La Course au mouton sauvage

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La Course au mouton sauvage
Auteur Haruki Murakami
Pays Japon
Genre roman de réalisme magique, picaresque
Version originale
Langue japonais
Titre 羊をめぐる冒険
Hitsuji o meguru bōken
Éditeur Kōdansha
Lieu de parution Tokyo
Date de parution 15 octobre 1982 (1 vol.)[1]
ISBN original 4-06-200241-8
Version française
Traducteur Patrick De Vos
Éditeur Seuil
Lieu de parution Paris
Date de parution 24 octobre 1990
Type de média livre papier
Nombre de pages 298
ISBN 2-02-010614-0
Chronologie
Précédent Flipper, 1973 Danse, danse, danse Suivant

La Course au mouton sauvage (羊をめぐる冒険, Hitsuji o meguru bōken?) est le troisième roman de l'écrivain japonais Haruki Murakami. Publié au Japon en 1982, il y a reçu le prix Noma des nouveaux auteurs 1982. Traduit en plus de 30[2] langues, sa version française, que l'on doit au traducteur Patrick De Vos, a paru en 1990.

Ouvrage[modifier | modifier le code]

La Course au mouton sauvage est le premier roman où Murakami estime avoir trouvé sa voix[3],[4] : c'est son premier livre à employer le type de réalisme magique pour lequel il devient ensuite connu.

Couronné du prix Noma des nouveaux auteurs 1982, c'est aussi son premier ouvrage à avoir remporté un succès public au Japon, puis à l'étranger : il a été choisi comme premier ouvrage traduit pour une dizaine de langues, dont : en anglais[NB 1] (1989), français (1990), néerlandais (1991), allemand (1991), espagnol (1992), italien (1992), norvégien (1993), finlandais (1993), polonais (1995), et lituanien (2003). (Il a été traduit en d'autres langues, mais pas en premier ; au total, quelque 31[2] traductions.)

Publié en 1982 au Japon, il a été traduit du japonais en français par Patrick De Vos en 1990 (prix Noma de traduction littéraire (en) 1991, l'un des prix Noma). Son titre original signifie « L'aventure à propos du mouton »[NB 2] ou « En quête du mouton »[NB 2] en japonais. (Le titre original n'a pas de notion de « sauvage » et le titre français semble inspiré de celui utilisé en anglais un an plus tôt : A Wild Sheep Chase, « Une chasse au mouton sauvage », qui jouait sur l'expression courante wild-goose chase, littéralement « chasse à l'oie sauvage » mais signifiant « chasse au dahu » ; en anglais comme en français, le titre joue sur l'ambiguïté de ne pas expliciter si c'est la course ou le mouton qui serait sauvage.)

Ce livre est le troisième d'un cycle de quatre romans indépendants[5] qui retracent quinze ans de la vie du narrateur (de 1968 à 1983). Il a connu une suite indépendante avec le roman Danse, danse, danse (même s'ils peuvent se lire séparément, et si leurs résumés ne sont pas tout à fait en continuité). Il reprend plusieurs personnages de ses deux premiers livres, des romans eux de type réaliste que l'auteur ne souhaite plus voir publier.

Selon son éditeur Seuil, le livre avait en français « plus de 60 000 exemplaires vendus, toutes éditions confondues »[6] début 2009 (il a connu depuis deux rééditions en broché et deux en poche, mais les chiffres actuels ne sont pas connus).

Intrigue[modifier | modifier le code]

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'action du roman ira au nord jusqu'aux vallées du Hokkaïdo, zone la plus froide et sauvage du Japon.

Ce roman de type réalisme magique suit l'itinéraire picaresque, parfois teintée de paranormal ou de surnaturel, d'un narrateur anonyme poussé par les circonstances à abandonner sa vie insipide pour partir à l'aventure.

À l'approche de ses trente ans, il vient de divorcer sans enfants et vivote de son métier de publicitaire dans une petite boîte qu'il dirige dans le Tokyo de 1978[NB 3] avec son ami et associé qui vire lentement alcoolique. Et depuis quelque temps, il fréquente celle qu'il appelle sa « nouvelle girl friend », dont les oreilles le fascinent et dont certaines intuitions semblent confiner au sixième sens.

C'est alors qu'il est gravement menacé par le puissant secrétaire d'un des dirigeants occultes du Japon, pour avoir utilisé dans une brochure une photo pastorale où figure un mouton étoilé : cette créature mythique étant censée être à la base du pouvoir de son « Maître » actuellement dans le coma, son organisation d'extrême-droite veut la retrouver. Refusant de compromettre l'ami voyageur qui lui avait envoyé cette photo, le narrateur reçoit alors un ultimatum d'un mois pour retrouver lui-même l'animal dans le nord du Japon ; sa petite amie le convainc d'y aller ensemble, où ils vont continuer de faire des rencontres inhabituelles (détails en section Personnages).

Dans ce récit à la première personne, le ton alterne entre humour léger et méditation désabusée, tout comme l'aventure se partage entre le confort de Tokyo et les rigueurs du Hokkaïdo, au long d'une quête riche en symbolisme ou surréalisme qui occupe l'automne 1978[NB 3] entre le réel et l'onirique, en semant les morceaux de son ancien quotidien.

Personnages[modifier | modifier le code]

Les personnages principaux (tous désignés par surnom ou périphrase, en ordre d'apparition) :

  • le narrateur, un anonyme à la recherche d'un mouton ou de lui-même ;
  • sa girl friend, « la fille aux trois métiers » qui a des oreilles enchantées ;
  • le secrétaire du Maître, un « homme étrange aux propos étranges » ;
  • le chauffeur du Maître, qui connaît 32 décimales de pi et le numéro de téléphone de Dieu ;
  • le propriétaire de l'Hôtel du Dauphin, marin raté qui aurait préféré un Hôtel de la Baleine ;
  • le Docteur ès moutons, qui est possédé par une absence depuis quarante-deux ans ;
  • le jeune Aïnou, un pionnier de 1881 qui survit dans un livre d'Histoire ;
  • l'homme-mouton, un mystique caché dans la forêt depuis la guerre ;
  • et un pénis de baleine, un virage mystérieux, des rêves ou des fantômes...
Un mouton suffolk, comme ceux du roman.

On voit également l'évocation ou l'apparition de personnages secondaires (dont la moitié sont liés au narrateur) : la « fille qui couchait avec tout le monde » (amie de jeunesse dont il ne se souvient qu'à son enterrement), son ex-femme (qui avant de partir s'est découpée sur toutes leurs photos, le laissant rétroactivement tout seul), son associé (qui ne s'amuse plus dans la pub et boit trop), le mouton étoilé (animal mythique ou mutant qui manipulerait l'Histoire), le Maître (dirigeant occulte du Japon qui se meurt dans le coma sans son mouton), le Rat (surnom de son ami voyageur qui a envoyé la photo du mouton), J. (prononcé Jay[NB 4] à l'anglaise, surnom de son ami bistrotier dont le « nom chinois aussi long qu'imprononçable » commence par cette lettre), l'ex du Rat (qui « raconte le bruit des vagues en buvant un salty dog »), son chat pétomane (qui sera le seul à gagner quelque chose en recevant le nom de « Sardine »), le fonctionnaire d'une commune rurale mourante (qui y reste comme un capitaine de navire qui sombre), deux cents moutons dans une bergerie (qui se retournent d'un seul geste et vous observent fixement de leurs yeux « d'un bleu étrange »), et leur gardien (qui a troqué la hiérarchie des militaires pour celle des moutons).

Résumé[modifier | modifier le code]

« Chapitre I. 25 novembre 1970 » [Prologue]
« Chapitre II. Juillet 1978 »
« Chapitre III. Septembre 1978 »
« Chapitre IV. La course au mouton sauvage »
« Chapitre V. Lettres du Rat et nouvelles péripéties »
« Chapitre VI. La course au mouton sauvage (II) »
« Chapitre VII. Aventures à l'Hôtel du Dauphin »
« Chapitre VIII. La course au mouton sauvage (III) »
« Épilogue »

Éditions[modifier | modifier le code]

Les éditions actuelles en version française (traduit du japonais par Patrick De Vos).

Pas d'édition en format digital à ce jour (septembre 2014).
Pas d'édition en format audio à ce jour (septembre 2014).

Format broché[modifier | modifier le code]

Format poche[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Analyses en français[modifier | modifier le code]

Critiques de presse
Lectures hors presse

Analyses en anglais[modifier | modifier le code]

Critiques de presse
Lectures hors presse

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les deux premiers romans de Murakami ont connu des traductions antérieures en anglais en 1987 et 1985 respectivement, mais il s'agissait de manuels scolaires destinés à apprendre l'anglais aux Japonais par la lecture de romans annotés (ce qui témoigne aussi de la popularité locale naissante de Murakami). Ces ouvrages vendus uniquement sur leur marché intérieur n'ont pas eu de lectorat à l'étranger, et l'on ne compte comme traductions étrangères officielles que celles effectivement publiées dans d'autres pays.
  2. a et b Le titre « hitsuji o < meguru < bôken », mot à mot « mouton C.O.D. < concerner, chercher < aventure », donne littéralement « aventure concernant le mouton » ou « quête du mouton » : soit « L'aventure à propos du mouton » (évoquant les titres anglais des nouvelles de Sherlock Holmes, généralement de la forme « The Adventure of the [...] », dont le narrateur lit un recueil durant le roman) ou « En quête du mouton » (traduction retenue dans le mémoire de maîtrise Bechler 2004, voir Liens externes).
  3. a et b Le prologue se passe en « juillet 1978 » (coll. « Points », p. 17, 18) jusqu'au « 24 juillet » (p. 31) ; l'action s'étend sur l'automne, avec la suite qui démarre en « septembre 1978 » (p. 32), passe la « fin de septembre » (p. 65) qui entame le délai d'un mois jusqu'à vers fin octobre, note « fin de l'été, début de l'automne » (p. 157), puis le premier octobre avec « octobre descendit lourdement sur la ville » (p. 210), « octobre 1978 » (p. 254) et « octobre à Hokkaïdo » (p. 279), prévient que la neige y tiendra « à partir de novembre » (p. 281) et bloquera les routes, passe « dans la deuxième semaine d'octobre » (p. 305), observe au nord du Japon « les premières bourrasques d'hiver » (p. 321), arrive à « trois jours » avant la fin du délai d'avant fin octobre (p. 340-341), et se termine « quatre ou cinq jours » (p. 356) avant cette neige de novembre ; l'épilogue revient au sud du Japon qui est lui encore en « automne » (p. 371).
  4. Dans l'original, son nom est « Jay » (prononcé comme « djeï » et homophone du nom anglais du geai) parce que c'est le surnom que lui donnaient les soldats d'une base U.S., et que les Japonais aussi utilisent le nom anglais des lettres pour l'alphabet latin ; de même, son bistrot « J's Bar » se prononce « Jay's Bar » à l'anglaise.
  5. En janvier 2006, la collection « Points » du Seuil (ISBN au format 978-2-02-xxxxxx-k) est devenue la maison d'édition Points (ISBN au format 978-2-7578-xxxx-k). Cependant, des rééditions après cette date utilisant des stocks avec l'ancien ISBN sont listées avec l'ancienne collection.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ce roman a paru au Japon en 1 volume : ISBN 4-06-200241-8 (le 15 octobre 1982). (Dans l'édition française, l'ISBN 4-7700-1405-8 indiqué au verso de la page de titre correspond à une réédition de 1989 sur laquelle la traduction est basée.)
  2. a et b (en) « A Wild Sheep Chase », Curtis Brown (en) (son agence littéraire pour l'Occident), consulté le 28 septembre 2014 : à cette date, l'agence donne une liste de 22 langues différentes (dans l'ordre du site : bosniaque, bulgare, croate, danois, néerlandais, français, géorgien, allemand, hébreu, hongrois, italien, letton, lituanien, norvégien, polonais, portugais, roumain, russe, slovaque, espagnol, turc, ukrainien ; sur 22 territoires) pour lesquelles les droits de traduction pour l'Occident sont vendus ; langues auxquelles s'ajoutent 4 gérées directement par Kōdansha (anglais [1], finlandais [2], grec [3], slovène [4]) ; plus les 5 des droits pour l'Orient connus (chinois [5] en deux versions, coréen [6], persan [7], thaï[8], vietnamien [9]), pour un total d'au moins 31 langues en traduction.
  3. Murakami à propos de La Course au mouton sauvage : « Ce fut le premier livre où j'ai ressenti la joie de raconter une histoire. Quand vous lisez une bonne histoire, vous restez juste à lire. Quand je raconte une bonne histoire, je reste juste à écrire. » (cité dans André Durand, Haruki MURAKAMI (format Word) sur Comptoir Littéraire)
  4. Michel Paquot, « Haruki Murakami, portrait d'un écrivain de fond », dans Culture (magazine culturel de l'Université de Liège), mai 2009 : « En 1982, il termine La course au mouton sauvage, qu'il considère comme son vrai premier roman, [...] »
  5. Dans sa postface de 1988 à Danse, danse, danse, l'auteur explique : « Le héros qui s'exprime à la première personne est fondamentalement le même que celui de La Course au mouton sauvage, Écoute la chanson du vent et Pinball 1973. » [soit les 3e, 1er et 2e romans du cycle] (coll. « Points », p. 575).
  6. Début 2009, pour sa réédition en collection « Cadre vert », l'éditeur Seuil a fourni aux librairies une notice commençant par : « Les chiffres parlent d'eux-mêmes : plus de 60 000 exemplaires vendus, toutes éditions confondues pour ce seul titre, ça vaut bien une petite reprise en broché, non ? D'autant que Belfond nous talonne pour nous arracher cette figure montante de la littérature japonaise. » (extrait de la notice de La Course au mouton sauvage chez la librairie Furet du Nord (on trouve le même résumé sur Gibert, Chapitre, etc. : c'est celui donné par l'éditeur) via Archive.org)