Munition atomique intermédiaire de démolition

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La munition atomique intermédiaire de démolition (MAID, en anglais « Atomic Demolition Munition » : ADM), plus connue sous le nom de mine terrestre nucléaire, est un dispositif explosif nucléaire. Elle a été développée à des fins militaires et civiles. Dans le registre militaire, elle est conçue pour exploser sur le front des zones de combat, pour bloquer ou canaliser les forces ennemies. Dans le registre civil, elle est conçue pour la démolition, l'exploitation minière ou le terrassement. Néanmoins, en dehors des essais, elle n'aurait jamais été utilisée.

Utilisation militaire[modifier | modifier le code]

Des scientifiques devant une MAID.

Contrairement aux missiles, obus ou roquettes, ces mines, petites et légères, sont destinées à être mises en place par des soldats (commandos de forces spéciales, par exemple). Elles peuvent être à télécommande ou à minuterie. Placées à des endroits stratégiques (ponts, tunnels, barrages...), ces mines peuvent retarder, bloquer ou forcer des troupes à s'orienter vers un guet-apens[1].

Selon des compte-rendus officiels, les États-Unis en ont disposé en Allemagne de l'Ouest et en Italie durant la Guerre froide[2],[3],[4].

Des études publiées dans les années 1980 et 1990 indiquent que des versions plus modernes (SADM et MADM, en anglais) ont été déployées en Corée du Sud[5],[6],[7].

Utilisation civile[modifier | modifier le code]

Les munitions atomiques intermédiaires de démolition n'ont jamais été commercialisées, bien qu'elles aient été testées à de nombreuses reprises pour éteindre des incendies de puits de gaz par les soviétiques, à partir du milieu des années 1960, dans le cadre du programme Explosions Nucléaires pour l'Économie Nationale. Des tests similaires (opération Plowshare (en)) ont été conduits par les américains mais, en raison des risques de contamination radioactive, aucune commercialisation de cette technologie n'a été faite et, en regard des préoccupations actuelles sur les dangers du rayonnement, il semble peu probable qu'une utilisation non militaire de ces explosifs n'existe.

Évolution[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950 et 1960, les États-Unis ont développé de nombreux types de ces dispositifs légers. Le principal engin explosif comporte l'ogive W54, un cylindre de 40 par 60 cm pesant 68 kg. Sa mise à feu s'effectue par minuterie mécanique et il développe un rendement variable allant de l'équivalent de 10 à 1 000 tonnes de TNT. Le W54 a été utilisé dans le système d'armement Davy Crockett.

  • W-7/ADM-B, 1954-1967.
  • T4 ADM, 1957 à 1963.
  • W30, ogive atomique américaine, 1961 à 1966.
  • W31/ADM, 1960 à 1965)
  • W45/Medium Atomic Demolition Munition, 1964 à 1984)
  • W54/Special Atomic Demolition Munition, 1965 à 1989)

TADM[modifier | modifier le code]

La Mk 30 Mod 1 Tactical Atomic Demolition Munition (TADM) est une bombe atomique portable, composée d'une ogive type Mk 30 transportable dans une valise X-113 de 66 par 178 cm. L'ensemble pèse 381 kg. La production de cette TADM a commencé en 1961 et elle a été destockée en 1966. Un test des effets de cette arme surnommée « Johnny Boy » est effectué pendant les Opération Dominic I et II. Son rendement était 0,5 kilotonne.

SADM[modifier | modifier le code]

H-912, valise de transport pour Mk-54 SADM

La Special Atomic Demolition Munition (SADM) est transportable par des soldats mais n'a jamais été utilisée en combat. L'armée américaine avait prévu de s'en servir en Europe en cas d'invasion soviétique. Les ingénieurs de l'armée américaine l'auraient utilisée pour irradier, détruire et rendre des axes routiers, comme la trouée de Fulda en Allemagne, inutilisables. Les troupes étaient entraînées à être parachutées dans la zone européenne occupée par les Soviétiques pour placer ces mines sur des ponts, barrages ou centrales électriques.

Cette arme était prévue pour qu'un seul homme puisse être parachuté de n'importe quel aéronef et la poser dans un port ou tout autre point stratégique accessible aussi par la mer. Un second parachutiste devait l'accompagner, en soutien.

Ce binôme devait être capable de poser sa bombe, programmer l'explosion et nager vers un endroit prévu où un sous-marin ou un bateau rapide les récupérerait.

MADM[modifier | modifier le code]

Valise de transport, tête W45 et composants internes de la MADM.

La Medium Atomic Demolition Munition (MADM) était une arme tactique nucléaire développée par les États-Unis au cours de la Guerre froide. Elle était conçue pour être utilisée comme mine terrestre ou à d'autres fins tactiques, avec un rendement de 1 à 15 kilotonnes. Chaque MADM pèse 181 kg et a été fabriquée entre 1965 et 1986[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Manuel d'utilisation des munitions de démolition atomique, alinéa 5-106 (Washington : Department of the Army, July 1984).
  2. (en) Kenneth W. Condit, The History of the Joint Chiefs of Staff—The Joint Chiefs of Staff and National Policy, VI, 1955–56, (Washington, DC : GPO, 1992) p. 146
  3. US Security Issues in Europe, 93rd Congress, le 2 décembre 1973, p. 15
  4. The New York Times, 2 décembre 1973, p. 1 et 34
  5. (en) Peter Hayes Pacific Powderkeg : American Nuclear Dilemmas in Korea (Lexington, MA : D.C. Heath and Co., 1991) p. 48
  6. Tom Gervasi, The Myth of Soviet Nuclear Supremacy (NY : Harper & Row, 1986) p. 416 et 417
  7. William M. Arkin and Richard W. Fieldhouse, Nuclear Battlefields : Global Links in the Arms Race (Cambridge : Ballinger, 1985) p. 61.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]