Hannah Höch

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Hannah Höch
Theo van Doesburg 106.jpg
Nelly van Doesburg, Piet Mondrian et Hanna Höch dans l'atelier de Theo van Doesburg en avril 1924.
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Anna Therese Johanne HöchVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Mouvement
Représentée par
Genre artistique

Hannah Höch, née le à Gotha (Duché de Saxe-Cobourg et Gotha) et morte le à Berlin, est une artiste plasticienne allemande, ayant participé au mouvement dada.

Biographie[modifier | modifier le code]

Aînée d'une famille de cinq enfants, Hanna Höch grandit dans un milieu provincial et bourgeois. Son père est directeur d'une compagnie d'assurances, sa mère est peintre amateur. Obligée à quinze ans de quitter le lycée pour s'occuper de sa sœur cadette, elle ne reprend ses études que six ans plus tard en s'inscrivant à l'école d'Arts appliqués de Berlin où elle s'initie au dessin sur verre, à la calligraphie et à la broderie.

À la déclaration de guerre, en , Hanna Höch rentre à Gotha et travaille pour la Croix-Rouge. Mais dès le mois de janvier suivant, elle retourne à Berlin et s'inscrit au cours de Emil Orlik, artiste du Jugendstil. Elle rencontre Raoul Hausmann avec qui elle s'installe, Kurt Schwitters qui lui suggère d'ajouter un « h » à la fin de son prénom pour la beauté du palindrome et Johannes Baader qui la surnomme « Die dadasophe » puisqu'elle est la compagne du « dadasophe » Hausmann. À partir de 1916, elle travaille à la fois pour un éditeur berlinois de journaux et pour le département de l'artisanat où elle dessine des motifs de tricot, de crochet et de broderie pour des magazines spécialisés.

Avec Raoul Hausmann, elle expérimente le photomontage et le découpage/collage d'images à partir de cartes postales que les soldats envoient du front à leur famille. Elle fait de cette pratique un instrument de critique sociale et politique. L'une de ses préoccupations est la représentation de la « femme nouvelle », son identification sociale et personnelle dans la République de Weimar, et la dénonciation de la vision machiste et misogyne qui perdure dans la presse populaire.

Hanna Höch est la seule femme à participer activement aux manifestations dada de Berlin : percussionniste de couvercle en fer-blanc dans l'Antisymphonie donnée par Jefim Golyscheff (), exposition de photomontages et collages à la Première Expo Dada de Berlin (), présentation de poupées Dada à la Foire internationale Dada (1920).

Adhérant au Novembergruppe, elle participera à toutes les expositions annuelles de ce groupe jusqu'en 1931.

Lorsque Dada prend fin, elle se rapproche du mouvement De Stijl aux Pays-Bas. En 1926, elle s'installe à La Haye où elle partage sa vie avec l'écrivaine Til Brugman.

Collages de patrons[modifier | modifier le code]

Malgré sa condition de femme éduquée bourgeoisement, Hanna Höch a su dépasser ses aptitudes aux « ouvrages de dame » conjuguées à son goût pour les arts décoratifs, dans des buts satiriques et politiques. Recyclant des motifs de tissus, des morceaux de linoléum colorés, des patrons de couture, de chutes de dentelles, elle conçoit des compositions abstraites d'une grande finesse (Astronomie ou Lune Dorée) et d'un humour assuré (L'Esquisse pour un monument d'une importante chemise à dentelle).

Pour ses contemporains qui n'ont pas su voir au-delà du matériau utilisé, elle ne faisait que des œuvres intimes typiquement féminines. Rares sont ceux qui ont compris la portée de la parodie et du détournement de la masculinité à coller de la dentelle sur des images de responsables politiques de la République de Weimar (Staatshäupter).

Photomontages[modifier | modifier le code]

« Je suis restée fidèle au photomontage et au collage. Jusqu'à ce jour, j'ai tenté d'exprimer, avec ces techniques, mes pensées, mes critiques, mes sarcasmes mais aussi le malheur et la beauté[1]. »

De manière plus évidente, et donc plus lisible, que ses « collages en dentelle », ses photomontages expriment une volonté profondément moderne de rétablir le rapport homme/femme sur un mode égalitaire. Forte de ses convictions féministes et politiques, ridiculisant la morale bourgeoise et la traditionnelle division des sexes, elle veut voir dans la « nouvelle femme » un instrument de libération et la source de renouvellement de la société (Dada-Tanz et Da-Dandy).

Quelques œuvres[modifier | modifier le code]

Cénotaphe de l'« archange archaïque » dressé en 1989 par Siegfried Kühl (de) sur la rive du Grand Malche (de) au bout de l'avenue Gabrielle (de) à Tegel en l'honneur de Hannah Höch.
Collages ou photomontages, sauf indication contraire
  • « Collage mit Pfeil », 1919
  • « 2 x 5 », 1919
  • « Vegetative Formen », peinture, 1918
  • « Schwarze Forme. Das Negativ »[2], 1918
  • « Weisse Form »[2], 1918
  • « Gerhard Hauptmann »[3], 1918
  • « Da Dandy »[3], 1918
  • « Dada cordial », collage réalisé avec Raoul Hausmann, 1919[4]
  • « Dada-Mühle », objet, 1919
  • « Mechanischer Garten », peinture, 1919
  • « Schnitt mit dem küchenmesser Dada durch dir letzte weimarer Bierbauchkulturepoche Deutschlands (Coupe au couteau de cuisine dans la dernière époque culturelle de l'Allemagne, celle de la grosse bedaine weimarienne) »[5], 1920
  • « Schaut Schöne »[6],, 1920
  • « Staatshäupter »[3], 1920
  • « Das schöne Mädchen »[7], 1920
  • « Wenn sie denken, der Mond legt sich hin »[3], 1921
  • « Dada-Ernst »[7], 1921
  • « L'Esquisse pour un monument d'une importante chemise à dentelle »[2], 1922
  • « Die Mücke ist tot », peinture, 1922
  • « Frau und saturn », peinture, 1922
  • « Huldigung an Arp », 1923
  • « Lune dorée »[2], 1923
  • « Rythme »[8], peinture, 1924
  • "The Bride" peinture, 1927

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Hannah Höch, Album, Ostfildern-Ruit, Hatje Canz Verlag, 2004 [ca 1933][9].
  • Dietmar Elger, Dadaïsme, Köln, Taschen, 2006, traduction de Michèle Schreyer.
  • Laurent Le Bon (sous la direction de), Dada, catalogue de l'exposition présentée au centre Pompidou à Paris (-), Paris, éditions du Centre Pompidou, 2005.
  • Federica Muzarelli, Femmes photographes, émancipation et performance (1850-1940), Paris, éditions Hazan, 2009. (ISBN 9782754103473)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Janvier 1977, cité dans Le Bon, p. 490
  2. a b c et d Le Bon, p. 489
  3. a b c et d Le Bon, p. 492
  4. Aurélie Verdier « L'ABCdaire de Dada », Flammarion, 2005, p. 4
  5. Le Bon, p. 495
  6. Le Bon, p. 491
  7. a et b Le Bon, p. 493
  8. Aurélie Verdier « L'ABCdaire de Dada », Flammarion, 2005, p. 52
  9. Voir Alexis Lacasse et Andrea Oberhuber, « L’Album de Hannah Höch : imaginaire social de la République de Weimar et motifs idiosyncrasiques » [1]

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