Lucien Morisse

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Lucien Morisse
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Lucien Morisse, né Lucien Trzesmienski[1] le dans le 11e arrondissement de Paris et mort le dans la même ville, a été directeur des programmes, avant Claude Agnely, puis directeur général à Europe n° 1 et le directeur général de « Disc'AZ ». Il a découvert de nombreux artistes dont Marino Marini, Dalida, Petula Clark, Christophe, Pascal Danel, Nicole Rieu, Saint-Preux, Michel Polnareff, Gilles Marchal, Hubert Wayaffe, Micberth, Michel Cogoni.

Biographie[modifier | modifier le code]

Discothécaire à la RTF, Lucien Morisse est remarqué par Pierre Sabbagh qui lui confie, en 1950, l’illustration sonore, à l’époque assurée en direct, du journal télévisé. Il est appelé, en 1956, par les fondateurs d’Europe n° 1 pour donner un style de radio populaire et vivant ; il a été pour beaucoup dans le succès de la jeune station[réf. nécessaire]. Alors qu'il est marié et père d'une fille Catherine, il rencontre Dalida et, ébloui, il décide de promouvoir sa carrière[2].

Lucien Morisse est celui qui importe en France la playlist en vigueur sur les radios américaines, dont le principe est de multi-diffuser un titre afin d'en faire un tube[3].

En octobre 1960, Lucien Morisse, alors responsable de la programmation musicale d'Europe no 1 et animateur de l'émission Le Discobole, casse en direct le troisième disque de Johnny Hallyday[4]. Arlette Tabard, secrétaire générale à la Sacem, témoigne : « Très vite, j'ai commencé à réaliser son émission Le Discobole, avec Jean Peigné. C'est là qu'il a cassé le disque de Johnny en s'exclamant à l'antenne : « Voilà un disque que vous entendez pour la première et la dernière fois ! ». C'est l'une des rares fois où l'on s'est engueulés. C'était en fait une provocation de sa part ! » Le disque de Johnny Hallyday en question, Itsy bitsy petit bikini, présenté en avant première, est en concurrence avec celui de Dalida (sorti un mois plus tôt[5]). Or à l'époque, Dalida et Lucien Morisse sont en couple, ce qui peut expliquer la vive réaction de ce dernier[N 1].

Lucien Morisse suscite la création de l’émission Pour ceux qui aiment le jazz de Daniel Filipacchi et Franck Ténot, de Musicorama, puis celle d’un programme spécialement destiné aux adolescents qu’il baptise lui-même Salut les Copains (en référence à un titre de Gilbert Bécaud).

Le , il divorce de sa première femme et épouse Dalida après cinq ans de vie commune, mais leur mariage ne dure que quelques mois. En 1963, il épouse la mannequin Agathe Aëms[6]. Ils ont deux enfants.

Lucien Morisse se suicide par arme à feu, le , dans son appartement du 7 rue d'Ankara à Paris, à l'âge de 41 ans.

Michel Polnareff compose la chanson Qui a tué grand-maman ? (1971, album Polnareff's) à sa mémoire.

Sa fille Catherine Morisse-Lajeunesse[7] dirige la société de production de films C2M Productions[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Une légende (tenace, généralement reprise dans la plupart des biographies consacrées à Johnny Hallyday - voir quelques exemples plus bas), veut que Lucien Morisse ait cassé son premier disque en direct à l'antenne et déclaré : « C'est la première et la dernière fois que vous entendez Johnny Hallyday ».
    Ce fait est faux, soutient Jacques Leblanc : si Lucien Morisse a bien cassé un disque à l'antenne ce n'est pas le premier mais le troisième paru à l'automne. Jacques Leblanc rappelle le fait que dès la sortie du premier disque de Johnny Hallyday, le chanteur est largement soutenu par Daniel Filipacchi et Frank Ténot dans l'émission Salut les copains quotidiennement programmée sur la radio dont Lucien Morisse dirige les programmes, ce qui rend improbable qu'il ait cassé le disque d'Hallyday à cet instant (source : Jacques Leblanc, livret du coffret CD Johnny Hallyday les EP Vogue, 2012, p. 5, citation : « À sa parution, il fait l'effet d'une bombe et Johnny devient le chouchou de Salut les copains [...] sur Europe °1. [...] Johnny Hallyday chaque jour un peu plus devient l'emblème de Salut les copains, programme quotidien qui bat tous les records d'écoute. »).
    Biographies (non exhaustives), évoquant l'incident en l'attribuant au premier disque de Johnny Hallyday (sorti en mars 1960, avec la chanson T'Aimer follement en concurrence avec la version de Dalida) :
    Daniel Lesueur, L'argus Johnny Hallyday, 2003, Éditions Alternatives, p. 24, citation : « T'aimer follement est l'adaptation en français de Makin' Love, également enregistré par Dalida. [...] On se souvient encore de la crise de nerfs piquée par Lucien Morisse, directeur des programmes de la radio Europe n°1. Il avait cassé le disque en direct à l'antenne... »
    François Jouffa, Johnny story, 1979, p. 26, citation : « Le disque (T'aimer follement), est distribué dans les radios et l'accueil est très tiède. Lucien Morisse [...], casse le disque en direct sur l'antenne d'Europe n°1, en disant : "C'est la première et dernière fois que vous entendez ce Johnny". »
    Rémi Bouet, Johnny Hallyday mille et... une vie, 2003, Éditions Sala, p. 26, citation : « Dalida interprète également le titre T'aimer follement, dans un registre fort différent, Lucien Morisse, puissant directeur d'antenne d'Europe n°1, alors fiancé à Dalida, brise en direct, le disque de Johnny dans son émission Le Discobole, jurant qu'on n'entendra bientôt plus parler du jeune Hallyday. Il reviendra rapidement sur ce jugement, l'anecdote ayant finalement ajouté avec le temps à la légende de Johnny. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Décret du 4 avril 1959 autorisant le changement de nom Trzesmienski en Morisse
  2. http://www.lefigaro.fr/cinema/2016/12/20/03002-20161220ARTFIG00106--dalida-pour-la-fille-de-lucien-morisse-ce-film-travestit-la-realite.php
  3. Gérard Lefort, « Le crépuscule d'une diva », Vanity Fair n°32, février 2016, pages 78-87.
  4. Jacques Leblanc, livret du coffret CD Johnny Hallyday les EP Vogue, 2012, p. 10, 11.
  5. http://www.encyclopedisque.fr/disque/4932.html / consulté le 24 août 2015.
  6. Mariage Lucien Morisse et Agathe Aems
  7. « Dalida, le biopic provoque la colère de la fille de Lucien Morisse : Le film "travestit la réalité" », Public.fr,‎ (lire en ligne)
  8. « C2M PRODUCTIONS (NEUILLY SUR SEINE) Chiffre d'affaires, résultat, bilans sur SOCIETE.COM - 815400585 », sur www.societe.com (consulté le 12 février 2017)