Institut canadien de Montréal

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L'Institut canadien de Montréal est fondé le 17 décembre 1844 par un groupe de 200 jeunes libéraux canadiens-français[1]. L'institut est à la fois une bibliothèque, un lieu de débat et de conférence pour les sociétés littéraires et scientifiques de Montréal. La devise de l'institut est Justice pour nous, justice pour tous; Raison et liberté pour nous, raison et liberté pour tous.

Histoire[modifier | modifier le code]

D'abord installé dans des locaux loués, l'Institut canadien prend possession d'un édifice sur la rue Notre-Dame, situé un peu à l'est de l'hôtel de ville de Montréal actuel[2]. par la suite, un édifice Il devient la source des idées politiques défendues par le Parti rouge, successeur idéologique du défunt Parti patriote.

En 1858, 158 membres quittent l'Institut d'un seul bloc et fondent l'Institut canadien-français de Montréal, qui, lui, obéira à la doctrine de l'Église catholique et ne prêtera pas de livres « immoraux » dans ses bibliothèques[3],[4] L'évêque de Montréal condamne l'Institut canadien de Montréal en 1859, excommuniant ses membres, et le , l'Annuaire de 1868 de l'Institut est mis à l'index par Rome[3].

Lorsque Joseph Guibord, typographe du journal Le Pays ainsi que membre et ancien vice-président de l'Institut, décède le , sa famille se fait refuser le droit d'inhumer sa sépulture dans la partie catholique du cimetière de la Côte-des-Neiges. Henrietta Brown, veuve de Guibord, n'accepte pas cette exclusion et porte l'affaire devant les tribunaux. C'est l'« Affaire Guibord ». L'avocat de Mme Brown, Joseph Doutre, gagnera finalement sa cause, portée jusque devant le Conseil privé de Londres, le .

L'Institut ferme ses portes en 1880. Seul l'Institut canadien de Québec, qui avait accepté de se débarrasser de ses livres jugés immoraux par l'Église, existe toujours. L'Institut canadien-français d'Ottawa n'a pas du tout souffert de cette crise. Il reste d'ailleurs le seul « Institut canadien-français » encore existant aujourd'hui[5].

De 1845 à 1871, quelque 136 conférences seront tenues dans ses murs[6].

Plusieurs membres de l'Institut ont des liens avec la franc-maçonnerie, dont spécialement Honoré Beaugrand, Arthur Buies et Louis-Antoine Dessaulles.

En 2006, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) conclut une entente avec l'Institut Fraser-Hickson sur le don et le transfert de propriété de la collection de l’Institut canadien de Montréal[7]. Parmi les livres précieux de la collection conservée par l'Institut Fraser-Hickson depuis 1855 on compte deux éditions des Œuvres complètes de Voltaire (1785-1789), 36 volumes de L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert (1778-1781), 12 volumes de L'Esprit des journaux français et étrangers (1787-1792) et quatre volumes de Réunion des Tuileries au Louvre (1852-1857), don particulier du prince Napoléon à l'Institut canadien.

La bibliothèque de l'Institut canadien[modifier | modifier le code]

Les membres de l'Institut canadien peuvent profiter d'une bibliothèque, d'une salle de journaux et même d'un musée. La collection de la bibliothèque de l'Institut est constituée d'œuvres d'auteurs de l'époque des Lumières tels Voltaire et Diderot et de certains romantiques tels Victor Hugo et Alphonse de Lamartine. À cette époque, ces auteurs étaient mis à l'index librorum prohibitorum par l'Église catholique. Mgr Bourget diffuse certaines lettres entre le mois de mars et de mai 1858 qui s'en prennent successivement aux livres valorisés dans les instituts littéraires tels les journaux, les romans et les feuilltons dont les visées n'ont pas de finalités religieuses, et une autre qui dénonce spécifiquement l'Institut qui s'oppose au contrôle du clergé dans ses activités, et notamment celles de la bibliothèque[8].

Deux catalogues imprimés de 1852 et de 1870 permettent de connaître l'étendue de la collection qui est offerte aux abonnés[9].

Membres[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Archives[modifier | modifier le code]

Le fonds d'archives de l'Institut canadien de Montréal est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec[11].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cyrille Guay, « L'institut canadien de la Société historique de Montréal », Le Devoir,‎ , p. 4 (lire en ligne)
  2. Yvan Lamonde, La bibliothèque de l'Institut canadien de Montréal : Une existence tumultueuse. Dans C. Corbo, Bibliothèques québécoises remarquables (ISBN 9782924719251 et 2924719259, OCLC 1010743527, lire en ligne), p. 31
  3. a et b André Champagne. Le Québec des XVIIIe et XIXe siècles, p. 122
  4. Louis-Philippe Turcotte. Le Canada sous l'Union, 1841-1867, p. 433
  5. Pelletier, Jean-Yves. L'Institut Canadien-français d'Ottawa (1852-2002). Ottawa: 2006.
  6. Maurice Lemire. La vie littéraire au Québec, p. 151
  7. Marie Aguettant. « Collection de l'Institut canadien de Montréal », dans Univarts, 4 novembre, 2006
  8. Yvan Lamonde, La bibliothèque de l'institut canadien : Une existance tumultueuse. C. Corbo (dir.) dans Bibliothèques québécoises remarquables., Del Busso (ISBN 9782924719251 et 2924719259, OCLC 1010743527, lire en ligne), p. 33
  9. Yvan Lamonde, La bibliothèque de l'Institut canadien : Une existence tumultueuse. Dans Bibliothèques québécoises remarquables. C. Corbo (dir.) (ISBN 9782924719251 et 2924719259, OCLC 1010743527, lire en ligne), p. 34
  10. Martin Saint-Louis, « Le prix Condorcet 1997 à l'Institut canadien », dans Laïcité, vol.18, numéro 1.
  11. Fonds Institut canadien de Montréal (P768) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).

Bibliographie[modifier | modifier le code]