La Petite Bijou

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

La Petite Bijou
image illustrative de l’article La Petite Bijou
La station de métro Châtelet

Auteur Patrick Modiano
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman
Éditeur Gallimard
Collection Blanche
Date de parution
Nombre de pages 154
ISBN 978-2-07-076227-9

La Petite Bijou est un roman de Patrick Modiano paru le aux éditions Gallimard.

Historique[modifier | modifier le code]

Le roman reçoit le prix Jean-Monnet de littérature européenne en 2002.

Résumé[modifier | modifier le code]

Thérèse, la Petite Bijou, est une jeune femme de dix-neuf ans qui croise par hasard dans le métro à la station Châtelet une femme en manteau jaune qui physiquement lui rappelle sa mère, officiellement morte au Maroc depuis plusieurs années. Bouleversée par cette rencontre, elle se met à la suivre jusqu'à sa modeste habitation de la rue du Quartier-de-Cavalerie à Vincennes, sans l'aborder, et évoque son enfance avec cette mère distante et immature — qui était appelée « la boche » —, qu'elle a peu connue et qui l'avait confiée à une institution lorsqu'elle avait huit ans. La Petite Bijou dès lors va pister cette « mère » au cours de cette quête refluent par bribes des souvenirs pénibles. Les épisodes douloureux de son enfance continuent de perturber la jeune femme qui ne réussit pas à vivre sa vie, en étant en perpétuelle quête d'explications sur cet abandon et à la recherche de ses origines familiales. Dans un Paris froid et hostile de la gare de Lyon et du bois de Boulogne mais aussi des environs de la place Blanche et de la rue Coustou où elle habite, plusieurs personnages — le traducteur Moreau-Badmaev, une pharmacienne compatissante et tendre — croiseront l'errance et la recherche d'identité de Thérèse, qui après une ultime rencontre et tentative de suicide, renaîtra à la vie.

Les personnages[modifier | modifier le code]

- La Petite Bijou alias Thérèse. Cette enfant que sa mère conduisait à être un singe savant, croit reconnaître son passé en la dame au manteau jaune.

- La Dame au manteau jaune: est-ce la maman de la narratrice, appelée la comtesse Sonia O Dauyé, Suzannes Cardères de son vrai nom?

- Michel et Vera Valadier couple de nantis un peu louche et leur fille, dont la Petite Bijou est la baby-sitter.

- Moreau-Badmaev: spécialiste des langues étrangères, dont le persan des prairies, il est traducteur d'émissions de radio.

- La pharmacienne de l'avenue Ledru-Rollin

- Jean Bori

Extraits[modifier | modifier le code]

Quand j'avais sept ans, on m'appelait la Petite Bijou. Il a souri. Il trouvait certainement cela charmant et tendre pour une petite fille. Lui aussi, j’en étais sûr, sa maman lui avait donné un surnom qu'elle lui murmurait à l'oreille, le soir, avant de l'ambrasser. Patoche. Pinky. Poulou. Ce n'est pas ce que vous croyez, lui ai-je dit. Moi, c'était mon nom d'artiste.

Souvent, quelqu'un reste présent tout le long de votre vie, sans que vous parveniez jamais à la décourager.

La nuit, l'enseigne lumineuse du garage plus bas dans la rue Coustou, projetait sur le mur, au-dessus de mon lit, des reflets rouges et verts. Cela ne me gênait pas. Au contraire, j'étais rassurée.

Et moi, dans ma robe, je n'étais rien d'autre qu'un faux enfant prodige, une pauvre petite bête de cirque.

Réception critique[modifier | modifier le code]

Jérôme Garcin, enthousiaste dans Le Nouvel Observateur, considère que ce roman « somnambulique » d'un écrivain développant la « quintessence de son art », s'il s'attache toujours à la quête permanente chez Modiano sur les origines de ses personnages — le critique s'interrogeant sur le « secret désarroi, [la] lointaine et obscure blessure d'enfance » de son auteur — se détache en revanche de certaines « obsessions » de l'écrivain notamment concernant l'Occupation et rattache cet ouvrage à son précédent livre paru en 1999, Des inconnues[1].

Éditions et traductions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]