Hibiscus sabdariffa

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L'Oseille de Guinée (Hibiscus sabdariffa, également appelé Bissap ou Roselle) est une plante herbacée de la famille des Malvacées qui pousse en zone tropicale, notamment en Guinée d'où elle vient puis s'est ensuite propagée dans le reste de l'Afrique de l'ouest (Sénégal, Burkina Faso, Mauritanie, Bénin, Togo, Niger, sud du Mali, nord de la Côte d'Ivoire), au Botswana, et au Congo. Cette plante est aussi connue en Égypte, au Soudan, en Centrafrique (appelé karakandji), au Cameroun (appelée foléré) et au Mexique où on l'appelle flor de Jamaica. En Martinique et en Guadeloupe, elle est appelée Groseille pays (Gwozey peyi en créole) ou simplement Groseille [1],[2] ainsi qu'en Asie du Sud Est.

Le karkadé - parfois orthographié « carcadet » -, ou bissap, est la boisson préparée à partir des fleurs de cet hibiscus à fleurs rouges.

Description de la plante[modifier | modifier le code]

Utilisation des calices[modifier | modifier le code]

Une boisson rafraîchissante

Un jus rouge est obtenu à partir des calices séchés portés à ébullition 5 minutes (une petite poignée de calices avec un peu d'eau et du sucre). Ce sirop parfume fortement l'eau bien fraîche dans laquelle on le verse. C'est la boisson nationale de la Guinée, de la Mauritanie, du Mali, du Sénégal, du Burkina Faso, du nord du Bénin et en Côte d'Ivoire où cette plante est cultivée jusqu'aux abords du désert. C'est aussi une boisson très populaire en Égypte et au Soudan sous le nom de karkadé. On peut aussi utiliser les calices en infusion en mettant simplement quelques-uns dans de l'eau très chaude. On y ajoute parfois des feuilles de menthe.

Autres noms communs du bissap : thé rose d'Abyssinie. Au Mali, dableni (du bambara, passé dans l'usage local de la langue française en dah rouge) et djoussouma tchireye en songhaï[réf. nécessaire], langue parlée à Tombouctou et dans la région de Gao, ou encore djisma tchiré en dendi (langue du nord du Bénin apparentée au djerma ou songhaï). On l'appelle Ngai Ngai au Congo-Brazza et au Congo-Kinshasa où les calices se consomment sous forme de compote qui se conserve au frais et accompagne les plats en grillade. On l'appelle groseille pays aux Antilles françaises. On l'appelle karkadé en Égypte et folléré au Cameroun et karkandji en sango. Le nom de bissap vient du wolof (langue la plus parlée du Sénégal.)

Utilisation des feuilles

Les feuilles d'oseille de Guinée sont utilisées au Cameroun, au Congo Kinshasa, au Congo Brazzaville et au Gabon comme légumes en purée ou en sauce. On peut ajouter du beurre d'arachide ou les aubergines en purée pour atténuer l'acidité de la sauce ou de la purée et ceci accompagne parfaitement le poisson ou la volaille grillé dont il relève le goût.

Vertus attribuées[modifier | modifier le code]

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L’infusion d’hibiscus sabdariffa posséderait des vertus médicinales. Elle pourrait faire baisser la pression artérielle[3], diminuant ainsi le risque de maladies cardio-vasculaires. Des chercheurs de l’université Tufts à Boston ont réalisé une étude sur 65 hommes et femmes en bonne santé qui avaient cependant une pression artérielle légèrement plus haute que la moyenne.

La moitié des participants a bu trois tasses d’infusion d'hibiscus par jour et l’autre moitié, un placebo aromatisé. Après six semaines, les chercheurs ont remarqué que la pression artérielle du groupe qui a bu l’infusion d’hibiscus a baissé, ils ont pu constater une réduction en moyenne de 7 de leur valeur systolique (premier chiffre). «Ces changements de pression, même légers et s’ils sont maintenus dans le temps peuvent agir sur l’hypertension, réduisant ainsi le risque d’accident vasculaire ou de crise cardiaque», conclut le professeur Diane McKay de l’université Tufts de Boston[4].

Les études phytochimiques ont montré la présence d’acides organiques, d’anthocyanosides, responsables de la couleur rouge de l’infusion, de flavonoïdes, de mucilages, de pectines et d’une huile essentielle (eugénol). Ces composants expliquent l’action anti-inflammatoire (ses capacités anti-inflammatoires ont été évaluées par une équipe de chercheurs taïwanais en 2009), adoucissante, antiasthénique, antispasmodique et légèrement laxative de l’hibiscus. On l'utilise pour apaiser l'inflammation des voies respiratoires, les spasmes gastro-intestinaux, lutter contre la fatigue.

Elle aurait des vertus amincissantes et tonifiantes. Pour soulager ou espacer les crises, les malades de Crohn peuvent essayer les tisanes d’hibiscus. Considéré comme un régénérant de l’organisme, l’hibiscus ou encore karkadé est diurétique, bénéfique pour le foie et l’hypertension. Il offre des qualités revitalisantes et de drainage. Reconnu pour faciliter la digestion, l’hibiscus est aussi un tonifiant grâce à la vitamine C qu’il contient.

En externe, les compresses imbibées d’infusion réduisent les œdèmes, les eczémas suintants, les dermatoses ainsi que les abcès.

Produits dérivés[modifier | modifier le code]

  • Le bissap peut parfumer d'autres boissons ou cocktails de fruits.
  • Au Mali, on fabrique de la confiture et du jus de dah rouge.
  • Mélangées à du henné, les fleurs donnent une coloration rouge vif naturelle aux cheveux et les fait briller (les fleurs desséchées sont réduites en poudre puis mélangées au henné, du vinaigre de pomme et de l'eau bien chaude, application puis laisser reposer pendant 3 heures).
  • Une décoction concentrée des fleurs (blanches de préférence) fait cailler le lait de soja (Tofu)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La groseille (Gwozey peyi) », sur maisonscreoles.net, (consulté le 19 novembre 2016)
  2. « La groseille (Gwozey peyi) » [Le groseillier pays - Hibiscus sabdariffa], sur fortdefrance.fr (consulté le 19 novembre 2016)
  3. « Bissap - Un excellent remède contre l'hypertension », Odibis,‎ (lire en ligne)
  4. « Hibiscus sabdariffa L. tea (tisane) lowers blood pressure in prehypertensive and mildly hypertensive adults | Friedman School of Nutrition Science and Policy », sur www.nutrition.tufts.edu (consulté le 15 septembre 2015)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hélène Paul, "Hibiscus sabdariffa" L., thèse, 1995
  • Caroline Lebecq, Travaux scientifiques récents concernant les Hibiscus esculentus, mutabilis, rosa sinensis, sabdariffa et syriacus (Malvacées), thèse, 2002
  • Abraham Endrias, Bio-raffinage de plantes aromatiques et médicinales appliqué à l'Hibiscus sabdariffa L. et à l'Artemisia annua, thèse, 2006
  • Alain Huetz de Lemps, Boissons et civilisations en Afrique, Presses Universitaires de Bordeaux, Pessac, 2001, p. 272-274 (ISBN 2-86781-282-8)