Homme dans la Lune

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L'Homme dans la Lune est frappé par un vaisseau spatial dans le film fantastique de Georges Méliès : Le Voyage dans la Lune (1902).

L'Homme dans la Lune fait référence à l'une des nombreuses paréidolie d'un visage, d'une tête ou d'un corps humain que certaines traditions reconnaissent sur la Lune. Les images sont composées des zones sombres de la maria lunaire, ou «mers», et des hautes terres plus claires de la surface.

Origine[modifier | modifier le code]

Bûcheron germanique.

Il y a plusieurs explications quant à la naissance de l'homme dans la lune.

Une tradition européenne de longue date veut que l'homme ait été banni sur la Lune pour un crime. Selon la tradition chrétienne, il est l'homme pris à ramasser des bâtons lors du jours de repos et condamné par Dieu à mort par lapidation dans le livre des Nombres XV.32–36[1]. Certaines cultures germaniques pensaient qu'il était un bûcheron trouvé en train de travailler le jour de repos[2].[réf. nécessaire]

Une tradition chrétienne médiévale prétend qu'il est Caïn, le vagabond, condamné à jamais à faire le tour de la Terre. Dante Alighiery y fait allusion à de multiples reprises dans sa Divine Comédie[3],[4].

Différentes paréidolies sur la Lune.

Il existe également une tradition juive médiévale selon laquelle l'image de Jacob est gravée sur la Lune[5],[6],[7].

John Lyly dit dans le prologue de son Endymion (1591): "Il n'y a personne sous le soleil qui sache quoi faire de l'homme dans la lune."[8]

Dans la mythologie nordique, Máni est la personnification masculine de la Lune qui traverse le ciel en calèche. Il est continuellement poursuivi par le grand loup Hati qui le capture à Ragnarök. Máni signifie simplement "Lune".

Dans la mythologie chinoise, la déesse Chang'e est bloquée sur la Lune après avoir consommé une double dose d'un élixir de longue vie. Dans certaines versions du mythe, elle est accompagnée de Yu Tu, un lapin lunaire[9].

Dans la mythologie haïda, la figure représente un garçon ramassant des bâtons. Le père du garçon lui dit que la lumière de la Lune éclairerait la nuit, lui permettant de terminer sa corvée. Ne voulant pas ramasser de bâtons, le garçon se plaint et ridiculise la Lune. En guise de punition pour son manque de respect, le garçon est enlevé de la Terre et piégé sur la Lune[10].

Dans la mythologie japonaise, il est dit qu'une tribu d'êtres spirituels de type humain vivent sur la Lune. Ceci est particulièrement exploré dans Kaguya-hime.

Dans la mythologie vietnamienne, l'homme dans la lune s'appelle Cuội. Il est à l'origine un bûcheron sur Terre qui possédant ficus magique. Un jour, quand sa femme arrose par ignorance l'arbre avec de l'eau impure, il se déracine pour s'envoler. Cuội saisit alors ses racines et est emmené sur la Lune. Là, il accompagna éternellement la Chang'e et le lapin lunaire[11],[12]. Le trio devient la personnification de la fête de la mi-automne, quand ils descendent dans le monde des mortels et distribuent des lampions, des gâteaux de lune et des cadeaux aux enfants[13].

Traditions[modifier | modifier le code]

Il existe une croyance européenne traditionnelle selon laquelle l'Homme dans la Lune aime boire, en particulier du vin.

Au Moyen Âge anglais et à la Renaissance, la Lune est considérée comme le dieu des ivrognes, et au moins trois tavernes londoniennes sont nommées "The Man in the Moone".

Exemples et occurrence dans le monde[modifier | modifier le code]

Une tradition voit la figure d'un homme portant un lourd fardeau sur son dos. Il est parfois considéré comme accompagné d'un petit chien[14]. Diverses cultures reconnaissent d'autres exemples de paréidolies, comme le lapin lunaire[15].

Dans l'hémisphère nord, une perception occidentale commune du visage veut que les yeux de la figure sont la Mer des Pluies et la Mer de la Sérénité, son nez est Sinus Aestuum et sa bouche ouverte la Mer des Nuées et la Mare Cognitum[16]. Ce visage humain particulier peut également être vu dans les régions tropicales des deux côtés de l'équateur. Cependant, l'orientation de la Lune associée au visage est observée de moins en moins fréquemment jusqu'à disparaître lorsque l'on se dirige vers le pôle Sud.

Les illustrations conventionnelles de l'homme dans la lune vues dans l'art occidental montrent souvent un visage très simple à la pleine lune, ou un profil humain dans le croissant de lune, ne correspondant à aucune marque réelle.

«L'Homme dans la Lune» peut également désigner un personnage mythologique vivant sur ou dans la Lune, mais qui n'est pas nécessairement représenté par les marques sur la face de la Lune. Un exemple est le vieillard sous la lune, dans la tradition chinoise ou Aiken Drum d'Ecosse[17].

The Man in the Moone de Francis Godwin, publié en 1638, est l'un des premiers romans considérés comme contenant plusieurs traits prototypiques de la science-fiction.

Explication scientifique[modifier | modifier le code]

L'Homme dans la Lune est composé de diverses mers lunaires (lesquelles dépendent de l'image paréidolique vue). Ces vastes zones plates de la Lune sont appelées ainsi car, pendant longtemps, les astronomes pensaient qu'il s'agissait de grandes étendues d'eau. Ce sont de vastes zones formées de lave qui ont recouvert d'anciens cratères puis sont devenus une roche basaltique lisse[18].

La face visible de la Lune, contenant les mers qui composent l'homme, est toujours tournée vers la Terre. Cela est dû à une rotation synchrone[19].

Galerie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Harley, the Rev. Timothy, FRAS (1885). Moon Lore, London; Swan Sonnenschein, Le Bas & Lowry. p. 21. Archived at Internet Sacred Text Archive. Retrieved March 2, 2014.
  2. Baring-Gould, Sabine. "The Man in the Moon", Curious Myths of the Middle Ages, London. Rivington's, 1877, p. 190 Cet article reprend du texte de cette source, qui est dans le domaine public.
  3. Dante, The Divine Comedy, Inferno, canto 20, line 126 and 127. The Dante Dartmouth Project contains the original text and centuries of commentary.
  4. Dante, The Divine Comedy, Paradiso, canto 2, line 51.
  5. Wolfson, Elliot R. "The Face of Jacob in the Moon" in The Seductiveness of Jewish Myth: Challenge or Response? edited by S. Daniel Breslauer, Albany NY; SUNY Press, 1997
  6. Harley, the Rev. Timothy, FRAS (1885). Moon Lore, London; Swan Sonnenschein, Le Bas & Lowry. p. 21
  7. Harley, Timothy (1885). "II. The Man in the Moon." Internet Sacred Text Archive. Retrieved March 2, 2014.
  8. Child, Clarence Griffin (1894). John Lyly and Euphuism. Erlangen [etc.]: A. Deichert. p. 118. (OCLC 1014813258).
  9. Xueting Christine Ni (2018). From Kuan Yin to Chairman Mao: The Essential Guide to Chinese Deities. Red Wheel/Weiser. pp. 40–43. (ISBN 1578636256).
  10. (1899). Report of the 68th Meeting of the British Association for the Advancement of Science 1898. 1899. London: Murray. p. 704.
  11. Chú Cuội or The Man in the Moon
  12. Vietnam's magical Mid-autumn Festival
  13. Fairy Tale of Moon Lady in Vietnam
  14. Evans, Ben (2010). Foothold in the Heavens: The Seventies. Springer Science & Business Media. p. 143. (ISBN 1441963421).
  15. Windling, Terri. "The Symbolism of Rabbits and Hares" Retrieved September 1, 2018.
  16. Skilling, Tom (January 20, 2017). "Ask Tom: What creates the 'man in the moon'?". Chicago Tribune. Retrieved September 1, 2018.
  17. Xueting Christine Ni (2018). From Kuan Yin to Chairman Mao: The Essential Guide to Chinese Deities. Red Wheel/Weiser. p. 141. (ISBN 1578636256).
  18. Harrington, Philip S., and Edward Pascuzzi (1994). Astronomy for All Ages: Discovering the Universe through Activities for Children and Adults. Old Saybrook, CT: Globe Pequot.
  19. « Looking at the Man in the Moon » [archive du ], www.caltech.edu, California Institute of Technology (consulté le 31 juillet 2014)