Hesbécourt

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Ne doit pas être confondu avec Herbécourt.

Hesbécourt
Hesbécourt
La mairie est juste en face de l'église, de l'autre côté de la rue.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Somme
Arrondissement Péronne
Canton Péronne
Intercommunalité Communauté de communes de la Haute-Somme
Maire
Mandat
Louis Cazier
2014-2020
Code postal 80240
Code commune 80435
Démographie
Gentilé Les Hesbécourtois
Les Hesbécourtoises
Population
municipale
55 hab. (2015 en diminution de 3,51 % par rapport à 2010)
Densité 15 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 56′ 42″ nord, 3° 07′ 50″ est
Altitude Min. 89 m
Max. 141 m
Superficie 3,62 km2
Localisation

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Hesbécourt est une commune française située dans le département de la Somme, en région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune se situe à une vingtaine de kilomètres à l'est de Péronne et à peu près la même distance de Saint-Quentin, au sud-est.

Géographie physique[modifier | modifier le code]

Nature du sol et du sous-sol[modifier | modifier le code]

Le sol est de nature argilo-calcaire et argilo-siliceux excepté dans le sud-ouest du territoire communale ou c'est le calcaire qui domine sur une cinquantaine d'hectares[1].

Relief, paysage, végétation[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune d'Hesbécourt s'élève en amphithéâtre incliné vers le sud-ouest. Le point culminant de la commune est situé au lieu-dit « La Motte ». Une seconde petite colline s'élève à 116 m[1].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La commune n'est traversée par aucun cours d'eau. La nappe phréatique est située à une assez grande profondeur[1].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de la commune est tempéré océanique avec vent dominants de nord-est et sud-est[1].

Géographie humaine[modifier | modifier le code]

Urbanisme et aménagement du territoire[modifier | modifier le code]

La commune présente un habitat groupé au chef-lieu.

Activité économique et de services[modifier | modifier le code]

L'agriculture reste l'activité dominante de la commune.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Hesbécourt
Templeux-le-Guérard Villeret
(Aisne)
Roisel Hesbécourt Jeancourt
(Aisne)
Hervilly

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Hesbécourt était au Moyen Âge un simple hameau dépendant de la paroisse de Jeancourt sous le patronage de l'abbaye Saint-Eloi de Noyon.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Un aveu de 1503 révèle que Jeanne d'Hervilly possédait un fief à Hesbécourt. Au XVIIIe siècle, la seigneurie d'Hesbécourt était partagée entre le chapitre de Saint-Quentin et la duchesse d'Olonne.

Après la Révocation de l'édit de Nantes, en 1685, au lieu-dit « La Boîte à Cailloux » , se tirent des assemblées du désert où les protestants des environs se rassemblaient clandestinement sous la présidence de Jean Gardien Givry, prédicateur itinérant[2].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Hesbécourt pendant la guerre 1914-1918[modifier | modifier le code]

Comme beaucoup d'autres villages de la région, Hesbécourt est sorti meurtri de la Grande Guerre car le village a été entièrement rasé en 1917 par les Allemands.

1914-1917, Hesbécourt occupé par les Allemands

Le 28 août 1914, soit moins d'un mois après la déclaration de guerre, l'armée française bat en retraite vers l'ouest et les Allemands arrivent à Hesbécourt[3]. Dès lors commença l'occupation allemande qui dura jusqu'en mars 1917. Le front se situant à une vingtaine de kilomètres à l'ouest vers Péronne, l'activité des occupants consistait principalement à assurer le logement des combattants et l'approvisionnement en nourriture. Des arrêtés de la kommandantur obligeaient, à date fixe, sous la responsabilité du maire et du conseil municipal, sous peine de sanctions, la population à fournir : blé, œufs, lait, viande, légumes, destinés à nourrir les soldats du front. Toutes les personnes valides devaient effectuer des travaux agricoles ou d'entretien.
Voici des extraits d'un arrêté de la kommandantur d'Holnon valable pour 25 communes de la région: " Holnon le 22 juillet 1915. Tous les ouvriers et les femmes et les enfants de 15 ans sont obligés de faire travaux des champs tous les jours aussi dimanche de quatre heure du matin jusque huit heure du soir... Après la récolte les fainéants seront emprisonnés 6 mois... Les femmes fainéantes seront exilées à Holnon pour travailler. Après la récolte, les femmes seront emprisonnées 6 mois... Les enfants fainéants seront punis de coups de bâton. De plus le commandant réserve de punir les ouvriers fainéants de 20 coups de bâton tous les jours...Les ouvriers de la commune Vendelles sont punis sévèrement".(voir le document entier sur Gallica en cliquant sur le lien ci-après[4]).

Avril 1917-mars 1918, Hesbécourt évacué par les Allemands

En février 1917, le haut commandement allemand décida de la création d'une ligne défense plus à l'est : c'est ce que l'on a appelé la Ligne Hindenburg. Lors du retrait des troupes allemandes, tous les villages furent détruits pour ne pas servir d'abri aux troupes franco-britanniques. Dès le 15 février les habitants furent évacués et dispersés dans des lieux de la zone occupée, jusqu'en Belgique. En mars 1917, avant du retrait des troupes allemandes sur la ligne Hindenburg, le long du canal de Saint-Quentin, les maisons furent pillées et incendiées, le village fut systématiquement détruit. L'église, la mairie, l'école et toutes les maisons furent dynamitées et les arbres sciés à 1 m de hauteur[5].Le village, vidé de ses habitants, reste occupé par les Allemands ; il fut le théâtre de nombreux combats en avril 1917. Communiqué britannique du 1er avril 1917:

« Ce n'est pas de moins de huit villages qui sont tombés au pouvoir des troupes britanniques. Certains de ces villages, comme Heudicourt, Hesbécourt, Hervilly, Jeancourt, n'ont été occupés qu'après de durs Combats[6],[7]. »

Septembre 1918, reprise définitive d'Hesbécourt par l'armée britannique

Les ruines du village furent plusieurs fois prises et reprises par chaque camp. Ce n'est qu'en septembre 1918, lors de la bataille de la ligne Hindenburg qu'Hesbécourt fut définitivement libéré par la 6e division britannique[8].

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Entre-deux-guerres, la reconstruction[modifier | modifier le code]

Après l'Armistice, pour les habitants qui revinrent s'installer, commença une longue période de plus de dix ans de reconstruction des habitations (maisons provisoires), des fermes, des bâtiments publics, des routes. De 191 habitants avant la guerre en 1911, Hesbécourt n'en comptait plus que 136 en 1921.
Vu les souffrances endurées par la population pendant les quatre années d'occupation et les dégâts aux constructions[9], la commune s'est vu décerner la Croix de guerre 1914-1918 (France) le 27 octobre 1920[10].

Sur le monument aux morts sont inscrits les noms des 12 soldats hesbécourtois morts pour la France[11] .

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 2014 Jacques Babilotte[12]    
2014[13] en cours
(au 6 mai 2014)
Louis Cazier    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[14]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[15].

En 2015, la commune comptait 55 habitants[Note 1], en diminution de 3,51 % par rapport à 2010 (Somme : +0,2 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
248243233236265284266278279
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
282285275266250249245240227
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
20020819113613211210999136
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
9311585718365626157
2015 - - - - - - - -
55--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Joseph.
  • Mairie.
  • Monument aux morts.

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  • Lieu-dit la Boîte à Cailloux, haut lieu du protestantisme lieu des assemblées du Désert. On y accède en prenant la rue d'Hargicourt et en sortant du village jusqu'à ce que le terrain monte nettement. Près du haut de cette montée, sur la droite, un lopin de terrain attenant à la Boîte à Cailloux a été acheté par la Société de l'histoire du protestantisme français en 1934 pour y édifier une stèle commémorative des assemblées protestantes clandestines tenues là en particulier en 1691 par le pasteur Gardien Givry. La Boîte à Cailloux a été classée monument historique en 2007.
Article détaillé : La Boîte à Cailloux.

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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Notice géographique et historique sur la commune d'Hesbécourt, rédigée par M. Lecul, instituteur, Archives départementales de la Somme
  2. http://www.publicroire.com/blog/un-jour-dans-l-histoire/3-mai-1692-gardien-givry
  3. http://www.carto1418.fr/19140828.php
  4. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6309278c/f10.image.r=holnon?rk=708158;0
  5. http://www.carto1418.fr/target/19170316.html
  6. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7577277z/f1.item.r=hesb%C3%A9court.zoom
  7. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7590866m/f1.item.r=hesb%C3%A9court.zoom
  8. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7575128h/f1.item.r=hesbécourt.zoom
  9. <https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8593481j/f1.item.zoom
  10. http://memorialdormans.free.fr/CommunesCroixDeGuerre14-18.pdf
  11. https://www.geneanet.org/gallery/?action=detail&id=6752721&individu_filter=DOLENT&rubrique=monuments
  12. Réélu pour le mandat 2008-2014 : « Liste des maires de la Somme », sur http://www.somme.pref.gouv.fr, (consulté le 5 septembre 2008)
  13. « Liste des maires de la Somme » [xls], Liste des élus du département de la Somme, Préfecture de la Somme, (consulté le 9 juin 2014)
  14. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  15. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.

Liens externes[modifier | modifier le code]