Louis Théodore Gouvy

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Théodore Gouvy
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Théodore Gouvy
Nom de naissance Louis Théodore Gouvy
Naissance
Goffontaine, aujourd'hui Sarrebruck, Drapeau de la Confédération germanique Confédération germanique
Décès (à 78 ans)
Leipzig, Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Éditeurs Breitkopf & Härtel
Maîtres Antoine Elwart, Carl Eckert
Distinctions honorifiques Académie des beaux-arts Académie royale de Berlin

Louis Théodore Gouvy est un compositeur français, né à Goffontaine (actuellement un quartier de Sarrebruck en Allemagne) le – mort à Leipzig le . Il est enterré à Hombourg-Haut en Lorraine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille francophone en Sarre peu après qu'elle fut devenue prussienne en 1815 à la suite de la bataille de Waterloo et du traité de Paris, Gouvy fut prussien de naissance alors que deux de ses frères aînés (nés à Goffontaine, antérieurement encore en France) furent français. Il fut scolarisé au collège de Sarreguemines, puis au lycée de Metz.

Il étudia le droit puis la musique à Paris. Le Conservatoire de Paris lui demeurant fermé en raison de sa nationalité prussienne, il suivit des cours privés avec Antoine Elwart, Pierre-Joseph Zimmerman[1]. Il se perfectionna également au contact des musiciens de Francfort, Leipzig et Berlin, où il rencontra entre autres Franz Liszt. Il séjourna ensuite à Rome où il fréquenta un cercle de musiciens parmi lesquels Karl Anton Eckert, Eduard Franck et Niels Gade. Il ne put accéder à la citoyenneté française par naturalisation qu'à 32 ans.


Gouvy vécut et écrivit longtemps à Hombourg-Haut en Moselle, chez son frère maître des forges. Il fut un homme de double culture, française et allemande, d'où il tira son inspiration et sa particularité. Bien qu'il y fût connu et reconnu de son vivant, il tomba quelque peu dans l'oubli après sa mort.

Hector Berlioz a écrit dans le Journal des Débats du  : « Qu'un musicien de l'importance de M. Gouvy soit encore si peu connu à Paris, et que tant de moucherons importunent le public de leur obstiné bourdonnement, c'est de quoi confondre et indigner les esprits naïfs qui croient encore à la raison et à la justice de nos mœurs musicales. »

Mais Berlioz n'y changea rien et Gouvy resta largement ignoré jusqu'à la fin du XXe siècle. C'est toute l'action entreprise dans sa région, la Lorraine, et la redécouverte de son Requiem, avec son vigoureux Dies iræ, qui le fit sortir à nouveau de l'ombre en 1994.

Gouvy devint membre de l'Académie des beaux-arts en France (1874) puis de l'Académie royale de Berlin (1875). Il fut également membre fondateur de la Société nationale de musique. Bien que résident en Allemagne après le Traité de Francfort par lequel l'Alsace-Moselle fut annexée à l'Empire allemand, Théodore Gouvy fut nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1876.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

L'œuvre de Gouvy demeure largement méconnue bien qu'elle comporte plus de 200 compositions, dont 90 opus publiés de son vivant, . Il a notamment écrit 84 compositions pour grand orchestre, dont neuf symphonies, des ouvertures et des variations. La musique de chambre y occupe une très grande place et compte notamment quatre sonates en duo, cinq trios avec piano (1853, 1856, 1858, 1863), onze quatuors, sept quintettes, un énorme répertoire pour piano – à deux et quatre mains – et pour deux pianos, plusieurs partitions pour ensembles à vent, ainsi que de très nombreuses mélodies et des Lieder. On connaît aussi cinq grandes cantates dramatiques – Aslega, Œdipe à Colone, Iphigénie en Tauride, Électre et Polyxène –, deux opérasLe Cid et Mateo Falcone – ainsi que des grandes œuvres religieuses, dont un Requiem, un Stabat Mater, une Messe brève et la cantate Golgotha.

Catalogue des œuvres[modifier | modifier le code]

Musique pour orchestre[modifier | modifier le code]

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

  • 2 études pour piano Op.1 (1842)
  • 20 Sérénades pour piano (1855)
  • Divertissement pour 2 pianos
  • Sonata pour Piano Op.29
  • Sonata pour piano 4 mains Op.36
  • Sonata pour piano 4 hands mains Op.49 (1869)
  • Sonata pour piano 4 mains Op.51 (1869)
  • Variations sur un thème français pour piano 4 mains Op.57
  • 6 Morceaux pour piano 4 mains Op.59
  • Fantaisie pour piano 4 mains op. 69 (1879)
  • Scherzo et Aubade pour piano 4 mains Op.77
  • Ghribizzi Op.83

Musique religieuse[modifier | modifier le code]

Musique de scène[modifier | modifier le code]

  • Le Cid (1853)
  • Mateo Falcone

Musique vocale et cantates[modifier | modifier le code]

  • 12 chants pour voix d'hommes Op.23 (1860)
  • Requiem Op.70 (1874)
  • Stabat Mater Op.65 (1875)
  • La Religieuse (1875)
  • Asléga (1876)
  • Le Calvaire (1877)
  • Missa Brevis Op.72 (1882)
  • Le printemps (Frühlings Erwachen) Op.73 (1878)
  • Oedipus in Colonna Op.75 (1880)
  • Iphigénie en Tauride Op.76 (1883)
  • Elektra Op.85 (1886)
  • Egille Op.86 (1886)
  • Polyxéne Op.88 (1894)
  • Fortunato (1896)
  • Golgotha
  • Le dernier Hymne d'Ossian
  • Didon
  • Gondoliera Op.2 (1842)
  • 6 Songs after Moritz Hartmann Op.21 (1857)
  • 20 Poèmes allemands Op.26
  • 40 Poèmes de Ronsard Op.37, Op.41, Op.42, Op.44 (1876)
  • Songs and Sonnets by Desportes Op.45 (1867)
  • La pléiade francaise Op.48 (1876)
  • Que dites-vous, que faites-vous, mignonne? (1866)
  • Regrets (1866)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cieslik, Astrid, Die Klaviermusik des Lothrinischen Komponist Théodore Gouvy (1819-1898), Thèse de doctorat, Sarrebruck, Université de la Sarre, 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Parmi les enregistrements actuellement disponibles en CD, l’on peut citer :

  • Le Requiem par la philharmonie de Lorraine, sous la direction de Jacques Houtmann. NB : cet enregistrement conjugue les avantages d’une qualité artistique reconnue, d’une bonne qualité technique et d’une durée généreuse.
  • L'oratorio et cantate dramatique Iphigénie en Tauride, direction Joachim Fontaine
  • Électre (op. 85) par l’orchestre symphonique et lyrique de Nancy, direction Pierre Cao
  • Quintette, op. 24 et 5e quatuor à cordes, op. 68 par le quatuor Denis Clavier
  • Symphonies no 1, op. 9 et 2, op. 12 - Deutsche Radio Philharmonie Sarrebrück Kaiserslautern, Dir. Jacques Mercier (octobre 2008 - CPO 777 379-2)
  • Symphonies no 3, op. 20 et 5, op. 30 - Deutsche Radio Philharmonie Sarrebrück Kaiserslautern, Dir. Jacques Mercier (février 2007 - CPO 777 381-2)
  • Symphonie no 4 op. 25, Symphonie brève op. 58, Fantaisie symphonique - Deutsche Radio Philharmonie Sarrebrück Kaiserslautern, Dir. Jacques Mercier (octobre 2010 - CPO 777 382-2)
  • Symphonie no 6, op. 87, Sinfonietta, op. 80 - Deutsche Radio Philharmonie Sarrebrück Kaiserslautern, Dir. Jacques Mercier (mars 2007 - CPO 777 380-2)

De nombreux enregistrements sont également disponibles par les plateformes de musique en streaming.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joël-Marie Fauquet (direction) (préf. Joël-Marie Fauquet), Dictionnaire de la musique en France au XIXe siècle, Paris, Fayard, , 1 405 p. (ISBN 2-213-59316-7), p. 526
  • Theodore Baker et Nicolas Slonimsky (trad. Marie-Stella Pâris, préf. Nicolas Slonimsky), Dictionnaire biographique des musiciens [« Baker's Biographical Dictionary of Musicians »], t. 1 : A-G, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », (réimpr. 1905, 1919, 1940, 1958, 1978), 8e éd. (1re éd. 1900), 4728 p. (ISBN 2-221-06510-7), p. 1532
  • Herbert Schneider (éd.) "Théodore Gouvy 1819–1898. Bericht über den Internationalen Kongress / Actes du Colloque international Saarbrücken / Hombourg-Haut'", Musikwissenschaftliche Publikationen, vol. 29, Olms, Hildesheim, 2008, (ISBN 978-3-487-13541-0).
  • Wolfgang Birtel, "Zu Persönlichkeit und Werk des „saarländischen“ Komponisten Theodor Gouvy (1819-1898)", in Mitteilungen der Arbeitsgemeinschaft für mittelrheinische Musikgeschichte, 38 (1979), p. 463-472.


Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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