Karité

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Le karité (Vitellaria paradoxa) est l'unique espèce connue du genre Vitellaria et de la famille des Sapotaceae Il existe deux sous-espèces de karité, Le karité Nilotica (Afrique de l'Est) et le karité Paradoxa (Afrique de l'Ouest) . C'est un arbre poussant dans les savanes arborées de l'Afrique de l'Ouest (Mali, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Ghana, Guinée, Nigeria, Bénin, Sénégal) ainsi qu'au Cameroun, en République du Congo, RDC, Soudan et en Ouganda. La qualité d'un beurre de karité dépend du terroir de provenance de la noix de karité, de la qualité des amandes et du mode de production du beurre (traditionnel, mécanisé ou semi-mécanisé, industriel. Il n'existe pas à ce jour de standards de qualité mondialement reconnu, chaque entreprise ayant ses propres critères. L'alliance globale du Karité réunissant tous les acteurs de l'industrie du karité a pour but de définir des standards qui manquent cruellement à la filière au détriments des 16.000.000 de productrices de karité d'Afrique. Bien qu'il perde de son importance au profit d'autres cultures, le karité est un arbre considéré comme sacré et à ce titre, les autochtones ne conçoivent ni de le couper, ni de le détruire de quelque manière que ce soit.

L'espèce est sur la liste des espèces menacées de l'UICN principalement en raison des feux de brousse d'origine humaine.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom « karité » signifie « arbre à beurre » en wolof. On l'appelle aussi si yiri (prononcer "shi yiri") en bambara (d'où son nom anglais, « shea tree »). Au bénin on l'appelle Tangue en Biali

L'arbre est mieux connu sous son ancien nom : Butyrospermum parkii (G. Don) Kotschy (Butyrospermum signifiant « graines de beurre »; l'épithète « parkii » honorant Mungo Park, qui « découvrit » l'arbre en explorant le Sénégal).

Dans le récit de son Voyage à Tombouctou et à Djenné dans l’intérieur de l’Afrique, René Caillé utilise le terme « cé » (du Bambara si) pour nommer cet arbre.

Description[modifier | modifier le code]

Le karité peut atteindre une quinzaine de mètres de haut et le diamètre de son tronc peut faire plus d'un mètre. Il peut vivre de 2 à 3 siècles.

Culture[modifier | modifier le code]

Fruits

Il faut attendre 15 ans pour qu'un arbre issu de semis donne ses premiers fruits. Le karité n'atteint l'âge adulte que vers 30 ans où il pourra produire 20 kg de fruits, soit 5 kg d'amandes sèches pour obtenir moins d'1 kg de beurre de karité. L'arbre donne le maximum de fructification entre 50 et 100 ans, ce qui est un grand obstacle à sa culture.

Noix de karité

Le fruit, appelé également karité, se présente sous la forme de grappes de fruits ovoïdes de couleur vert sombre à brun mesurant entre quatre et huit centimètres de long. C'est une baie charnue renfermant une, voire deux amandes dures (comparable à une graine d'avocat i.e. son noyau), d'une teinte blanchâtre entourée(s) d'une coque mince et de pulpe (55 %). Chaque amande recèle une matière grasse pour environ la moitié de son poids.

Les fruits de karité sont ramassés entre mi-juin et mi-septembre pour fabriquer le beurre de karité. Le bois de karité est utilisé pour la confection de divers objets dont le fameux bol des Dogons, le bandiagara.

Le Nigeria est le premier producteur de karité, suivi du Mali et du Burkina Faso.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Dans les pays de l'Ouest de l'Afrique, le beurre de karité est utilisé pour l'alimentation, la santé et la beauté (soin de la peau et des cheveux contre les conditions climatiques), les rituels sacrés...

Dans les pays occidentaux, contrairement à l'idée commune, le karité est principalement présent dans l'industrie agroalimentaire en tant qu'exhausteur de gôut (margarine, pâte feuilletée, chocolat). Il est indiqué sous la mention "matière grasse végétale" ce qui explique la méconnaissance de son utilisation dans cette industrie. Le karité a connu une renommée internationale il y a une dizaine d'année grâce à l'industrie cosmétique. Il est intégré à divers pourcentage non indiqué sur les étiquettes dans les produits cosmétiques pour ses vertus nourrissantes et réparatrices.

Synonymes[modifier | modifier le code]

  • Bassia parkii G.Don
  • Butyrospermum paradoxum (C.F.Gaertn.) Hepper
  • Butyrospermum paradoxum subsp. parkii (G.Don) Hepper
  • Butyrospermum parkii (G.Don) Kotschy


Galerie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Allal F, Vaillant A, Sanou H, Kelly B, Bouvet JM, Isolation and characterization of new microsatellite markers in shea tree (Vitellaria paradoxa C. F. Gaertn) ; Mol Ecol Resour [2008, 8(4):822-824] (PMID:21585902) et résumé

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Vitellaria[modifier | modifier le code]

Vitellaria paradoxa[modifier | modifier le code]