Hunger Games (roman)

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Hunger Games
Auteur Suzanne Collins
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Directeur de publication Elise Corroyette
Genre Aventures
Science-fiction Dystopie
Version originale
Langue Anglais américain
Titre The Hunger Games
Éditeur Scholastic
Lieu de parution New York
Date de parution
ISBN 0-4390-2348-3
Version française
Traducteur Guillaume Fournier
Éditeur Pocket Jeunesse
Lieu de parution Paris
Date de parution
Couverture Tim O'Brien
Nombre de pages 399
ISBN 2-266-18269-2
Série Hunger Games
Chronologie

Hunger Games (titre original : The Hunger Games) est le premier tome de la trilogie homonyme de Suzanne Collins, paru en 2008.

Il est narré par la jeune Katniss, 16 ans, qui vit dans le district 12, dans la nation post-apocalyptique de Panem (« Pain » en latin), construite sur les ruines de ce qui constituait l'Amérique du Nord.

Le Capitole, une métropole technologiquement avancée, exerce un contrôle politique total sur le reste des douze districts constitutifs de Panem. Il organise chaque année les « Hunger Games » (« Jeux de la Faim », en référence à l'expression latine Panem et circenses : « du pain et des jeux »). Il s'agit d'un jeu télévisé conçu pour maintenir l’ordre durant lequel un garçon et une fille de chaque district, âgés de douze à dix-huit ans, sont tirés au sort lors de la moisson annuelle pour s'affronter dans une arène dans un combat à mort. Parmi les 24 participants, 1 seul survivra.

Le livre a reçu un accueil positif de la plupart des critiques et auteurs. Il a été salué pour la qualité de sa trame narrative et le développement des personnages, bien que certains critiques aient noté des similarités entre le roman et celui de Kōshun Takami, Battle Royale (1999) et surtout avec des œuvres qui ont initié le genre, Le Prix du danger de Robert Sheckley, ou Marche ou crève et Running Man de Stephen King, encore plus noirs et violents que les romans plus récents.

L'auteure du roman a indiqué s'être inspirée de la mythologie grecque (notamment le mythe de Thésée et du Minotaure), de la civilisation romaine ainsi que de la téléréalité contemporaine pour construire l'univers d'Hunger Games.

Il s'agit du premier volet de la trilogie. Il fut suivi par un second tome,L'Embrasement, en 2009, puis par un troisième et dernier, La Révolte, en 2010.

Hunger Games a été adapté au cinéma en 2012.

Résumé[modifier | modifier le code]

On y découvre l'histoire de Katniss Everdeen, une adolescente de 16 ans, qui vit dans une Amérique post-apocalyptique, connue sous le nom de Panem. Un puissant gouvernement répressif, le Capitole, qui s'est formé après une période de troubles et de destruction, contrôle les douze districts qui forment Panem. Après la rébellion menée par le treizième district, qui fut complètement rasé, le Capitole créa un jeu télévisé appelé Hunger Games, qui consiste à choisir deux adolescents (une fille et un garçon) entre 12 et 18 ans dans chacun des 12 districts (soit 24 participants, appelés « tributs »). Le choix des tributs (« la moisson ») du district 12 se déroule sur la grande place : les tributs sont placés par âge. Tout le monde doit y assister. Il y a une grande scène sur laquelle une hôtesse tire au sort le nom des élus, un pour les garçons et l'autre pour les filles.

Après un passage au Capitole pour des divertissements (défilé et interview entre autres), les tributs de chaque district seront ensuite isolés dans une immense arène recelant un écosystème (comme des forêts, des territoires montagneux, des plaines, des ruines, des jungles, etc.), remplie de caméras et de pièges mortels, dont il ne peut y avoir qu'un seul survivant (qui sera couvert de richesse) : c'est un remake des jeux de gladiateurs de Rome antique. Toute la population du pays est obligée de regarder les jeux. Lors des 74e Hunger Games, la jeune sœur de Katniss, Primrose (surnommée Prim), alors âgée de 12 ans, est tirée au sort pour participer aux Hunger Games et représenter le District 12. Katniss se porte volontaire pour prendre sa place afin de la sauver d'une mort presque certaine. Avec Peeta Mellark, tribut masculin du district Douze, elle part en direction du Capitole pour les pires semaines de sa vie.

À la fin du roman, Katniss menace de se suicider avec Peeta. Le Capitole laisse alors deux vainqueurs l'emporter. La population y voit un signe de rébellion. L'embrasement vient de commencer…

Contexte[modifier | modifier le code]

Correspondance supposée entre les actuels États américains et les Districts de Panem ; la montée des océans et le débordement au-delà des frontières américaines n'étant pas pris en compte.
  • Capitole
  • District 1 (produits de luxe)
  • District 2 (construction, armement, forces de l'ordre)
  • District 3 (électronique)
  • District 4 (pêche)
  • District 5 (énergie)
  • District 6 (transports)
  • District 7 (bois)
  • District 8 (textile)
  • District 9 (blé)
  • District 10 (bétail)
  • District 11 (agriculture, notamment fruits et légumes)
  • District 12 (charbon)
  • District 13 (graphite, armement, missiles nucléaires)

Panem est une nation née de ce qu'était précédemment les États-Unis. Elle est constituée d'une capitale appelée « Capitole », de douze districts soumis et d'un ultime District 13, détruit lors d'une rébellion passée dont la punition fut l'imposition aux 12 premiers districts des Hunger Games. Il est dit dans le roman que le Capitole est situé dans l'Ouest Américain. On apprend aussi que le District 12 serait localisé dans une ancienne région riche et dynamique nommée « Appalaches ». La localisation des autres districts n'est pas donnée, cependant Suzanne Collins a précisé que les districts n'étaient pas placés dans un quelconque ordre géographique croissant, que le continent avait été victime de désastres naturels et qu'une partie des terres avait été recouverte par les eaux.

Les districts ont un niveau de vie de plus en plus bas selon leur numéro, les districts 11 et 12 étant de loin les plus pauvres tandis que le 1, le 2 et le 4 sont les plus riches (le 3 étant une exception). On peut croire que les districts 3, 5, 6, 7, 8, 9 et 10 ont une richesse moyenne comparés aux autres districts, le Capitole dépassant tout de même de loin les 1, 2 et 4. Les districts ont des superficies et des populations variables, le District 12 n'ayant par exemple qu'une population de 8 000 individus tandis que le District 11 s'étend sur des centaines de kilomètres et possède une population importante.

Chaque district est spécialisé dans un domaine de production pour desservir les besoins des habitants du Capitole :

  • District 1 : Les objets de luxe (Luxury), comme les meubles, les bijoux et les décorations intérieures.
  • District 2 : Officiellement les objets de maçonnerie (Masonry), comme les bâtiments de pierre, les routes et les outils mais en réalité le 2 se charge des armes et de fournir des pacificateurs.
  • District 3 : La technologie (Technology), comme les divertissements, les gadgets et les appareils de communication.
  • District 4 : La pêche (Fishing), comme les poissons, les fruits de mer et les algues.
  • District 5 : L'énergie (Power), comme l'électricité, et les batteries.
  • District 6 : Les transports (Transportation), comme les hovercrafts et les trains.
  • District 7 : L'industrie forestière (Lumber), comme le papier, les matériaux de construction et les meubles.
  • District 8 : Le textile (Textiles), comme les vêtements, les uniformes des Pacificateurs et les perruques.
  • District 9 : Les céréales (Grain), comme le blé, le maïs et le foin.
  • District 10 : Le bétail (Livestock), comme le bœuf, le porc et les volailles.
  • District 11 : L'agriculture (Agriculture), comme les fruits, les légumes et les arbres décoratifs.
  • District 12 : Les ressources minérales (Mining), comme le charbon, les métaux et les pierres.
  • District 13 : Officiellement le graphite (Graphite), comme certains métaux et pierres, mais en réalité (comme pour le 2) il a une autre fonction : le nucléaire (Nuclear).

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Katniss Everdeen : narratrice et personnage principal ; elle habite le quartier pauvre du district Douze (la Veine). Elle participe à ses premiers Hunger Games (les 74e) à l'âge de seize ans, après s'être portée volontaire à la place de sa petite sœur Primrose tirée au sort. Exceptionnellement, elle remporte les Jeux avec un autre vainqueur, Peeta, qu'elle réussit à sauver. C'est elle qui entraînera la rébellion dans les districts sous le surnom de geai moqueur.
  • Peeta Mellark : partenaire de Katniss pour les 74e Hunger Games, il déclare qu'il l'aime au présentateur télé chargé de les interviewer, à la grande surprise de celle-ci. Son père et sa mère sont les boulangers du district Douze. Lorsque Katniss avait onze ans, il a sauvé sa famille de la famine en lui offrant du pain. Lors des Jeux, il s'allie pendant un temps aux tributs des Districts 1 et 2. Il est ensuite blessé par l'un d'eux, Cato. Dans le second tome, Katniss et lui entament la Tournée des Vainqueurs, ils décident de se fiancer afin d'apaiser la rébellion puis ils sont propulsés de nouveau dans l'arène. Dans le troisième, on lui fait un lavage de cerveau au Capitole qui l'amène à prendre Katniss pour une monstrueuse mutation génétique, mais guéri, il redevient amoureux de Katniss. Il aura deux enfants, une fille et un garçon, avec elle.
  • Haymitch Abernathy : Il a gagné les 50e Hunger Games et par la même occasion la seconde édition des Jeux de l'Expiation (qui avait comme particularité d'avoir 48 tributs et non 24). Il est le mentor des tributs du District 12, soit de Katniss et de Peeta lors des 74e et 75e Hunger Games. Il est tiré au sort lors des 75e Hunger Games, mais Peeta se porte volontaire pour prendre sa place. Malgré son alcoolisme, il leur est d'une aide précieuse tout au long de l'histoire.
  • Effie Trinket : Elle tire au sort les tributs du District 12 et s'occupe d'eux lors de leur préparation pour les Hunger Games. Elle aime à dire qu'elle est « fière de ses vainqueurs ». Elle vit au Capitole dans les 2 premiers tomes et porte donc des tenues et des coiffures extravagantes. Elle sera détenue par le Capitole dans le tome 3.
  • Gale Hawthorne : C'est le meilleur ami de Katniss et son partenaire de chasse. Il se fait passer pour son cousin auprès du Capitole pour que l'histoire d'amour entre Peeta et Katniss ait l'air réelle. Il est amoureux d'elle, mais elle ne peut pas choisir entre lui et Peeta avant la fin du tome 3.
  • Primrose Everdeen : Elle est la petite sœur de Katniss. Dans le premier tome, elle est âgée de douze ans. Elle a été tirée au sort pour les 74e Hunger Games, mais Katniss s'est portée volontaire pour prendre sa place. Elle symbolise l'espoir de Katniss dans les trois tomes. Lors de la rébellion, elle deviendra infirmière.
  • Cinna : Styliste de Katniss dans les 1er et 2e tomes, c'est lui qui confectionne les tenues les plus célèbres de Katniss. C'est en partie grâce à lui qu'elle a pu survivre car ses robes l'ont rendue inoubliable et elle a pu attirer les sponsors. Il est exécuté par le Capitole dans le 2e tome pour avoir créé une robe de Geai Moqueur.
  • Coriolanus Snow : C'est le président de Panem, il siège au Capitole. Il est très cruel et prend plaisir à regarder les Hunger Games. Il déteste Katniss, lui infligeant des tortures physiques et mentales, car celle-ci défie son pouvoir et entraîne la révolte des districts.
  • Rue et Thresh : les tributs du District 11 lors des 74e Hunger Games. Katniss et Rue s'allient, mais Rue est tuée d'un épieu dans le ventre par Marvel. Katniss le tue d'une flèche puis recouvre le corps de Rue de fleurs et lui chante une berceuse car elle lui rappelle beaucoup sa sœur. Katniss, très affligée par la mort de Rue, est ensuite attaquée par Clove, mais elle est défendue par Thresh qui tue Clove et la laisse partir en souvenir de Rue. Tresh meurt tué par Cato lors de la dernière nuit passée dans l'arène.
  • Marvel, Glimmer, Cato et Clove : tributs des Districts 1 et 2 lors des 74e Hunger Games. Ils sont dits tributs de Carrière car ils sont entraînés pour les Jeux depuis l'enfance. Marvel tue Rue avant d'être tué par Katniss, d'une flèche. Glimmer meurt des piqûres de guêpes tueuses lâchées par Katniss. Clove a le crâne fracassé par Tresh. Cato est mutilé par des créatures canines génétiquement modifiées avant que Katniss ne l'achève d'une flèche. Katniss a donc tué presque tous les tributs de Carrière à elle seule, ce qui est un exploit.
  • La Renarde (Foxface en anglais) : tribut féminin du District 5 lors des 74e Hunger Games de Katniss. Elle est très rusée, comme l'indique son nom. Elle meurt empoisonnée après avoir mangé des baies que Peeta avait cueillies en ignorant qu'elles étaient toxiques. Elle est très intelligente, volant les ressources des Carrières seulement par petites quantités pour qu'ils ne s'en rendent pas compte.
  • Caesar Flickerman : Le présentateur des Hunger Games. Selon Katniss, il essaie d'aider les tributs en les mettant à l'aise. Il vit au Capitole et s'habille donc comme tel : maquillage, perruque...
  • Venia, Flavius et Octavia : Préparateurs de Katniss pendant les Hunger Games 1 et 2. Ils sont accoutrés à la manière du Capitole (peaux colorées, tatouages dorés, etc.). Ils sont séquestrés par les rebelles pour avoir volé du pain.
  • Seneca Crane : Haut Juge de la 74e édition des Hunger Games. On apprendra dans le 2e tome qu'il a été pendu pour avoir accepté qu'il y ait 2 vainqueurs aux 74e Hunger Games. Il sera remplacé lors des 75èmes Jeux.

Développement[modifier | modifier le code]

Références à la Grèce antique[modifier | modifier le code]

Vase représentant le mythe de Thésée et du Minotaure, dont s’inspire l’univers d’Hunger Games

L’univers d’Hungers Games possède de nombreuses références à la mythologie grecque.

L'auteure de la saga, Suzanne Collins explique s'être inspirée en particulier du mythe de Thésée et du Minotaure. Dans celui-ci, le Minotaure, un monstre crétois mi-homme mi-taureau, recevait chaque année sept jeunes Athéniennes et sept jeunes Athéniens, soit quatorze jeunes gens, en « tribut », pour les dévorer dans son labyrinthe[1].

Pour le chercheur français Fabien Bièvre-Perrin, de nombreuses similitudes existent également entre l’héroïne Katniss et la déesse de la chasse Artémis (ou Diane chez les Romains)[2]. Tout comme elle, Katniss est une excellente chasseuse. Elle possède d’ailleurs la même arme de prédilection que la déesse : l’arc[3].

La cornu copia, « corne d'abondance » en latin, fait, elle, référence à un objet mythologique utilisé par Ploutos, le dieu de la richesse et de l'abondance dans la mythologie grecque[4].

Enfin, plusieurs noms de personnages font référence à la mythologie grecque. Le nom d'Effie, l'hôtesse des Jeux pour le district Douze, provient par exemple d'une martyre grecque nommée Euphémie de Chalcédoine[5]. Dans le tome 3, le nom de la réalisatrice, Cressida, fait également référence à une héroïne et martyre de la guerre de Troie.

Références à la Rome antique[modifier | modifier le code]

L’histoire de la Rome antique a également inspiré Collins dans la création du contexte politique et des personnages d’Hunger Games.

Le nom du pays, Panem, vient de la célèbre formule du poète Juvénal Panem et circenses (« Du pain et des jeux », Satire 10, vers 81), qui fait référence aux deux seuls centres d'intérêt des Romains du Ier siècle selon lui : la nourriture et le divertissement[6].

La capitole de Panem, Le Capitole, fait référence à la colline où siégeait le pouvoir à Rome, et qui a également donné son nom au Congrès américain de Washington. Les forces militaires et policières de Panem, les Pacificateurs, évoquent, elles, les légions romaines. La durée d'engagement des Pacificateurs (vingt ans) ainsi que le fait qu'ils soient souvent endettés ou coupables, torts absous par l'engagement au sein de gardiens de la paix, sont par ailleurs identiques aux conditions de volontariat dans l'armée romaine[6].

L'arène d'Hunger Games serait inspirée de l'arène des gladiateurs à Rome.

Le concept même des jeux de la faim évoque largement les combats de gladiateurs romains. Tout comme les gladiateurs devaient gagner les faveurs du public pour tenter de survivre, Katniss et les autres « tribus » doivent séduire les « sponsors » afin d’obtenir de la nourriture et des soins, une fois dans l’arène[6].

Dans le tome 1, Katniss raconte qu’une année, les tributs du Douze « étaient entièrement nus et recouverts d’une poudre noire » lors de la Parade des tributs. Cette forme de défilé est inspirée de la cérémonie du triomphe à Rome. Elle pourrait également renvoyer à l’empereur romain Héliogabale qui avait défilé dans les rues de Rome sur un char, nu et recouvert de poussière d’or[7].

Tout au long de l'histoire d’Hunger Games, on trouve des personnages dont les noms font référence à la Rome antique.

Le nom du président de Panem, Coriolanus Snow, par exemple fait écho à Caius Marcius Coriolanus, un homme d'État et général romain, qui chercha à plusieurs reprises à renverser la République romaine et à prendre le pouvoir. Le styliste Cinna porte le même nom que le consul romain Lucius Cornelius Cinna. Le nom du Haut-Juge, Seneca, vient du philosophe romain Sénèque (Lucius Annaeus Seneca) qui fut contraint de se suicider sur ordre de l'empereur Néron[6]. Le combattant Cato est inspiré de celui de deux hommes politiques qui ont existé à Rome : Caton l'Ancien, dit le Censeur, et Caton le Jeune, dit d'Utique. Dans Hunger Games, il y a aussi un César, un Coriolan, un Plutarque

La mythologie romaine a également inspiré la saga. Dans le tome 3, les deux caméramans qui accompagnent Katniss se nomment Castor et Pollux. Il s'agit de deux frères. Leurs noms font sans doute référence aux deux fils de Jupiter dans la mythologie romaine.

Enfin, le système de Tesserae décrit par le premier tome, est inspiré de jetons, les tessera, qui donnaient droit à des sacs de grain dans la Rome antique[8].

Réception[modifier | modifier le code]

Ressemblances avec d'autres œuvres[modifier | modifier le code]

Bien que salué pour son message et la qualité de son intrigue, la trilogie The Hunger Games a été critiquée pour ses ressemblances avec les univers d'œuvres antérieures, comme Battle Royale バトル・ロワイアル (Batoru rowaiaru?) de Kōshun Takami[9] ainsi que Running Man (The Running Man) et Marche ou crève (The Long Walk) de Stephen King[10]. On peut aussi mentionner le roman de William Golding Sa Majesté des mouches ou le film d'Elio Petri de 1965 La Dixième Victime[11], avec Marcello Mastroianni et Ursula Andress.

Avec Battle Royale[modifier | modifier le code]

Certains défenseurs de Hunger Games, comme Eric Eisenberg, tentent de réduire les similitudes au concept de départ, la plongée d'un jeune adulte dans un combat à mort avec d'autres jeunes gens, avec obligation d'éliminer tous les autres pour survivre. Ils soulignent que non seulement l'univers, mais l'enjeu sont différents : Battle Royale est une histoire dont l'intrigue est surtout la survie des personnages, et l'histoire s'inscrit dans un monde à peine différent du monde réel. Hunger Games se situe dans un futur post-apocalyptique, et les combats entre jeunes gens sont un pilier de l'organisation sociale de ce monde. L'enjeu de l'histoire est non seulement la survie de l'héroïne, mais aussi le renversement du système politique — quoique cette différence-là n'apparaisse pas vraiment si on considère le premier volet de la trilogie pris à part[12]. Cette analyse, valable pour le film, ne résiste pas à la lecture du roman de Takami : le renversement du système politique est le moteur même de Shogo Kawada et de Shinji Mimura, qui entraînent dans ce combat Shuya Nanahara, Noriko Nakagawa et Yutaka Seto. La rébellion sera au cœur de la suite de Battle Royale, Blitz Royale.

Le système de gouvernement est assez similaire, puisqu'il s'agit dans les deux cas d'un système totalitaire réprimant durement toute forme de subversion. La différence est plus subtile, le gouvernement de Battle Royale ayant des aspects staliniens (malgré une terminologie nazie), alors que celui de Hunger Games est sans équivoque un régime d'extrême-droite, bien qu'une référence à un système proche du Conseil d'assistance économique mutuelle de Staline soit présent.

Dans les deux cas, les héros faussent l'issue du jeu, étant plusieurs à survivre. Les encouragements obscènes des organisateurs et, dans le cas du film, l'extrême mise en scène des combats dans Battle Royale préfigurent la médiatisation à outrance de ceux de Hunger Games. Dans les deux livres, les combats font l'objet de paris.

Malgré ces points communs, Suzanne Collins assure qu'elle n'avait jamais lu Battle Royale, et son éditeur l'en a dissuadée après les premières critiques, pour éviter justement toute influence[13]. Parmi les différences fondamentales, le New York Times relève que Battle Royale est à sa manière un essai sur l'adolescence, période de révolte avec ses accès de fureur sauvage, alors que les protagonistes de Hunger Games sont des modèles de responsabilité[13]. De son côté Eric Eisenberg estime fondamentale la différence entre science-fiction et uchronie contemporaine[12].

Avec Running Man[modifier | modifier le code]

La dimension politique des jeux se trouve également dans le roman Running Man. La ressemblance peut être trouvée dans la critique de ces « Jeux du Cirque » modernes largement diffusés par le réseau télévisuel du Capitole et d'une certaine façon, dans la nature du défi qui est imposé aux « Tributs ».

Dans le roman de Stephen King, les Jeux ont été mis en place par le gouvernement totalitaire afin de canaliser la violence d'une société exploitée et révoltée. Le héros du roman n'est pas choisi uniquement pour ses qualités physiques ou psychiques, mais aussi parce qu'il représente un potentiel électron libre que cette société répressive doit éliminer pour assurer sa pérennité. Cette solution cynique est également présente dans Hunger Games puisque les Jeux ont pour but principal de rappeler à chaque District qu'il n'existe que parce que le Capitole le tolère.

Le combat devient un pilier de l'organisation sociale mais aussi son reflet. Les Districts aux chiffres les plus élevés (11 et 12) apparaissent comme nettement défavorisés par rapport aux premiers dont les champions ont été entraînés spécialement en vue de ces combats. Cette dimension existe aussi dans Running Man puisque le héros n'a que son esprit et son désespoir à opposer aux « Chasseurs » surentraînés et armés.

On constate de nombreuses similitudes entre les films Le Prix du danger d'Yves Boisset et Running Man de Paul Michael Glaser, sorti quatre ans plus tard, en 1987. Dans les années 1990, une plainte de l'équipe du Prix du danger fut déposée à l'encontre de Running Man pour plagiat. Le film de Glaser est inspiré du roman de Stephen King[14], Running Man (The Running Man), sorti en 1982, lui-même inspiré, tout comme le film de Boisset, de la nouvelle de Robert Sheckley, Le Prix du danger (The Prize of Peril) publiée en 1958.

Adaptation[modifier | modifier le code]

Le film, réalisé par Gary Ross, est sorti en France le . Jennifer Lawrence a été choisie pour interpréter le rôle de Katniss. À ses côtés, Josh Hutcherson joue le rôle de Peeta Mellark, Liam Hemsworth celui de Gale Hawthorne, Elizabeth Banks celui d'Effie Trinket et Lenny Kravitz dans le rôle de Cinna.

Suites[modifier | modifier le code]

Le deuxième tome de la trilogie, L'Embrasement, est paru en 2009, alors que Suzanne Collins travaille sur le scénario de l'adaptation des romans au cinéma.

Le troisième et dernier tome a pour titre Mockingjay ; il est sorti le aux États-Unis. Il se nomme en français Hunger Games : La Révolte et a été publié le .

Notes et références[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Thomas Colpaert, « Hunger Games (D8) : les sources d'inspiration de la saga culte », TV Loisirs,‎ (lire en ligne, consulté le 31 mars 2020)
  2. Fabien Bièvre-Perrin, Antiquipop: La référence à l’Antiquité dans la culture populaire contemporaine, MOM Éditions, (lire en ligne), p. 144
  3. Samuelle BARBIER, « La vision de l'antiquité gréco-latine dans les hunger games de Suzanne Collins, première partie », Université d'Artois,‎ (lire en ligne, consulté le 31 mars 2020)
  4. Léon Lacroix, Les reproductions de statues sur les monnaies grecques: La statuaire archaïque et classique, Presses universitaires de Liège, (lire en ligne), p. 225
  5. (en) Elizabeth A. Castelli, Religions of Late Antiquity in Practice, Princeton University Press, , p. 464
  6. a b c et d Fabien Bièvre-Perrin, « Hunger games – Panem et circenses (du pain et des jeux) », Antiquipop,‎ (lire en ligne, consulté le 29 mars 2020)
  7. Lucien Jerphagnon, Histoire de la Rome antique, les armes et les mots, Hachette Littératures, , p. 401-402
  8. (en) Sir William Smith, A dictionary of Greek and Roman antiquities, Taylor, Walton and Maberley, , p. 550
  9. Charles Martin, « Hunger Games, la critique : Battle Royale hollywoodien », Reviewer, (consulté le 22 janvier 2013)
  10. Victor Constant, « The Hunger Games, comme un air de déjà-vu », Le Délit, (consulté le 22 janvier 2013)
  11. La Dixième Victime (1965) sur IMDB.
  12. a et b (en) Eric Eisenberg, « 5 Reasons The Hunger Games Isn't Battle Royale », Cinema Blend, (consulté le 22 janvier 2013)
  13. a et b (en) Susan Dominus, « Suzanne Collins’s War Stories for Kids », Cinema Blend, (consulté le 22 janvier 2013)
  14. Sous le pseudonyme de Richard Bachman.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]