Miao (ethnie)

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Article détaillé : Hmong.
Song Zuying, chanteuse chinoise de la minorité miao en costume miao

Les Miao (chinois : 苗族 ; pinyin : miáo zú ; littéralement : « peuple des semis ») sont un des 56 groupes ethniques officiellement reconnus par la République populaire de Chine. En réalité, ce n'est pas un groupe ethnique formant un seul et même peuple, mais un ensemble de peuples linguistiquement et culturellement plus ou moins apparentés, dont les quatre groupes officiellement reconnus sont les Hmong, les Hmu, les Kho Xiong et les A Hmao. Ils ont été regroupés sous la même dénomination Miao par le régime communiste, lors de la mise en œuvre du programme de recensement des minorités, lancée dans les années 1950. Ont été également classés sous la catégorie Miao des peuples distincts comme les Ghung Hmung ou anciennement Gejia qui contestent leur rattachement au groupe, des locuteurs Chinois ou les Yao de l'île de Hainan[1],[2].

Démographie[modifier | modifier le code]

Les Miao sont le sixième groupe ethnique en termes de population parmi les 56 « nationalités » de Chine. Le recensement chinois de 1990 a estimé leur nombre à plus de sept millions, et celui de 2000 à près de neuf millions[3]. Ce terme y regroupe différents groupes parlant différentes langues et ne pouvant pas forcément se comprendre entre eux.

1953 1964 1982 1990 2000 2010
Population Miao 2 511 339 2 782 088 5 017 260 7 383 622 8 940 116 9 426 007
Part dans la population chinoise 0,43 % 0,40 % 0,50 % 0,65 % 0,71 % 0,71 %

Les Miao représentent 12 % de la population de la province du Guizhou. Mais on les retrouve également dans les provinces de Hubei, Hunan (notamment, préfecture autonome tujia et miao de Xiangxi), Sichuan et Yunnan, Guangdong ainsi que dans la région autonome zhuang du Guangxi (environ 460 000), soit 7 des 18 divisions administratives provinciales de la Chine. On en trouve également sur l'île et province de Hainan (principalement Xian autonome li et miao de Baoting et Xian autonome li et miao de Qiongzhong), dans des régions où ils sont souvent mêlés à la minorité Li.

La notion de zomia permet de mieux appréhender une partie des conflits, pré-coloniaux, coloniaux et post-coloniaux, d'antagonismes et de complémentarités entre des zones (basses terres) sous contrôle gouvernemental à économie de riziculture irriguée et zones (hautes terres) hors contrôle gouvernemental : Zomia (2009).

Langue[modifier | modifier le code]

Répartition des langues Hmong-mien :
  •      Rouge : Langues hmong/miao
  •      Vert : Langues mien/yao
Articles détaillés : langues hmong et hmong daw.

Les différentes langues hmong appartiennent à la famille linguistique hmong-mien (ou « langues miao-yao » (苗瑶语) selon l'appellation chinoise)[4],[5],[6]. Les langues hmong sont parlées par les différentes ethnies de la nationalité Miao.

Les locuteurs des langues bunu sont classés en Chine dans le groupe des nationalités Yao mais ne sont plus clairement définis aujourd'hui par les linguistes. D'après des analyses récentes, il pourrait s'agir d'un troisième groupe linguistique au sein des langues hmong-mien/miao-yao[7].

Aujourd'hui, deux théories s'opposent concernant les langues Homong-mien, la première les place dans la famille des langues sino-tibétaines l'autre dans une famille regroupant, langues hmong-mien, Langues tai-kadai, indonésien, au sein des langues austro-tai[8].

Personnalités Miao[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Jacques Lemoine, « What is the actual number of the (H)mong in the world », Hmong Studies Journal,‎ (lire en ligne [PDF])
  2. (en) Jacques Lemoine, « To Tell the Truth », Hmong Studies Journal,‎ (lire en ligne [PDF])
  3. 8 940 116 exactement : (en)(zh) China Statistical Yearbook 2003, p. 48
  4. Wang 1986.
  5. (zh) (en) « 《藏缅语区语言学》目录 », sur stedt.berkeley.edu
  6. (zh) 石德富, « 苗瑶语研究回顾:从模糊走向量化 », sur CSSN.cn,‎
  7. voir l'article
  8. (zh) 陈其光 et 李永燧, « 汉语苗瑶语同源例证 », 《民族语文》, no 2,‎ (présentation en ligne) (Illustration par l'exemple des origines communes des langues han et des langue hmong-mien)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Thomas Amis Lyman, Grammar of Mong Njua (Green Miao) : a descriptive linguistic study, (OCLC 647049838)
  • (zh) 王辅世, « 苗瑶语的系属问题初探 », 民族语文, no 1,‎ (lire en ligne)
  • Marie-Claire Quiquemelle, « Tissus et broderies Miao de la province du Guizhou en Chine », Arts asiatiques, t. 59,‎ , p. 101-125 (DOI 10.3406/arasi.2004.1517, lire en ligne)
  • (en) Nicholas Tapp, Jean Michaud, Christian Culas et Gar Yia Lee, Hmong/Miao in Asia, Chiang Mai, Silkworm Press, (ISBN 9789749575017)
  • (en) W R Geddes, Migrants of the mountains : the cultural ecology of the Blue Miao (Hmong Njua) of Thailand, Oxford, Clarendon Press, (ISBN 9780198231875)
  • (en) Thomas Amis Lyman, « The Mong (Green Miao) and ther language: A brief compendium », Journal of the Siam Society, Bangkok, Chulalongkorn University, Bangkok, vol. 78.1,‎ (lire en ligne)
  • (en) Douglas P Olney, A bibliography of the Hmong (Miao) of Southeast Asia and the Hmong refugees in the United States, Minneapolis, Minn., Southeast Asian Refugee Studies Project, Center for Urban and Regional Affairs, University of Minnesota, coll. « Southeast Asian Refugee Studies occasional papers » (no 1), (OCLC 10048397)
  • (en) Mark Bender et Dan Jin, Butterfly mother : Miao (Hmong) creation epics from Guizhou, China, Indianapolis, Hackett, (ISBN 9780872208490, OCLC 605933084)
  • Jean-Pierre Willem, Les naufragés de la liberté : le dernier exode des Méos, Paris, S.O.S., (notice BnF no FRBNF34666995)

Articles connexes[modifier | modifier le code]