Key Sato

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Key Sato
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Naissance
Décès
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Nom dans la langue maternelle
佐藤敬Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Enfant

Key Sato (佐藤敬, Satō Kei?), est un peintre, japonais du XXe siècle, né le à Ōita et mort le à Beppu (préfecture d'Ōita). Il a vécu avant et après la seconde guerre Mondiale en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Travaillant sous la direction de Fujishima Takeji, Key Sato fréquente l'École des beaux-arts de Tokyo d'où il en sort diplômé en 1929. De 1930 à 1934, il séjourne pour la première fois à Paris, où il est élève à l'Académie Calarossi à Paris. A Paris; il se lie d'amitié avec l'artiste Foujita. Il retourne qu Japon fin 1934.

En 1936, il fonde avec ses amis artistes Inokuma genichiro, Wakita l'association d'artistes anti-impérialiste Shin-Seisaku Kyokai (Les créations nouvelles). Il est également membre du comité du Musée d'art moderne de Kamakura.

Il se marie avec la cantatrice de renom Yoshiko SATO et son fils aîné Ado naît en 1936. Il aura une fille qui naît en 1943.

Avant et pendant la guerre Key SATO participe à la propagande de l'armée japonaise en peignant de grandes oeuvres évoquant les combats du front, en suivant son ami Foujita qui dirige le groupe de peintres. En 1952, il revient s'installer à Paris, où il se fixe, en retournant de temps en temps pour de courts séjours au Japon. Son fils Ado le rejoint à Paris pour devenir lui aussi artiste peintre. Key s'intègre alors à l'École de Paris. Il fait partie de la seconde vague de l'abstraction lyrique, qui s'affirme dans la seconde moitié des années cinquante. Il voyage en Grèce, Italie, Afrique du Nord (Tunisie, Algérie, Maroc), Grande-Bretagne, États-Unis[1].

Il participe à des expositions collectives et personnelles.

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • 1934, 1951, 1954 à Tokyo.
  • 1954 galerie Mirador à Paris.
  • 1959, 1960, 1961, 1964, 1968, 1970, 1979 galerie Jacques Massol, Paris.
  • 1964 galerie Hamilton, Londres.
  • 1965 New York World House Gallery, New York.
  • 1968, 1971 galerie Cavalero, Cannes.
  • 1970 Esch-sur-Alzette Luxembourg
  • 1975, galerie Convergence Nantes..

Il obtient diverses distinctions, dont: le Grand prix du Salon National de Tokyo en 1932; il est sélectionné pour le prix Lissone à Milan, en 1959[1].

Son style sous influence[modifier | modifier le code]

Key Sato vie deux périodes très distinctes, figuratif dans la première, abstrait par la suite. En effet, après quelques dernières toiles figuratives, énigmatiques dans leur expression poétique intériorisée, il comprend qu'il n'a pas besoin de la reproduction du monde extérieur pour exprimer ses sentiments, pour donner forme à ses pensées au sujet de l'univers. Très attiré par les travaux cubistes de Picasso, durant son premier séjour parisien, il chemine vers l'abstraction. Extrême-oriental, l'art de Key Sato n'a cependant rien ou presque rien à voir avec la calligraphie, où les occidentaux voient trop facilement la seule expression plastique spécifique de ces pays. Tout de lenteur au contraire, les peintures mûrissant lentement, couche après couche, en respectant de longs temps de séchage, l'art de Key se situe en dehors du temps, de l'éphémère, du geste[2].

Ses sources d'inspiration[modifier | modifier le code]

L'artiste puise son inspiration dans une certaine rêverie à partir du monde tellurique, les titres de ses œuvres étant directement inspirés par cet univers géologique: Le rite de la pierre, Lumière dans la terre, Carrière de l'espace, Soleil axial... il écrit lui-même: « Je suis rattaché au nombril du monde ». Ses modèles sont minéraux ou géologiques: pierres ramassées lors de promenades, mais aussi des racines de bois flottés, des branches, objets de ses méditations picturales à venir, dont sa palette qui puise ses dominantes: le noir, le blanc, les bruns, l'ocre jaune. Les céramiques venues érodées de l'aube des temps, les pierres portant les griffures de leur périple multiséculaire, le souvenir de la trace du feu sur une roche d'un volcan éteint depuis longtemps, lui sont objets de méditation. Déchiffrant ces stigmates divers, dans l'impassibilité d'une sagesse antique, il en retrace les épures et, preuve par neuf de sa clairvoyance, de ces abstractions mises en ordre, naissent de nouveau le soleil et la lune, les étoiles et le ciel, la terre et la mer, toute l'image de l'univers contenue et déchiffrée dans chaque fragment microscopique négligé, du moment que ramassé par celui qui sait voir[2].

Musées[modifier | modifier le code]

Key Sato est présent dans les musées de: Charleroi (Musée) - Kamakura (Musée d'Art Mod.) - Londres (Tate (galerie)) - Luxembourg (Musée Nat.) - Nantes (Mus. des Beaux-Arts) - Paris (Musée national d'art moderne) - Paris (Musée d'art moderne de la ville de Paris) - Québec (Musée national des beaux-arts du Québec[3]) - Strasbourg (Mus. d'Art Mod.) - Tokyo (Mus Nat.) - Verviers (Musée). Le musée municipal d'Ōita est dédié à sa carrière ainsi qu'à celle de son fils Ado.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Dictionnaire Bénézit 1999, p. 313
  2. a et b Dictionnaire Bénézit 1999, p. 314
  3. « Joie de pierre | Collection Musée national des beaux-arts du Québec », sur collections.mnbaq.org (consulté le )

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire des peintres,sculpteurs, dessinateurs et graveurs, vol. 12, éditions Gründ, , 13440 p. (ISBN 2700030222), p. 313-314.
  • Jacques Busse, Un instantané de Key Sato ou la tommette, Prisme des Arts, Paris, no 19, .
  • Bernard Dorival (dir.), Peintres Contemporains, Mazenod, Paris, 1964.
  • Jean-Clarence Lambert, La peinture abstraite, in: Histoire Générale de la peinture, tome 23, Rencontre, Lausanne, 1966.
  • Michel Ragon, Vingt-cinq ans d'art vivant, Casterman, Paris, 1969.
  • Dictionnaire universel de la peinture, Le Robert, Paris, 1975.
  • L'École de Paris 1945-1965, Ides et Calendes, Neuchâtel, 1993.