Lémur catta

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Lemur catta • Maki catta

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Le Lémur catta (Lemur catta) ou Maki catta est un primate lemuriforme de la famille des Lemuridae. Avec sa longue queue annelée de blanc et de noir, il est le plus connu et le plus emblématique des lémuriens. Comme tous ces derniers, il est endémique de Madagascar et évolue dans les fourrés épineux et les forêts sèches du sud de l'île.

Le lémur catta est omnivore et suit un rythme d'activité diurne. Il se déplace dans les arbres aussi facilement que sur le sol et c'est le plus terrestre des lémuriens. Il vit en groupes pouvant compter jusqu'à trente individus et dirigés par une femelle dominante.

Le lémur catta est le plus ancien des lémuriens de Madagascar décrits par les Européens et le seul représentant du genre Lemur qui est à l'origine du nom général donné à ce groupe de primates.

Bien qu'il s'adapte facilement à la vie en captivité et soit présent dans bon nombre de zoos de la planète, le lémur catta est une espèce dont la survie à l'état sauvage est sévérement compromise et il fait partie des 25 primates les plus menacés au monde.

Dénominations et étymologie[modifier | modifier le code]

L'espèce est couramment nommée en français lémur catta[2] ou maki catta[2]. S'agissant d'un des premiers specimens décrits de lémuriens, d'autres dénominations se retrouvent dans la littérature historique: maki à queue annelée[3], mocock ou mococo[4], lémur à queue annelée[5] ou encore lémur-chat[5].

Le terme Lemur, qui décrit le genre monotypique, a été inventé par le fondateur de la nomenclature binomiale moderne, Carl von Linné. Il tire son origine du goût qu'avait le naturaliste pour le latin, la langue dominante des sciences de l’époque, ainsi que de sa bonne connaissance des auteurs romains tels que Virgile et Ovide[6]. Les « lémures » de la mythologie romaine étaient des spectres ou des fantômes exorcisés lors de la « fête des lémures ». À l'origine, le terme Lemur fut créé pour décrire le loris grêle (Loris tardigradus), un petit primate du Sri Lanka. Lors de la première utilisation du terme en 1754, Linné explique ainsi son choix[7] :

Lemures dixi hos, quod noctu imprimis obambulant, hominibus quodanmodo similes, & lento passu vagantur.

— Carl von Linné

« Je les appelle lémures, car ils se promènent principalement de nuit, d'une manière semblable à l'Homme, et se déplacent à un rythme lent. »

Certains auteurs ont spéculé que le nom Lemur provenait de leur apparence spectrale, de leurs yeux réfléchissants, de leurs cris fantomatiques ou de leur mouvement silencieux, ou encore que Linné connaissait les légendes malgaches rapportant des liens entre les lémuriens et les âmes des ancêtres. Cependant, ces suggestions semblent aller à l’encontre des explications données par Linné sur le choix du terme et sont contradictoires avec le fait que le terme s’appliquait à l’origine au loris[6].

L’épithète spécifique « catta », du latin « cattus » (chat) fait référence à la forme féline de l’animal[1].

Description[modifier | modifier le code]

Le maki catta est probablement le plus connu des lémuriens en raison de sa présence fréquente dans les zoos. C'est une espèce de taille moyenne (environ 40 cm), pesant entre 2,3 à 3,5 kg[1]. La fourrure du dos est généralement brun-gris, la croupe et les membres sont gris clair, alors que les parties intérieures sont blanches ou crème. Le front, les joues, les oreilles et la gorge sont blancs. Les yeux sont cerclés de noir et le museau est noir. La queue, symbolique de l'espèce, est annelée de blanc et de noir. Il n'y a pas de différence de pelage entre les deux sexes[8].

Histoire évolutive[modifier | modifier le code]

Écologie et comportement[modifier | modifier le code]

Alimentation[modifier | modifier le code]

Femelle et son petit mangeant un litchi (Réserve de Berenty, Madagascar).

Le maki catta est principalement frugivore, bien que son régime alimentaire contienne également des feuilles. Les feuilles et les gousses de tamarinier sont l'une de ses sources principales de nourriture. Au moins 109 espèces de plantes ont été trouvées dans le régime alimentaire du maki catta dans la réserve de Berenty. Dans le massif d'Andringitra, le régime alimentaire du maki catta diffère de celui qu'il suit en basse altitude. Les variations saisonnières sont également importantes[1].

Comportement[modifier | modifier le code]

Le lémur catta est diurne, actif exclusivement à la lumière du jour. Ils vivent dans les arbres et s'organisent en sociétés dirigée par une femelle dominante, d'une vingtaine d'individus et généralement que d'un mâle.

Ils se déplacent par bonds et peuvent faire des sauts de plus de 10 mètres.

Ils vivent environ 20 ans.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Ce lémurien malgache affronte les autres mâles à coups d'odeurs pestilentielles,[réf. nécessaire] caractéristiques de chaque animal, dégagées par des glandes situées sur ses avant-bras et près des régions génitales.

La femelle porte un à deux petits et la gestation dure entre 120 et 136 jours.

Répartition géographique et habitat[modifier | modifier le code]

Répartition géographique du lémur catta à Madagascar.

Comme tous les lémuriens, le maki catta est endémique de Madagascar. L'espèce est présente dans les fourrés épineux du sud et du sud-ouest de l'île, ainsi que dans la forêt sèche décidue de la plaine du centre-ouest. Une population apparemment isolée se rencontre également à une altitude allant jusqu'à 2 600 m dans le massif d'Andringitra sur le plateau sud-est. La zone de répartition du maki catta est limitée au nord par une ligne reliant Belo sur Mer à Fianarantsoa, puis à Tolagnaro[9].

Menaces et conservation[modifier | modifier le code]

Menaces[modifier | modifier le code]

Le maki catta a été inclus en 2016 pour la première fois dans la liste des 25 primates les plus menacés au monde. La perte d'habitat, le braconnage et la chasse (viande de brousse), ainsi que plus récemment, la capture vivante pour le commerce illégal d'animaux domestiques ont décimé les populations sauvages. De plus, les effets de l'isolement génétique, de la fragmentation continue de l'habitat et du changement climatique à venir ont probablement des impacts délétères à long terme sur la survie de l'espèce[10].

Le maki catta est placé sur la liste rouge de l'UICN. Au début de 2017, on estime que la population dans la nature s'est réduite à 2 000.

Captivité[modifier | modifier le code]

Ce sont les lémuriens les plus populaires dans les zoos du monde entier, ils s'y reproduisent aisément.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d (en) Don E. Wilson et Elizabeth Hanlon, « Lemur catta (Primates: Lemuridae) », Mammalian Species, vol. 42, no 854,‎ , p. 58-74 (DOI 10.1644/854.1, lire en ligne [PDF], consulté le 13 août 2019).
  2. a et b (en) Murray Wrobel, 2007. Elsevier's dictionary of mammals: in Latin, English, German, French and Italian. Elsevier, 2007. (ISBN 0444518770), 9780444518774. 857 pages. Rechercher dans le document numérisé
  3. (la) Mathurin Jacques Brisson, Regnum animale in classes IX distributum, sive synopsis methodica, Paris, Jean-Baptiste Bauche, , 382 p.
  4. (fr) Georges-Louis Buffon, Histoire naturelle générale et particulière avec la description du cabinet du Roi, t. XIII, Amsterdam, J. H. Schneider, , 218 p.
  5. a et b (fr) Augustin Challamel, Revue de Madagascar, vol. 1-6,
  6. a et b (en) Alexander R. Dunkel, Jelle S. Zijlstra et Colin P. Groves, « Giant rabbits, marmosets, and British comedies: etymology of lemur names, part 1 », Lemur News, vol. 16,‎ , p. 64–70 (ISSN 1608-1439, lire en ligne [PDF])
  7. (la) Carl Linné, Museum regis Adolphi Friderici, Stockholm, , disponible sur Gallica.
  8. (en) Caroline Harcourt et Jane Thornback, Lemurs of Madagascar and the Comoros : The IUCN Red Data Book, International Union for Conservation of Nature (IUCN), , 240 p.
  9. (en) Steven Goodman, S.V. Rakotoarisoa et Lucienne Wilmé, « The distribution and biogeography of the ring-tailed lemur (Lemur catta) », dans Ring-Tailed Lemur Biology, , 3-15 p. (lire en ligne).
  10. (en) Christoph Schwitzer, Russell A. Mittermeier, Anthony B. Rylands, Federica Chiozza, Elizabeth A. Williamson, Elizabeth J. Macfie, Janette Wallis et Alison Cotton (ill. Stephen D. Nash), Primates in Peril : The World's 25 Most Endangered Primates, 2016–2018, Arlington (VA), IUCN/SSC Primate Specialist Group (PSG), International Primatological Society (IPS), Conservation International (CI) et Bristol Zoological Society (BZS), , 99 p. (lire en ligne [PDF]).

Liens externes[modifier | modifier le code]