Mathurin Jacques Brisson

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Mathurin Jacques Brisson
Brisson Mathurin Jacques 1723-1806.png
Mathurin Jacques Brisson.
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Mathurin Jacques Brisson (, Fontenay-le-Comte[1], Croissy près de Versailles[2]) est un zoologiste et physicien français, membre de l'Académie des sciences.

Biographie[modifier | modifier le code]

Brisson étudie de 1737 à 1738 au collège de Fontenay et prépare un baccalauréat de théologie à Poitiers. Mais il n’est pas fait pour une vie dans les ordres et, grâce à sa parenté[3] avec René-Antoine Ferchault de Réaumur (1683-1757), il se lance dans l’histoire naturelle. Il enseigne la physique au collège de Navarre. Il devient le conservateur du cabinet de curiosités de Réaumur. Celui-ci, souhaitant concurrencer l’Histoire naturelle de Buffon (1707-1788), entreprend la publication d’un grand ouvrage. Il traduit Le Système du Règne animal de Jakob Theodor Klein (1685-1759) en 1756. Il entre le en qualité d'adjoint botaniste à l'Académie des sciences. C’est surtout son Ornithologie, en 1760, qui marque une étape importante dans l’étude scientifique des oiseaux. Cet ouvrage paraît avant l’Histoire naturelle des oyseaux de Buffon.

Le , il est nommé pensionnaire botaniste à l'Académie des sciences, puis pensionnaire surnuméraire le . Il devient pensionnaire de la classe de physique générale lors de la réorganisation du puis nommé membre résident de la 1re classe de l'Institut de France, le 18 frimaire an IV (), dans la section de physique expérimentale[4].

Au début de l'année 1806, il fait une sévère attaque d'apoplexie. Sa mémoire est tellement atteinte qu'il n'arrive même plus à parler français, ne gardant que l'usage de quelques mots de son patois poitevin natal.

L'ornithologie[modifier | modifier le code]

L’Ornithologie en six volumes est le plus grand catalogue d'un cabinet de curiosités jamais réalisé. Il présente un système de classification des oiseaux qui sera utilisé pendant près de cent ans. Il utilise la riche collection de Réaumur mais comporte également l'étude d'autres collections privées.

Brisson réalise pleinement les lacunes de l'œuvre de Carl von Linné (1707-1778). Il tente, malgré le manque d'informations sur le comportement des oiseaux, de décrire aussi précisément que possible les espèces, là où Linné se contente d'une brève présentation. Brisson définit 115 genres regroupés en 26 ordres.

Brisson est peut-être le premier zoologiste à utiliser le concept de type même s'il n'utilise pas ce terme. Ses œuvres sont particulièrement recherchées par les collectionneurs. En 2001, un ensemble de 590 dessins originaux a été adjugé lors d'une vente aux enchères à Neuilly pour 270 200 .

La physique[modifier | modifier le code]

Les collections de Réaumur sont incorporées après sa mort au Cabinet du roi, dépendant du Jardin du roi, bien qu'il les ait expressement léguées à l'Académie des sciences. Buffon (1707-1788) qui supervise ce transfert et qui détestait Réaumur, ne permet pas à Brisson de continuer son travail[Note 1]. Ayant perdu son emploi et n'ayant plus accès à ses collections, Brisson abandonne l'histoire naturelle et devient, grâce à l’appui de l’abbé Jean-Antoine Nollet (1700-1770), professeur de philosophie naturelle (physique) à Navarre et plus tard à Paris. Son œuvre principale dans ce domaine est sa Pesanteur spécifique des corps (1787). Brisson hérite de la collection d'appareils de physique de Nollet, mais la revend en 1792[Note 2],[5]. Il traduit l’Histoire de l’électricité de Joseph Priestley (1733-1804).

Publications[modifier | modifier le code]

  • Traduction de Jacob Theodor Klein (1754). Système naturel du règne animal par classes, familles ou ordres, genres et espèces avec une notice de tous les animaux ; les noms grecs, latins, & vulgaires, que les naturalistes leur ont donnés, Cl. Jean-Baptiste Bauche, Libraire (Paris).
  • Regnum animale in classes IX distributum sive Synopsis methodica. Haak, Paris, Leyde, 1756–62.
  • Ornithologia sive Synopsis methodica sistens avium divisionem in ordines, sectiones, genera, species, ipsarumque varietates. Bauche, Paris, Leyde, 1760–63.
  • Supplementum Ornithologiæ sive Citationes, descriptionesque antea omissæ & species de novo adjectæ, ad suaquaque genera redactæ. Paris 1760.
  • Lettres de deux Espagnols sur les manufactures. Vergera 1769.
  • Dictionnaire raisonné de physique. Thou, Paris 1781–1800.
  • Observations sur les nouvelles découvertes aërostatiques. Lamy, Paris 1784.
  • Pesanteur spécifique des corps. Paris 1787.
  • Traité élémentaire ou Principes de physique. Moutard & Bossange, Paris 1789–1803.
  • Trattato elementare ovvero Principi di fisica. Grazioli, Florence, 1791.
  • Die spezifischen Gewichte der Körper. Leipzig 1795.
  • Suplemento al Diccionario universal de física. Cano, Madrid 1796–1802.
  • Principes élémentaires de l'histoire naturelle et chymique des substances minérales. Paris 1797.
  • Anfangsgründe der Naturgeschichte und Chemie der Mineralien. Mainz 1799.
  • Instruction sur les nouveaux poids et mesures. Paris 1799.
  • Elémens ou Principes physico-chymiques. Bossange, Paris 1800.
  • Elements of the natural history and chymical analysis of mineral substances. Ritchie, Walker, Vernor & Hood, Londres, 1800.
  • Tratado elemental ó principios de física. Madrid 1803/04.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jean Dhombres (dir.) (1995), Aventures scientifiques. Savants en Poitou-Charentes du XVIe au XXe siècle, Les éditions de l’Actualité Poitou-Charentes (Poitiers) : 262 p. (ISBN 2-911320-00-X)
  • Michael Walters (2003). A Concise History of Ornithology, Yale University Press (New Haven, Connecticut) : 255 p. (ISBN 0-300-09073-0)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Brisson était apparenté à Réaumur, en tant que neveu de sa belle-sœur
  2. Une partie de ces instruments se trouve actuellement dans les collections du musée du Conservatoire national des arts et métiers

Références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de baptême, paroisse Notre-Dame, archives départementales de la Vendée en ligne, Edépôt092GG2, vue 33/82.
  2. Décès non trouvé dans les registres de l'état civil ni dans les tables décennales de Croissy-sur-Seine.
  3. Arthur Birembaut, « Revue d'histoire des sciences et leurs applications, 1958, volume 11, pages 167-169 : Les liens de famille entre Réaumur et Brisson, son dernier élève », sur persee.fr, (consulté le 4 juin 2017).
  4. Institut de France, « Les membres du passé dont le nom commence par B : Brisson (Mathurin,Jacques) », sur academie-sciences.fr (consulté le 3 juin 2017).
  5. Musée des arts et métiers, « Instruments scientifiques : objets phares », sur arts-et-metiers.net (consulté le 3 juin 2017).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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