Haute-Californie

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Haute-Californie
(es) Alta California

1804 – 1846

Drapeau Blason
Description de cette image, également commentée ci-après
Le territoire de Alta California en 1824.
Informations générales
Statut Région autonome (de l'Espagne puis du Mexique)
Capitale Monterey
Langue Espagnol
Religion Catholicisme
Monnaie Real mexicain
Histoire et événements
1804 Création
Proclamation de la République de Californie
Gouverneur en chef et Commandant suprême des armées
(1er) 1805-1818 José María Pico
(Der) 1846 Mariano Guadalupe Vallejo

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La Haute-Californie (en espagnol : Alta California) est formée en 1804 lorsque la province de Californie, qui était alors une partie de la colonie espagnole de Nouvelle-Espagne, est divisée en deux le long d'une ligne séparant les missions franciscaines au nord des missions dominicaines au sud. La partie sud devint le territoire de la Péninsule de Basse-Californie ou California Vieja (« Vieille-Californie »), tandis que la partie nord était la California Nueva (« Nouvelle-Californie »). Elle regroupait les États actuels de Californie, Nevada, Utah, Arizona du nord et Wyoming du sud-ouest (États-Unis).

Sa frontière nord, qui est fixée au 42e parallèle par le Traité d'Adams-Onís signé en 1819 entre les États-Unis et l'Espagne, fit abandonner toute prétention territoriale espagnole sur Oregon Country.

Région autonome, elle avait son propre gouvernement régional.

En 1846, elle fut dissoute et remplacée par la brève République de Californie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte montrant les premiers sites aurifères entre 1814 et 1843 en Haute-Californie, précédents la ruée vers l'or en Californie de 1848.
  •      Zone des missions franciscaines en Haute-Californie
  •      Province mexicaine de Californie entre 1824 et 1848
  •      Territoire du Mexique entre 1824 et 1848

La Alta California (« Haute-Californie ») était une région située au nord de la Nouvelle-Espagne ; elle devient un État à part entière du Mexique en 1821. Sa population d'environ 3 200 colons[1] est faible, comparée à celle des autres États du pays. Elle se concentre surtout sur le littoral sud-ouest, entre Los Angeles et San Diego, essentiellement situées dans les 21 missions fondées entre 1768 et 1823.

Contrairement aux autres États, la Haute-Californie jouissait d'une importante autonomie et évoluait en dehors du Mexique fédéral.

En 1832, le Mexique ordonne la dissolution des missions et le partage de leurs terres, qui vont plus souvent aux colons qu’aux Amérindiens. La vente de ces vastes territoires, appelés ranchos, qui étaient jusqu’alors inhabités, intéresse de nouveaux colons. Ces possessions sont surtout utilisées pour l’élevage du bétail par les rancheros, leurs dirigeants, qui sont aidés par les convertis amérindiens des missions. Une élite se forme parmi ces rancheros, qui prend rapidement de l’importance au sein de la province autonome.

La Haute-Californie est à cette époque contrôlée par un gouverneur choisi par les dirigeants fédéraux de la région. En vertu de l'autonomie conféré à la Haute-Californie, le gouverneur a un pouvoir sans limites sur la région ce qui lui vaut un statut de « quasi chef d'État ».

Cet état des choses est mal vu par les Californiens, dont le mécontentement apparaît à travers la révolte de la garnison de Monterey en 1828 contre le gouverneur Manuel Victoria, au pouvoir depuis 1825. La colonie entre en dissidence et le gouverneur est rejeté par tous, y compris les grandes familles qui avaient jusqu'alors soutenu le régime. En novembre 1831, une insurrection dirigée par les nobles s'empare provisoirement de Los Angeles et de San Diego[2], ainsi que la « révolution » menée par Juan Bautista Alvarado en 1836. Celui-ci prend le contrôle de la capitale, Monterey, et fait déporter la plupart des officiels, tandis qu’il proclame l’indépendance et la souveraineté de la Californie en 1836. Cependant, il ne refuse pas le poste de gouverneur offert par le Mexique en 1837. En 1842, Alvarado, haï dans la population du fait de son comportement despotique, est destitué. Lui succède le général Andres Pico qui ne tarde pas à se comporter comme lui.

En 1845, la Haute-Californie avait été en grande partie délaissée par le gouvernement du Mexique pendant les vingt-cinq années qui ont suivi la guerre d'indépendance. Elle avait évolué pour devenir une région semi-autonome avec un gouvernement régional indépendant du gouvernement central de Mexico. La région s'auto-gère et prend de plus en plus d'indépendance vis-à-vis du gouvernement mexicain.

La Haute-Californie est dirigé par des gouverneurs en chef qui étaient également commandant suprême des armées du territoire. Depuis sa création, la région est dirigée par des gouverneurs conservateurs qui, souvent, se dispute le pouvoir. En 1845, le gouverneur en chef, Manuel Micheltorena, est destitué par l'armée. Son successeur, le général José Castro, est contesté par la majorité conservatrice qui se révolte dans le Sud. La révolte, partie de San Luis Obispo, était régie par l'ancien gouverneur Pio Pico, qui renverse Castro. Ce dernier se réfugie dans le Nord et conteste la politique conservatrice.

Au printemps 1846, les habitants de la Californie du Nord se rebellent à nouveau et placent Don Mariano Guadalupe Vallejo, un Californien d’origine, à la tête du pays.

Le 14 juin 1846, les indépendantistes prennent la ville de Sonoma, mettent fin au gouvernement régional, et proclament l'indépendance.

Gouverneurs de la « Alta California »[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Rose Beebe et Robert M. Senkewicz, Lands of promise and despair : chronicles of early California, 1535-1846, Santa Clara, CA Berkeley, CA, Santa Clara University Heyday Books, (ISBN 1890771481 et 978-1890771485).
  • (en) Fink, Augusta. Monterey, The Presence of the Past. San Francisco, CA: Chronicle Books, 1972. (ISBN 8770107203 et 978-8770107204). (emphasis on Alta California in the Monterey region but also covers Spanish and Mexican American Eras.)
  • (en) Randall Milliken, A time of little choice : the disintegration of tribal culture in the San Francisco Bay area, 1769-1810, Menlo Park, CA Novato, CA, Ballena Press Orders, Ballena Press Publishers' Services, (ISBN 0879191325) (alk. paper)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Jacquin et Daniel Royot Jacquin, p. 63.
  2. L'Histoire, no 225, octobre 1998, p. 27.