de An Ninh à l'âge de 12 ans. Il y passe huit années avant de commencer à étudier la philosophie au grand séminaire de Hué, dans le vicariat apostolique de Cochinchine septentrionale.

En 1938, à l'âge de 41 ans, l'Abbé Thuc est choisi par Rome pour diriger le vicariat apostolique de Vinh Long. Il est consacré évêque titulaire le , devenant ainsi le troisième prêtre vietnamien à être élevé à la dignité épiscopale. Il joue un rôle politique dans les dernières années de l'Indochine française et, après l'indépendance du pays, compte parmi les principaux conseillers de son frère Ngô Đình Diệm. Le , le pape Jean XXIII le nomme premier archevêque de Hué.

Durant la période de préparation du concile Vatican II, Monseigneur Ngo Dinh Thuc se rend à Rome. Pendant son séjour, ses deux frères sont assassinés lors d'un coup d'État. Alors qu'au Saint-Siège, l'ambassadeur des États-Unis reçoit les condoléances diplomatiques pour l’assassinat de Kennedy, Monseigneur Ngô Dinh Thuc est isolé et va commencer son exil d'abord en France. Il ne retournera jamais dans son pays d'origine et se sait en danger. Il ne trouvera qu'une aide substantielle auprès de quelques personnes qui vont se grouper autour de lui, dont certains Vietnamiens exilés.

Après avoir ordonné et consacré sans mandat pontifical Clemente Domínguez y Gómez et trois autres évêques (Francis Sandler, Camilo Estevez Puga et Manuel Alonso Corral), et après des plaintes des évêques de France, il est excommunié par le pape Paul VI en 1976.

Plus tard, l'archevêque Thuc rompra ses liens avec l'Église fondée par Clemente Domínguez y Gómez, considérant que ce mouvement est déviant. Et en 1978, il fait amende honorable. Il expliquera avoir voulu agir pour protéger l’Église des infiltrations marxistes et du modernisme.

En 1981, il est excommunié pour la consécration de Jean Laborie (1919-1996) de l'Église latine de Toulouse.

Le 7 mai 1981, il consacre un prêtre dominicain, Michel-Louis Guérard des Lauriers. Le 17 octobre 1981, il consacre deux prêtres mexicains, Moises Carmona d'Acapulco et Adolfo Zamora. Le , il consacre Christian-Marie Datessen. Ce dernier a donné naissance à la Fraternité Notre-Dame de Bethléem, traditionaliste, vivant sous la règle de saint Benoît, sise à Castelsarrasin (82). Pour ces consécrations épiscopales effectuées sans mandat pontifical, Mgr Thuc est publiquement excommunié par le cardinal Joseph Ratzinger par un mandat de Jean-Paul II en 1983. Mais contrairement à Mgr Lefebvre, son nom n'a jamais été supprimé de l'annuaire pontifical qui recense les évêques catholiques. Après sa rétractation faisant suite à ses déclarations sédévacantistes, Mgr Ngô Dinh Thuc continua à concélébrer occasionnellement avec l'évêque de Toulon.

En 1984, quatre mois avant sa mort, Mgr Thuc fait amende honorable, exhortant les évêques consacrés à se rallier à Rome, ainsi que la communauté de Palmar de Troya (Espagne), où en 1976 lui-même avait consacré Mgr Dominguez ; ce dernier s'était proclamé « pape » (sous le nom de Grégoire XVII) en 1978.

L'archevêque Thục décède au monastère de la congrégation religieuse vietnamo-américaine de la mère co-rédemptrice le 13 décembre 1984 à Carthage, Missouri, à l'âge de 87 ans.

Succession apostolique[modifier | modifier le code]

Mgr Dihn-Thuc a consacré évêques des prêtres qui eux-mêmes ont consacré d'autres évêques dont les plus notables sont[1] :


Rejet des ordinations et sacres de la lignée de Mgr Thuc par Rome[modifier | modifier le code]

L'Église Catholique a statué sur les sacres effectués par Mgr Ngo-Dinh-Thuc. Dans une notification du 12 mars 1983 confirmant une note du 17 septembre 1976 de la Congrégation pour le Doctrine de la Foi, il y est indiqué que tous les prêtres sacrés évêques, ou tous les laïcs ordonnés prêtres, comme M.Roger M.Cazalas M.Legal, par les dits évêques cité ci-avant encourent les peines :

  1. « Les évêques qui ont ordonné d’autres évêques, et les évêques qu’ils ont ordonnés encourent, outre les sanctions prévues par les canons 2370 et 2373, § 1 et 3 du Code de droit canonique, l’excommunication ipso facto très spécialement réservée au Siège apostolique, dont il est question dans le décret publié par la S. Congrégation du Saint-Office le 9 avril 1951 (AAS XLIII, 1951, p. 217 et s.). La peine prévue par le canon 2370 s’applique aussi aux prêtres assistants, s’il y en avait.
  2. Les prêtres ainsi ordonnés illégitimement sont, en vertu du canon 2374, suspendus ipso facto, de l’Ordre qu’ils ont reçu, et même frappés d’irrégularité s’ils accomplissent un acte réservé à cet ordre (can. 987, § 7).
  3. Enfin, quoi qu’il en soit de la validité des ordres, l’Église ne reconnaît ni ne reconnaîtra l’ordination de ceux qui, déjà, ont ainsi été ordonnés illégitimement ou de ceux qui éventuellement seraient ordonnés par eux. Pour tous les effets juridiques, l’Église considère que chacun d’eux est resté dans l’état qui était le sien auparavant, demeurant fermes, jusqu’à ce qu’ils viennent à résipiscence, les sanctions pénales indiquées ci-dessus. Nonobstant toutes choses contraires. »

Cette Congrégation doit enfin mettre en garde les fidèles, afin qu’ils ne donnent en aucune manière leur participation et leur soutien aux activités liturgiques ou autres organisées par les personnes sus-indiquées[3]

Tous les prêtres cités avant ne sont donc pas reconnus évêques par l'Église Catholique, de même tous les laïcs cité avant ne sont pas reconnus prêtres par l'Église Catholique. Ainsi Daniel Lytle Dolan n'est pas reconnu comme évêque de l'Église catholique. De même, pour l'Église catholique, les ordinations de prêtres de L'Institut Mater Boni Consilii, en Italie, sont sans valeur. Ils n'ont aucun droit d'exercer les ordres reçus.

Notes[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]