John McLaughlin (musicien)

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John McLaughlin
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John McLaughlin en 2008
Informations générales
Naissance (76 ans)
Doncaster
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre musical Jazz, jazz-rock, world music
Instruments Guitare
Années actives 1963-
Site officiel www.johnmclaughlin.com

John McLaughlin (né le ), dit Mahavishnu John McLaughlin, est un musicien, guitariste originaire du Yorkshire en Angleterre. Il a vécu avec la pianiste française Katia Labèque et parle le français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

John McLaughlin commence sa carrière de musicien professionnel au sein des formations de Duffy Power, Graham Bond et Georgie Fame, qui jouent principalement du rhythm and blues. Il enregistre à l'occasion comme musicien de studio pour David Bowie, alors inconnu, mais aussi pour les Rolling Stones[1].

Avec son vieil ami Jack Bruce, qu'il connaissait depuis l'époque du Graham Bond, ils enregistrent en 1968 l'album Things We Like, qui ne sera toutefois publié que deux ans plus tard, mais qui lui permet d'aller aux États-Unis.

John enregistre son premier album, Extrapolation, en 1969 en compagnie du saxophoniste John Surman, du bassiste Brian Odges et du batteur Tony Oxley. C'est un album de jazz où McLaughlin présente déjà une certaine originalité en tant que compositeur.

À la demande de Tony Williams, il s'installe aux États-Unis en février 1969 afin de rejoindre le nouveau groupe du batteur, The Tony Williams Lifetime, qui comprend en outre Larry Young à l'orgue.

Jazz-Rock[modifier | modifier le code]

L'enregistrement de l'album In a Silent Way de Miles Davis marque un tournant dans sa carrière. Il devient un acteur essentiel du jazz-rock naissant, dans lequel il joue un rôle considérable[2].

En mars 1969, il rencontre Jimi Hendrix lors d'une jam session au Record Plant avec Dave Holland à la basse et Buddy Miles à la batterie. Des longues heures de jam évoquées dans les différents témoignages de la rencontre, il ne reste (à ce jour) qu'une demi-heure enregistrée. Celle-ci est constituée d'une jam autour du thème Driving South d'une dizaine de minutes où les deux hommes alternent les soli, d'un blues d'un peu plus d'un quart d'heure puis de quelques tentatives de mises en place informelles lors des dernières minutes.

John enregistre ensuite Emergency!, le premier album du Tony Williams Lifetime puis l'album Bitches Brew, de Miles Davis, deux albums majeurs du jazz-rock naissant.

Avec les mois, l'influence de Jimi Hendrix sur son jeu devient plus importante. Il utilise désormais divers effets rapprochant son timbre des musiciens de rock. En février 1970, il enregistre son deuxième album solo, Devotion produit par Alan Douglas, un proche de Hendrix, en compagnie de Buddy Miles, le batteur du Band of Gypsys, de Larry Young et de Billy Rich. Le terme jazz-rock prend ici tout son sens : McLaughlin mélange en effet les harmonies du jazz moderne avec le son et les rythmes de la musique rock.

Turn It Over, le second album du Tony Williams Lifetime (alors rejoint par Jack Bruce) et A Tribute To Jack Johnson, le manifeste rock de Miles Davis confirme l'évolution du guitariste. Il fait aussi une apparition remarquée sur le triple album Escalator Over The Hill de Carla Bley en compagnie de Jack Bruce et Paul Motian.

En 1971, Alan Douglas produit My Goals Beyond, un album où McLaughlin joue de la guitare acoustique. Une face de l'album montre l'attirance du guitariste pour les musiques extra-occidentales. En compagnie de Jerry Goodman, Dave Liebman, Charlie Haden, Billy Cobham, Airto Moreira et Badal Roy, il grave deux longues plages modales préfigurant les fusions que le jazz ne cessera de développer avec les musiques du monde dans les années qui suivront.

Mahavishnu Orchestra[modifier | modifier le code]

Il forme le Mahavishnu Orchestra[3] au début des années 1970, avec le violoniste Jerry Goodman, le claviériste Jan Hammer, le bassiste Rick Laird et le batteur Billy Cobham. Le groupe grave The Inner Mounting Flame puis Birds Of Fire, deux albums considérés comme étant des classiques du jazz-rock. La musique du Mahavishnu Orchestra se caractérise par une virtuosité technique d'autant plus remarquable qu'elle est combinée à une écriture complexe : les mesures impaires et la polytonalité sont présentes sur une majeure partie du matériel enregistré par le groupe.

John McLaughlin en 1973

En 1972, il enregistre Love Devotion Surrender en compagnie de Carlos Santana, où les deux hommes jouent un répertoire très Coltranien. Outre le premier mouvement de A Love Supreme, qu'ils sont les premiers à reprendre sur disque[4], ils enregistrent Naima et Let us Go Into the House of the Lord, un titre associé à Pharoah Sanders. L'album sera suivi en 1973 d'une tournée qui ne donnera malheureusement pas lieu à un Live officiel : les enregistrements pirates de la tournée montrent pourtant une musique supérieure à celle de l'album studio.

En 1973, les rapports au sein du Mahavishnu se dégradent considérablement[5], conduisant John à ne pas sortir le troisième album studio du groupe pourtant déjà bien avancé (il ne sera publié qu'en 1999 sous le titre de The Lost Trident Sessions). À la place, John publie un live, Between Nothingness And Eternity, généralement considéré comme inférieur aux précédents albums du groupe.

En 1974, John continue l'aventure du Mahavishnu, mais avec un groupe entièrement remanié : il comprend désormais Jean-Luc Ponty au violon, Ralphe Amstrong à la basse et Narada Michael Walden à la batterie. Le premier album du groupe, Apocalypse, produit par George Martin, combine le groupe avec un grand orchestre. L'album suivant, Visions of the Emerald Beyond (avec Gayle Moran aux claviers) présente un jazz-rock plus classique, mais globalement moins inspiré que les premiers albums. Le dernier effort du groupe, Inner Worlds, est décevant et marque la fin du Mahavishnu Orchestra.

Shakti[modifier | modifier le code]

En 1975, John délaisse la guitare électrique pour se concentrer sur l'étude de la musique indienne et fonde Shakti en compagnie de Zakir Hussain, qui publiera trois albums remarquables. Le premier album du groupe, Shakti With John McLaughlin, présente un concert de 1975 où McLaughlin rivalise de virtuosité avec L. Shankar, le violoniste du groupe. McLaughlin joue alors sur une guitare avec un manche scallopé, lui permettant de se rapprocher de la sonorité d'un sitar. Le disque montre l'impressionnant travail d'appropriation de la musique indienne effectué par McLaughlin.

A Handful Of Beauty et Natural Elements, les deux albums suivants de Shakti, présentent une synthèse de l'Orient et de l'Occident avec une part d'écriture plus importante que le premier opus du groupe, où l'improvisation primait.

Carrière en solo[modifier | modifier le code]

En 1978 il renoue avec la guitare électrique pour Electric Guitarist, qui est une sorte de résumé de sa carrière : il y enregistre avec certains membres du Mahavishnu Orchestra, Carlos Santana et même avec Jack Bruce et Tony Williams. Il crée la même année le « One Truth Band », groupe qui comprend toujours L. Shankar au violon, Stu Goldberg aux claviers, Fernando Saunders à la basse et Tony « Thunder » Smith à la batterie (tous deux remplacés ponctuellement par T.M. Stevens à la basse et « Sunship » Theus à la batterie). Il enregistre avec cette formation Electric Dreams qui paraitra en 1979.

En 1979, il monte un autre groupe éphémère, « Trio of Doom », avec Jaco Pastorius et Tony Williams. C'est à l'époque que les troubles mentaux de Pastorius se développent[6] : l'expérience est un fiasco total. Le seul album du groupe sera publié en 2007.

Au début des années 1980, il collabore avec les guitaristes Paco de Lucía et Al Di Meola. Le trio publie l'album Friday Night In San Francisco, un immense succès commercial où les trois hommes rivalisent de virtuosité technique.

Il reforme une nouvelle version du Mahavishnu Orchestra dans les années 1980, mais qui ne rencontrera pas le même succès que par le passé.

En 1986 il apparaît au côté de Dexter Gordon dans le film Autour de minuit ('Round Midnight) de Bertrand Tavernier. En 1988 il enregistre son Mediterranean Concerto en soliste avec le London Symphony Orchestra sous la direction de Michael Tilson Thomas, ainsi que, sur le même disque, cinq duos avec sa compagne d'alors, la pianiste classique Katia Labèque.

En 1993, il publie un hommage à Bill Evans dont il écrit les arrangements (Time Remembered), disque qu'il enregistre avec un quatuor de guitare, Aighetta Quartet. Après un album live où il joue dans le cadre d'un trio jazz (Tokyo Live), il publie After The Rain, un album en hommage à John Coltrane en compagnie d'Elvin Jones.

The Promise (1995) reprend un peu le même concept que l'album Electric Guitarist, avec d'autres invités de marque, comme Jeff Beck.

Il reforme ensuite son trio avec Al Di Meola et Paco de Lucía puis renoue avec Zakir Hussain dans le cadre de « Remember Shakti », où il officie cette fois-ci à la guitare électrique.

En 2007, avec Zakir Hussain, le groupe Shakti et Loten Namling, il participe à concert de charité donné lors de la visite du dalaï-lama à Hambourg[7].

Matériel[modifier | modifier le code]

John McLaughlin a utilisé de nombreuses guitares, électriques (Gibson Johnny Smith, Gibson Byrdland (en)...) ou acoustiques (plusieurs Ovations, plusieurs guitares fabriquées spécialement par le luthier Abraham Wechter)[8]. Il a notamment joué sur une Gibson EDS-1275 (à double manche, 6 et 12 cordes) entre 1971 et 1973, lors des premières années du Mahavishnu Orchestra[9].

John McLaughlin est le premier guitariste électrique (avant Ritchie Blackmore ou Yngwie Malmsteen) à jouer d'une guitare à manche « scallopé », c'est-à-dire au bois creusé entre les frettes. Cette guitare, inspirée du sitar, lui permet de réaliser des « bends » au-delà de ce que permet une guitare ordinaire, y compris sur des accords, comme on peut par exemple l'entendre sur Electric Guitarist[10]. Sa première guitare scallopée, une Gibson ES-345, date de l'époque du Mahavishnu Orchestra. À l'époque de Shakti, il utilise une guitare scallopée à 13 cordes, construite par Abraham Wechter à partir d'une Gibson J-200[11].

Très au fait des innovations technologiques, John McLaughlin s'est très tôt intéressé aux guitares synthétiseur (Roland, Axon...) Dans les années 1990, il a troqué ses amplis Marshall pour un Sony DPS-M7 Digital Sonic Modulator, remplacé au début des années 2000 par un système utilisant une guitare Godin branchée en MIDI, avec le logiciel Logic Pro[8].

Discographie[modifier | modifier le code]

Les dates présentées ici sont les dates de publication des albums, et non celles de leur enregistrement.

En tant que leader[modifier | modifier le code]

Albums en tant que co-leader[modifier | modifier le code]

Avec John Surman, Dave Holland, Karl Berger et Stu Martin
Avec Carlos Santana
Avec Al Di Meola et Paco de Lucía
Avec Jaco Pastorius et Tony Williams
Avec Chick Corea

Avec Mahavishnu Orchestra[modifier | modifier le code]

Avec Shakti[modifier | modifier le code]

Avec Remember Shakti[modifier | modifier le code]

En tant que sideman ou invité[modifier | modifier le code]

Avec Twice as Much (en)
  • 1966 : Own Up
Avec Gordon Beck
  • 1968 : Experiments with Pops
Avec Miles Davis
Avec Tony Williams Lifetime
Avec Wayne Shorter
Avec Sandy Brown and His Gentleman Friends
  • 1969 : Hair at Its Hairiest
Avec Miroslav Vitouš
Avec Jack Bruce
Avec Joe Farrell
  • 1970 : Follow Your Heart
Avec Duffy Power
  • 1970 : Innovations
Avec The Graham Bond Organisation
  • 1970 : Solid Bond
Avec Larry Coryell
Avec Carla Bley et Paul Haines
Avec James Taylor
Avec Carlos Santana
  • 1973 : Welcome
  • 2001 : Divine Light: Reconstructions & Mix Translation avec Bill Laswell
  • 2007 : Hymns for Peace: Live at Montreux 2004
Avec Stanley Clarke
  • 1975 : Journey To Love
  • 1976 : School Days
Avec Paco de Lucía
Avec Bill Evans
  • 1985 : The Alternative Man
Avec Herbie Hancock
Avec Dexter Gordon
  • 1986 : Other Side of Round Midnight
Avec Zakir Hussain
Avec Katia et Marielle Labèque
  • 1990 : Love of Colours
Avec Leni Stern (en)
  • 2002 : Finally the Rain Has Come
Avec Ithamara Koorax (en)
  • 2002 : Someday
Avec Hadrien Féraud
  • 2007 : Hadrien Féraud

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Certains de ces enregistrements seront publiés sur l'album Metamorphosis en 1975
  2. C'est la thèse défendue par Laurent Cugny dans son livre Electrique Miles Davis 1968-1975
  3. Power, Passion and Beauty, The Story Of The Legendary Mahavishnu-Orchestra
  4. A Love Supreme: The Creation of John Coltrane's Classic Album d'Ashley Kahn
  5. Voir les notes de pochette de The Lost Trident Sessions
  6. Bill Milkowski (trad. Pascal Nuoffer), La vie extraordinaire et tragique de Jaco Pastorius : Le « plus grand bassiste du monde », Infolio, , 253 p. (ISBN 978-2884749008).[réf. incomplète]
  7. (en) « Charity concert in honour of the Dalai Lama held in Germany », sur phayul.com, (consulté le 26 février 2014).
  8. a et b (en) Barry Cleveland, « John McLaughlin's 2007 touring rig », sur godinguitars.com (consulté le 13 décembre 2017).
  9. (en) Ted Drozdowski, « An EDS-1275 and a Drone-Stringed J-200: The Tale of John McLaughlin’s Two Rare Gibsons », sur gibson.com, (consulté le 13 décembre 2017).
  10. (en) Walter Kolosky, « John McLaughlin: Electric Guitarist », sur allaboutjazz.com (consulté le 12 décembre 2017).
  11. (en) Dave Eichenberger, « Unleashing The Mysteries Of A Scalloped Fingerboard », sur seymourduncan.com, (consulté le 12 décembre 2017).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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