Islom Karimov

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Islom Karimov
Ислом Каримов
Islom Karimov en 2015.
Islom Karimov en 2015.
Fonctions
1er président de la République d’Ouzbékistan
En fonction depuis le
(26 ans 4 mois et 6 jours)
Élection
Réélection

Premier ministre Abdulxashim Mutalov
O‘tkir Sultonov
Shavkat Mirziyoyev
Biographie
Date de naissance (78 ans)
Lieu de naissance Samarcande,
RSS d'Ouzbékistan (URSS)
Conjoint Tatyana Karimova
Enfants Gulnora Karimova
Lola Karimova-Tillyaeva
Religion Islam sunnite

Islom Karimov
Présidents de la République d’Ouzbékistan

Islom Abdug‘aniyevich Karimov (en ouzbek сyrillique : Ислом Абдуғаниевич Каримов, en russe : Ислам Абдуганиевич Каримов, transcrit en Islam Abdouganievitch Karimov, la forme la plus souvent employée), né le à Samarcande, est le président de la République d’Ouzbékistan en poste depuis le . Il est le président le plus âgé des quinze anciennes républiques soviétiques, à la tête d'un des États les plus répressifs au monde[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Islom Karimov est né en 1938 à Samarcande, deuxième ville de l'Ouzbékistan.

Né en 1938 à Samarcande et élevé dans un orphelinat de la République socialiste soviétique d'Ouzbékistan, Islom Karimov suit des études supérieures à la capitale Tachkent et devient ingénieur en machines-outils et économiste. Il adhère en 1964 au Parti communiste de l'Union soviétique.

Karimov poursuit son ascension dans l’appareil du parti et participe en 1966 à l’élaboration du plan quinquennal de la RSSOu. Il devient ministre des Finances en 1983, vice-premier ministre en 1986 puis premier secrétaire du Parti communiste d’Ouzbékistan en 1989. Le , il devient Président de la RSS d’Ouzbékistan et, après l’effondrement de l’URSS et l’indépendance du pays, déclarée le . Il assume le rôle de Président d’Ouzbékistan en attendant l’élection présidentielle du 29 décembre.

Islom Karimov gagne la première élection présidentielle en 1991 avec 86 % des suffrages. En 1995, il organise un référendum qui étend son mandat jusqu’en 2000 et obtient environ 100 % des voix. Puis Karimov est réélu le avec 91,6 % des voix face au seul autre candidat Abdoulaziz Djalalov. Djalalov ne cache même pas qu’il n’est qu’un candidat servant à donner au régime un minimum de façade démocratique et que, d’ailleurs, il a personnellement voté pour Karimov. Le , Karimov fait encore prolonger son mandat par référendum.

Les ONG présentes dans la région ainsi que l’ONU dénoncent les tortures, le manque de démocratie, la répression contre l’opposition politique et religieuse, le manque de liberté de la presse en Ouzbékistan sous la coupe de Karimov. Le chef du parti Erk, Muhammad Solih, est obligé de partir en exil alors que son collègue Atanazar Oripov passe beaucoup de son temps en détention « provisoire ». Néanmoins la structure sociale qui existe en Ouzbékistan est très différente des sociétés occidentales qui laissent une plus grande liberté à l’individu. En Ouzbékistan, le pouvoir est basé en grande partie sur l’accord des mahallas (communautés de quartier) et donc il doit satisfaire un minimum aux exigences de la population. Il reste toutefois indubitable qu’en dehors de la soumission aux mahallas et aux représentants de l’islam officiel, la répression est féroce.

Voulant créer une image positive en occident pour y obtenir des investissements dans les industries du pays en manque de réformes structurelles, Karimov essaie de montrer quelques signes d’évolution du régime. Ainsi lors de la venue à Tachkent, en février 2004, de Donald Rumsfeld, secrétaire à la Défense des États-Unis, et des médias internationaux qui le suivent, Karimov fait libérer une femme condamnée à six ans de prison pour avoir dénoncé les tortures qui ont causé la mort de son fils.

Les vagues d’attentats en mars et juillet 2004 montrent que la répression musclée de Karimov n’a pas endigué le renouveau de l’islamisme armé dans la vallée de la Ferghana et que son alliance avec les États-Unis a été source de contestation. Karimov persiste à attribuer ces attentats au mouvement islamiste Hizb ut-Tahrir, alors que certains éléments permettent de croire qu'il peut s'agir d'actions du Mouvement islamique d'Ouzbékistan de Tohir Yo‘ldosh et Djouma Namangani.

Karimov a effectué le pèlerinage de La Mecque (hadj) en 1992 et a approuvé la construction de plusieurs grandes mosquées à travers le pays.

Ne voulant pas être déstabilisé par les États-Unis, Karimov ouvre son territoire et ses bases aériennes aux militaires américains qui combattent en Afghanistan à partir de la fin 2001. L’Ouzbékistan devient pour quelques années un allié stratégique des États-Unis, et ce jusqu’en été 2005 quand il fait un brusque virage vers Moscou et expulse les militaires américains de son sol.

Le , il réprime une insurrection à Andijan, dans la vallée de Ferghana, en faisant tirer sur les insurgés à la mitrailleuse lourde[2], 169 morts selon les sources officielles ouzbèkes, 769 morts selon l’opposition, des ONG présentes sur place estiment qu’il y en aurait plus d’un millier.

Le Karimov est à nouveau élu pour sept ans avec 88,1 % des voix. Trois autres candidats « alternatifs » participent au scrutin, mais ils soutiennent tous implicitement la candidature de leur « rival » Karimov.

Le Sénat de l'Ouzbékistan a approuvé le 5 décembre 2011 un amendement constitutionnel qui réduit le mandat présidentiel de sept à cinq ans. La Chambre basse du parlement, la Chambre législative, a approuvé le changement plus tôt. Le changement a été provoqué par le président Islam Karimov. La Constitution de l'Ouzbékistan avait fixé le mandat présidentiel à cinq ans, mais un référendum en 2002 a étendu le mandat à sept ans.

En mars 2015, Islom Karimov est réélu avec plus de 90 % des suffrages. À 77 ans, le président le plus âgé des quinze anciennes républiques soviétiques repart donc pour un quatrième mandat de cinq ans[1]. Le caractère démocratique du scrutin est une nouvelle fois contesté par la mission d'observation de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe[3]

Famille[modifier | modifier le code]

Karimov est marié à l’économiste Tatiana Akbarovna Karimova. Ils ont deux filles et trois petits-enfants.

Sa fille aînée, Gulnora Karimova (née en 1972), est très active dans le milieu des affaires. Elle est ambassadrice d'Ouzbékistan à l'ONU[4].

Le , Lola Karimova-Tillyaeva, fille cadette du président ouzbek (née en 1978), attaque le journal français Rue89 pour « diffamation » de son père, notamment pour l'avoir qualifié de « dictateur »[5]. Fin juin 2011, la 17e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris relaxe Rue89.fr de toutes les accusations de la fille du président[6]. Elle est ambassadrice d'Ouzbékistan à l'UNESCO[4]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Ouzbékistan: Islam Karimov reconduit sans surprise au pouvoir », sur rfi.fr,‎
  2. A Andijan, à la mitrailleuse lourde, l'armée ouzbèke a tiré sur la foule - Le Monde, 24 mai 2005.
  3. Le Monde du 1er avril 2015 p. 4
  4. a et b « Ouzbekistan : Karimov, le dictateur roi des élections », europe1.fr, 27 mars 2015.
  5. Le procès de Rue89 devient celui de la dictature ouzbek, Rue89, 20 mai 2011.
  6. Procès : Rue89 relaxé face à la fille du dictateur ouzbek, Rue89, 1 juillet 2011.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]