Influence lunaire

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L'influence lunaire est un lien non vérifié scientifiquement entre les étapes du cycle lunaire terrien et les changements comportementaux chez les êtres humains et les plantes qui ne peut être simplement expliqué que par la variation de la lumière.

Une croyance[modifier | modifier le code]

Il n'existe aucune réelle raison de croire à un tel phénomène[1],[2] et malgré de nombreuses études qui ont été menées, aucune influence lunaire sur le comportement humain n'a été prouvée[1].

Origines[modifier | modifier le code]

Des premiers signes de cette croyance peuvent être trouvés dans des écrits assyriens/babyloniens[1]. Le terme « lunatique » lui-même est dérivé du mot en latin luna, signifiant « lune »[3].

Croyances[modifier | modifier le code]

Lune et fertilité[modifier | modifier le code]

Il existe une croyance populaire proposant un lien entre la lune et le cycle menstruel qui dure habituellement 28 jours[1]. Cependant, aucune relation entre les cycles lunaires et menstruels n'a été établie, et leur durée même ne serait que pure coïncidence[4].

Lune et saignements[modifier | modifier le code]

Autrefois, les chirurgiens refusaient d'opérer lors des nuits de pleine lune, car le patient aurait une forte chance de succomber à des pertes importantes de sang[5]. Un porte-parole du Royal College of Surgeons explique qu'ils s'« esclafferaient » à l'idée de n'effectuer aucune opération durant la pleine lune[6].

Lune et jardinage[modifier | modifier le code]

Depuis l'antiquité, différents écrits, des jardiniers, ainsi que plus récemment de nombreuses revues traitant d'horticulture, soutiennent qu'il est important de tenir compte du calendrier lunaire pour effectuer certaines opérations dans les jardins. De nombreux auteurs et scientifiques contestent ces préconisations ; les horticulteurs et les agriculteurs professionnels n'en tiennent pas compte et obtiennent d'excellents résultats. Il semblerait donc que, si des effets lunaires existent, ils sont non seulement faibles et inutilisables, mais pour le moment, inexpliqués[7].

Lune et qualité du sommeil[modifier | modifier le code]

En 2013, une étude menée par le professeur Christina Cajochen, de l'hôpital psychiatrique universitaire de Bâle, porte sur la qualité de sommeil de 33 volontaires. Les scientifiques contrôlent leur activité cérébrale, leurs mouvements oculaires et mesurent leurs sécrétions hormonales, notamment la mélatonine. Cette étude suggère que le cycle lunaire a une influence sur le sommeil humain, même lorsque ces volontaires ne voient pas la lune et ne savent pas à quel moment du cycle ils se trouvent. Les nuits de pleine lune seraient de moins bonne qualité et écourtées d'au moins vingt minutes, confirmant la croyance populaire que la pleine lune nuit à la qualité du sommeil. Les scientifiques proposent comme explication biologique du phénomène le rôle de l'horloge biologique (et non celui de la lumière diffusée par la lune ou de la marée, trop faible) qui serait calée sur la durée du cycle lunaire[8]. Une étude en 2014 sur un échantillon plus important et de meilleurs conditions expérimentales, ne trouve pas de corrélation. Elle montre que la précédente étude souffre notamment d'un biais d'échantillon (échantillon trop petit de 33 volontaires) et l'existence d'un biais de publication[9].

Autres recherches scientifiques[modifier | modifier le code]

Certaines études semblent offrir des liens limités avec l'influence lunaire, mais certaines d'entre elles ne pouvaient réellement montrer de liens fondés entre les phases lunaires et les comportements anormaux[10]. En général, des trouvailles semblant positives sont le résultat d'erreurs de statistiques ou en contradiction avec d'autres études menées. D'autres études menées sur des individus atteints de troubles mentaux montrent généralement des périodes de fortes violences ou périodes agressives durant la pleine lune[11],[12], mais une étude plus récente montre qu'aucun lien n'a été établi[13]. Une analyse sur la santé mentale montre une influence lunaire significative uniquement chez les patients souffrant de schizophrénie[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Dictionnaire Sceptique, « Pleine lune »
  2. (en) Cecil Adams, « Do things get crazy when the moon is full? », The Straight Dope,‎ (consulté le 14 décembre 2011)
  3. (en) Douglas Harper, « Lunatic », The Online Etymological Dictionary (consulté le 13 décembre 2011)
  4. (en) Cecil Adams, « What's the link between the moon and menstruation? », The Straight Dope,‎ (consulté le 14 décembre 2011)
  5. (en) Roman, E.M., Soriano, G., Fuentes, M., Luz-Galvez, M.,Fernandez, C. (2004) The influence of the full moon on the number of admissions related to gastrointestinal bleeding. International Journal of Nursing Practice. Vol. 10;6, p. 296.
  6. (en) Ian Douglas, MPs believe the funniest things, Daily Telegraph, (lire en ligne)
  7. Jardiner avec la lune Etude SNHF
  8. (en) Christian Cajochen, Songül Altanay-Ekici, Mirjam Münch, Sylvia Frey, Vera Knoblauch, Anna Wirz-Justice, « Evidence that the Lunar Cycle Influences Human Sleep », Current Biology, vol. 23, no 15,‎ , p. 1485–1488 (DOI 10.1016/j.cub.2013.06.029).
  9. (en) Maren Cordi, Sandra Ackermann, Frederik W. Bes, Francina Hartmann, Boris N. Konrad, Lisa Genzel, Marcel Pawlowski, Axel Steiger, Hartmut Schulz, Björn Rasch, Martin Dresler, « Lunar cycle effects on sleep and the file drawer problem », Current Biology, vol. 24, no 12,‎ , p. 549–550 (DOI 10.1016/j.cub.2014.05.017).
  10. (en) Eric Chulder, « Moonstruck! Does the full moon influence behavior? », Neuroscience for Kids (consulté en décembre 2011)
  11. (en) M. Drum, C. Terry et C. Hammonds, Lunar phase and acting-out behaviour, vol. 59, , 987–990 p.
  12. (en) A. Lieber, Human aggression and the lunar synodic cycle, vol. 39, 385–392 p., chap. 5
  13. (en) C. Owen, C. Tarantello, M. Jones et C. Tennant, Lunar cycles and violent behaviour, vol. 32, , 496–499 p., chap. 4
  14. (en) W. Barr, Lunacy revisited: The influence of the moon on mental health and quality of life, vol. 38, , 28–36 p.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abell, George (1979). Review of the book The Alleged Lunar Effect by Arnold Lieber, Skeptical Inquirer, Spring 1979, 68-73. Reprinted in Science Confronts the Paranormal, edited by Kendrick Frazier, Prometheus Books, ISBN 0-87975-314-5.
  • Bob Berman (2003). Fooled by the Full Moon - Scientists search for the sober truth behind some loony ideas, Discover, September 2003, page 30.
  • David Diefendorf, Amazing... But false! Hundreds of "facts" you thought were true, but aren't, Sterling Publishing, (ISBN 978-1-4027-3791-6)
  • Sanduleak, Nicholas (1985). The Moon is Acquitted of Murder in Cleveland, Skeptical Inquirer, Spring 1985, 236-42. Reprinted in Science Confronts the Paranormal, edited by Kendrick Frazier, Prometheus Books, ISBN 0-87975-314-5.
  • Noëlle Dorion et Jacques Mouchotte (2011) Jardiner avec la lune : Mythe ou réalité. Dossier réalisé par le Conseil scientifique de la SNHF

Liens externes[modifier | modifier le code]