Tu (ethnie)

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Les Tu (土族, tǔ zú constituent l'un des 56 groupes ethniques officiellement identifiés par la République populaire de Chine. La plupart d'entre eux vivent dans le district autonome de Huzhu dans l’est de la province de Qinghai, certains dans la province de Gansu. Ils étaient environ 240 000 à la fin du XXe siècle[1].

Les Tu sont également nommé en chinois « Mongu'er » 蒙古尔, Měnggǔěr (dérivé de Mongol), également écrit « Monguor », « Mongor » ou Mongour), ou comme « Tsagaan mongghol » (ou « Chahan Mongguer »), qui signifie littéralement Mongols blancs. Ils parlent une langue mongole et sont catégorisés en tant que minorité séparée en République populaire de Chine, du fait de leur double appartenance aux Tibétains et aux Mongols.

Ils sont également surnommés Donghu (东胡, dōnghú, Tangoutes) ou Mongols blancs (Mongol cyrillique : Цагаан Монгол, transcription : Chaghan Monguor).

Langue[modifier | modifier le code]

La langue des Tu, le Monguor, appartient à la branche mongole de la famille des langues altaïques. Le vocabulaire de base est très proche de celui de la langue mongole, mais le langage est plus proche de celui parlé par les minorités Dongxiang et Bonan. Ce n'est pas une langue écrite. Il existe cependant des transcriptions en pinyin de cette langue, comme « Mangghuerla bihuang keli ».

Religion[modifier | modifier le code]

célébration de Nadun

La religion des Tu est un mélange harmonieux de bouddhisme tibétain, de taoïsme, et de chamanisme. Dans de nombreux villages Tu, un temple bouddhiste et un sanctuaire coexistent. Alors que les moines bouddhistes sont présents ordinairement dans la plupart des villages, les prêtres et les chamans taoïstes sont très rares et officient sur l'ensemble de la région. Le chaman officie principalement comme médium par transe pendant la célébration de Nadun.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Tus descendraient des Xianbei, des proto-mongols.

Les légendes populaires parmi les Tu du district autonome de Huzhu racontent que leurs ancêtres étaient des soldats mongols sous les ordres d’un général de Gengis Khan du nom de Gerilite (ou Geretai). Ils se marièrent avec les Houers, population indigène de ce qui est maintenant le district de Huzhu. « Houer » désignait en langue tibétaine les bergers nomades qui vivaient dans le nord du Tibet.

Les archives chinoises disent aussi que des troupes mongoles firent leur apparition à Xining (capitale actuelle de la province du Qinghai) sous la dynastie Yuan.

Pour M. Dévéria, à la fin du XIXe siècle (Dynastie Qing), les Tu se passent leurs titres d'administrateurs de façon héréditaire. Ils auraient fait campagne contre des barbares méridionaux et les territoires leur auraient été cédés en retour[2].

Personnalités[modifier | modifier le code]

Toutefois, l'affirmation de Nathan Hill est contredite par la plupart des biographies décrivant la famille du dalaï-lama comme une famille de paysans tibétains, parlant non pas la langue des Monguor, mais le dialecte de Xining, un dialecte chinois, comme tous les habitants de leur village, Taktser, très proche de la Chine continentale[4],[5],[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 241 198 exactement selon le recensement de 2000 : (en)(zh) China Statistical Yearbook 2003, p. 48.
  2. Pierre Lefèvre-Pontalis, « L'invasion thaïe en Indo-Chine », T'oung pao, Leiden, Brill,‎ (lire en ligne)
  3. a, b et c (en) Nathan Hill, « compte rendu de Sam van Schaik, Tibet: A History, London and New York, Yale University Press, 2011 », Bulletin of the School of Oriental and African Studies, Londres, School of Oriental and African Studies (Université de Londres), vol. 75, no 1,‎ , p. 190-192 (DOI 10.1017/S0041977X11001108, lire en ligne) : « "Finally, the remark that 'Yonten Gyatso [...] remains the only non-Tibetan to have held the role of Dalai Lama' (p. 177) presents a Monpa (sixth Dalai lama), and a Monguor (fourteenth Dalai Lama) as Tibetan although neither spoke Tibetan natively." »
  4. Sam van Schaik, Tibet: A History, London and New York, Yale University Press, 2011, p. 117
  5. Mary Craig, Kundun: une biographie du dalaï-lama et de sa famille, préface du 14e dalaï-lama, traduction François Vidonne, Presses du Châtelet, 1998, (ISBN 2911217330), p. 41. « La nouvelle famille de Sonam Tsomo était de pure source tibétaine ... Leur parler était encore émaillé de mots et d'expressions de l'ancien dialecte de Lhassa, mais ils utilisaient le dialecte de l'Amdo, qui comportait de nombreuses tournures chinoises depuis que les Chinois avaient à nouveau occupé la région en 1910. »
  6. Dans ses entretiens avec Thomas Laird (The Story of Tibet: Conversations with the Dalai Lama, op. cit., p. 262), le dalaï-lama qualifie ce dialecte de « broken Chinese » ou « broken Xining language which was (a dialect of the) Chinese language » : « "Tibetans in Amdo ordinarily spoke Tibetan, so it was a surprise to hear the Dalai Lama say that in Taktser (nominally under Ma Pu-fang's control in 1935), although two of the seventeed households were Chinese, his family did not speak Tibetan as its first language. "At that time in my village, "he said, "we spoke a broken Chinese. As a child, I spoke Chinese first, but it was a broken Xining language which was (a dialect of the) Chinese language." "So your first language, " I responded, "was a broken Chinese regional dialect, which we might call Xining Chinese. It was not Tibetan. You learned Tibetan when you came to Lhasa." "Yes," he answered, "that is correct, but then, you see, my brother Lobsang Samtem entered Kumbum monastery before me and the Amdo dialect was spoken there. They spoke Amdo Tibetan in the monastery. In other villages, they spoke Amdo Tibetan. But in my village, I don't know why, my parents spoke broken Xining language." ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • P. L. Schram, Le Mariage chez les T'oujen du Kan-Sou (Chine), Changhai, impr. de la Mission catholique, coll. « Variétés sinologiques »,‎ (lire en ligne), chap. 58
  • (en) James B. Minahan, « Tu », in Ethnic Groups of North, East, and Central Asia: An Encyclopedia, ABC-CLIO, 2014, p. 268-269 (ISBN 9781610690188)
  • (en) Louis M. J. Schram, The Monguors of the Kansu-Tibetan frontier: their origin, history and social organization, American Philosophical Society, Philadelphia, 1954, 138 p.
  • Mangghuerla bihuang keli / 土族民间故事 / Mangghuer Folktale Reader de Wang Xianzhen, édité par Zhu Yongzhang et Kevin Stuart. Enregistrements sonores et retranscriptions en pinyin de contes folkloriques des Tu En ligne sur archive.org.
  • (en) Kevin Stuart & Limusishiden, China’s Monguor Minority: Ethnography and Folktales, in SINO-PLATONIC PAPERS (Department of East Asian Languages and Civilizations, University of Pennsylvania), Number 59, December, 1994, 201 p.

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