Helmut Hasse

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Helmut Hasse
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Helmut Hasse
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Formation
Activités
Enfant
Jutta Kneser (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Martin Kneser (gendre)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Parti politique
Membre de
Académie des sciences de la RDA
Kyffhäuserbund (en)
Académie Léopoldine
Verein Deutscher Studenten Kiel (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conflits
Dir. de thèse
Distinctions
Archives conservées par
Archives de l'École polytechnique fédérale de Zurich (en) (CH-001807-7:Hs 938)[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
Diagramme de Hasse, principe local-global, Hasse invariant of an algebra (d), Hasse invariant of a quadratic form (d), Artin–Hasse exponential (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Helmut Hasse (1898-1979) est un mathématicien allemand.

Il est un des plus grands algébristes allemands de son époque, connu notamment pour ses travaux sur la théorie des nombres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Hasse est le fils du juge Paul Reinhard Hasse et de Margaret Quentin, née à Milwaukee, mais élevée à Kassel[2]. Il est scolarisé à Kassel et à Berlin-Wilmersdorf, après que sa famille ait déménagé à Berlin en 1913. Pendant la Première Guerre mondiale, après avoir passé son baccalauréat en 1915 au Fichte-Gymnasium, il se porte volontaire pour servir la Kaiserliche Marine et est envoyé dans les pays baltes — où il effectue également des travaux de cryptographie et étudie les Leçons de théorie des nombres de Dirichlet-Dedekind — et à Kiel, où il suit également les cours d’Otto Toeplitz en 1917/18. Après la guerre, il étudie d'abord à Göttingen, où il suit les cours d'Erich Hecke jusqu'au départ de ce dernier pour Hambourg ; la lecture du livre Théorie des nombres de Kurt Hensel, avec son nouvel artihmétique p-adique, l'amène à le rejoindre en 1920 à Marbourg, où il obtient son doctorat en mai 1921 (avec sa thèse sur les formes quadratiques rationnelles, qui fonde, avec le théorème de Hasse-Minkowski, le principe local-global). Pendant ses études, il devient membre de l'Association des étudiants allemands de Marbourg[3]. En février 1922, il obtient son habilitation (équivalence des formes quadratiques sur les nombres rationnels). En automne 1922, il obtient un poste de privatdozent à l'Université de Kiel, et à la même époque, il épouse Clara Ohle. À Pâques 1925, il est nommé professeur titulaire à Halle et devient, aux côtés de Heinrich Wilhelm Ewald Jung, directeur de l'Institut de mathématiques de cette ville. En 1930, il succède à son professeur Kurt Hensel à Marburg[4].

Helmut Hasse (1930)

Après la prise de pouvoir des national-socialistes, il fait partie, le 11 novembre 1933, des signataires de la Déclaration des professeurs en faveur d'Adolf Hitler[5]. En 1934, il remplace Hermann Weyl au poste de directeur de l'Institut mathématique de Göttingen durant la période nazie ; qui est contraint d'émigrer en raison de ses opinions politiques et de sa femme juive. Pendant cette période il est impliqué, en tant que membre du conseil d'administration de la DMV, dans une lutte pour le pouvoir avec Ludwig Bieberbach pour préserver l'indépendance de la DMV[6]. Hasse se préoccupe avant tout de préserver la réputation des mathématiques allemandes à l'étranger.

Bien qu'étant politiquement nationaliste et qu'il ait demandé son adhésion au NSDAP en 1937, il ne parvient jamais à devenir membre du parti nazi car il est suspecté d'avoir des ascendants juifs[7]. Pendant la guerre, il effectue des recherches pour la marine de guerre allemande sur la balistique et la physique des hautes pressions.

Après la guerre, Hasse revient à Göttingen. Il est cependant démis de sa chaire par les autorités britanniques en septembre 1945. Dans une interview avec Constance Reid, Hasse reconnaît que cela est peut-être dû au fait qu'il a exprimé sans détour des idées nazies, entre autres lors de la première réunion de la faculté, et à des visiteurs américains[8]. Godfrey Harold Hardy[9] et d'autres ont fait pression, en vain, pour que Hasse reste à sa chaire. En 1947, à la suite de la procédure de dénazification, il est interdit d'enseignement, la raison invoquée étant son appartenance au NSDAP depuis 1938[10]. Pendant ce temps, Hasse se rendit à Berlin (Est), où il travaille d'abord à partir de 1946 à l'Académie allemande des sciences, puis à l'université Humboldt, où il devient professeur en 1949. C'est à cette époque qu'il rédige sa monographie et son manuel de théorie des nombres. En 1950, Hasse accepte un poste à l'Université de Hambourg, où il reste jusqu'à sa retraite en 1966.

Parmi ses collaborateurs et étudiants à Göttingen dans les années 1930, on compte Ernst Witt, Friedrich Karl Schmidt (en), Oswald Teichmüller, Martin Eichler (en) et Harold Davenport. Parmi ses doctorants figurent Peter Roquette, Heinrich-Wolfgang Leopoldt (en), Cahit Arf, Wolfgang Franz, Günter Pickert (de), Curt Meyer (en), Paul Lorenzen, Otto Schilling, Hans Wittich (de), Günter Tamme, Hans Reichardt (à Marbourg), Hermann Ludwig Schmid et Helmut Brückner (à Hambourg) et il a également entretenu une correspondance avec Arnold Scholz, Emil Artin et Harold Davenport, entre autres. Il entretient une vaste correspondance avec Emmy Noether, même après son émigration.

Hasse est membre de la Leopoldina à partir de 1926. (dont il reçoit la médaille Cothenius), de la Akademie der Wissenschaften zu Göttingen (de 1934 à 1945)[11], l'Academia Scientiarum Fennica (à Helsinki, depuis 1942), l'Académie des sciences de Berlin (de la RDA, depuis 1949), de la Akademie der Wissenschaften und der Literatur Mainz (depuis 1952) et de la Real Academia de Ciencias Exactas, Físicas y Naturales (à Madrid, depuis 1956). En 1953, il reçoit le Prix national de la RDA 1re classe pour la science et la technique. Il est docteur honoris causa de l'université de Kiel.

De 1929 à 1979, il est l'éditeur du Journal für die reine und angewandte Mathematik.

Il laisse à la postérité :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « http://archivdatenbank-online.ethz.ch/hsa/#/content/e590afe8d2d445a9abc8e0532d89247f » (consulté le )
  2. Harold Edwards, article Helmut Hasse dans Dictionary of Scientific Biography
  3. Louis Lange (éd.) : Kyffhäuser-Verband der Vereine Deutscher Studenten. Anschriftenbuch 1931. Berlin 1931, p. 82.
  4. Hasse aurait, selon Hans Reichardts essai sur Hensel dans Pieper Zahlen aus Primzahlen, Berlin 1974, empêché l'envoi de son professeur Hensel, qui était juif, dans un camp de concentration
  5. Ernst Klee : Das Personenlexikon zum Dritten Reich. Qui était quoi avant et après 1945. Fischer Taschenbuch Verlag, Zweite aktualisierte Auflage, Frankfurt am Main 2005, p. 230.
  6. Volker Remmert Die DMV im "Dritten Reich", Mitteilungen DMV 2004
  7. Sanford Segal, Mathematicians under the Nazis, Princeton University Press, p. 162 et suivantes avec une description détaillée de la procédure.
  8. Constance Reid, Hilbert-Courant, Springer 1986, p. 474. il attribue à Hitler des mérites dans l'annulation du traité de paix de Versailles.
  9. Norbert Schappacher, Das Mathematische Institut der Universität Göttingen 1929-1950, p. 539
  10. Sa suspension en tant que membre de l'Académie des sciences de Göttingen ne fut cependant pas retirée, voir N. Schappacher : Ideologie, Wissenschaftspolitik, und die Ehre, Mitglied der Akademie zu sein.
  11. Holger Krahnke : Die Mitglieder der Akademie der Wissenschaften zu Göttingen 1751-2001 (= Abhandlungen der Akademie der Wissenschaften zu Göttingen, Philologisch-Historische Klasse.) Séquence 3, vol. 246 = Abhandlungen der Akademie der Wissenschaften in Göttingen, Mathematisch-Physikalische Klasse. Séquence 3, vol. 50). Vandenhoeck & Ruprecht, Göttingen 2001, (ISBN 3-525-82516-1), p. 105.

Liens externes[modifier | modifier le code]