L'Homme au crâne rasé (film)

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L’Homme au crâne rasé (De man die zijn haar kort liet knippen) est un film belge réalisé par André Delvaux, d'abord diffusé à la télévision en 1965.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Passif et maladroit, l'avocat Govert Miereveld, qui enseigne aussi dans une école de jeunes filles, tombe éperdument amoureux de l'une de ses élèves, la jolie Fran. Troublé et déprimé, il quitte son emploi et déménage dans une petite bourgade avec femme et enfant. Cependant, dans le cadre de ses activités juridiques, il est contraint d'assister à une autopsie éprouvante qui va précipiter son dérèglement mental. Miereveld finit à l'asile, où il ne cesse de se demander s'il a ou non tué celle qu'il aimait.

Commentaire[modifier | modifier le code]

La sécheresse d'un synopsis reflète mal l'architecture subtile du film qui joue avec les perceptions changeantes de la réalité — rêve ou pathologie ? —, conduisant imperceptiblement le spectateur du cartésianisme le plus maniaque jusqu'aux confins de l'irrationnel. Cette transcendance du réel situe résolument l'œuvre dans la mouvance du réalisme magique flamand, lui-même lié au surréalisme.

Aujourd'hui le premier long métrage d'André Delvaux est volontiers présenté comme le « film fondateur du cinéma belge moderne »[1] — un point de rupture un peu à la manière des films pionniers de la Nouvelle Vague française au tournant des années 1960.

Au moment de sa première apparition à la télévision fin 1965[2], la critique nationale s'était pourtant montrée sceptique, voire réticente. La Libre Belgique lui trouvera par la suite des qualités relatives : « Si L'Homme au crâne rasé n'est pas pour nous un chef-d'œuvre, ni même, ainsi que nous le verrons, une réussite au sens fort du terme, ce n'en est pas moins une création nettement hors du commun ; nous le rangerons sans hésiter parmi les dix films à voir absolument sur les deux ou trois cents fabrications qui inondent, chaque année, le marché mondial. De combien de longs métrages belges peut-on dire autant ? D'aucun à notre connaissance... »[3]. Il est vrai qu'à cette période le cinéma belge ne se renouvelait guère, en dehors du documentaire et du cinéma d'animation, et ce film si différent semble avoir d'abord déconcerté.

L'accueil a été nettement meilleur à l'étranger, et notamment en France, où le Nouvel Observateur, sous la plume de Michel Cournot, l'a classé parmi les chefs-d'œuvre, allant jusqu'à évoquer Citizen Kane[4].

Selon la Cinémathèque royale de Belgique, il s'agit d'« un fascinant mélange de raison et de fantasme d’une rare maturité esthétique, pour une première œuvre signant l’avènement d’un auteur et un renouveau du cinéma belge[5]. »

En 1968 André Delvaux adaptera à nouveau une œuvre de Johan Daisne sous le titre Un soir, un train.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le Cinéma belge, p. 423 (voir bibliographie)
  2. Initialement le film était destiné à la télévision.
  3. La Libre Belgique, 16 mars 1967
  4. Le Nouvel Observateur, 15 juin 1966
  5. Programme du Musée du cinéma de Bruxelles des mois de décembre 2014, janvier et février 2015 ; page 67

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en)(fr)(nl) Marianne Thys (sous la direction de), Belgian Cinema / Le Cinéma Belge / De Belgische film, Bruxelles, Cinémathèque royale de Belgique, Ludion/Flammarion, 1999, p. 423 (ISBN 9055442348)
  • Adolphe Nysenholc, André Delvaux ou le réalisme magique, Paris, 2006, 236 p.
  • Michel Ciment, critique dans Positif no 82, mars 1967, p. 53.
  • Gérard Langlois, entretien avec André Delvaux à propos du film, Cinéma 66 no 111, décembre 1966, p. 23.
  • Marcel Martin, Le Flamand gris, Cinéma 66 no 111, décembre 1966, p. 108-110.
  • Petite planète du cinéma : Belgique, dans: Cinéma 67 no 119, septembre 1967, p. 49.

Liens externes[modifier | modifier le code]