Langues des Comores

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Dans l'Union des Comores, les langues principalement utilisées sont les langues du groupe comorien (ou shikomori) et le français. Dans une moindre mesure on trouve des locuteurs en malgache, en arabe, en kiswahili, en dialecte gujarâtî comme le katchi. Les dialectes comoriens sont d'origine bantoue de la sous-famille orientale. Le français est la langue administrative, l'arabe la langue religieuse.

À Mayotte, administrativement un département français depuis 2001, le français est la seule langue officielle. Le mahorais et le malgache sont les principales langues du quotidien, sans statut officiel.

Dialectes comoriens[modifier | modifier le code]

Le comorien est un groupe de dialectes apparentés à la famille bantoue des swahilis, qui font de nombreux emprunts à l'arabe (environ 30 à 40 % du vocabulaire[1]), mais aussi au portugais, à l'anglais et au français. Sur la Grande Comore, on parle le grand-comorien (shingazidja), sur Mohéli, le mohélien (shimwali), sur Anjouan, l'anjouanais (shindzuani) et à Mayotte le mahorais (shimaoré). Leur usage est presque essentiellement oral[2].

Ces langues sont parlées par toute la population soit environ 640 000 locuteurs dans l'Union et la quasi-totalité de la population à Mayotte (hormis par les habitants d'origine européenne).

Autres langues[modifier | modifier le code]

Langue administrative, le français ne compte qu'un très faible pourcentage de locuteurs comoriens dont c'est la langue maternelle. La situation de Mayotte est différente puisqu'une forte communauté d'origine européenne y est implantée. Dans l'Union, les familles Sabénas parlent aussi le malgache, en tant que langue maternelle. Les Indiens musulmans, de différentes obédiences chiites, présents sur ces îles parlent en outre leurs langues d'origine, apparentées au gujarâtî.

Les plus anciens, aussi bien dans l'Union qu'à Mayotte, maîtrisent peu le français. En revanche, les plus jeunes le parlent tous. C'est en effet une langue essentielle pour les études. La situation est donc contraire à celle de Madagascar.

L'arabe est étudié à des fins religieuses. Même si l'islam est la religion dominante aux Comores, peu de locuteurs savent bien le parler. Beaucoup se contentent d'apprendre l'alphabet arabe, utilisé traditionnellement pour l'écriture des langues comoriennes.

Politique linguistique en Union des Comores[modifier | modifier le code]

La Constitution de l'union des Comores de 1985 prévoyait, dans son article 2, deux langues officielles, le français et l'arabe. La Constitution de 2002 (article 1 § 6) ajoute le shikomori, désigné langue nationale, à ces deux dernières. Les lois sont rédigées et promulguées en français. L'article 26 § 3 de la Constitution fait obligation aux députés de savoir lire, écrire et parler le shikomori et l'une des deux autres langues officielles. Justice et administration emploient massivement le français.

L'enseignement est dispensé en comorien pour les plus jeunes, puis de plus en plus en français. La scolarité au lycée se fait en principe entièrement en français. Les élèves apprennent l'arabe à partir du secondaire, ils ont en principe acquis l'alphabet arabe en médersa avant 12 - 13 ans.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Damir ben Ali et Mohamed Elhad, « Place et prestige du swahili dans les îles Comores », Ya Nkobe n° 1, p. 12-16 (1984)
  • H. Bouvet, « Éducation et formation aux Comores », Études Océan Indien, n° 5, éd. INALCO, Paris (1985)
  • Michel Lafon, « Situation linguistique de la Grande Comore, essai de définition du statut de l'arabe », Matériaux arabes et sud-arabiques p. 95-119 (1988-89)
  • Michel Lafon et Jean-Luc Sibertin-Blanc, Langues et contacts de langues dans l'archipel des Comores, Oaris, éd. INALCO, Paris (1975)
  • John M. Mugane, Linguistic Typology and Representation of African Languages, éd. Africa World Press, Trenton, New Jersey
  • Marie-Françoise Rombi (éd.), Études sur le bantu oriental, langues des Comores, de Tanzanie, de Somalie et du Kenya, éd. SELAF, Paris (1982) (ISBN 2-85297-144-5)
  • Ali Saleh, « Le swahili, langue véhiculaire de l'Afrique Orientale et des Comores », Revue Française d'Études Politiques Africaines, n° 70, p. 82-94 (1971)