Montée de Choulans

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Montée de Choulans
Situation
Coordonnées 45° 45′ 07″ nord, 4° 49′ 01″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Ville Lyon
Quartier(s) Saint-Irénée (5e arr.)
Tenant Quai Fulchiron
Aboutissant Place de trion
Morphologie
Type Montée
Longueur 1 750 m
Histoire
Création 1858
Monuments Basilique funéraire Saint-Laurent de Choulans

Géolocalisation sur la carte : métropole de Lyon

(Voir situation sur carte : métropole de Lyon)
Montée de Choulans

Géolocalisation sur la carte : Lyon

(Voir situation sur carte : Lyon)
Montée de Choulans

La montée de Choulans est une rue du quartier du 5e arrondissement de Lyon. Elle est la principale voie d’accès à la colline de Fourvière depuis le bord de la Saône. Comme son nom l'indique, c'est une rue en forte pente : avec une altitude de départ à 170 m et une arrivée à 260 m, elle compte un dénivelé de 90 mètres, ce qui correspond à une pente de 5,4 %.

Dénomination[modifier | modifier le code]

La montée a été nommée d’après une fontaine qui était située dans ce quartier (« Au milieu du chemin montant à Saint-Irénée ») dès 1540 au plus tard[1]. Cette appellation elle-même est sujette à plusieurs étymologies divergentes :

  • « Il y a une fontaine que les antiques documents nomment silva fons ou Siloë, du nom de celle qui est en Palestine, au pied du mont de Sion. Et de Sion on serait passé à Siolans. »[2]
  • « La fontaine de Cholan sur laquelle Paradin a fait des conjectures assez mal fondées quand il la nomme Fons siloë, et veut que ce soient les Juifs qui lui ayent donné ce nom, se doit plutôt attribuer à Silanus... » [3],[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Le squelette d’un mammouth a été trouvé montée de Choulans en 1859 ; il est désormais exposé au musée des Confluences[5].

Antiquité[modifier | modifier le code]

Le quartier, faisant partie du Lugdunum antique, était très densément occupé à l’époque gallo-romaine. En témoignent les nombreux mausolées datant du Ier siècle après Jésus-Christ, répartis le long de la voie d’Aquitaine (qui était la sortie de la cité antique), et exhumés lors des travaux d’aménagement de la ligne de chemin de fer de Vaugneray en 1885 et 1886.

Cinq de ces stèles furent installées sur la place Choulans (devenue place Wernert) : celui de Julia, celui de Quintus Valerius, celui de Julius Severianus, celui de Satrius, enfin le plus important, celui du prêtre provincial Turpio, qui lui avait été offert par ses cinq affranchis, avec l’inscritpion suivante :

« Q. Calvio, Quinti liberto, Palatina, Turpioni, seviro, Regillus, Chresimus, Murranus, Donatus, Chrestus, libertei, ex testamento »

Une autre stèle est dédiée (en grec) à la mémoire d’Euteknios, commerçant syrien mort à Lyon.

Au bas de la rue, le long des quais, est située la Basilique funéraire Saint-Laurent de Choulans. Le site est particulièrement contraint et peu mis en valeur puisque les ruines sont situées :

  • sous un immeuble de bureaux situé juste au Nord de la rue,
  • sous la bretelle d’autoroute qui permet de rejoindre le tunnel de Fourvière.

Moyen Âge et Renaissance[modifier | modifier le code]

La montée de Choulans n’existait pas au Moyen Âge. La principale voie d’accès à la colline était la montée Saint-Barthélémy, puis, à partir des guerres de religion, la montée du Chemin-Neuf. À la place de l’actuelle montée de Choulans se situaient les montées des Génovéfains et des Tourelles.

Le château de Choulans fut construit au XVIe siècle et appartint longtemps à la famille de Vauzelles. Il est encore visible au No 60 et abrite désormais le club restaurant La cour des grands.

L’hôpital de la Quarantaine y a été installé (en bord de Saône, du côté de l’église Saint-Georges) de 1434 à 1856 (date à laquelle il a été remplacé, notamment par l’Hôpital de l'Antiquaille). Comme son nom l’indique, il était spécialisé dans les cas de peste, qui nécessitaient un isolement extra-muros.

XIXe et XXe siècles[modifier | modifier le code]

La montée de Choulans (pour la partie en lacets, du moins) a été ouverte en 1858 ; elle remplacement la montée du Petit Choulan.

En 1881, le jeune Lucien Bégule obtint de ses parents l'autorisation de créer son propre atelier au fond de la propriété familiale ; auparavant, il utilisait un atelier situé Montée du Chemin-Neuf[6],[7].

La Villa Albert Weitz, de style Art déco, a été construite en 1923 par l'architecte lyonnais Michel Roux-Spitz et abrite aujourd'hui l’Institut Cervantes de Lyon.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Francine Chollet[8] et Stanislas Fumet, habitant la montée, respectivement aux numéros 118 et 150, furent résistants. Une plaque a été posée sur la maison de Francine Chollet.

Morphologie[modifier | modifier le code]

La partie “basse” de cette voie, à 2×2 voies, forme des lacets serrés dans la zone de plus forte pente, au-dessus de l’entrée Sud-Est du Tunnel de Fourvière et du pont Kitchener. Cette partie de la rue est très prisée des utilisateurs de rollers, qui enchaînent ses huit épingles à cheveux. L'autoroute A6 passe entre la voie descendante et la voie montante ; une bretelle permet de la rejoindre depuis les quais (en passant à l’intérieur de la structure d’un immeuble de bureaux), une autre de la quitter pour accéder à ces derniers. La montée de Choulans enserre également les quatre cheminées d’aération du tunnel.

La partie “haute” (au-dessus de l’intersection avec l’avenue Debrousse), quant à elle, est une ligne presque droite traversant le col de Trion situé entre les deux points culminants de la colline de Fourvière (la Sarra et Sainte-Foy).

Transports[modifier | modifier le code]

Les premiers trolleybus lyonnais ont été achetés pour franchir la montée de Choulans, en 1936 ils partaient de Bellecour, le 29 vers Sainte-Foy, le 30 vers Francheville. Ils ont été remplacés respectivement par le C19 et le C20, et depuis d'autres bus empruntent la montée, tels que les 46, 49 et 55.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L Boitel(éditeur), Revue du Lyonnais, volume 8, 1838, Lyon, pages 342 et 343.
  2. Louis Maynard, Dictionnaire des Lyonnaiseries, 1932, Lyon, (ASIN B-00-1D59AH-0), citant Paradin de Cuyseaux doyen de Beaujeu, ‘’Mémoires de l'histoire de Lyon avec une table des choses mémorables contenues en ce présent livre. Les privilèges, franchises et immunitez octroyees par les roys treschrestiens, aux consuls, eschevins manans & habitans de la ville de Lyon, & à leur postérité’’, 1573, Lyon, (ASIN B-00-1D7C9F-S)
  3. Claude François Ménestrier s.j, L’Histoire consulaire, Histoire civile ou consulaire de la ville de Lyon, justifiée par chartres, titres, chroniques, manuscrits, autheurs anciens et modernes, et autres preuves, avec la carte de la ville, comme elle était il y a environ deux siècles, 1696, Lyon
  4. « Les rues de Lyon : Montée de Choulans », Lyon, des rues et des légendes, (consulté le 16 novembre 2011)
  5. « Rues de Lyon : Montée de Choulans », Rues de Lyon, (consulté le 16 novembre 2011).
  6. « Les ateliers de Choulans », sur http://www.begule.com/, Lucien Bégule, maître verrier lyonnais (consulté le 15 novembre 2012)
  7. Le Vitrail dans l’Ouest Lyonnais, « Lucien Bégule, Maître verrier de Lyon », sur http://patrimoine.amis-st-jacques.org/, Patrimoine jacquaire en Rhône-Alpes, (consulté le 15 novembre 2012)
  8. « Appartement de Francine CHOLLET », Mairie de Lyon, ? (consulté le 16 novembre 2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]