Gulnora Karimova

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Gulnora Karimova
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Gulnora Karimova en 2009.
Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
Gulnora Islomovna KarimovaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Formation
Activités
Père
Mère
Tatiana Karimova (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Autres informations
Propriétaire de
Uzdunrobita (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Gulnora Islomovna Karimova ou Gulnara Karimova[1] (en russe : Гульнара Исламовна Каримова, Goulnara Islamovna Karimova, née le à Ferghana), est la fille aînée d'Islam Karimov, président de l'Ouzbékistan entre l'indépendance du pays en 1991 et 2016. Arrêtée pour avoir détourné des actifs publics à hauteur de 1,7 milliard de dollars, elle a été définitivement condamnée à treize ans de prison en [2]. Semi-mondaine, elle a entretenu des liens d'influence avec des personnalités influentes du monde anglo-américain[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

Gulnora Karimova possède un diplôme de designer en bijouterie à la Fashion Institute of Technology de New York (1992), un doctorat en sciences politiques de l'université de Tachkent (1994) et une maîtrise ès arts de l'Université d'Harvard (2000).

Activités économiques[modifier | modifier le code]

Femme d'affaires, elle possède une fortune estimée à un milliard d'euros[3]. Elle a accumulé sa fortune en investissant dans des domaines variés, profitant notamment de son lien de parenté avec le président ouzbek lors des privatisations qui ont suivi la chute de l'URSS. Ses investissements vont des bijouteries au coton, en passant par les télécommunications (actionnaire majoritaire de Uzdunrobita, l'opérateur de téléphonie ouzbek[3]), les hydrocarbures (notamment l'exploitant ouzbek de gaz qu'elle a revendu à Gazprom[3]), les night-clubs de Tachkent, les hôtels, la grande distribution, l'or, l'immobilier (à Moscou et en Europe[3]), les stations thermales, ou encore les banques (aux Émirats arabes unis[3]). Elle domine aussi l'économie de son pays en étant présidente du syndicat patronal ouzbek[3].

En 2014, une enquête révèle que Gulnora Karimova tiendrait l'essentiel de sa colossale fortune de détournement de fonds publics, et notamment de pots-de-vin touchés lors de l'entrée des sociétés étrangères sur le marché des télécommunications ouzbeks ; inculpée par une enquête franco-suisse pour blanchiment en bande organisée, tous ses biens dans ces deux pays sont saisis, dont le château de Groussay[4].

Activités politiques et diplomatiques[modifier | modifier le code]

Sa fortune et son lien de parenté avec le président ouzbek lui ont permis d'accéder au poste de vice-ministre ouzbèke des Affaires étrangères chargée de la coopération culturelle et humanitaire. Elle est ainsi, par le biais de ce poste, la représentante officielle de l'Ouzbékistan auprès de nombreux organismes internationaux. Ce rôle lui permet de bénéficier d'une immunité diplomatique, laquelle lui a permis d'échapper à la justice américaine en 1999, lorsqu'elle fut poursuivie pour « enlèvement d'enfants » à la suite de son divorce[3]. La vie professionnelle de Gulnara Karimova est étroitement liée au gouvernement ouzbek. Mais ses postes ont toujours été au sein des affaires internationales.

En 1998 et entre 2000 et 2003, elle travaille à l’ONU en tant que conseillère du représentant d’Ouzbékistan[5]. Entre 2003 et 2005, elle est conseillère de l’ambassade ouzbek à Moscou.

En 2008, elle est nommée vice-ministre des Affaires étrangères ouzbek, chargée des questions de coopération internationale et humanitaire. Cette même année, elle devient la représentante permanente de l’Ouzbékistan au sein de l’ONU et d’autres organisations internationale à Genève.

En , elle devient ambassadrice de l'Ouzbékistan en Espagne[6]. Elle est membre du Cercle diplomatique de Genève[7] ,[8].

En 2010, une série de dépêches diplomatiques dévoilées par Wikileaks décrivent Gulnora Karimova comme la personne la plus détestée de son pays, et aussi des milieux d'affaires en raison de la multitude d'affaires qu'elle a usurpées en utilisant ses connexions politiques[9].

En 2012, elle a reçu le prix de « La coopération humanitaire et la route de la Soie » de la part de l'Organisation de coopération de Shanghai[10].

Un temps favorite à la succession de son père à la tête du pays[3],[11], elle est tombée en disgrâce et est assignée à résidence[12].

Activités culturelles et artistiques[modifier | modifier le code]

Dans le domaine de la culture, outre ses activités de vice-ministre, elle a créé la semaine de la mode et du design de Tachkent (appelée Style.Uz), une marque de bijoux (Guli) et une fondation pour la culture et l'art d'Ouzbékistan (Fund Forum). D'autre part, elle a pris un nom de scène, GooGoosha, pour enregistrer une chanson de variétés, Unutma Meni, qu'elle aurait vendue à 300 000 exemplaires[3]. Elle est d'ailleurs devenue par la suite présidente de la société des auteurs-compositeurs d'Ouzbékistan[3].

En 2012, elle enregistre un duo avec Gérard Depardieu : Nebo moltchit (Le ciel se tait, en russe)[13].

Procès[modifier | modifier le code]

En 2013, les justices suisse et française s'intéressent à son implication dans une opération de blanchiment d'argent dans le cadre d'un pot-de-vin de 300 millions de dollars qui aurait été versé par l'entreprise suédoise TeliaSonera pour remporter un marché de réseau mobile en Ouzbékistan[14].

La justice suisse annonce le ouvrir une enquête contre Goulnara Karimova pour blanchiment d'argent[15].
En , elle achète à l'animateur Arthur, son duplex situé dans les Immeubles Walter, 30 millions d'euros[16],[17]. Poursuivie pour blanchiment d'argent, le duplex a été vendu aux enchères par la justice française le [18]. La mise à prix à 500 000 euros[19],[20] a été emportée par le marchand de biens Pierre Reynaud, directeur du groupe PRI[21],[22], pour la somme de 13 millions d'euros[23],[24]. Depuis l'automne 2016, elle serait assignée à résidence surveillée à Tachkent[réf. nécessaire].

Remise peu après en détention, elle propose le de rembourser 686 millions de dollars aux autorités en échange de sa libération[25].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'orthographe Gulnora respecte la forme ouzbèke de son prénom alors que l'orthographe Gulnara, souvent utilisée, est un anglicisme utilisant la transcription du prénom depuis la forme russe. La transcription du russe vers le français devrait être Goulnara, forme très peu utilisée.
  2. a et b Will Stewart, « Uzbek princess is jailed for 13 years after corruption trial », sur Mail Online, (consulté le )
  3. a b c d e f g h i et j Pascal Jalabert, « Gulnara Karimova, diva des steppes et fille à papa », in La Tribune-Le Progrès, 29 juillet 2009.
  4. Jean-Michel Thénard, « Attention, un bien mal acquis peut en cacher un autre », Le Canard Enchaîné, no 5236,‎ .
  5. « Biography », sur Site de Gulnara Karimova
  6. (es) John Carlin, « Laporta y la diva uzbeca. El presidente del Barcelona ha hecho negocios con la hija del presidente del régimen del país asiático y uno de los peores tiranos del mundo, donde existen la tortura y el esclavismo », El Pais,‎ (lire en ligne)
  7. « Goulnara Karimova’s world of diplomacy, culture and charity », Diva International,‎ (lire en ligne)
  8. « Gulnara Karimova becomes honorary member of Swiss diplomatic club », UzDaily.com, (consulté le )
  9. (en) « US embassy cables: 'The single most hated person' in Uzbekistan », The Guardian, 12 décembre 2010.
  10. (en) « SCO award goes to Chairperson of Fund Forum's Board of Trustees », Azerbaijan News (consulté le ).
  11. « Ouzbekistan : Karimov, le dictateur roi des élections », europe1.fr, 27 mars 2015.
  12. Le président ouzbek Islam Karimov est mort, incertitudes sur sa succession.
  13. Gérard Depardieu en duo avec la fille du président de l'Ouzbékistan, sur huffingtonpost.fr, consulté le 7 décembre 2012.
  14. « Gulnara Karimova, une héritière bien encombrante », Marianne, 1er août 2013
  15. Article du Figaro du 12 mars 2014
  16. « L'ancien appartement d'Arthur intéresse la justice », sur lepoint.fr
  17. « Arthur : il a vendu son appartement... très belle affaire ! », sur purepeople.com
  18. « L’incroyable appartement de la fille Karimov mis aux enchères », sur challenges.fr
  19. « L’incroyable appartement de la fille Karimov mis aux enchères » sur challenges.fr
  20. « Saisie de biens de la fille du président ouzbek » sur lefigaro.fr
  21. PRI = Pierre Reynaud Immobilier
  22. GROUPE PRI 75116 PARIS 16 - Agence immobilière sur manageo.fr
  23. « L’incroyable appartement de la fille Karimov vendu 13 millions » sur challenges.fr
  24. « L'ex-triplex parisien d'Arthur adjugé 13 millions d'euros aux enchères », sur bfmbusiness.bfmtv.com
  25. Marc Nexon, « L'appel à l'aide de la « princesse ouzbèke » - Le Point », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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