La Vengeance du pardon

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La Vengeance du pardon
Auteur Éric-Emmanuel Schmitt
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman
Version originale
Langue Français
Version française
Éditeur Albin Michel
Lieu de parution Paris
Date de parution
Nombre de pages 336
ISBN 978-2-226-39919-9
Chronologie

La Vengeance du pardon est un livre de l’écrivain franco-belge Éric-Emmanuel Schmitt, composé de quatre histoires publié en 2017.

Liste des nouvelles du recueil[modifier | modifier le code]

  • Les Sœurs Barbarin
  • Mademoiselle Butterfly
  • La Vengeance du pardon
  • Dessine-moi un avion

Résumé[modifier | modifier le code]

Le livre comporte quatre nouvelles qui traitent toutes du thème du pardon. Sans être liées, les nouvelles s’éclairent les unes les autres, selon une technique que l’auteur a utilisée dans ses précédents volumes. « Contrairement à ce que l’on pense, un livre de nouvelles est vraiment un livre, avec un thème et une forme. Si les nouvelles ont une autonomie qui permet qu’on les lise séparément, elles participent chez moi à un projet global, lequel a son début, son milieu et sa fin (…) Je ne constitue pas un bouquet en rassemblant des fleurs éparses, je recherche les fleurs en fonction du bouquet. » (Concerto à la mémoire d’un ange, Journal d’écriture, Albin Michel, 2010.)

Les Sœurs Barbarin[modifier | modifier le code]

Deux vraies jumelles, Lily et Moïsette apparaissent dans un petit village de l’Ain. À la naissance, la première provoque l’admiration, la seconde suscite l’ahurissement — elle n’était pas attendue, on l’appelle Moïsette parce que si les parents avaient eu un garçon ils l’auraient nommé Moïse.

Physiquement, elles sont identiques ; psychologiquement, elles ne sont qu’une, jusqu’à l’anniversaire de leurs quatre ans où, malheureusement, on leur offre des cadeaux différents. Dès lors, tout change : Moïsette se sent lésée. Jalouse, s’estimant victime, elle fera tout pour se montrer supérieure, quitte à devenir injuste, rusée, méchante. Lily, au contraire, a le cœur sur la main, l’intelligence qui lui permet de poursuivre de belles études et de rencontrer un homme charmant, quand la cadette ne réussit rien de ce qu’elle entreprend et multiplie les aventures douteuses. Moïsette estime que tous ses malheurs viennent de sa sœur et ne cesse de l’accabler. Lily excuse toujours sa sœur adorée. Plus l’aînée pardonne à sa cadette, plus cette dernière la déteste. Les sentiments s’exacerbent. Qui l’emportera, de la vengeance ou du pardon ?

L’histoire, riche en rebondissements, suit les deux sœurs de leur naissance jusqu’à leur vieillesse.

Mademoiselle Butterfly[modifier | modifier le code]

William, un adolescent parisien en vacances dans les Alpes avec sa bande d’amis, décide de relever le défi lancé par l’un deux : coucher avec Mandine, une jeune paysanne affectée d’un léger retard mental. En réalité, il ne se force pas, car, dès qu’il se trouve en sa compagnie, il éprouve un vrai bonheur. Cependant, Mandine n’est pas la fille dont il veut être amoureux, encore moins la femme qu’il entend tenir à son bras en société. Quelques mois plus tard, rentré dans son monde bourgeois parisien, il apprend que Mandine attend un enfant. Pendant des années, il va l’ignorer, oubliant totalement la mère et son fils. Jusqu’au jour où son fils deviendra son seul espoir de s’enrichir et de reprendre la banque familiale. S’ensuit une marche vers Mandine, laquelle lui plaît toujours intimement, mais lui déplaît socialement.

Des événements tragiques le mettront enfin en face de ses vrais sentiments. Mandine, cet être plein de pureté, va lui donner une grande leçon de vie. Mais n’est-ce pas trop tard ?

La Vengeance du pardon[modifier | modifier le code]

Plus personne ne comprend le comportement d’Élise. D’ailleurs elle non plus… Depuis que sa fille est morte, meurtrie par la tristesse et la solitude, elle se rend à la prison et visite Sam Louis, le serial killer, l’assassin de son enfant.

Négligeant tout, elle tente d’entrer dans un vrai contact avec ce monstre qui n’éprouve aucun remords, elle essaie de lui parler, de l’apprivoiser, de le comprendre… En le sondant, elle se sonde elle-même et descend dans les tréfonds de l’âme.

Lui-même en demeure surpris. Elle insiste. Elle veut l’humaniser, lui faire prendre conscience de son acte. Pourquoi ? Pour la vengeance ou pour le pardon ? À moins que ce ne soit pour la vengeance du pardon…

Dessine-moi un avion[modifier | modifier le code]

Daphné, une petite fille, tente d’apprivoiser son voisin, un vieil aviateur à la retraite. L’homme, secret, taciturne, renfrogné, est séduit et finit par passer ses journées avec elle, lui lisant le livre dont elle raffole, Le Petit Prince. Ensemble, ils explorent la célèbre histoire écrite par Saint-Exupéry. L’enfant et le vieillard passionnés pour ce conte désirent aussi connaître davantage l’auteur. Or cette recherche va mettre au grand jour une horreur commise par le vieil homme durant sa jeunesse, un acte dont il n’était pas conscient. Pourra-t-il se pardonner ?

Réception critique[modifier | modifier le code]

« Éric-Emmanuel Schmitt mène cette nouvelle comme les trois qui suivent avec une incroyable maestria (…) la nature humaine est sondée dans ses tréfonds. C’est superbe. Il y a un suspense psychologique de très haute tenue[1]. »

Intertextualité[modifier | modifier le code]

Éric-Emmanuel Schmitt joue avec des références dans deux textes aux titres explicites, Mademoiselle Butterfly et Dessine-moi un avion. Le premier fait allusion à l’opéra de Puccini Madame Butterfly, dans une scène explicite où William, le héros, se rend avec son fils à l’Opéra de Paris ; mais surtout, on peut retrouver la trame mélodramatique de Puccini dans la structure de l’histoire, et déchiffrer Mandine comme une Cio Cio San d’aujourd’hui, un être pur livré à la voracité et au cynisme des hommes.

Dans Dessine-moi un avion, Éric-Emmanuel Schmitt s’amuse à reprendre le fameux « Dessine-moi un mouton » et met en scène le livre Le Petit Prince, mais aussi son auteur, Saint-Exupéry, d’une façon inattendue.

Correspondances[modifier | modifier le code]

Le village de Saint-Sorlin-en-Bugey a déjà servi de cadre à l’une des nouvelles d’Éric-Emmanuel Schmitt, L’empoisonneuse que l’on trouve dans Concerto à la mémoire d’un ange[2], prix Goncourt de la nouvelle. Selon le livre d’entretiens avec Catherine Lalanne Plus tard, je serai un enfant, il s’agit du village non loin de Lyon où il allait passer des vacances avec son grand-père adoré.

Éditions[modifier | modifier le code]

Édition imprimée originale
Édition imprimée au format de poche

Notes et références[modifier | modifier le code]