La Fin des temps (roman)

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La Fin des temps
Auteur Haruki Murakami
Genre roman de réalisme magique, science-fiction, surréalisme
Version originale
Langue japonais
Titre 世界の終りとハードボイルド・ワンダーランド
(Sekai no owari to Hādo-boirudo Wandārando)
Éditeur Shinchōsha
Lieu de parution Tokyo
Pays d'origine Japon
Date de parution 15 juin 1985 (1 vol.)[1]
ISBN original 4-10-600644-8
Version française
Traducteur Corinne Atlan
Éditeur Seuil
Date de parution septembre 1992
Lieu de parution Paris
Type de média livre papier
Nombre de pages 533
ISBN 2-02-013407-1

La Fin des temps (世界の終りとハードボイルド・ワンダーランド, Sekai no owari to Hādo-boirudo Wandārando?) est le quatrième roman de l'écrivain japonais Haruki Murakami. Publié au Japon en 1985, il y a reçu le prix Tanizaki 1985. Traduit en plus de 25 langues, sa version française a paru en 1992.

Ouvrage[modifier | modifier le code]

La Fin des temps est le premier « roman long »[2] de Murakami, et le premier connectant son discret réalisme magique à un monde ouvertement parallèle, ce qui lui a valu d'être qualifié de « roman de science-fiction qui ne dit pas son nom »[3] par l'écrivain Philippe Curval.

Couronné du prix Tanizaki 1985 (décerné aux romans longs), il a consolidé le succès naissant de l'auteur au Japon, puis à l'étranger : il a été choisi comme second ouvrage traduit en anglais[NB 1] (1991), français (1992), néerlandais (1994), allemand (1995), et polonais (1998). (Il a été traduit en d'autres langues, mais pas en second ; au total, quelque 27[4] traductions.)

Publié en 1985 au Japon, il a été traduit du japonais en français en 1992 par Corinne Atlan. Son titre littéral signifie « Fin du monde & Hard-boiled Wonderland » (la seconde moitié étant de l'anglais transcrit en syllabaire katakana, pour « Pays des merveilles dur-à-cuire » façon roman noir), c'est-à-dire « Fin du monde & Pays des merveilles sans merci » (sous-titres des deux histoires entrelacées du roman).

Ce roman a été cité par Yoshitoshi Abe comme une influence[5] pour sa série manga puis animée Ailes grises (1998-2002).

Intrigue[modifier | modifier le code]

Synopsis[modifier | modifier le code]

Ce roman est une fiction spéculative qui utilise les formes de plusieurs littératures de l'imaginaire pour raconter simultanément deux histoires entrelacées par l'espace intérieur : ses quarante chapitres alternent entre deux narrateurs anonymes dans deux réalités différentes et dont le quotidien va basculer, chacun étant embrigadé dans une tâche extraordinaire entrecoupée d'activités ordinaires.

Dans les chapitres « Pays des merveilles sans merci » (un paysage cyberpunk teinté de roman noir), un « programmeur » de 35 ans divorcé sans enfants est envoyé dans un laboratoire souterrain du Tokyo de la fin des années 1980[NB 2] (version alternative) ; grâce à un implant, son cerveau est devenu son ordinateur. Sa mission est d'encrypter les données du projet secret d'un vieux professeur qui a une collection de crânes et lui en offre un de licorne ; mais le savant est enlevé, et sa petite-fille convainc le narrateur de partir contre la montre à sa recherche. Également aidé d'une jolie bibliothécaire, le narrateur devra découvrir les acteurs d'une « guerre informatique » secrète (détails en section Personnages), pour éviter d'en devenir la victime.

Dans les chapitres « Fin du monde » (un paysage surréaliste teinté de fantasy), un homme est envoyé dans une vaste cité fortifiée où les sentiments n'existent plus et dont il ne peut plus sortir : marqué aux yeux et séparé de son ombre, il perd le soleil et la mémoire pour devenir le « liseur de rêves » de la ville. Son rôle dans cette dystopie est d'aller à la bibliothèque déchiffrer les vieux rêves dans le crâne des licornes mortes ; mais son ombre dépérit lentement sans lui, et le convainc de chercher contre la montre une issue. Également aidé d'une jolie bibliothécaire, le narrateur devra découvrir les secrets de cette ville kafkaïenne et de ses habitants (détails en section Personnages), pour essayer de s'en évader.

Dans ces deux récits à la première personne qui se rapprochent assez vite, le ton alterne entre humour et réflexion ou entre mythe et poésie, tout comme les histoires se partagent entre quotidien et péripéties, au long de quêtes jumelles riches en symbolisme entre réel et virtuel ou entre identité et ontologie, qui verront converger les deux aventures de cette fable onirique aussi schizophrène que philosophique.

Personnages[modifier | modifier le code]

Les personnages principaux (tous désignés par surnom ou périphrase dans le roman).

« Pays des merveilles sans merci »
  • le narrateur, un « programmeur » de Tokyo, au cerveau-ordinateur modifié ;
  • la grassouillette, une adolescente ronde et jolie qui adore le rose ;
  • le vieux professeur, son grand-père, savant qui coupe les sons et les cerveaux ;
  • la fille, une bibliothécaire mince qui a le ton chantant et l'estomac distendu ;
  • System, une méga-société de programmeurs qui a un pouvoir officiel ;
  • Factory, une cyber-organisation de pirateurs qui a un pouvoir occulte ;
  • le géant et le nain, gros bras et petite frappe qui posent les questions ;
  • les « ténébrides », des mutants cannibales qui vivent dans les souterrains de Tokyo ;
  • et un ascenseur immobile, un crâne de licorne, des trombones, une fin du monde...
« Fin du monde »
  • le narrateur, le « liseur de rêves » d'une ville-prison, aux yeux modifiés ;
  • son ombre, un double qui conserve sa mémoire d'avant son arrivée en ville ;
  • le gardien, le portier qui gère ombres et licornes, et collectionne les instruments tranchants ;
  • la fille, une jolie bibliothécaire qui a perdu sa mère et son cœur ;
  • le colonel, un vieux voisin qui joue aux échecs avec le narrateur ;
  • le contrôleur, le jeune proscrit qui gère la centrale électrique, et collectionne les instruments de musique ;
  • la forêt et la rivière, menace et danger qui bordent la ville ;
  • les licornes, des bêtes ordinaires qui vivent dans les faubourgs de la ville ;
  • et une horloge arrêtée, une bibliothèque de crânes, des oiseaux, un accordéon merveilleux...

Résumé[modifier | modifier le code]

« Pays des merveilles sans merci » (chapitres impairs de 01 à 09)
« Pays des merveilles sans merci » (chapitres impairs de 11 à 19)
« Pays des merveilles sans merci » (chapitres impairs de 21 à 29)
« Pays des merveilles sans merci » (chapitres impairs de 31 à 39)
« Fin du monde » (chapitres pairs de 02 à 10)
« Fin du monde » (chapitres pairs de 12 à 20)
« Fin du monde » (chapitres pairs de 22 à 30)
« Fin du monde » (chapitres pairs de 32 à 40)

Éditions[modifier | modifier le code]

Les éditions actuelles en version française (traduit du japonais par Corinne Atlan).

Pas d'édition en format digital à ce jour (septembre 2014).
Pas d'édition en format audio à ce jour (septembre 2014).

Format broché[modifier | modifier le code]

Format poche[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Analyses en français[modifier | modifier le code]

Critiques de presse
Lectures hors presse

Analyses en anglais[modifier | modifier le code]

Critiques de presse
Lectures hors presse

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les deux premiers romans de Murakami ont connu des traductions antérieures en anglais en 1987 et 1985 respectivement, mais il s'agissait de manuels scolaires destinés à apprendre l'anglais aux Japonais par la lecture de romans populaires (ce qui témoigne aussi du succès local grandissant de Murakami). Ces ouvrages vendus uniquement sur leur marché intérieur n'ont pas eu de lectorat à l'étranger, et l'on ne compte comme traductions étrangères officielles que celles effectivement publiées dans d'autres pays.
  2. Le roman ne se donne pas de date explicite, mais on y apprend que « I go to pieces de Peter and Gordon [...] était à la mode il y a plus de vingt ans » (coll. « Points », p. 478) au sujet d'une chanson de 1965, ce qui place l'action entre 1965+21=1986 et 1965+24=1989 ; et aussi, que « Ça faisait plus de quinze ans que Jim Morrison était mort » (p. 502) au sujet d'un chanteur mort en 1971, ce qui confirme l'action entre 1971+16=1987 et 1971+19=1990, donc la fin des années 1980.
    Et en contexte, le Tokyo décrit se veut dans un futur proche par rapport à l'époque d'écriture, et reste essentiellement similaire à celui de la fin des années 1980 : il y a des électrophones et des magnétoscopes, des disques et des cassettes (pas de CD ni de DVD) ; des téléphones à fil (pas de mobiles) ; « le système des programmeurs n’existe que depuis dix ans » ; et la « guerre informatique » parle surtout d'informations et de données à pirater et d'ennemis qui « surveillent électroniquement les ordinateurs » (sans mention d'Internet, de réseau, ni de courrier électronique).
  3. En janvier 2006, la collection « Points » du Seuil (ISBN au format 978-2-02-xxxxxx-k) est devenue la maison d'édition Points (ISBN au format 978-2-7578-xxxx-k). Cependant, des rééditions après cette date utilisant des stocks avec l'ancien ISBN sont listées avec l'ancienne collection.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ce roman a paru au Japon en 1 volume : ISBN 4-10-600644-8 (le 15 juin 1985). (Dans l'édition française, l'ISBN 4-06-187934-0 indiqué au verso de la page de titre correspond à une réédition de 1990 sur laquelle la traduction est basée.)
  2. Kazuhiko Yatabe (2002), « Les modernités de Murakami Haruki » (voir Liens externes sur Haruki Murakami), n. 5, p. 3 : « À titre indicatif, signalons que l'auteur répartit son œuvre en six catégories (les romans longs ; les romans courts ; les nouvelles ; les traductions ; les essais ; les enquêtes) qui “s'entrelacent et se compensent” (entretien par courriel interposé, Eureka, numéro spécial, op. cit. [vol. 32, no 4, mars 2000], pp. 12-13.). »
  3. Philippe Curval (2007), « Souvenirs de vacances en pointillé », mercredi 29 août 2007 (copie Archive.org, 2011), sur Quarante-Deux : Cosmos privés, www.quarante-deux.org : « Pour terminer dans le pur bonheur, quelques lignes sur un Haruki Murakami [...] La Fin des temps, marque une période de transition où se dessine nettement son intention d'écrire un roman de science-fiction qui ne dit pas son nom. D'ailleurs, à plusieurs reprises, il fait allusion au genre sans le condamner ni le louer. Afin d'introduire d'une façon explicite l'idée qu'il travaille au fil du rasoir sur une fiction spéculative dont le ton oscille en permanence entre la conjecture et l'allégorie, entre le suspense orwellien et la fantasy réaliste. »
  4. (en) « Hard-Boiled Wonderland and the End of the World », Curtis Brown (en) (son agence littéraire pour l'Occident), consulté le 24 septembre 2014 : à cette date, l'agence donne une liste de 18 langues différentes (dans l'ordre du site : bosniaque, croate, tchèque, néerlandais, finlandais, français, allemand, hébreu (2 territoires), hongrois, italien, letton, lituanien, norvégien, polonais, roumain, russe, espagnol, turc ; sur 19 territoires) pour lesquelles les droits de traduction pour l'Occident sont vendus ; langues auxquelles s'ajoutent 5 non listées sur Curtis Brown (anglais, bulgare[1][2], catalan[3], grec[4], serbe[5]) et les 4 des droits pour l'Orient connus (chinois[6][7] en deux versions, coréen[8], thaï[9], vietnamien[10]), pour un total d'au moins 27 langues en traduction.
  5. (en) « FAQ » (copie Archive.org, 7 août 2003), Sekai no Hajimari, cff.ssw.net : « 4.2.6.1. Was “Hard Boiled Wonderland and the End of the World” an influence on Haibane Renmei? [...] At Anime Expo 2003 he did confirm that this book was an influence on Haibane Renmei, and he recommends it to everyone. »