Moshe Feldenkrais

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Moshe Feldenkrais
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Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Cimetière Nahalat Yitzhak (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
משה פנחס פלדנקרייזVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Israélienne
Russe (-)
Française (-)
Britannique (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Université de San Francisco, Hampshire College (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Sport
Œuvres principales

Moshé Feldenkrais, né le à Slavouta et mort le à Tel-Aviv, est un thérapeute et physicien israélien d'origine russe qui fut l'un des introducteurs du judo en France dans les années 1930. À la suite d'une blessure au genou, il mit progressivement au point, à partir des années 1950, une méthode de soins non conventionnelle inspirée des neurosciences — qu'il appellera « méthode Feldenkrais ».

Biographie[modifier | modifier le code]

De 1904 à 1939[modifier | modifier le code]

À quatorze ans, Moshe Feldenkrais quitte sa famille pour traverser l'Europe et émigrer en Palestine. De dix-huit à vingt-huit ans il vit à Tel-Aviv où il travaille comme maçon avant de reprendre ses études au lycée. Il se blesse sérieusement au genou en pratiquant le football. Membre de la jeune Haganah, il suit également des cours de jūjutsu[1] et met au point une technique d'auto-défense, dérivée du jūjutsu, qu'il décrit dans un livre. Il devient ensuite cartographe pour l'administration anglaise, tout en étudiant par lui-même diverses disciplines scientifiques et en particulier la psychologie. Il traduit en hébreu un ouvrage consacré à la méthode d'Émile Coué : "Autosuggestion".

Moshe Feldenkrais s'installe à Paris en 1930 pour étudier la physique, les mathématiques, la mécanique et l'électricité. Il obtient un diplôme d'ingénieur en mécanique et électricité et entreprend un diplôme de docteur en sciences physiques (qu'il obtiendra finalement après la guerre). Il rejoint le laboratoire du professeur Paul Langevin, puis, à partir de 1933, travaille avec Frédéric Joliot-Curie, dont il est l'assistant.

Moshe Feldenkrais rencontre Jigorō Kanō à l'occasion de conférences données par le fondateur du judo lors de deux séjours en France en 1933 et 1934. Il se passionne pour ce sport, qu'il contribue à introduire en France, et devient l'une des premières ceintures noires de judo en Europe[2],[3].

À son invitation, Mikinosuke Kawaishi quitte Londres pour venir enseigner le judo en France. Feldenkrais fonde avec lui, en septembre 1936, le Jiu-Jitsu Club de France, dont Jigorō Kanō est le président d'honneur. Il écrit deux livres en français sur le judo, dont l'un préfacé par Jigorō Kanō. Les premières ceintures noires nommées par Mikinosuke Kawaishi seront Maurice Cottreau, Jean de Herdt, Henri Birnbaum, Paul Bonét-Maury, Charles Malaisé, Jean Andrivet[4].

De 1940 à 1949[modifier | modifier le code]

En 1940, quand les Allemands envahissent Paris, Moshe Feldenkrais prend un bateau pour l'Angleterre. Il s'engage alors auprès de l'Amirauté britannique et rejoint un centre de recherches travaillant à améliorer le sonar.

Il continue la pratique et l'enseignement du judo. Il s'intéresse également au développement humain et au mode d'apprentissage des enfants, en observant des enfants dans le cabinet pédiatrique de sa femme, Yona Rubenstein.

Après un accident grave sur son genou déjà blessé, Moshe Feldenkrais se voit proposer une intervention chirurgicale dont les chances de succès sont évaluées à 50 %.

Il préfère éviter cette intervention et étudie en auto-didacte tout ce qui a trait à la santé et à la guérison : anatomie, physiologie, neurophysiologie, psychothérapie, exercices de rééducation, yoga, hypnose, acupuncture. Ainsi, en se soignant lui-même, Feldenkrais parvient progressivement à marcher de nouveau. Il peut même reprendre la pratique du judo. Après des mois d'observation minutieuse et d'exploration du corps, à base de mouvements très lents, il découvre et affine un processus d'auto-apprentissage, inspiré de celui que les enfants mettent en œuvre pour se déplacer puis acquérir la marche. Pour lui, cette prise de conscience des mécanismes physiques et cérébraux en relation avec notre posture et nos mouvements constitue une clé pour améliorer le fonctionnement harmonieux du corps et de l'esprit.

Plus tard, il propose son aide à des amis et collègues souffrant du dos ou des articulations. C'est ainsi que Feldenkrais constate l'efficacité de sa méthode. Il la développe, à travers le toucher et le mouvement, pour faciliter le retour à la santé et l'apprentissage, et l'appellera plus tard l'intégration fonctionnelle. Dans un deuxième temps, afin de permettre à un plus grand nombre de bénéficier de sa méthode, il met au point une forme de pratique collective, qu'il nomme « prise de conscience à travers le mouvement ».

De 1950 à 1984[modifier | modifier le code]

En 1950 Feldenkrais s'installe à nouveau à Tel-Aviv. Il devient le premier directeur du département d'électronique de l'armée israélienne. Peu de temps après, il est sollicité par le Premier ministre, David Ben Gourion, qui souffre de vives douleurs dorsales chroniques et de problèmes respiratoires. Après une série de séances, la santé de Ben Gourion s'améliore considérablement. Pour le prouver, Ben Gourion se fait photographier en train d'exécuter le poirier sur une plage. La photo prise par Paul Goldman fait sensation et lance la réputation de Moshe Feldenkrais[5]. Ce dernier se consacre alors à enseigner sa méthode à Tel-Aviv, pendant les années 1950 et 60, puis aux États-Unis pendant onze ans. Il forme ainsi un grand nombre de praticiens en Israël, puis à San Francisco et à Amherst, dans le Massachusetts.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Jiu-jitsu, Paris, Étienne Chiron (1934).
  • Manuel pratique du Jiu-jitsu : la défense du faible contre l'agresseur, Paris, Étienne Chiron (1939).
  • Judo, Londres, Frederick Warne.
    • En français : ABC du Judo, Paris, Étienne Chiron (1941).
  • L’être et la maturité du comportement : une étude sur l’anxiété, le sexe, la gravitation et l’apprentissage, Paris, Espace du Temps présent.
    • Existe aussi en anglais : Body and Mature Behaviour, New-York, International Universities (1949).
  • Higher Judo, Londres, Frederick Warne (1952).
  • La conscience du corps, Paris, Robert Laffont.
    • Paru également chez Dangles sous le titre : L’Énergie par le mouvement.
    • Existe aussi en anglais sous le titre : Awareness Through Movement, New-York, Harper and Row (1967).
  • Le cas Doris, Paris, Espace du temps présent.
    • Paru également en anglais sous le titre : Adventures in the Jungle of the Brain : The case of Nora, New-York, Harper and Row (1978).
  • L’évidence en question, Paris, L’inhabituel.
    • Existe aussi en anglais : The Elusive Obvious, Cupertino, CA, Meta Publications (1981).
  • The Master Moves, Cupertino, CA, Meta Publications (1984).
  • La puissance du moi, Paris, Laffont.
    • Existe aussi en anglais sous le titre : The Potent Self, San Francisco , Harper and Row (1985).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Brousse, Les Racines du judo français, p. 204 et 222.
  2. Lucie Décosse, Frédéric Lecanu et Raphaël Brosse (préf. Jean-Luc Rougé/Teddy Riner), Le Judo pour les Nuls grand format, éditions First, , 308 p. (ISBN 9782754088206, OCLC 1082390459, BNF 45803193), « Les années 1930 : le judo prend racine ».
  3. « Méthode Feldenkrais », sur mediatheque.cnd.fr, Centre national de la danse, (consulté le ).
  4. Claude Thibault, Les Pionniers du judo français, éditions Budo, 2011 (ISBN 978-2-84617-281-3), 494 pages.
  5. Christian Buckard, « Feldenkrais biographie, le premier chapitre », feldenkrais-biographie, .

Biographies[modifier | modifier le code]

  • Mark Reese, Moshe Feldenkrais : A Life in Movement, volume one, San Rafael USA, ReeseKress Somatics Press, 2006.
  • Philippe Banquet, Devenir Feldenkrais, Paris, David Reinharc Editions, 2021.

Liens externes[modifier | modifier le code]