Templeux-le-Guérard

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Guérard.

Templeux-le-Guérard
Templeux-le-Guérard
Mairie-école.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Somme
Arrondissement Péronne
Canton Péronne
Intercommunalité communauté de communes de la Haute-Somme
Maire
Mandat
Jacques Boulogne
2014-2020
Code postal 80240
Code commune 80748
Démographie
Population
municipale
176 hab. (2015 en diminution de 16,19 % par rapport à 2010)
Densité 27 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 57′ 50″ nord, 3° 08′ 56″ est
Altitude Min. 79 m
Max. 145 m
Superficie 6,48 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Somme

Voir sur la carte administrative de la Somme
City locator 14.svg
Templeux-le-Guérard

Géolocalisation sur la carte : Somme

Voir sur la carte topographique de la Somme
City locator 14.svg
Templeux-le-Guérard

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Templeux-le-Guérard

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Templeux-le-Guérard

Templeux-le-Guérard est une commune française située dans le département de la Somme, en région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

À une vingtaine de kilomètres à l'est de Péronne, le village est accessible par la route départementale 6 (RD 6).

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Templeux-le-Guérard
Le Ronssoy
Villers-Faucon Templeux-le-Guérard Hargicourt (Aisne)
Roisel Hesbécourt

Histoire[modifier | modifier le code]

Religion : le protestantisme[modifier | modifier le code]

En 1691, alors que la France connaît les rigueurs de la révocation de l’édit de Nantes (1685), le village, ainsi que six autres localités environnantes ( Hargicourt , Jeancourt, Nauroy, Lempire, Vendelles et Montbrehain), voient une partie de leurs habitants se convertir au protestantisme à la suite des visites du prédicant itinérant Gardien Givry. Les prédications clandestines ont lieu au lieu-dit La Boîte à Cailloux, vallon isolé situé sur le terroir d'Hesbécourt[1]. Une communauté protestante restera dès lors implantée dans le village. Le temple est aujourd'hui désaffecté.

En , l’armée allemande se replie sur la ligne Hindenburg. Templeux-le-Guérard fait partie des villes et villages évacués. Plus de 100 000 évacués français sont dénombrés en Belgique (Hainaut) en mai[2].

La guerre 1914-1918[modifier | modifier le code]

Comme d'autres villages de la région, Templeux-le-Guérard est sorti meurtri de la Grande Guerre car le village a été entièrement rasé en 1917 par les Allemands.
Le 28 août 1914, soit moins d'un mois après la déclaration de guerre, l'armée française bat en retraite vers l'ouest et les Allemands arrivent à Templeux-le-Guérard[3]. Dès lors commença l'occupation allemande qui dura jusqu'en mars 1917. Le front se situant à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Péronne, l'activité des occupants consistait principalement à assurer le logement des combattants et l'approvisionnement en nourriture. Des arrêtés de la kommandantur obligeaient, à date fixe, sous la responsabilité du maire et du conseil municipal, sous peine de sanctions, la population à fournir : blé, œufs, lait, viande, légumes, destinés à nourrir les soldats du front. Toutes les personnes valides devaient effectuer des travaux agricoles ou d'entretien.
Voici des extraits d'un arrêté de la kommandantur d'Holnon valable pour 25 communes de la région: " Holnon le 22 juillet 1915. Tous les ouvriers et les femmes et les enfants de 15 ans sont obligés de faire travaux des champs tous les jours aussi dimanche de quatre heure du matin jusque huit heure du soir... Après la récolte les fainéants seront emprisonnés 6 mois... Les femmes fainéantes seront exilées à Holnon pour travailler. Après la récolte, les femmes seront emprisonnées 6 mois... Les enfants fainéants seront punis de coups de bâton. De plus le commandant réserve de punir les ouvriers fainéants de 20 coups de bâton tous les jours...Les ouvriers de la commune Vendelles sont punis sévèrement".(voir le document entier sur Gallica en cliquant sur le lien ci-après[4]).
En février 1917, le général Hindenburg décida de la création d'une ligne défense à l'arrière du front, s'étendant de Lens à Soissons; lors du retrait des troupes allemandes, tous les villages seraient détruits pour ne pas servir d'abri aux troupes franco-anglaises. Dès le 15 février les habitants furent évacués et dispersés dans des lieux occupés, jusqu'en Belgique. En mars 1917, avant du retrait des troupes allemandes sur la ligne Hindenburg, le long du canal de Saint-Quentin, les maisons sont pillées et incendiées, le village est systématiquement détruit. L'église, la mairie, l'école et toutes les maisons sont dynamitées et les arbres sciés à 1 m de hauteur[5]. Le village, vidé de ses habitants, reste occupé par les Allemands ; il sera le théâtre de nombreux combats en avril 1917. Les ruines du village seront plusieurs fois reprises par chaque camp et ce n'est qu'en septembre 1918, lors de la bataille de la ligne Hindenburg que Templeux sera définitivement libéré par la 6è division britannique. Communiqué britannique du 20 septembre 1918 qui relate les combats de la veille:" Après une préparation d'artillerie et l'appui des tanks, en dépit d'une résistance désespérée et aussi une pluie torrentielle, des succès furent remportés partout et de nombreux villages fortifiés tombèrent entre les mains des Britanniques; on compte Pozières, Epehy, Ronssoy, Templeux-le-Guérard, Hargicourt, Villeret, Le Verguier, Pontru [6]". Les 884 soldats britanniques et les 65 soldats australiens morts lors des combats de Tempeux d'avril 1917 à octobre 1918 reposent dans les 2 cimetières militaires de la commune[7],[8].

Après l'Armistice, pour les habitants qui revinrent s'installer, commença une longue période de plus de dix ans de reconstruction des habitations (maisons provisoires), des fermes, des bâtiments publics, des routes. De 672 habitants avant la guerre en 1911, Templeux-le-Guérard n'en comptait plus que 221 en 1921, soit près des deux tiers en moins. Voici un extrait d'un article du Figaro du 29 janvier 1922 qui relate les difficultés de la commune à financer le monument aux Morts et lance un appel aux dons: " Il y a dans la Somme un petit village qui s'appelle Templeux-le-Guérard. Ce village, comme beaucoup d'autres dans la région hélas! n'est plus qu'un amas de ruines. Sur 650 habitants, 280 ont pu rentrer dans des abris combien précaires... ( Lire la suite en cliquant sur le lien ci-après[9]).

Vu les souffrances endurées par la population pendant les quatre années d'occupation et les dégâts aux constructions[10], la commune s'est vu décerner la Croix de guerre 1914-1918 (France) le 27 octobre 1920[11].

Sur le monument aux morts sont inscrits les noms des 21 soldats de Templeux morts pour la France[12].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

L'ancienne gare[modifier | modifier le code]

Carte de la ligne Roisel-Hargicourt.

De 1894 à 1932, Templeux-le-Guérard a possédé une gare, terminus de la ligne de chemin de fer de Roisel à Hargicourt. Cette ligne a été ouverte en 1894 afin de permettre l'exploitation de mines de phosphates à Templeux-le-Guérard et Hargicourt. À partir de 1920, la ligne est exploitée par le ministère des Régions libérées (MRL), puis de 1923 à 1927 par la Société générale des chemins de fer économiques (SE) et ensuite par la compagnie des chemins de fer d'intérêt local du Nord de la France (NF).

La ligne utilise l'écartement métrique, puis est reconstruite à voie normale durant la guerre de 14. Elle est ensuite rétablie à l'écartement métrique après 1920.

Elle débutait en gare de Roisel, se séparait de la ligne d'intérêt local de la ligne d'intérêt local de Vélu-Bertincourt au PK 0,450, puis atteignait la gare de Templeux-le-Guérard au PK 4,275. La ligne se poursuivait jusqu'à la gare de Hargicourt (PK 6,850), jusqu'à son extrémité au PK 7,9.
Les mines de phosphate étant épuisées, l'exploitation de la ligne cesse en 1932. De nos jours, la gare est devenue une habitation.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 en cours
(au 6 mai 2014)
Jacques Boulogne   Réélu pour le mandat 2014-2020[13],[14]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[15]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[16].

En 2015, la commune comptait 176 habitants[Note 1], en diminution de 16,19 % par rapport à 2010 (Somme : +0,2 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
626529535667806799865860824
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
855874798742701647629608667
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
671731672221301280240235262
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
240243225207216211196210176
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[17] puis Insee à partir de 2006[18].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Louis Rossier, Histoire des Protestants de Picardie, Grassart, Paris, 1861, p. 267.
  2. http://www.caverne-du-dragon.com/UserFile/File/Espace_Presse/DOSSIER%20DE%20PRESSE_Chemins%20de%20civils%20en%20guerre.pdf.
  3. http://www.carto1418.fr/19140828.php
  4. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6309278c/f10.image.r=holnon?rk=708158;0
  5. http://www.carto1418.fr/target/19170316.html
  6. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7550961s/f1.item.r=templeux-le-Gu%C3%A9rard.zoom
  7. https://www.ww1cemeteries.com/templeux-le-guerard-british-cemetery.html
  8. https://www.ww1cemeteries.com/templeux-le-guerard-communal-cemetery-extension.html
  9. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2931093/f2.item.r=templeux-le-Gu%C3%A9rard.zoom
  10. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8593481j/f1.item.zoom
  11. http://memorialdormans.free.fr/CommunesCroixDeGuerre14-18.pdf
  12. File:Templeux-le-Guérard (2).JPG
  13. [xls] « Liste des maires de la Somme », sur http://www.somme.pref.gouv.fr, (consulté le 6 avril 2009)
  14. « Liste des maires de la Somme » [xls], Liste des élus du département de la Somme, Préfecture de la Somme, (consulté le 9 juin 2014)
  15. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  16. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  17. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  18. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.