Tu (ethnie)

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Monguor ou Tu
Description de cette image, également commentée ci-après
Costumes des Monguer
Populations significatives par région
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 241198 (2000)[1]
Autres
Langues monguor,Wutun, Mandarin
Religions bouddhisme tibétain
Ethnies liées Mongols

Les Tu (chinois : 土族 ; pinyin : tǔ zú) constituent l'un des 56 groupes ethniques officiellement identifiés par la République populaire de Chine. La plupart d'entre eux vivent dans le district autonome de Huzhu dans l’est de la province de Qinghai, certains dans la province de Gansu. Ils étaient environ 241 198 dans toute la Chine, au recensement de 2000 [1].

Les Tu sont également nommés en chinois « Mongu'er » 蒙古尔, Měnggǔěr (dérivé de Mongol), également écrit « Monguor », « Mongor » ou Mongour), ou comme Mongols blancs (mongol : ᠴᠠᠭᠠᠨ
ᠮᠣᠩᠭᠣᠯ
, VPMC : Tsagaan monggol, cyrillique : Цагаан Монгол, MNS : tsagaan mongol, littéralement, Mongols blancs). Ils parlent une langue mongole et sont catégorisés en tant que minorité distincte en République populaire de Chine, du fait de leur double culture tibétaine et mongole.

Langue[modifier | modifier le code]

La langue des Tu, le monguor, appartient à la branche mongole de la famille des langues altaïques. Le vocabulaire de base est très proche de celui de la langue mongole, mais le langage est plus proche de celui parlé par les minorités dongxiang et bonan. Ce n'est pas une langue écrite. Il existe cependant des transcriptions en pinyin de cette langue, comme « Mangghuerla bihuang keli ».

Il n'y a pas de littérature en langue monguor, et l'apprentissage à l'école se fait en mandarin, bien que certains rapportent que des enseignants parlent en monguor durant les trois premières années[2]. Ils ont le niveau d'éducation le plus élevé au niveau local[3] avec en 1985, 91 % des enfants en âge de l'école élémentaire[pas clair] à Minhe, bien qu'à cette époque, la région fût très pauvre[4].

Religion[modifier | modifier le code]

célébration de Nadun

La religion des Tu est un mélange harmonieux de bouddhisme tibétain, de taoïsme, et de chamanisme. Dans de nombreux villages Tu coexistent un temple bouddhiste et un sanctuaire. Alors que les moines bouddhistes sont présents ordinairement dans la plupart des villages, les prêtres et les chamans taoïstes sont très rares et officient sur l'ensemble de la région. Le chaman officie principalement comme médium par transe pendant la célébration de Nadun.

Histoire[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs théories sur l'origine des Tu. Eux-mêmes se donnaient, vers la fin des années 1980, 800 ans de présence sur leur territoire. Li Keyu donne trois origines possibles [5],[6].

  • La population de Tuyuhun, qui vivait dans cette région et parlait, semble-t-il une langue altaïque, mais cela parait peut probable car leurs histoires ne parle pas de cette population[7],[6].
  • Les Mongols, cela parait le plus probable étant donné que leur propre appellation est proche de celle des Mongols. Différentes légendes parlent d'origines différentes ; Husijing (胡斯井), Baiya (白崖, Comté de Huzhu), Alashan (阿拉山, Mongolie-Intérieure), ou encore au Nord de l'actuel territoire Monguor de la province du Gansu[8],[6].
  • Les Turcs Shato, un possible groupe des Tatars, fréquemment mentionné dans les documents de cette région[9],[6].

Les Tus descendraient des Xianbei, des proto-mongols[10]. Les légendes populaires parmi les Tu du xian autonome tu de Huzhu (ville-préfecture de Haidong, province du Qinghai) racontent que leurs ancêtres étaient des soldats mongols sous les ordres d’un général de Gengis Khan du nom de Gerilite (ou Geretai). Ils se marièrent avec les Houers, population indigène de ce qui est maintenant le district de Huzhu. « Houer » désignait en langue tibétaine les bergers nomades qui vivaient dans le nord du Tibet[11].

Les archives chinoises disent aussi que des troupes mongoles firent leur apparition à Xining (capitale actuelle de la province du Qinghai) sous la dynastie Yuan.

Lorsque les dirigeants de la dynastie Yuan furent renversés par la rébellion populaire, les Monguor vivaient déjà à Xining et se soumettent au pouvoir de la dynastie Ming. Leurs officiers locaux furent alors nommés Tusi par les Ming. Les écrits du clan monguor Lu commencent en 1368, avec l'arrivée des Ming, et se terminent en 1850 avec le décès du 15e ancêtre du clan[12],[6].

Tusi[modifier | modifier le code]

La dynastie Ming a mis en place un système de tusi (parfois appelé cheftain), un système crée sous la dynastie Yuan, où un chef de la minorité locale est chargé de gouverné cette minorité. Ces cheftain se transmettent ce titre de façon héréditaire[13]. Pour M. Dévéria, à la fin du XIXe siècle (Dynastie Qing), les Tu se transmettent leurs titres d'administrateurs de façon héréditaire. Ils auraient fait campagne contre des barbares méridionaux et les territoires leur auraient été cédés en retour[14]. Ce système a été aboli chez les Tu sous la République de Chine (1912-1949), le 9 août 1931[13].

Chez les Tu du qinghai, il y avait plus de 18 très petits tusi, dirigeants chacun 100 foyers, sous la dynastie Qing. En 1655, l'empereur Qing Shunzhi confère le titre de Dongli tusi (东李土司) à Li Hualong (李化龙), qui sera le premier de la famille Li[15] ; Dongqi tusi (东祁土司), Xiqi tusi (西祁土司), Dongli tusi (东李土司), Xili tusi (西李土司), Ji tusi (吉土司), Na tusi (纳土司), Chen tusi (陈土司), Zhao tusi (赵土司), Xin tusi (辛土司), A tusi (阿土司), Ye tusi (冶土司), Gan tusi (甘土司), Zhu tusi (朱土司), La tusi (喇土司), Wang tusi (汪土司), Xiaoli tusi (小李土司).

Personnalités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) (zh) 中华人民共和国国家统计局 编 / National Bureau of Statistics of China, 中国统计年鉴 — China Statistical Yearbook,‎ (lire en ligne), chap. 22, p. 48
  2. (Zhu et Stuart 1999, p. 372.
  3. (Zhu et Stuart 1999, p. 345.
  4. (Zhu et Stuart 1999, p. 364,365.
  5. Li 1987.
  6. a, b, c, d et e Slater 2003, p. 17
  7. Li 1993, p. 7.
  8. Li 1993, p. 29-34.
  9. Li 1993, p. 10-11.
  10. Hu 2010.
  11. « The Tu ethnic minority », sur china.org.cn
  12. Schram 1961, p. 70-115.
  13. a et b (zh) « 1931年08月09日 — 土族废除土司制度 », sur 历史上的今天 (l'histoire aujourd'hui)
  14. Pierre Lefèvre-Pontalis, « L'invasion thaïe en Indo-Chine », T'oung pao, Leiden, Brill,‎ (lire en ligne)
  15. (zh) « 土族的历史(图) », sur China.com.cn,‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • P. L. Schram, Le Mariage chez les T'oujen du Kan-Sou (Chine), Changhai, impr. de la Mission catholique, coll. « Variétés sinologiques », (lire en ligne), chap. 58
  • (en) James B. Minahan, « Tu », in Ethnic Groups of North, East, and Central Asia: An Encyclopedia, ABC-CLIO, 2014, p. 268-269 (ISBN 9781610690188)
  • (en) Louis M. J. Schram, The Monguors of the Kansu-Tibetan frontier : their origin, history and social organization, Philadelphia, American Philosophical Society, , 138 p. (OCLC 470190137, lire en ligne)
  • (en) Louis M. J. Schram, The Monguors of the Kansu-Tibetan frontier (Part II) : Their religious life, Philadelphia, American Philosophical Society, (OCLC 310657668, lire en ligne)
  • (en) Louis M. J. Schram, The Monguors of the Kansu-Tibetan frontier (Part III) : Records of the Monguor clans : History of the Monguors in Huangchung and the chronicles of the Lu family, Philadelphia, American Philosophical Society, (OCLC 18723851, lire en ligne)
  • Mangghuerla bihuang keli / 土族民间故事 / Mangghuer Folktale Reader de Wang Xianzhen, édité par Zhu Yongzhang et Kevin Stuart. Enregistrements sonores et retranscriptions en pinyin de contes folkloriques des Tu En ligne sur archive.org.
  • (en) Kevin Stuart & Limusishiden, China’s Monguor Minority: Ethnography and Folktales, in SINO-PLATONIC PAPERS (Department of East Asian Languages and Civilizations, University of Pennsylvania), Number 59, December, 1994, 201 p.
  • (en) Keith W. Slater, A Grammar of Mangghuer : A Mongolic language of China's Qinghai-Gansu Sprachbund, London, New York, RoutledgeCurzon, (ISBN 9780700714711, OCLC 50961005)
  • (en) Dan Xu, The Role of Geography in the Northwest China Linguistic Area, Département Chine, Institut National des Langues et Civilisations Orientales (ISBN 978-3-319-10039-5, OCLC 5702575413)
  • (zh) Li Keyu, 青海汉语中的某些阿阿尔泰语言成分, coll. « 民族语文 »,‎ (Quelques éléments des langue altaïques dans le chinois du Qinghai).
  • Zhu Yongzhong et Kevin Stuart, China’s National Minority Education: Culture, Schooling and Development, New York, Falmer Press, , 341–84 p., « Education among the Minhe Monguor »
  • (en) Gerald Roche (University of Melbourne’s Asia Institute), « The Tibetanization of Henan’s Mongols: ethnicity and assimilation on the Sino-Tibetan frontier », Asiane Ethnicity, vol. 17,‎ , p. 128-149 (DOI 10.1080/14631369.2015.1049244, lire en ligne)
  • (en) Zhu Yongzhong et Kevin Stuart, « Two bodhisattvas from the East’: Minhe Monguor funeral orations », Journal of Contemporary China, vol. 8, no 20,‎ , p. 179-188 (DOI 10.1080/10670569908724342)
  • (en) Kevin Stuart et Hu Jun, « Death and Funerals among the Minhe Tu (Monguor) », Asian Folklore Studies, Nanzan University, vol. 51, no 1,‎ , p. 67-87 (DOI 10.2307/1178422, présentation en ligne)
  • (en) Alex J. Hu, « An overview of the history and culture of the Xianbei (‘Monguor’/‘Tu’) », Asian Ethnicity, vol. 11, no 1,‎ , p. 95-164 (ISSN 1469-2953, DOI 10.1080/14631360903531958, lire en ligne)
  • (zh) 吕建福(Lü Janfu), 土族史, 北京市, 中国社会科学出版社,‎ (ISBN 9787500439943)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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