Monastère Saint-Stepanos de Jolfa

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Monastère Saint-Stepanos
Image illustrative de l'article Monastère Saint-Stepanos de Jolfa
Présentation
Nom local (fa) کلیسای سن استپانوس
(hy) Սուրբ Ստեփանոս վանք
Culte Arménien
Type Monastère
Début de la construction VIIe siècle
Fin des travaux XVIIe siècle
Protection ICHO n° 429 (1962)
 Patrimoine mondial (2008)
Géographie
Pays Drapeau de l'Iran Iran
Province Azerbaïdjan oriental
Préfecture Jolfa
Commune Jolfa
Coordonnées 38° 58′ 45″ N 45° 28′ 24″ E / 38.97907, 45.473344 ()38° 58′ 45″ Nord 45° 28′ 24″ Est / 38.97907, 45.473344 ()  

Géolocalisation sur la carte : Iran

(Voir situation sur carte : Iran)
Monastère Saint-Stepanos

Le monastère Saint-Stepanos ou Saint-Étienne (en arménien : Սուրբ Ստեփանոս վանք et en persan : کلیسای سن استپانوس) est un monastère arménien situé à proximité de la ville iranienne de Jolfa, près de la rivière Araxe, dans la province de l'Azerbaïdjan oriental. Il est dédié au premier martyr chrétien, Étienne.

Peut-être érigé au VIIe siècle, il est attesté de façon certaine au Xe siècle. Il a été reconstruit à de nombreuses reprises aux siècles suivants, et les éléments actuels datent pour la plupart des XVIIe et XIXe siècles.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un premier monastère est édifié au VIIe et complété au Xe siècle. Mais il est en partie ruiné lors des guerres entre les Seldjoukides et l'Empire byzantin aux XIe et XIIe siècles.

À la suite de la conquête de la région par les Mongols d'Hulagu, petit-fils de Gengis Khan, au milieu du XIIIe siècle, les chrétiens bénéficient de la politique favorable de la dynastie des Ilkhans, et un accord de paix est signé entre l'Église arménienne et les Ilkhans. Le monastère est restauré dans la seconde moitié du XIIIe siècle. Le monastère est complètement reconstruit vers 1330, sous l'impulsion des Zachariah, à partir des éléments antérieurs. Les XIVe et XVe siècles sont une période d'intense rayonnement du monastère et Saint-Stepanos connaît l'apogée de son rayonnement culturel et intellectuel. Le monastère produit des peintures et des manuscrits enluminés, dans des domaines aussi divers que la religion, l'histoire et la philosophie.

Au début XVe siècle, la nouvelle dynastie des Safavides confirme sa protection aux Arméniens. Mais la région se retrouve au centre des rivalités entre les Safavides et les Ottomans, qui ont envahi l'Arménie occidentale en 1513. Saint-Stepanos connaît au XVIe siècle un déclin progressif, jusqu'à ce que Shah Abbas Ier décide de vider la région de ses habitants en 1604. Saint-Stepanos est alors abandonné. À partir de 1650, les Safavides décident cependant d'occuper à nouveau la région, et le monastère Saint-Stepanos, endommagé, est restauré au milieu du siècle.

Au début du XVIIIe siècle, la région devient un enjeu de conquête pour l'Empire russe. Erevan est conquise par les Russes en 1808, tandis que la frontière entre la Perse et la Russie est établie sur l'Araxe. Une partie de la population est déplacée de force vers l'Arménie russe. Les souverains qadjars, cependant, continuent à protéger les Arméniens. Ils encouragent la reconstruction du monastère Saint-Stepanos entre 1819 et 1825.

Le monastère, endommagé, a connu plusieurs campagnes de restauration aux XXe et XXIe siècles, en particulier depuis 1974.

Description[modifier | modifier le code]

Lapidation de saint Étienne. Relief sur la façade orientale de l'église.

Le monastère est complètement protégé par une enceinte quadrangulaire, défendue par quatre tours rondes à chaque angle. L'intérieur se divise en deux cours.

Cour sud[modifier | modifier le code]

La plus vastes des deux cours est la cour sud. Elle regroupe les bâtiments conventuels, avec le dortoir, la cuisine, le réfectoire.

Cour nord[modifier | modifier le code]

La cour nord s'organise autour des bâtiments sacrés du monastère : l’église, une chapelle et le clocher. L’église a été construite au milieu du XVIIe siècle, en pleine renaissance de l’architecture arménienne. Il semble que ce soit l’évêque Hakob de Jolfa qui en ait ordonné les travaux. Les murs des bâtiments sont recouverts de plaques de calcaire alternativement marron et rouge. Les façades de l'église portent des scènes sculptées de la Vie de Jésus (Annonciation, Vierge à l’Enfant, Crucifixion, Résurrection) et du martyre de saint Étienne.

Haute de 25 mètres, l'église est couverte d'une coupole en ombrelle. Le tambour de cette coupole a seize faces : une pour chaque apôtre, pour Dieu, la Vierge, saint Jean-Baptiste et saint Grégoire l'Illuminateur. Le plan de l'église est rectangulaire. À l'intérieur, trois absides groupées en forme de trèfle forment une triconque. L’abside est entourée de chaque côté d'une chapelle à deux étages. Le côté ouest de l'église abrite une tribune.

Influence iranienne[modifier | modifier le code]

L'église principale est entourée par une « chaîne seldjoukide » sculptée, typique de l’ornementation musulmane. On retrouve également l'influence iranienne dans la forme outrepassée des arcs et les motifs végétaux des fresques peintes en 1826.

Inscription au patrimoine mondial[modifier | modifier le code]

Ensembles monastiques arméniens d'Iran *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Type Culturel
Critères (ii) (iii) (vi)
Numéro
d’identification
1262
Zone géographique Asie et Pacifique **
Année d’inscription 2008 (32e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Le complexe monastique figure sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis le 6 juillet 2008, aux côtés du monastère Saint-Thaddée et de la chapelle Sainte-Mère-de-Dieu de Dzordzor[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. UNESCOPRESSE, « Des monastères arméniens en Iran inscrits sur la Liste du patrimoine mondial »,‎ 6 juillet 2008 (consulté le 7 août 2008).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]